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Harold Miner,  » Baby Jordan  » ne sera jamais grand

Biographies

Les joueurs ayant remporté le Slam Dunk Contest à deux reprises sont peu nombreux au sein de la NBA, ils se comptent même sur les doigts d’une seule main. Dans ce groupe on retrouve Nate Robinson, le seul triple gagnant de l’épreuve ainsi que les célèbres  » MJ  » et Do’ Wilkins. A leurs côtés il convient d’ajouter le bondissant Jason Richardon. En marge de ces quatre fantastiques, émerge un certain Harold Miner. Un joueur qui disparaitra rapidement des radars NBA malgré une carrière universitaire prometteuse. Il réussira pourtant à remporter le concours à deux reprises en seulement quatre saisons pro’. Basket Rétro revient aujourd’hui sur la courte carrière de celui que l’on a surnommé  » Baby Jordan « .

Tout avait pourtant fort bien démarré pour le jeune arrière natif d’Inglewood. Il faut dire qu’en voyant le jour à quelques encablures du célèbre Forum, là ou Magic Johnson et les Lakers appliquèrent pendant de nombreuses années le showtime de la grande époque, Harold Miner ne pouvait trouver meilleur source d’inspiration. Il fréquente le Inglewood High School où il commence à se faire un nom. Ces stats (29 points et 10 rebonds en moyenne) font tourner la tête des plus grandes universités du pays. Harold Miner jette son dévolu sur North Carolina dans un premier temps, avant que l’affaire ne capote. C’est finalement à domicile que Miner évoluera en s’inscrivant à USC (University of Southern California). Sous l’impulsion de leur  » Baby Jordan « , les Trojans réalisent des prouesses et retrouvent le devant de la scène en même temps que le tournoi final NCAA. Nous sommes en 1991.  La saison 1991/1992 sera la dernière de Miner sous les couleurs de USC. C’est au cours de ce même exercice que la machine s’emballe. Harold Miner se voit élu joueur de l’année de la conférence Pacifique, il est dans le même temps retenu dans l’équipe  All-American et le magazine Sports Illustrated le consacre joueur de l’année devant des clients comme Christian Laetnner, Alonzo Mourning ou encore le Shaq’. Malgré des grosses stats individuelles, Miner ne peut empêcher USC de se faire sortir dès le second tour du tournoi par Georgia Tech. Après cette déconvenue, Harold Miner décide de quitter l’université pour la NBA avec une moyenne de 23,5 points et 5,4 rebonds par match en 87 apparitions. Sélectionné en douzième position de la draft 1992, il prend la direction du Heat de Miami en laissant derrière lui le record du nombre de points inscrits sur une saison (2 048). Un record qui tient toujours.

S.O.S D’UN DUNKER EN DETRESSE

Lorsqu’il débarque en Floride, Miner est déjà affublé de ce fameux surnom de  » Baby Jordan « . Son aisance offensive et ses capacités à planer ne font que renforcer cette impression de ressemblance avec le maître.

 » Dieu m’a offert la créativité et une détente d’enfer. Smasher est un soulagement pour moi. J’adore monter au plafond et déchirer le cercle. »

HMMais la ressemblance s’arrête là. Pour le moment croit-on à l’époque. Mais au sein de l’effectif de Miami, Harold Miner n’arrive pas en terrain conquis malgré son pedigree. Le poste 2 est déjà occupé par Steve Smith, qui forme avec Glen Rice un sacré duo offensif. Les deux joueurs sont des bouffeurs de ballons et il ne laisse que des miettes au rookie. L’absence sur blessure de Steve Smith permettra à Miner de montrer le bout de son nez, mais  » Baby Jordan  » peine à s’émanciper. Il enchaîne tout de même trois belles performances d’affilée en début d’année 1993 en passant 20 points ou plus aux défense d’Utah, de Portland et de Phoenix. Mais ça sera tout. Ou presque. Son plus grand coup d’éclat au cours de cet exercice interviendra en Février 93 lors du All-Star Weekend. A Salt Lake City, Harold Miner va rappeler à tout le monde pourquoi on le surnomme  » Baby Jordan « . Il s’adjuge le Slam Dunk Contest devant Cedric Ceballos et Clarence Weatherspoon grâce à un concours rondement menée. L’arrière ne force pas son talent pour l’emporter. Il laisse parler sa puissance et son explosivité. La comparaison avec Michael Jordan est à nouveau brandie par les médias. Mais la fin de saison est difficile pour Miner, et ses stats ne décolleront pas. Il termine l’exercice avec 10,3 points de moyenne par match en 18 minutes passées sur les parquets. Sa rookie season n’est pas vraiment un désastre, mais on pouvait espérer beaucoup mieux d’un joueur encensé par Sports Illustrated quelques mois auparavant. L’attente était grande autour du  » Baby Jordan « , et visiblement, elle n’a pas été comblée. Trop de pression peut être ? Georges Raveling son coach à USC vient à son secours :

 » Finalement je crois que la pire chose qui soit arrivée à Harold fût d’hériter de ce surnom de  » Baby Jordan « .  »   

Harold Miner va devoir avancer avec cette étiquette. Il grappille un peu de temps de jeu pour sa seconde saison, et augmente ces stats de façon anecdotique. Il connait ces premières titularisations et il découvre les playoffs. Mais rien ne laisse penser que Harold Miner puisse devenir un acteur majeur de la rotation du Heat. Et donc, à plus longue échéance un joueur majeur en NBA. Miami frôle l’exploit contre Atlanta en poussant le leader de la conférence Est à disputer un match décisif. Mais Harold Miner fait de la figuration au cours de cette série et ne joue que 57 minutes en 4 rencontres (il ne rentre pas au cours du cinquième match). Le torchon brûle entre le front office de la franchise et l’arrière californien. A l’aube de la saison 94/95, comme pour conjurer le mauvais sort, Harold Miner laisse au placard le numéro 32 qu’il portait jusqu’alors pour arborer désormais le numéro 4. Malgré tout, Miner vivra un véritable calvaire pour sa dernière saison sous les couleurs du Heat. Les blessures vont s’en mêler, et ce n’est plus un secret pour personne, Kevin Loughery et Alvin Gentry (ndlr : les deux coachs qui se succéderont sur le banc du Heat au cours de cette saison) ne comptent pas sur lui. Le front office aussi ne lui fait plus confiance. Comme lorsque Harold décide de partir dans sa Californie natale pour demander un second avis médical au sujet de sa blessure. Les dirigeants de Miami l’accusent alors ouvertement de prendre des vacances déguisées. Bonjour l’ambiance ! Harold Miner donne son point de vue sur la situation :

 » Depuis que j’ai signé dans ce club, ils me cherchent des ennuis. Aujourd’hui, j’essaie de garder le moral mais ce n’est pas facile. « 

Pour justement garder le moral, quoi de mieux que de se présenter au Slam Dunk Contest ? Le remporter peut-être ? C’est ce que réussira Harold Miner. Devant le public de l’America West Arena de Phoenix,  Miner prend sa revanche sur ses dirigeants. Il s’adjuge le concours 1995.

Un concours qui ne restera pas dans les annales. En finale, Isaiah Rider, le vainqueur de l’édition précédente ne parvient pas à rééditer sa performance de 1994 et  » Baby Jordan  » s’envole vers la victoire. Une victoire qui souffre donc du manque d’inspiration globale de la partition jouée par ses participants. Des participants qui peinent clairement à renouveler le genre. Malgré tout, Harold Miner n’a lui, rien à se reprocher, il a fait ce qu’il sait faire le mieux : passer des dunks puissants et enflammer la foule. Le vainqueur doit presque présenter ses excuses au moment de revenir sur sa victoire :

 » Tout a déjà était fait dans le domaine. Moi, j’essaie de transmettre ma propre personnalité en appuyant chaque geste. En étant le plus puissant possible. J’ai fait tout mon possible pour amuser le public.  » 

960x540Quoiqu’il en soit, Harold Miner a désormais son nom associer pour l’éternité à celui de son modèle, puisque comme Jordan avant, il remporte le concours pour la seconde fois. Mais ça n’est pas assez pour le front office de Miami qui ne veut plus de Miner dans son effectif. Ses coachs remettent en jeu son travail défensif. La coupe est pleine, les deux parties s’entendent pour un transfert. Harold Miner laisse donc derrière lui le parquet de la Miami Arena. Sans regret. Son passage est Floride est loin de faire l’unanimité, et ce ne sont pas ses statistiques qui viendront nous dire le contraire. En 181 matchs avec le jersey du Heat sur les épaules, Miner facture une moyenne de 9,6 points et 2,3 rebonds. Parviendra t-il à rebondir dans l’Ohio avec les Cleveland Cavaliers ? Rien n’est moins sûr, et c’est tout l’enjeu de ce transfert.

LA VIE EST BELLE

Mais le fameux rebond ne viendra jamais. L’âme en peine et le genou en vrac, Harold Miner ne peut plus rien espérer de cette saison 95/96, et ça tombe bien car les CAVS n’attendent plus rien de lui. Il a failli se retrouver à Toronto, mais l’échange avec Victor Alexander est annulé à cause des soucis physiques du joueur des Raptors. En Février 1996, alors qu’un an plus tôt, presque jour pour jour, il triomphait lors du Slam Dunk Contest, il joue son dernier match professionnel contre les Bulls de Chicago, emmené par un certain Michael Jordan. Même le destin se joue de Harold Miner. Il n’a que 24 ans. Il tente de se relancer en faisant un bout d’essai chez les Raptors, mais il ne passe même pas la pré-saison. On s’attend à recroiser sa route dans une salle européenne ou sur les parquets d’une obscure ligue mineure. Mais  » Baby Jordan  » est usé psychologiquement, totalement dégouté du business, de ses méthodes et de son agitation. Il met les voiles vers Las Vegas avec sa famille. Harold Miner se retranchera dans un silence médiatique jusqu’en 2011. Cette année là, il nous redonne signe de vie au moment où il se retrouve intronisé au Hall of Honor de la conférence Pacifique. Quelques semaines plus tard, USC décide de retirer son maillot frappé du numéro 23. Lors de la cérémonie c’est un homme apaisé qui apparaît souriant au milieu du terrain de ses anciens exploits. Un homme qui reconnaît vivre enfin en accord avec son passé.  » Baby Jordan  » est mort, désormais la vie appartient à Monsieur Harold David Miner..

SES STATS NBA

  • Points: 1 801 soit 9 par match
  • Passes: 245 soit 1,2 par match
  • Rebonds: 432 soit 2,2 par match
  • Matchs: 200 (dont 47 en tant que titulaire), 4 en playoffs

SON PALMARES

  • Joueur de l’année de la conférence Pacifique en 1992
  • Elu joueur universitaire de l’année en 1992 par Sports Illustrated
  • Recordman du nombre de points inscrits pour University of Southern California (2 048)
  • 2x vainqueur du NBA Slam Dunk Contest (1993 et 1995)
  • Intronisé au Hall Of Honor de la conférence Pacifique en 2011
  • Son numéro 23 a été retiré par USC en 2012

SES HIGHLIGHTS AVEC USC

MIX DE SA CARRIERE 

Crédits photos : insidesocal/rankopedia.com/RealHeatFans/chron.com

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About Waka Bayashi (87 Articles)
Enfant des eighties, c'est au début des années 90 que je découvre la NBA. En 1993 j'obtiens mon brevet des collèges grâce à l'épreuve de Géographie au cours de laquelle je localise les plus grandes villes sur la carte des Etats-Unis, en ajoutant entre parenthèses le nom des franchises de la ligue, en espérant secrètement quelques points bonus. Fan des joueurs avec un taux de trash-talking élevé (coucou Reggie Miller), j'ai intégré l'équipe de Basket Rétro afin que mes parents soient fiers de moi.

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