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L’ASVEL de Delaney Rudd, au pied du podium de l’Euroligue en 1997

Êuroleague

A quelques heures du début du Final Four de l’Euroligue à Madrid. Basket Retro revient sur les grands moments de cette période phare du basket européen. Retour 18 ans en arrière en 1997 où l’Asvel Villeurbanne est le dernier club français à s’être hissé au Final Four de cette compétition. Elle terminera cette année-là au pied du podium : quatrième. Détails.

Remi-Rippert - Alain Digbeu - Ronnie Smith - Georgi Adams au Final four de l' Euroligue 1997 à Rome (c) Philippe Juste

Dans la peau du vice-champion de France de Pro A, lors de la saison 1996-1997, le club de l’ASVEL Villeurbanne entame sa campagne européenne en Euroligue dans un groupe C où figurent deux grands noms du basket européen : le Panathinaikos et le FC Barcelone. Les autres adversaires du club français étaient le club slovène de l’Union Olimpija, les allemands du Bayer Leverkusen et les croates du Osiguranje Split. Les 24 équipes qualifiées pour cette prestigieuse compétition européenne de basket étaient ainsi réparties en 4 groupes de 6, nommés A, B, C et D.

Contrairement à aujourd’hui, le déroulement du tournoi était différent cette saison-là. Les 4 équipes bien classées de chaque groupe n’étaient pas directement qualifiés pour les huitièmes de finale. Après que chaque équipe des Groupes A à D ait joué 10 rencontres (matchs aller-retour avec les mêmes adversaires) :

  • les trois meilleures équipes du Groupe A formaient avec les trois moins bonnes équipes du Groupe B, le groupe E.
  • les trois meilleures équipes du Groupe B formaient avec les trois moins bonnes équipes du Groupe A, le groupe F.
  • les trois meilleures équipes du Groupe C formaient avec les trois moins bonnes équipes du Groupe D, le groupe G.
  • les trois meilleures équipes du Groupe D formaient avec les trois moins bonnes équipes du Groupe C, le groupe H.

Avec la formation de ces 4 nouveaux groupes, chaque équipe jouait ainsi six nouveaux matchs (aller-retour) contre leurs nouveaux adversaires issus de l’autre groupe du premier tour. Les quatre premiers de chaque poule se qualifient pour les huitièmes de finale.

UN DELANEY RUDD EN FEU CONTRE LE BARCA ET LE PANA

Les  joueurs de l’Asvel coachés par Greg Beugnot ont terminé la première phase de l’Euroligue en gagnant 7 matchs et en perdant 3, finissant ainsi troisième. Parmi les victoires glanées, ils ont battu notamment à deux reprises Barcelone. Le premier succès a été conquis à Barcelone le 16 octobre 1996. Les Villeurbannais ont gagné de trois points : 81-78. Delaney Rudd a été brulantissime d’adresse avec 35 points à 12/17 aux tirs dont 6/8 derrière l’arc. Il a pris aussi 4 rebonds et délivré 4 passes.

Le deuxième succès face aux Blaugrana a été obtenu le 12 décembre 1996 à l’Astroballe : 91-90. Delaney Rudd avait fini meilleur marqueur de son équipe avec 21 points à 5/14 et 6 passes. Brian Howard (21 points, 7 rebonds et 4 passes) et Georgi Adams (17 points et 7 rebonds) ont idéalement bien aidé l’Asvel.

Delaney Rudd en Euroligue face au Barça de Karnisovas (c) lequipe

Delaney Rudd en Euroligue face au Barça de Karnisovas (c) lequipe

Avant ces deux victoires, ils ont crée l’exploit de s’imposer dans la salle du Panathinaikos à Athènes 72 à 66 le 2 octobre 1996. Une nouvelle fois, le meneur star de l’Asvel Rudd a enquillé les paniers. Au terme des 40 minutes de jeu de ce match, il rend une feuille de stats brillante : 31 points à 11/16 aux tirs et 83,3 % à 3 points (5/6). Il ajoute à ses paniers, 5 rebonds et 6 passes.

LA DOUBLE CONFRONTATION FACE A PAU, L’ENNEMI JURE

Lors de la phase de qualification pour les huitièmes de finale, le club historique rhodanien croise sur sa route trois équipes mal classées issus du Groupe D : Séville, Dynamo Moscou et Pau-Orthez. Dans leur double confrontation face aux Palois, l’Asvel a éprouvé beaucoup de difficultés à se défaire du champion de France 1996. Lors du match aller au Palais des Sports de Pau, c’est une nouvelle fois l’homme providentiel de Villeurbanne qui prend ses responsabilités : Delaney Rudd. Le 8 janvier 1997, l’ancienne doublure de John Stockton au Jazz va faire swinguer la défense paloise avec ses 29 points à 11/15 dont 7/9 à trois points. Grâce à lui, l’Asvel s’impose 97-95 alors que Pau menait à la pause de cinq points : 50-45.

Lors de la seconde manche entre les deux meilleures équipes du championnat de France en 1996, le match s’est fini sur un score étriqué mais la rencontre était beaucoup moins offensive. L’Asvel s’impose 67-65 à domicile à l’Astroballe avec un Delaney Rudd décisif. En dépit d’un pourcentage moins éblouissant derrière la ligne à 3 points (1/5), il score 17 points à 8/14 aux tirs et offre 6 passes. Avec notamment ses deux victoires face à Pau, l’Asvel gagnera en tout 5 victoires et aura perdu une seule fois sur cette deuxième phase. Il finit deuxième de ce groupe G derrière le Pana et se qualifie pour les huitièmes de finale qui se jouent au meilleur des trois matchs.

LEURS DEBUTS EN PHASES FINALES

Pour leur première rencontre de phase finale le 5 mars 1997, les joueurs de l’Asvel affrontent l’Estudiantes Madrid à domicile. Le club espagnol a été dépassé par les offensives des Villeurbannais comme en témoignent les 24 points de Alain « Air France » Digbeu, à 8/10 aux tirs. Joueur extrêmement athlétique, des capacités physiques singulières, l’ailier français gobe aussi 6 rebonds. La troupe de Gregor Beugnot gagne aisément sur le score de 97-74. 1-0 Asvel.

Alain Digbeu avec le maillot de l'Asvel en 1997 (c) D.Meyer - AFP

Alain Digbeu avec le maillot de l’Asvel en 1997 (c) D.Meyer – AFP

Le 11 mars 1997, les Madrilènes ne vont pas se faire manger une nouvelle fois. A domicile, ils prennent leur revanche au match retour en s’imposant 79-77. Et ce grâce à la belle débauche d’énergie de Harper Williams qui conclut cette rencontre avec un double-double : 17 points et 12 rebonds. Plutôt discret avec 13 points lors de la première manche, Delaney Rudd s’est réveillé avec 25 unités à 11/19 aux shoots. Mais cela n’a pas suffi pour éviter une défaite. 1-1. Match d’appui à l’Astroballe. L’Asvel joue sa place pour les quarts de finale de l’Euroligue devant son public au couleur vert du club.

Deux jours plus tard, plusieurs joueurs majeurs de l’Asvel se partagent bien le ballon sur ce match d’appui et marquent une dizaine de points. Le scoring bien réparti, cela a permis à l’Asvel d’éliminer l’Estudiantes sur le score de 75-71. Qualification 2-1. Delaney Rudd finit meilleur marqueur avec 18 points à 6/8 aux tirs avec 7 rebonds et 7 passes. Alain Digbeu marque 17 points ajoutés à ses 5 rebonds et 5 passes. Enfin le secteur intérieur de l’Asvel a été costaud. L’américain Brian Howard inscrit 14 points et prend 4 rebonds. Le français Jim Bilba réalise un double-double : 15 points et 10 rebonds.

UN QUART DE FINALE GAGNE EN TROIS MANCHES

En quart de finale, la « Green Team » croise la route de l’Efes Pilsen Istanbul. Lors de la première manche, dans la chaude ambiance d’Istanbul, le 27 mars 1997, l’Asvel ne va pas réussir à combler son retard de 9 points à la mi-temps : 41-32. Les joueurs du club turc étaient trop forts, emmené par le shooteur fou macédonien Petar Naumoski qui a explosé de son talent : 23 points dont un 5/9 à trois points. Il a bien été assisté par l’Américain Derrick Alston : 15 points, 9 rebonds. Victoire d’Efes Pilsen 87-71. Egalité une manche partout. En face, le tandem Digbeu-Rudd aura essayé de bousculer au mieux cette équipe d’Istanbul. Le Français termine avec 15 points et 7 rebonds. Quant au meneur, il plante 13 points et donne 7 passes.

Au match retour le 1er avril, l’intérieur français Jim Bilba va se sublimer à l’Astroballe. Grâce à un nouveau double-double dans cette Euroligue (19 points à 8/10, 14 rebonds et 5 passes), le pivot permet à son équipe de l’Asvel de recoller à une manche partout. Victoire 80-70. Arme numéro 1 à Villeurbanne, Delaney Rudd était complètement éteint ce soir-là : 4 points à seulement 1/3 et 6 passes.

Greg Beugnot, premier coach français à hisser un club tricolore an Final de l'Euroligue en 1997 (c) basket-infos

Greg Beugnot, premier coach français à hisser un club tricolore en Finale de l’Euroligue en 1997 (c) basket-infos

Passage ensuite à nouveau en Turquie le 3 avril 1997, Rudd, presque transparent au retour, montrera un tout autre visage lors de la troisième manche décisive. Il termine meilleur marqueur du match avec 20 points à 6/9 dont 4/7 à 3 points + 5 rebonds et 4 passes. Il est bien secondé par ses intérieurs : Brian Howard (15 points, 5 rebonds), Jim Bilba (13 points, 4 rebonds). Grâce à ses joueurs, l’Asvel remporte la victoire 62-57 et s’envole vers le Final Four de l’Euroligue à Rome. Selon l’adage, « tous les chemins mènent à Rome », celle-ci correspond assez bien au joli parcours de l’Asvel dans cette Euroligue en 1997.  A cet instant, Greg Beugnot rentre dans l’histoire en devenant l’autre coach français à emmener une équipe française dans un Final Four d’Euroligue (après Michel Gomez en 1990 avec le CSP Limoges).

En 2012, année où il coache Chalon, Beugnot revenait sur cette belle qualification de l’Asvel : « Les gens ne se rendent pas compte à quel point c’est dur de se hisser parmi les quatre meilleures équipes d’Europe. Et si Villeurbanne bénéficie aujourd’hui d’une wild-card, (ndlr : pour le tour préliminaire de l’Euroligue en 2011-2012) c’est aussi grâce aux quarts de finale que l’on avait atteint et au Final Four de 1997… Personnellement, quinze ans plus tard, je me souviens plus de la qualification que du Final Four en lui-même. »

EN DEMI, BARCELONE PREND SA REVANCHE FACE A L’ASVEL

En demi-finale, le 22 avril 1997, les Villeurbannais retrouvent sur leur chemin le FC Barcelone, club qu’ils avaient battu en phase de poule (voir vidéo de la 2e mi-temps en fin d’article). Le club espagnol dispose dans ses rangs du meilleur joueur élu par la FIBA en 1996, le lituanien Artūras Karnišovas. A ses côtés, Javier Fernandez (rampe de lancement parfaite) Roberto Duenas (espagnol de 2,18 m et ses qualités de pivot), l’expérience de l’Hispano-Portoricain Rivas et celle du vétéran Andres Jimenez sont les autres atouts majeurs du Barça. Après un passage raté à Portland, Alexsander Djordjevic est une excellente recrue de l’intersaison qui apporte son jeu extérieur au club espagnol.

Sur ces 40 minutes de ce match couperet, bien qu’ayant encore tenu tête aux Espagnols (38-36 à la mi-temps pour les Blaugrana), les joueurs de Greg Beugnot ne réussiront pas à battre une troisième fois le Barça qui s’impose sur le score de 77 à 70. Les Villeurbannais ne pouvaient pas compter sur leur intérieur Jim Bilba, blessé au poignet. La rencontre s’est jouée sur des détails marqués notamment par le manque d’adresse aux lancers-francs de l’Asvel (22/33 soit 67% contre 28/36 pour Barcelone soit près de 78% de réussite)

Le serbe Djordjevic, fini meilleur marqueur de son équipe avec 17 points et 5 passes. En face, l’Asvel aura bousculé du mieux possible son adversaire grâce au duo Rudd – Howard qui finit chacun avec 20 points. Le meneur américain a ajouté 4 rebonds et 6 passes. L’ailier, lui a pris 6 rebonds. L’Asvel doit maintenant se concentrer sur la finale pour la troisième place face à l’Union Olimpija, équipe battue par Olympiakos dans l’autre demi-finale (74-65).  Ces deux équipes, luttant lors de cette petite finale, figurent parmi celles qui avaient les plus petits budgets européens en 1997. Un moment extraordinaire pour ces deux clubs  que d’atteindre un tel niveau dans le basket professionnel.

A la fin du match contre Barcelone, Gregor Beugnot déclarait avec lucidité : « Nous sommes fiers. Même lorsque nous avons eu l’avantage, nous n’avons pas pu marquer le panier qui les aurait assommés. En demi-finale d’Euroligue, on ne peut pas gagner un match avec 66% de réussite aux lancers francs.» (source : liberation.fr)

A d’autres médias, il regrettait l’absence de Bilba dans cette confrontation : « Jim Bilba était notre joueur clé au poste 4. En demi-finale on a perdu contre Barcelone. Et Andrés Jimenez (ndlr : 16 points dans ce match), leur poste 4, nous a tués… Donc ça laisse quelques regrets forcément »

«Il faut nous reconcentrer pour reconquérir notre place en Euroligue l’an prochain», a souligné le président de l’Asvel de l’époque, Marc Lefebvre. (source : libération.fr)

Box Score de la demi-finale Barcelone – ASVEL

VILLEURBANNE TERMINE SUR UNE MAUVAISE NOTE

Et le 24 avril 1997, face à cette adversaire slovène, vainqueur de la Coupe des Coupes en 1994, les joueurs de l’Asvel devaient redoubler de vigilance. En face, ils avaient fort à faire contre un ailier sautillant de 20 ans, Marko Milic, option offensive numéro 1 de l’Olimpija. Il l’a fait équipe avec les intérieurs Jurkovic et Kraljevic, ainsi que deux arrières américains Ariel McDonald et Darren Henrie.

Et les joueurs du Rhône ont été dépassé par les attaques slovènes et ont pris un sévère bouillon : + 19 au terme de la première période. Malgré un excellent retour en seconde mi-temps, l’Asvel ne recollera pas assez aux pattes d’Olimpija. Défaite 86-79 de Villeurbanne qui termine sur un goût amer cette Euroligue 1997 et au pied du podium. Alain Digbeu (22 points, 5 rebonds), Brian Howard (20 points à 7/10 et 6 rebonds) se sont bien démenés pendant cette rencontre. En face, Marko Milic, en 20 minutes de jeu face aux Villeurbannais, a scoré 17 points à 5/7 aux tirs. L’Asvel connaissait bien cette adversaire pour les avoir joué en phase de poule. Il avait gagné le match d’une unité (70-69 le 9 octobre 1996 avec notamment 17 points de Digbeu et 15 points, 9 rebonds de Bilba) et perdu le retour (73-60 le 4 décembre 1996 malgré les 22 points de Georgi Adams : 9/16 aux shoots dont 4/7 à 3 points)

Avec le recul, Gregor Beugnot annonçait en 2004 que cet énorme exploit sur la scène européenne était son meilleur souvenir lorsqu’il était coach de l’Asvel : « Incontestablement c’est la participation au Final Four de l’Euroligue en 1997 et tout ce qu’il a fallu faire pour y arriver. C’était magique. La performance est d’autant plus grande qu’aucun club français n’y est retourné depuis ». (source : 20minutes.fr). Deux ans plus tard, Beugnot pouvait encore plus écrire l’histoire en hissant Villeurbanne pour la seconde fois au Final Four de l’Euroligue en 1999. Mais l’Asvel n’est pas allé plus loin que les quarts de finale cette année-là.

Box Score du match pour la 3eme place : Olimpija – ASVEL

Limoges, vainqueur en 1993, Villeurbanne au Final Four de l’Euroligue en 1997, à quand un autre club français parmi les quatre meilleures équipes d’Europe ? L’attente est bien longue.

L’EFFECTIF DE L’ASVEL EN EUROLIGUE : coach – Gregor Beugnot

NOM – NUMÉRO POSTE

Delaney Rudd – N°4

Meneur
Karim Ouattara – N°5 Pivot
Olivier Bourgain – N°6 Ailier
Laurent Pluvy – N°7 Meneur
Jimmy Nebot – N°9 Ailier
Alain Digbeu – N°10 Ailier shooteur
Brian Howard – N°11 Ailier Fort
Rémi Rippert – N°12 Ailier fort
Georgi Adams – N°13 Ailier
Jim Bilba – N°14 Pivot
Ronnie Smith – N°15 Pivot

Les statistiques moyennes de ces joueurs en cliquant ici :

2EME MI-TEMPS DE LA DEMI FINALE ASVEL – BARCELONE

(commentaires : Eric Besnard – George Eddy)

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About Richard Sengmany (430 Articles)
Découvrant le basket dans les années 90 grâce à la diffusion des matchs NBA sur Canal+, je rédige depuis plus de dix ans des articles sur la balle orange, sur d'autres disciplines sportives et la culture.

2 Comments on L’ASVEL de Delaney Rudd, au pied du podium de l’Euroligue en 1997

  1. Grossière erreur. Ça aurait été flatteur pour Beugnot mais c’est bien Michel Gomez qui est le premier coach français à avoir amené une équipe française au Final Four avec Limoges en 1990…

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