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De Detroit à Los Angeles, flashback sur les origines des Lakers

Franchise History

Contrairement aux idées reçues, l’histoire des Los Angeles Lakers ne débute pas à Minneapolis mais à Detroit, dans le Michigan, en 1946. Le bilan des dénommés Detroit Gems et leur passage éclair dans la National Basketball League justifient la méconnaissance de ce court épisode de l’histoire des Lakers.

Avant d’accueillir les Pistons en 1957, Detroit a donc eu l’opportunité de voir évoluer une équipe professionnelle de basket 11 ans auparavant. Les Gems, qui n’avaient de précieux que leur nom, ont en effet été fondé en 1946 à « Motor City ». Mais loin de briller sur les parquets (ils conclurent leur seule et unique saison avec 40 défaites sur 44 matches), l’équipe ne fit pas long feu. Alors considéré, à l’instar de leurs futurs voisins angelinos, comme la pire équipe de l’histoire du basket, l’équipe fut dissoute en 1947 et revendu à trois investisseurs du Minnesota.

Pour seulement 15 000 $ (soit l’équivalent de 160 000 $ aujourd’hui en tenant compte de l’inflation), Ben Berger (propriétaire d’un cinéma), Sid Hartman (journaliste sportif) et Morris Chalfen (promoteur sportif) mettent la main sur une franchise aujourd’hui évalué à 1,35 milliard de dollars par le magazine Forbes. Pour ce prix, les trois collaborateurs ne disposent cependant que des équipements de l’équipe… Tous les joueurs rejoignirent en effet d’autres clubs à travers le pays (pas nécessairement une grosse perte au vue de leurs tristes prestations).

DES DÉBUTS GLORIEUX

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L’équipe est logiquement redomiciliée à Minneapolis, d’où sont originaires les propriétaires. Et pour imprimer leurs marques, Berger, Hartman et Chalfen renomment le club en s’inspirant du surnom donné au Minnesota : « La terre des 10 000 lacs ».

Avec une équipe entière à reconstruire, les Lakers obtiennent de la NBL le premier choix de la Draft 1947, et sélectionnent judicieusement George Mikan, star universitaire à la DePaul University. Cependant, à l’époque où le basket comptait plusieurs ligues professionnelles, le numéro 99 se retrouve courtisé par plusieurs équipes. Dans son road trip planifié pour rencontrer différentes franchises, Mikan devait, le jour de sa rencontre avec les dirigeants des Lakers, reprendre un vol le soir même pour prendre connaissance d’autres offres. Sid Hartman, l’homme à tout faire des Lakers (non seulement il rédigeait les nouvelles sportives dans son journal, mais il en était lui-même à l’origine, et se chargeait également de la distribution des journaux à travers la ville), se trompa « accidentellement » de chemin pour amener son prospect à l’aéroport, ce qui amena Mikan à rater son vol. Dans l’obligation de rester à Minneapolis pour la nuit, les Lakers ne perdirent pas de temps et convinrent ce dernier qui signa son contrat le lendemain.

Pierre angulaire d’un édifice alors en construction, Mikan ne tardent pas à montrer tout son talent en offrant dès sa première année (1947/1948), le titre NBL à Minneapolis (titre qui ne sera pas comptabilisé par la NBA dans le palmarès historique de L.A. La NBA considérant comme son seul prédécesseur le championnat BAA).

La saison suivante, les Lakers rejoignent la Basketball Association of America et poursuivent leur domination sur le pays. Suite à ce second titre, la BAA fusionne avec la NBL pour parvenir à la naissance officielle de la NBA. Un changement de dénomination qui n’empêche pas Minneapolis de ne cesser sa collecte de titres.

Une collecte qui prendra fin en 1951, avec le seul et unique trophée de l’histoire des Royals/Kings. Cet échec des Lakers ne s’avère que partie remise. De 1952 à 1954, George Mikan et ses coéquipiers reprennent le contrôle du championnat en remportant le tout premier three-peat de la Grande Ligue.

PLUS DURE SERA LA CHUTE

Après cet historique triplé, la première superstar de la Ligue jette les armes face aux blessures qui l’affaiblissent. Il tentera bien, en vain, un comeback, mais ne parviendra pas à reprendre le dessus sur son corps.

Cette triste fin de carrière est synonyme de descente aux enfers pour Minneapolis qui enchainent alors les bilans négatifs saison après saison. Au delà des vérités du terrain, les propriétaires constatent par ailleurs une inexorable chute de l’affluence. La retraite de Mikan, combinée aux mauvais résultats et au fait de ne pas avoir leur propre salle (les rencontres se jouaient soit à Minneapolis, soit à Saint Paul) sont autant de raisons qui expliquent ce désintérêt de la population pour l’équipe locale.

Exaspéré par cette situation, Ben Berger tente, en 1957, de déménager le club à Kansas City. Il n’y parviendra pas, mais revend la franchise à un groupe d’investisseurs composés d’hommes d’affaires de Minneapolis, et mené par Bob Short (futur propriétaire de l’équipe de baseball des Texas Ranger) qui deviendra le nouveau propriétaire des Minneapolis Lakers. Prix de revente : 150 000 dollars, soit dix fois le prix d’achat en 1947.

En dépit de leur foi en cette équipe, la saison 1957-1958 se déroule à l’image des précédentes et se conclut avec le pire bilan de la NBA (19 victoires pour 53 défaites). Un mal pour un bien pourrait-on dire, puisque ce calamiteux exercice leur octroie, 11 ans après Mikan, le premier choix de la Draft 1958, un certain Elgin Baylor.

L.A., L.A., BIG CITY OF DREAMS

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Dès sa première saison, Baylor redonne le sourire aux Lakers. Ses statistiques (24.9 points, 15 rebonds et 4.1 passes) lui permettent de rafler le trophée de Rookie of the Year et de ramener Minneapolis en finale NBA. Une finale historique à bien des égards : d’une part, il s’agira du premier des huit titres consécutifs remportés par les Boston Celtics, et d’autre part, cette confrontation marquera le début d’une des rivalités les plus historique de l’histoire du sport.

L’exercice 1959-1960 constituera la 13ème et dernière saison des Lakers à Minneapolis. Ces derniers ne parviennent pas à confirmer les bonnes dispositions entrevues la saison précédentes, et l’engouement de la ville pour son équipe de basket demeure très faible malgré l’arrivée de Baylor et la participation aux finales 1959.

Bob Short se résout à déménager la franchise et s’inspire des Brooklyn Dodgers (MLB). En 1958, le club historique de Jackie Robinson pose en effet ses valises dans la Cité des Anges. Les bienfaits de ce déménagement sont frappants : meilleurs résultats sportifs, meilleure affluence, meilleures recettes etc. Un temps envisagé à Chicago ou San Francisco, Bob Short imite donc son homologue des Dodgers et opte pour un déménagement à Los Angeles. Si le nom de la franchise ne sonne pas aussi bien en Californie que dans le Minnesota, les Lakers demeurent pourtant, et deviennent la première équipe NBA de la côte Ouest.

CALIFORNIA SUNSHINE

S’en suit des décennies de rivalités, de légendes, d’exploits, qui auront marqué l’histoire de la NBA. Los Angeles aura cependant du attendre 1972 avant de vivre l’euphorie que procure un titre NBA.

Pendant ce temps, Minneapolis dû patienter près de 30 ans avant de retrouver une équipe de basket, et peut être le double, voire plus, pour un jour vibrer au rythme d’hypothétiques exploits des Timberwolves en finale NBA.

Crédit Photos : LA Times/MinnPost/LakersNation

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About Simon ANNIC (20 Articles)
NBA Addict depuis les premiers dribbles de Kobe avec les Lakers, je suis autant passionné par la NBA actuelle que par l'histoire de la grande ligue, de Red Auerbach à Phil Jackson, d'Elgin Baylor à Chris Paul.

1 Comment on De Detroit à Los Angeles, flashback sur les origines des Lakers

  1. J’adore l’anecdote entre Sid Hartmann et George Mikan ^^

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