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[Analyse] Et si la carrière de Chris Webber avait tourné autrement ?

Analyse

5 fois All-Star, 4 selections All-NBA (dont 1st Team), Rookie de l’année 94, 4ième au vote du MVP en 2000, 17 182 points et 8124 rebonds au total … un résumé qui ferait pâlir la plupart des joueurs NBA et une place au Hall Of Fame fort probable pour l’ancien Warriors / Bullets / Kings / 76ers /Pistons.

Pourtant, lorsque l’on regarde la carrière de C-Webb, on ne peut s’empêcher de penser que celle-ci aurait dû se dérouler autrement. L’un des joueurs les plus talentueux de ses 30 dernières années a vu son parcours entaché de blessures, scandales et autres polémiques. Retour sur les 6 dates où tout a basculé :

5 avril 1993 – Finale NCAA – La « bourde » du siècle.

Chris-Webber-timeout « J’ai juste demandé un temps-mort et cela nous a probablement coûté le match ». C’est un Chris Webber, dépité, qui résumera à la fin de la rencontre son erreur. Il dira par la suite avoir entendu quelqu’un sur le banc crier temps-mort. Quoi qu’il en soit, cette bévue offrira le titre à North Carolina au dépend de Michigan. Un triste fin pour la magnifique équipe des Fab Five, qui révolutionnera la NCAA mais qui ne remportera jamais le titre suprême (et qui verra même son palmarès effacé des tablettes, suite à un scandale de versement d’argent illicite à Webber durant ses deux années sur le campus de Michigan).

Comment cela aurait pu se passer :

Webber prend le rebond sur le lancer-franc raté de Pat Sullivan, évite le marché, traverse le terrain en driblant et arrive devant le banc de Michigan. Il reste 11 secondes et le score est de 73-71. Il hésite à prendre un temps mort mais trouve finalement Jalen Rose qui marque en pénétration et égalise. Durant la prolongation, Webber domine Eric Montross, score les 8 points de son équipe et mène les Wolverines au titre, leur 2nd après 1989. Il termine avec 31 points et 11 rebonds et le titre de MOP du tournoi en poche. La légende est en marche….

30 juin 1993 – NBA Draft 1993 – L’échange surprise

Pour la seconde année de suite et alors que les probabilités étaient inférieures à 2%, le Orlando Magic décroche le 1er choix de Draft malgré un bilan de 41 victoire et 41 défaites avec dans leur rang, le Rookie de l’année, Shaquille O’neal. Les fans Flordiens se mettent à rêver d’une association Shaquille O’neal – Chris Webber comme version moderne des Twin Towers. Mais le phénoménal Anfernee Hardaway a tapé dans l’œil du GM Pat Williams lors des work-out, et  ce dernier échange le soir de la draft les droits de C-Webb contre le 3ième choix (Hardaway) et 3 futurs premiers choix. Au final, Webber ne restera qu’une année chez les Warriors tandis que Hardaway et O’neal s’embrouilleront après une finale NBA perdue face aux Rockets. Un beau gâchis.

penny-hardaway-chris-webber-1993-nba-draft

Comment cela aurait pu se passer :

Avec le 2nd choix de draft, les 76ers jouent la sécurité, draftent Penny Hardaway (au lieu de Shawn Bradley) et empêchent le trade de se faire. L’association O’neal – Webber terrorise les raquettes NBA, le Magic décroche le titre 1995 face aux Rockets et un Hakeem Olajuwon esseulé après le départ d’Otis Thorpe, et même le titre 1998 après une victoire en finale de conférence face aux Bulls de Michael Jordan qui jouera alors sa dernière rencontre à l’O-rena. Pour compenser le départ du Shaq aux Lakers, le Magic arrive à attirer coup sur coup Gary Payton, puis Tracy McGrady pour devenir une force de la conférence Est en réinventant le jeu rapide et spectaculaire des Fab Fives. Avec Webber en leader et MVP de la saison 2000-01, ils battent en finale NBA les Lakers du Shaq pour le 3ième titre du Magic.

17 novembre 1994 – Le trade aux Bullets           

En fait, la plus grosse erreur a été celle effectuée quelques mois plus tôt, juste après la draft. A une époque où les contrats Rookies étaient non encadrés et ont ruiné de nombreuses carrières, Webber signe avec les Warriors pour 75 millions sur 15 ans, avec une clause de sortie après sa première année ! Un montant qui peut vite monter à la tête d’un jeune joueur, aussi talentueux soit-il. Il finira Rookie de l’année dans une superbe équipe des Warriors qui terminent la saison avec 50 victoires (avec Tim Hardaway, Latrell Sprewell, Chris Mullin, Billy Owens, Avery Johnson ou encore Chris Gatling). La belle histoire ne durera qu’une année, les accrochages entre C-Webb et son coach Don Nelson se multiplient. Webber ne veut pas jouer Pivot dans le « Nellieball », son coach perd toute autorité sur lui.

« J’ai eu des coachs qui étaient des branleurs. Ils criaient sur nous tout le temps. Mais il faut respecter les joueurs. Ne leur dite pas : « pourquoi on t’a drafté ? » devant des enfants en tribune » dixit Chris Webber

Après avoir boudé l’équipe les 6 premières rencontres de la saison 1994-95 pour des histoires de contrat et avoir demandé la tête de son coach à son propriétaire, il est échangé aux Bullets contre Tom Gugliotta et 3 premiers choix de draft à venir. Il rejoindra alors une équipe faible mais son pote du Fab Five Juwon Howard. Les Warriors eux, entameront une descente aux enfers de plus de 10 ans.

HQ-Juwan-Howard-and-Chris-Webber-Washington-Bullets

Comment cela aurait pu se passer :

Les Warriors n’incluent pas la clause de sortie dans le contrat de Webber. Celui-ci n’a pas de moyens de pressions, et, après avoir boudé quelques matchs, il revient dans l’effectif des Warriors, qui atteindront la finale de conférence cette année-là avant de chuter face aux Rockets. Devenue une place forte de la NBA, ils se hisseront en finale NBA 1998 face aux Bulls de Jordan mais perdront sèchement 4-0. Les Warriors arrivent alors à attirer Scotie Pippen à l’intersaison et échangent Tim Hardaway pour Penny Hardaway. Avec Penny, Spree, Mullin, C-Webb et Seikaly, les Warriors décrochent le titre NBA 1999, et C-Webb est élu MVP de la saison. Lors de la remise du trophée il s’effondre en pleure dans les bras de Don Nelson en lui disant : « je suis désolé, merci coach » !

26 mai 2002 – Big shot Rob crucifie les Kings

La série Lakers – Kings de 2002 sera le tournant le plus marquant de la carrière de Webber, si bien que deux, voir trois matchs auraient pu faire basculer sa carrière. Tout d’abord, lors du Game 4 au Staples Center. Les Lakers, double champion en titre sont menés 2-1 et en danger contre une équipe de Sacramento plus que séduisante (Mike Bibby, Doug Christie, Peja Stojakovic, Chris Webber, Vlade Divac, Hedo Turkoglu, Bobby Jackson …). Il reste 8 secondes à jouer, les Kings mènent de 2 points et sont en passe de prendre un avantage quasi définitif dans la série, 2 des 3 dernières rencontres se jouant dans la bouillante l’Arco Arena de Sacramento. Ils auront 2 ou 3 occasions de tuer le match sur cette dernière possession des Lakers. Tout d’abord, sur un premier shoot raté de Kobe et le rebond laissé à O’neal, puis sur le rebond du tir raté du Shaq, Vlade Divac renvoie le ballon hors de la raquette….. directement dans les mains de Robert Horry seul à 3 points. Webber a beau s’étendre de tout son long pour essayer de contrer le ballon, le tir à 3pts de Big Shot Rob fait mouche. La série est relancée…

Comment cela aurait pu se passer :

Sur le 2nd tir raté du Shaq, Webber s’empare du ballon et subit une faute immédiate. Il rentre ses deux lancers francs et offrira la série aux Kings à domicile lors du 5ième match à domicile avec 28 points et 15 rebonds. En finale NBA, les Kings battent facilement les New Jersey Nets et s’offrent leur premier titre à Sacramento. Webber est élu MVP des finales et entre dans la légende l’année suivante avec un doublé, de nouveau face aux Nets.

31 mai 2002 – Le match le plus scandaleux de l’histoire

Cinq jours plus tard, même série, même endroit. Après une victoire probante à domicile lors du match 5, les Kings peuvent conclure la série avec une victoire sur les Lakers lors de ce Game 6. Ce qui est censé être l’un des plus grands match de l’histoire restera en fait une parodie de basket. La faute à un arbitre, Tim Donaghy, qui sera rendu coupable quelques années plus tard d’avoir parié sur certaines rencontres, dont celui-ci. En guise de défense, Donaghy accusera la NBA d’avoir fixer cette rencontre pour que les Lakers gagent …. ambiance…. Les Lakers remportent la rencontre 106–102 avec 18 lancers-francs supplémentaires tentés dans le dernier quart-temps, et surtout des coups de sifflet honteux comme l’illustre la vidéo ci-dessous.

Comment cela aurait pu se passer :

Après avoir ingurgité un mauvais chilly con carne la veille du match à Santa Monica, Donaghy est cloué au lit et est contraint de laisser sa place à Joe Crawford quelques minutes avant le match. Les Kings remportent la rencontre de 20 points, en route vers une finale NBA remportée face aux Nets. God bless the chilly !

Cette série est tellement incroyable que le match 7 et le tir raté de Stojakovic à la fin du 4ième QT aurait aussi pu permettre aux Kings de se hisser en finale NBA et de changer la destinée de Chris Webber.

10 mai 2003 – Le début de la fin

Après une nouvelle saison réussie et un nouveau titre de la division Pacifique (59 victoires, 13 défaites), les Kings retrouvent les Dallas Mavericks au second tour après avoir dominé le Utah Jazz 4 victoires à 1. Favoris au début de la série, le poisse continue lorsque dans la 2nd rencontre Chris Webber s’écroule sur une tentative de Alley-Oop. Son visage fermé laisse présager le pire : ce sera le cas. Rupture des ligaments croisés et une absence de quasiment une année. Webber ne retrouvera plus jamais son niveau qui faisait de lui le meilleur ailier-fort de la nba. Il sera échangé en 2005 à Philadelphie et commencera une petite descente vers l’anonymat. Rageant

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Comment cela aurait pu se passer :

Sur la passe de Mike Bibby, Chris Webber préfère s’abstenir et laisse le ballon sortir. Les Kings perdent la rencontre tout de même mais pas la série qu’ils remportent 4-2. Après avoir difficilement sorti les Spurs en finale de Conférence, ils explosent les Nets en finale NBA. Ils seront même proche du doublée face aux Detroit Pistons en 2004. Mais une erreur fatale de Webber leur coûtera le titre : un temps-mort pris à quelques secondes de la fin du match, alors que le score est a égalité et que Sacramento n’a plus de temps-mort disponible lors du Game 5 au Palace. Après la rencontre Webber déclarera : « je n’appellerais plus jamais un temps-mort de ma vie »

31 mai 2007 – Le King enterre l’ancien Kings

kinhwebbC-Webb se voit offrir une dernière chance de gagner un titre en février 2007. Après avoir été libéré par les 76ers en cours de saison, il rejoint sa ville de natale de Detroit et les Pistons. Alors leader de la conférence Est, l’équipe du Michigan est l’un des favoris pour le titre NBA avec Billups, Hamilton, Prince, Rasheed Wallace ou encore Antonio McDyess. A 33 ans, Webber termine la saison avec des statistiques plus que correctes (11 pts, 6.7 rebs, 3 asts) et gagne rapidement une place dans la raquette des Pistons au côté du Sheed. Mais en finale de conférence, le jeune Lebron James balaye tout sur son passage et domine les Pistons à lui tout seul, avec notamment une performance héroïque lors du match 5 au Palace, avec 48 points, 9 rebonds et 7 asts. Ce sera l’une des dernières rencontres de C-Webb qui prendra sa retraite quelques mois plus tard, après une parenthèse de 9 matchs avec les Warriors, histoire de boucler la boucle.

Comment cela aurait pu se passer :

Tout simplement, Lebron ne sort pas sa perf de mamouth, et les Pistons accèdent à la finale NBA, qu’ils remportent, revanchards après 2005, face aux Spurs. Il se retire à l’issue des finales le titre en poche, ce couronnement qui lui manque depuis le début de sa carrière et qui vient récompenser l’un des joueurs les plus talentueux de l’histoire.

On peut rejouer la carrière de Chris Webber 10 fois, dans 9 cas sur 10, il aurait probablement été l’un des 20 meilleurs joueurs de l’histoire au côté de Karl Malone, Hakeem Olajuwon ou Charles Barkley. Peut-être encore plus talentueux que le Shaq, que Kobe Bryant ou que Tim Duncan, il aura manqué le cadre, les mentors et la chance sur son parcours pour marquer véritablement la ligue de son empreinte.

Au final, on peut tout de même savourer ses actions éclats comme ce Dunk incroyable sur Charles Barkley lors de sa saison de Rookie.

Crédits photo : SI/Getty Images/NBAE

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About Jay Swan (46 Articles)
Passionné de NBA depuis 1994 Twitter : @junkyardswan

2 Comments on [Analyse] Et si la carrière de Chris Webber avait tourné autrement ?

  1. Tout simplement bravo!
    J’adore le côté « what if », laisser libre cours à l’imagination…
    On en veut plus des articles comme ça =)

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  2. Belle imagination, mais aucune chance de battre les Bulls, même en 1998 🙂

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