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[Analyse] Carmelo Anthony : sur un chemin périlleux vers les sommets

Analyse

Vainqueur avec Syracuse du Final Four 2003, et MOP de ce dernier, septuple All-Star, sextuple All-NBA (2 second-team et 4 third-team), double médaillé d’or olympique (2008, 2012), top scoreur 2013. A seulement 30 ans, le palmarès de Carmelo Anthony peut rendre envieux bon nombre de joueurs NBA. Si sa carrière, sauf blessure majeure, est loin d’être terminée, on ne peut s’empêcher d’avoir quelques regrets pour celui qui, contrairement à ses plus célèbres collègues de draft, n’a pas encore remporté le moindre titre NBA.

Avec des Knicks traversant l’une des pires saisons de leur histoire, Carmelo Anthony se retrouve aujourd’hui à un stade critique de sa carrière. En optant l’été dernier pour un nouveau contrat dans la ville de son cœur, la perspective de remporter un championnat n’a jamais été aussi éloignée pour lui. Retour sur trois événements qui auraient pu changer sa destinée.

26 JUIN 2003 : DRAFT NBA – LA PÉPITE SERBE

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26 juin 2003 – With the 3rd pick, the Denver Nuggets select Carmelo Anthony

Non content de terminer premier de la conférence Est en 2003, les Pistons détiennent de surplus un top pick lors de la prochaine Draft. A l’époque, trois noms se démarquent du lot : Lebron James, Carmelo Anthony et… Darko Milicic. Peu soupçonne à quel point Wade est talentueux, et Chris Bosh est considéré alors comme le prochain Keon Clark. Pas de quoi s’enflammer donc. Joe Dumars, GM des Pistons, hésite entre Anthony et ce jeune prospect serbe que l’on annonce comme une future star de la ligue. En manque de taille dans la raquette, son choix se porte sur Milicic et Anthony se retrouve sélectionné en numéro 3 par les Nuggets.

Larry Brown, peu connu pour développer ses jeunes, cloue son rookie sur le banc. Cela n’empêchera pas les Pistons de décrocher le titre 2004. 10 ans plus tard, la carrière gâchée du tout nouveau kick-boxer comparé à celle du franchise player des Knicks pose beaucoup de questions. D’abord sur ce qu’aurait pu devenir les Pistons si Dumars avait sélectionné l’ailier de Syracuse, mais également sur le statut qu’aurait pu avoir Carmelo Anthony qui fait aujourd’hui figure de loser par rapport à ses acolytes stars de la Draft 2003.

On refait l’histoire : Et si les Pistons avait sélectionné Melo ?

Avec un quatuor Billups-Hamilton-Prince-Ben Wallace, le tout mené par Larry Brown qui verra plus tard dans la saison Rasheed Wallace compléter la troupe, les Pistons possèdent les armes et le collectif pour décrocher le titre. Joe Dumars ne souhaite pourtant pas se contenter d’un trophée mais vise une dynastie, et profite de leur second choix de l’incroyable Draft 2003 pour sélectionner le deuxième joueur le plus talentueux après Lebron James, j’ai nommé Carmelo Anthony.

Cantonné en bout de banc en début de saison, Melo impressionne Coach Brown qui ne peut que s’incliner devant le talent de son rookie. Il lui accorde sa confiance au fil de la saison pour en faire son sixième homme de luxe. Les Pistons surprennent l’armada des Lakers et décrochent leur premier titre depuis 1990.

En 2005, Anthony prend de l’importance dans la rotation de Detroit. Larry Brown le force à travailler l’aspect défensif de son jeu, et le travail paye dans le game 7 des Finals 2005 où il réduit sous silence Robert Horry et permet aux Pistons de réaliser le Back-to-Back.

Lors des play-offs 2006, Carmelo propulsé dans le cinq majeur se révèle être la goutte de trop pour le Heat qui ne peut rivaliser face à la polyvalence des coéquipiers de Chauncey Billups. En finale NBA, les Pistons remportent les deux premiers matches à la maison et se dirigent tout droit vers le triplé. C’est sans compter sur l’insolent Dirk Nowitzki qui cumule lors des quatre victoires consécutives des Mavs près de 40 points de moyenne, offrant à Dallas son premier titre.

Trois saisons conclues par deux titres en trois finales : les débuts NBA du numéro 15 des Pistons sont plus que convaincants et lui procurent une vraie réputation de winner !

ÉTÉ 2010 – UN NOUVEAU DEPART

Le 27 mai 2009, les Nuggets s’apprêtent à jouer le Game 5 des finales de Conférence Ouest face aux Lakers. La série est alors à égalité. Une occasion unique pour les Nuggets de prendre les devants dans la série. Vous connaissez la suite : les Lakers s’imposent et Kobe se dirige vers son premier titre NBA sans le Shaq.

Un an plus tard, les Nuggets ne valident pas leur billet pour les play-offs, et Carmelo Anthony commence à entrevoir son destin sous d’autres cieux. Alors que la free agency bat son plein, la franchise du Colorado détient encore son ailier sous contrat, s’offrant une marge de manœuvre pour un possible transfert. Il surviendra à la mi-saison suivante, lorsque le numéro 15 troque sa tunique bleue pour endosser le numéro 7 des Knicks.

New York se montre alors ambitieux en alignant Anthony avec Amare Stoudemire. Mais leurs rêves de titre se briseront en même temps que les genoux de l’ancien Suns. Si une paire Anthony-Stoudemire en pleine santé laissait rêveur, c’est paradoxalement avec un Stoud quasi-absent que les Knicks réaliseront leur meilleur campagne de l’ère Anthony. Épaulé par Tyson Chandler et JR Smith, le numéro 7 new-yorkais emmène son équipe au second tour des play-offs 2013. Anthony se sera démultiplié lors du Game 6 décisif à Indianapolis pour offrir un Game 7 à la Big Apple . A 50 secondes du terme, les Knicks étaient encore à -4. Mais dans la fournaise du Conseco Fieldhouse, Lance Stephenson et ses coéquipiers concluent la série sur la ligne des Lancers-Francs.

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Carmelo aux Bulls ?

Après ce doux printemps 2013, l’atmosphère dans les travées du Madison Square Garden n’aura cessé de se dégrader. Mais avec la free agency 2014 en ligne de mire, Carmelo Anthony allait bientôt pouvoir rêver d’un avenir plus radieux.

On refait l’histoire : Et si Melo avait rejoint D-Rose ?

En refusant une prolongation de contrat offerte par les Nuggets, Carmelo, ne voyant guère son avenir se dessiner aux Nuggets, se retrouve Free Agent en 2010.

Dragué par les Bulls, Melo succombe aux charmes de la Windy City et forme avec Derrick Rose l’équivalent de la paire Westbrook-Durant à l’Ouest : un meneur explosif et un ailier scoreur au sommet de son art. En 2011, Carmelo redécouvre les joies des finales de conférence face à Miami cette fois. Les Bulls sont trop courts, mais le futur s’annonce brillant pour les descendants de Michael Jordan.

Si le Heat et les blessures à répétition de Rose empêchent Chicago les deux années suivantes d’accrocher une septième bannière au plafond du United Center, Carmelo Anthony peut néanmoins se vanter de concourir chaque saison pour le titre. Et la perspective d’un rétablissement de Derrick Rose, combinée aux montées en puissance de la paire Gibson-Noah à l’intérieur, sont autant de raisons pour qu’Anthony prolonge aux Bulls en 2014.

ÉTÉ 2014 – L’OPPORTUNITÉ MANQUEE

Sauf transfert retentissant avant la date limite, on peut à 99 % prédire que Carmelo Anthony sera en vacances anticipées en avril.

Ce nouveau désastre, le numéro 7 aurait pu l’éviter. Convoité principalement par Houston, Chicago, Miami et les Lakers, Melo serait aujourd’hui dans une toute autre configuration s’il avait écouté sa tête et non son cœur. Les projets de Houston et Chicago étaient particulièrement attractifs d’un point de vue sportif. Mais Phil Jackson a su trouver les mots (et quelques billets) pour convaincre la star de prolonger chez les Knicks. Une décision qui pourrait payer sur le long terme, mais qui n’en prend pour le moment pas le chemin.

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Une saison à vite oublier pour les Knicks

On refait l’histoire : Qu’aurait donné un trio Harden-Melo-Howard ?!

Accueilli en prophète à Houston, Anthony jubile à l’idée du trio qu’il composerait avec Harden et Howard. Sans trop d’hésitations, il rejoint des Rockets dans une conférence Ouest extrêmement dense. Après avoir pris leur revanche sur les Blazers au deuxième tour des play-offs 2015, les Rockets éliminent les artilleurs de la Bay Area, avant de décrocher le titre le 14 juin face aux surprenants Hawks, dix ans jour pour jour après le doublé réalisé par Hakeem Olajuwon et les siens.

BONUS

Une autre date a pu avoir de l’importance sur les choix sportifs de Carmelo Anthony.

10 JUILLET 2010 – OUH LA LA…

lalaIndépendamment de sa carrière, c’est peut être un élément de la vie privée d’Anthony qui a eu le plus gros impact sur sa situation sportive. Le 10 juillet 2010 à New York, Carmelo et La La se disent oui ! Qui ça ? Alani Vasquez, a.k.a. La La, DJ, actrice, et plus encore. Très attachée au show business, Madame Anthony se voit difficilement vivre ailleurs qu’à New York ou Los Angeles.

En 2014, très attentif aux désirs de sa chère et tendre, et ne voyant pas davantage d’attractivité dans le projet des Lakers que dans celui des Knicks, Carmelo prolonge à New York.

Tout ceci n’est bien sûr que pure spéculation…

On refait l’histoire

Le 10 juillet 2010 à New York, Carmelo s’unie à Shawna (ou Kate, Janelle, Christie ou qui vous voulez), cheerleader des Nuggets prête à le suivre au bout du monde (sauf à Cholet, Dunkerque, ou même Dijon, pourtant en course l’été dernier pour signer Lebron James !).

Free agent en 2014, Carmelo signe aux Bulls (ou aux Rockets ou dans toute autre équipe avec un projet sportif efficace et cohérent). Sa femme lui apporte tout son soutien dans son choix et le suit dans sa nouvelle ville.

En janvier 2015, Carmelo est une pièce maitresse d’un candidat au titre, et son but ultime pourrait bientôt se concrétiser : intégrer la liste ultra-fermée des joueurs ayant été champions NCAA, NBA, et Olympique (liste comprenant notamment Bill Russell, Michael Jordan et Magic Johnson).

UNE PART DE RESPONSABILITÉ MESURÉE 

Parmi les différents épisodes évoquées ci-dessus, le seul regret que Carmelo Anthony peut avoir, c’est son choix d’avoir prolongé avec les Knicks.

Son passage à Denver a été plus qu’honnête. Alors que les Nuggets étaient absents des play-offs depuis 1995, Carmelo Anthony a permis à sa franchise de connaître les joies de la post-season lors de chacune des campagnes qu’il a menées dans le Colorado. Si les éliminations répétées aux premiers tours ont apporté leur lot de frustration aux joueurs et aux fans, Denver est tout de même passé à deux victoires de se qualifier aux Finals 2009. Carmelo Anthony a donc cru au projet sportif des Nuggets et a signé une prolongation de contrat l’ayant empêché de connaître une première free agency en 2010. Ce choix semble à postériori réfléchi.

En étant transféré ensuite aux New York Knicks, ses chances de contribuer au retour des New-Yorkais sur le devant de la scène étaient réelles. Avec Amare Stoudemire, Tyson Chandler, et JR Smith notamment, l’effectif avait de la gueule. Abonné aux casseroles depuis l’après Ewing, New York semblait confirmer son renouveau (après une nouvelle rechute) avec l’arrivée de Phil Jackson et de son attaque en triangle.

Mais avec un JR Smith indisciplinée, un Tyson Chandler transféré, un Andrea Bargnani aussi présent en défense que les attributs de Lala Anthony, ou encore un coach rookie ayant tout à prouver Derek Fisher, l’été 2014 confirmait que New York ne serait pas un candidat au titre dès 2015.

A 30 ans et sans la moindre bague à ses doigts, Carmelo aurait dû penser en premier lieu à l’aspect sportif. Car avec une saison déjà à oublier, et un épisode 2015-2016 où Phil Jackson devra avant tout penser à redresser la barre, les Knicks seront, au mieux, dans la course au titre en 2017. Carmelo aura alors 33 ans. D’ici là, un transfert d’envergure n’est clairement pas à exclure. Mais s’il ne quitte pas le navire, force sera de constater sa volonté à ne pas reculer devant l’adversité.

Si le franchise player des Knicks va jusqu’au bout de son périple dans sa ville natale, il pourra alors fièrement soulever le Larry O’brien Trophy. Un trophée qui vaudrait symboliquement mille fois ceux remportés, à titre de comparaison, par l’ex-trio du Heat, autrefois collègues de Draft de Melo. Comme disait Corneille : à vaincre sans périls, on triomphe sans gloire.

Crédits Photos : Getty/Source24Designs

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About Simon ANNIC (20 Articles)
NBA Addict depuis les premiers dribbles de Kobe avec les Lakers, je suis autant passionné par la NBA actuelle que par l'histoire de la grande ligue, de Red Auerbach à Phil Jackson, d'Elgin Baylor à Chris Paul.

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