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Samuel Nadeau : Ma famille d’abord

Biographies

Tariq Abdul Wahad, Ronny Turiaf et Joakim Noah sont les joueurs français les plus connus ayant réussi un cursus universitaire aux Etats-Unis, mais au delà de ce trio, un autre prodige tricolore  aurait pu réussir en Outre Atlantique mais le sort en a décidé autrement : Samuel Nadeau. Retour sur la carrière de cette pépite du basket tricolore

Né en 1982 à Colombes, Samuel Nadeau prend réellement conscience de ses qualités de basketteur lors de l’années 1996 : en effet, ayant atteint les pré-sélections de l’Equipe de France Cadet sous les couleurs de Sarcelles, il décide d’intégrer le centre de formation de Levallois afin d’atteindre son rêve. Comme il se qualifie lui-même « d’étoile filante » du basket français, le jeune Samuel a espoir de faire carrière dans son sport pour subvenir aux besoins financiers de sa mère en grande difficulté. La NBA était un rêve depuis tout petit et il souhaitait y jouer grâce à ses talents et à force de persévérance.

DE SARCELLES AUX USA :UN RÊVE ÉVEILLE

L’histoire débute à Sarcelles en 1995. Samuel a 12 ans. C’est d’ailleurs à ce moment qu’il est très vite repéré par Régis Paulin, l’actuel manager général du club de l’AAS Sarcelles, qui voit en lui un énorme potentiel. Pour Samuel, c’est le déclic. C’est décidé, il veut devenir basketteur professionnel.

«Dès l’âge de 13 ans, j’avais déjà beaucoup d’ambition et je me réveillais le matin à 6h pour m’entraîner » 

Doté de très grandes qualités physiques et d’un talent naturel, Samuel est très vite repéré et les sollicitations affluent de toutes parts. Cholet et Evreux, notamment, se manifestent. Mais le choix est déjà fait. Ce sera Levallois. En Cadets France, il est logé avec Michel Morandais. C’est aussi l’époque de ses premières sélections en équipe de France, l’une de ses plus grandes fiertés. Il y côtoie la génération 82, et notamment Mickaël Piétrus. Malheureusement c’est aussi le début du clash entre Samuel et la Fédération Française à cause d’un faible temps de jeu. Après une bonne saison, Samuel se voit proposer par Levallois un contrat avec les espoirs. Il refuse. Le basket français, pour lui, ce n’est pas son rêve. Son objectif : les USA.

image (2)En 1998, plus motivé que jamais par son rêve américain, Samuel laisse la France derrière lui et s’envole pour les Etats-Unis, direction East Side, un lycée du New Jersey. A partir de là, tout s’accélère… Au début, tout va bien. Samuel ne parle pas un mot d’anglais et pourtant il se sent tout de suite comme chez lui. Il sait pourquoi il est là et se donne les moyens d’atteindre ses objectifs.

Il fait une grosse première saison, tournant à plus de 17 points de moyenne. Hélas, les ennuis ne tardent pas à arriver. East Side est un lycée public et, de ce fait, Samuel ne peut prétendre à un visa étudiant. Dilemme : s’il rentre en France, il ne pourra pas revenir, s’il reste, il est hors la loi…

Pour ne rien arranger, l’intermédiaire qui l’a placé à East Side disparaît de la circulation. Samuel se retrouve seul face aux galères. Il termine sa première année dans un autre lycée, public toujours. À l’été 1999, notre héros est contacté par un homme se présentant comme un entraîneur de High School subjugué par son talent. Samuel est placé dans un appartement et est pratiquement séquestré, « Libéré par un ancien agent du FBI »  ! Une drôle d’histoire.

«On me cherchait partout. L’entraîneur m’avait coupé de tout le monde.»

Dans le même temps, celui-ci est convoqué en équipe de France juniors, où il ne peut se rendre. Deuxième rendez-vous raté.

Samuel est alors placé à Life Center Academy, en Pennsylvanie, grâce à Babacar Sy. Cette institution accueille beaucoup de joueurs français, tels que Yohann Sangaré et Michel Morandais. En 2000, Samuel est élu troisième meilleur joueur de l’Etat du New Jersey. Le numéro 1 est Dejuan Wagner, drafté en 2002 par Cleveland en 6e position. Un jour, Samuel score 61 points ! Sur la saison, Samuel Nadeau tourne à plus de 28 points de moyenne. Il est courtisé par les plus grandes universités, telles que UCLA, Duke ou encore Connecticut. A priori, il lui reste un année, sa saison senior, pour faire son choix, mais une rumeur persistante annonce même qu’il pourrait être drafté dès sa sortie de High School. Mais le destin en décide autrement…

LE RETOUR EN EUROPE : D’ESPOIRS EN DÉSILLUSIONS

Sa mère tombe très gravement malade. Samuel n’hésite pas un seul instant.

«Ma mère, c’est tout pour moi, je lui dois tout et tant que je serai vivant, je ferai tout mon possible pour la remercier.»

Il décide donc de rentrer en Europe pour l’aider financièrement et être plus proche d’elle. Le Real Madrid saute sur l’occasion et lui fait un pont d’or. On parle d’un contrat de plus d’un million de dollars, sur cinq ans. Par pudeur, Samuel refuse d’aborder la question des chiffres. Il ne connaît rien du Real, où évoluait jusqu’alors son cousin… Nicolas Anelka ! Samuel pense d’ailleurs qu’il ne s’agit que d’un club de foot. Jusqu’au jour où il visite les infrastructures du Real.

«À l’époque, je ne pensais qu’à la NBA donc je ne connaissais rien du basket européen. Mais quand j’ai signé mon contrat, j’ai compris que c’était un très grand club.»

Pourtant, pour Samuel, le seul objectif reste la NBA. Ce qui n’est pas du goût du coach, Sergio Scariolo. L’Italien, n’a pas eu voix au chapitre quant au recrutement et n’apprécie pas le français. Et bien que Samuel se défonce aux entraînements, il ronge son frein en équipe réserve. Pendant trois ans, il côtoie les plus grands joueurs. Au bout de deux ans, Scariolo est remplacé par Javier Imbroda, qui promet du temps de jeu au français. Mais rien ne change. Jusqu’à l’intervention de… Zinedine Zidane. La star du Real prend la parole dans les journaux pour soutenir le jeune basketteur français. Et quand Zizou commande, le Real obéit.

«Le lendemain même, j’étais sur le parquet. J’étais comme un fou quand je suis rentré en jeu.Dès que j’ai eu la balle, j’ai shooté, alors que Mr Herreros etait seul dans le corner et Alberto m’a engueulé.

image (4)Durant sa période madrilène, Samuel est présélectionné en équipe de France espoirs mais ne fait jamais partie de la liste définitive. Nouveaux rendez-vous ratés. Il se sent toujours incompris et le mal est trop profond. Lui et les Bleus, c’est fini.

Avec le Real aussi, c’est la fin de l’histoire. Trois ans après son arrivée en Espagne, Samuel décide de rompre son contrat à l’amiable et de rentrer en France. Sa mère n’a plus de problèmes financiers et son rêve américain s’est envolé. Retour sur terre. Désormais, Samuel aspire simplement à être heureux.
Eté 2003. Il signe quand même à Limoges où il fait la connaissance de Yann Bonato, un joueur pour qui il a énormément de respect. Mais difficile de passer du Real à un CSP en plein marasme. Mais le manque de confiance du coach le fait arrêter après seulement 3 matches.

Après une année sabbatique au cours de laquelle il se ressource et s’occupe de sa mère, il fait un essai à Vichy. Jean-Michel Sénégal hésite entre William Gradit et lui-même. C’est bien Samuel qui sera choisi. Il signe pour deux ans. En pré-saison, il «casse tout», dit-il, mais en fin de compte, il est frustré. En 18 minutes, il tourne à 5,2 points (à 36,9%) et 2,6 rebonds en Pro A. La saison suivante, en Pro B, son temps de jeu chute à 10 minutes. Pour Samuel, c’en est trop. Il décide, à 24 ans, de tirer un trait définitif sur sa carrière. Samuel retourne à Sarcelles, pour jouer en bas de chez lui. Là où se trouvent ses vraies racines.

UN HOMME DE VALEURS

Pourtant, les démons du basket le rattrapent. Il décide de donner un coup de main à ses potes de Sarcelles, qui jouent la montée en Nationale 2 contre Rueil, en mai 2007. Libéré, il réalise un show incroyable. Il score 40 points «sans le sentir». Samuel est sur le terrain comme il est dans la vie : compétiteur, généreux, vrai. Instinctif, aussi. Sarcelles fête la montée, un souvenir mémorable. Finalement, Samuel reprend goût à la compétition et joue en Nationale 2 durant une saison, cependant il restera avec le club de sa ville jusqu’en 2012.

Il y a deux ans, après 6 ans de bons et loyaux services il décide de quitter Sarcelles pour rejoindre l’AS Pierrefite qui évoluait en Région Excellence et qui est remonté en Nationale 3 la saison passée. Aujourd’hui éducateur sportif, il s’occupe des jeunes en difficultés et leur donne de l’espoir. Car oui il est comme ça Samuel, rendre à ceux qui lui ont donné est sa marque de reconnaissance.

SES CLUBS SUCCESSIFS

1994/1995 : R.S.C. Montreuil
1995/1997 : A.A.S. Sarcelles
1997/1998 : S.C.B. Levallois (Cadet France)
1998/1999 : Newark East Side (High School, NJ)
1999/2000 : Burlington (Prep school, NJ)
2000/2003 : Real Madrid (EBA et ACB)
2003/2004 : CSP Limoges (Pro A)
2004/2005 : JA Vichy (Pro A)
2005/2006 : JA Vichy (Pro B)
2006/2012 : A.A.S. Sarcelles (Nationale 3 et Nationale 2)
2012/2014 : A.S. Pierrefitte (Région Promotion Excellence et Nationale 3)

Crédits photo : Samuel Nadeau

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About Maxime Duchamp (30 Articles)
fan de NBA actuelle et ancienne et grand supporter des Detroit Pistons

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