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[Portrait] Delaney Rudd : No Trophy for Old Men…

Portrait

De tous les joueurs U.S. passés par la Ligue Nationale de Basket durant les 28 dernières années, Delaney Rudd est probablement celui qui a le plus bonifié son équipe et transcendé ses coéquipiers. Au bord du gouffre en 1993, l’ASVEL fait le pari de confier les clés du club à un meneur d’1m88, qui sort d’une intervention chirurgicale. Rudd fera revenir l’ASVEL sur le devant de la scène, pour le meilleur et pour le pire.

Edward Delaney Rudd est né le 8 novembre 1962 à Halifax, Caroline du Nord, un petit village rural d’environ 350 habitants à l’époque. Rien ne prédestine alors ce petit bonhomme à devenir une icône de la balle orange de l’autre côté de l’Atlantique. Comme pas mal de ses petits camarades de l’époque, Delaney va tromper son ennui en jouant. Les uns s’essayant au base-ball, les autres au foot U.S., Rudd préfère, lui, cette grosse balle orange qu’il doit lancer dans ce cerceau perché si haut. Il a alors 8 ans lorsqu’il commence à tomber raide dingue de ce sport.

IL PART ÉTUDIER A WAKE-FOREST

Il rejoint l’équipe de high-school du coin au lycée Eastman d’Hollister, à deux pas de chez lui.  Point de qualité physique hors norme ou d’actions flashies, mais le garçon met tout le monde d’accord : il sait jouer au basket. Il participe alors à un camp de l’Université de Wake-Forest où il est élu MVP. Sa route commence alors à se tracer. Il rejoint les Demon Deacons en 1981, mais son apport est quasi insignifiant : 1 pt 1 passe de moyenne en 6 minutes passées sur le parquet. L’apprentissage est rude et la concurrence est forte. Rudd joue derrière Danny Young (futur Sonic, Blazer, Clipper, Piston et… joueur du Limoges CSP 93-94′) qui, lui, montre toute sa polyvalence. Cette saison, les Demon Deacons s’invitent jusqu’au deuxième tour du tournoi NCAA, mais Rudd pense déjà au travail qu’il va falloir fournir durant l’été pour obtenir plus de temps de jeu. L’envol aura bien lieu durant sa saison freshman : Rudd intègre le cinq de départ et passe près de 31 minutes sur le parquet aux côtés de Young ou encore Teachey, qui seront tous les deux sélectionnés au second tour, lors de la draft merveilleuse de 1984. Avec près de 13 pts/game, Rudd commence à faire parler de lui. Lors de sa saison junior, ses stats confirmeront sa nouvelle emprise sur le jeu et grâce à l’envol de Kenny Green (futur Bullet et Sixer) et l’apport du freshman Muggsy Bogues, Wake Forest atteint le « elite eight » du tournoi NCAA, perdant aux portes du Final Four contre les Cougars de Houston (Akeem Olajuwon, Michael Young, Rickie Winslow), futur finalistes du tournoi remporté par Georgetown. Rudd fait une excellente dernière année NCAA, et avec ses 16,7 pts en 35 min., il attire l’attention des scouts, juste assez pour être drafté… en 83ème position du 4ème tour par le Jazz de Utah.

DRAFTÉ PAR UTAH, DEBUTS DIFFICILES EN CBA, PUIS DÉPART EN EUROPE

Rudd enfile enfin le jersey des Utah Jazz - © nba.com

Rudd enfile enfin le jersey des Utah Jazz – © nba.com

Utah qui possède déjà un bon meneur avec Rickey Green (9,4 pts & 5,5 pds en 15 saisons NBA) et voit le pick #16 de la draft 1984, John Stockton, prendre son aise dans le jeu, ne retient pas Rudd et lui conseille d’aller faire ses classes en CBA avant de revenir tenter sa chance. Le coup au moral est rude, mais Delaney Rudd va s’accrocher. A l’été 1985, il rejoint les Westchester Golden Apples (!) en USBL, la nouvelle ligue d’été qui vient de se créer. A la rentrée, il trouve une place en CBA chez les Bombardiers de Bay State, puis rejoint les Maine Windjammers… Rien de bien glorieux. Et surtout pas de quoi gagner sa vie… Delaney Rudd s’apprête à laisser tomber son rêve et décide de se lancer dans les affaires à Greensboro, sa région d’origine. Une trêve bienvenue car pendant cette période, il rencontrera sa future épouse et son agent le convaincra de poursuivre l’aventure de la balle orange en tentant sa chance outre-Atlantique.

Rudd débarque alors en 1987 au PAOK Salonique, où il fait équipe avec la légende Grecque Panayiotis Fassoulas.  Le challenge est énorme. Il faut détrôner le concurrent de l’Aris dont les demi-dieux Galis et Yannakis marchent sur l’eau. Dur. L’Aris est champion en 1988. A la rentrée, Rudd est rejoint par le rookie Américain Mike Jones (futur Pau-Orthez, Cholet, Barcelone…) et le Gréco-Serbe Bane Prelevic, jeune scoreur, montant en puissance. Mais l’Aris est à nouveau champion.

Cette première vraie expérience dans le monde du basket pro à eu deux effets : le premier, de redonner le goût de la balle orange à Delaney Rudd. Le second, d’attirer à nouveau l’œil des scouts et d’offrir une nouvelle chance au meneur, en lui rouvrant les porte de la NBA. En 1989, il revêt enfin l’uniforme swinguant mauve et or des Utah Jazz. L’objectif annoncé, faire souffler quelques minutes par match le nouveau boss de l’équipe, John Stockton.

BACK-UP REMARQUÉ AU UTAH JAZZ

Durant sa saison rookie, il joue à 27 ans une saison solide, assurant 11 minutes derrière le futur hall of famer (3,5 pts et 2,3 pds en 77 games). Assez pour être reconduit et assurer sobrement le job pendant les deux saisons suivantes (4 pts 2,6 pds en 90-91′ & 3 pts 1,7 pds en 91-92′). Jusqu’à son heure de gloire. Ce qui est bien dans le monde – pas forcément si – doré de la NBA, c’est que même les seconds couteaux peuvent voir réussir leur rêve Américain.

Un career highlight en finale de conférence 92' face aux Blazers - © nba.com

Un career highlight en finale de conférence 92′ face aux Blazers – © nba.com

Lors des play-offs 1992, le Jazz atteint pour la première fois les Western Conference Finals. Plus qu’à battre les Blazers du duo Drexler-Porter et la porte des NBA Finals s’ouvrira. Le jazz effectue des débuts laborieux, balayé par Portland lors des deux premiers matchs, mais ils parviennent à égaliser dans la série à 2-2, avant de retourner dans l’Oregon. Lors de ce game 5, la chance semble être capable de sourire au Jazz. Alors que la série se joue peut-être sur cette fin de match, John Stockton reçoit un vilain coup et ne peut revenir en jeu. Jerry Sloan décide alors de donner les clés à Delaney Rudd pour diriger les opérations durant le money-time. « J’ai pensé que c’était une superbe occasion de montrer que j’appartenais vraiment à la NBA », raconta Rudd. « J’étais préparé. Jouer back-up derrière Stockton a été une expérience incroyable et quand il est sorti, je me suis senti dans l’obligation de faire du mieux que je pouvais. J’étais parfaitement conscient de ce qu’il fallait faire et il faut féliciter Jerry (Sloan) et Phil (Johnson) d’avoir fait un très bon travail pour que les joueurs du banc comprennent leur rôle et dans ce cas, pour moi, cela signifiait beaucoup plus de minutes sur le parquet ».

A ce moment, le Jazz a commencé à revenir au score dans le troisième quart-temps et Rudd a parfaitement assuré. A 10 secondes de la fin du match, alors que son équipe de Salt Lake City est menée 107-104, Rudd remonte le terrain prudemment, appelle le pick de Karl Malone et décoche un shoot longue distance vif et autoritaire. Ficelle. Le meneur exulte. Lui, le back-up passé par les ligues mineures, a pris sur lui, a eu les « cojones » de jouer la balle de match. Assurément, le plus gros shoot de sa carrière NBA. Son heure de gloire… Il rejoint le banc remonté comme une pendule, avec une attitude qu’on lui retrouvera plus tard… celle d’un véritable franchise player. 107-107 et 5 secondes à jouer. Un net avantage vers les Finals en cas de victoire. Malheureusement, malgré les 8 pts 9 passes (pour seulement 1 balle perdue) de leur meneur remplaçant, le Jazz s’incline en prolongation. Et verra les Blazers filer défier les Bulls en finale. Cruel.

A la fin de la saison et malgré ce coup d’éclat, Jerry Sloan décide ne pas conserver Rudd. Le meneur refait une nouvelle fois ses valises et va piger à la rentrée du côté du Paris SG Racing (blessure de Milt Wagner), lors son premier passage en France.

PASSAGE AU PSG RACING… AVANT DE SIGNER A PORTLAND

2 matchs à Paris, dans une équipe à fort caractère (Kevin McGee, Hufnagel, Lauvergne, Dubuisson) : 26 pts (9/17 à 3 pts) 8 passes de moyenne en 40 minutes. Un véritable carnage. Delaney Rudd a ébloui tous les observateurs présents. Rapide, altruiste, adroit, élégant, clutch… il a montré brièvement toute l’étendue de son talent. Il repart une fois sa pige terminée et va tenter un retour en NBA, où Portland, visiblement pas insensible à son coup de chaud des derniers play-offs, le signe comme free agent en janvier 1993.

Quelques secondes jouées en relai de Terry Porter et Rod Strickland, pour un apport minime. Le 23 mars, Rick Adelman le fait débuter dans le cinq de départ contre Seattle. Une chance à saisir. Mais malgré 30 minutes passées sur le parquet (et la victoire), Rudd termine avec 1 pt (0/5 aux tirs) et 6 passes. Insuffisant pour marquer les esprits. En avril, il jouera presque son jubilé, tout au moins son meilleur match avec les Blazers : 11 pts 3 passes 3 rbds en 17 minutes contre les Mavs. Clap de fin.

THE RIGHT MAN AT THE RIGHT PLACE AVEC L’ASVEL

A l’été 1993, l’ASVEL, qui est passée à deux doigts de la liquidation judiciaire un an plus tôt, voit le duo Lefebvre-Beugnot s’agiter pour mettre sur pied une équipe compétitive. Greg Beugnot se renseigne sur la situation contractuelle de Rudd, qui a marqué les esprits tant lors de son passage à la Maison des Sports (avec le PAOK) que lors de sa pige avec le PSG Racing (coaché alors par… Eric Beugnot !). Il semblerai qu’Antibes et surtout Trévise soient sur le coup. A priori aucune chance que Rudd finisse à l’ASVEL… mais lors de négociations bien menées, le tandem Villeurbannais apprend que le meneur doit passer sur le billard pour se faire peigner un tendon. Ils mettent alors sur la table un contrat de 2 ans ferme. A 31 ans, Delaney Rudd s’empresse de signer et débutera l’une des plus belles histoires du basket français.

« Il était très fort dans sa tête, doté d’une adresse incroyable, et avait une grande confiance en lui. Dans le jeu, on ne pouvait pas l’arrêter. Il était unique », se souvient Laurent Pluvy, son back-up au poste de meneur.

Dès son arrivée, celui que l’on a rapidement surnommé « le Cube » pour son physique « rondelet » au sortir des trêves estivales, a mis tout le monde d’accord. Il a repris les cartons exactement là où il en était lors de son passage au PSG : 23,3 pts 7,5 passes lors de la saison 93-94. Plus encore que ses chiffres ou que son style – un dribble rapide, un premier pas dévastateur, un tir à 3 pts en cloche, qui frôlait les cintres de la salle à chaque fois, un jeu en percussion efficace, au contact des gros dessous –  c’est sa propension à bonifier le collectif et à faire briller ses coéquipiers qui a marqué les esprits. Il emmènera un effectif jeune et un peu court à la 7ème place, permettant aux jeunes de progresser à vitesse « grand V » (Digbeu, Pluvy, Gbaguidi) et surtout mettant régulièrement sur orbite le marsupilami de service, Ron Curry. Les alley-oops orchestrés par le duo ont marqué l’histoire de la Pro A. L’ASVEL se fait sortir en quart de finales par les futurs finalistes Antibois du Big Three RiversRichardsonOstrowski.

Le duo continuera sur sa lancée la saison suivante et Rudd, magnifique avec ses 23,8 pts 7,5 passes permettra à Alain Digbeu de s’envoler, au sens propre (lui aussi s’est mis à la mode du alley-oop, et de quelle manière !!!) comme au figuré (11,3 pts à 19 ans !). L’ASVEL termine encore un peu juste à la 7ème place et tombe encore en quart de finales, contre Limoges cette fois.

Le tandem Beugnot-Lefebvre qui tient là la plus belle pépite de toute sa carrière, reconduit alors Delaney Rudd et décide de densifier l’effectif pour revenir vers les sommets de la Pro A, dans le sillage de son meneur. Le swingman Brian Howard (ex-Dallas Mavs) arrive à l’intersaison 1995, avec le pivot Ronnie Smith et le shooteur Christophe Lion. Le duo Américain est sublime (20 pts 8,6 passes pour Rudd ; 18,6 pts 6 rbds pour Howard) et emmène l’ASVEL vers la 3ème place du championnat. Lors des play-offs, les Verts balayent Levallois, puis prennent leur revanche sur Limoges pour atteindre la finale. Après un combat âpre mais d’une beauté rare, l’Élan Béarnais Pau-Orthez fini par l’emporter 3-2. La déception est à peine consolée par la Coupe de France soulevée quelques semaines auparavant ou la demi-finale de Coupe Korac… Malgré un premier titre de MVP « étranger » pour D-Rudd, il faudra faire mieux la saison prochaine.

UNE SAISON 1996-97′ MYTHIQUE

A l’effectif déjà en place, Beugnot ajoute les dernières pièces censées lui faire lever le trophée de champion de France : le shooteur Tahitien Georgy Adams et le défenseur Limougeaud, Jim Bilba, une pointure européenne à son poste de spécialiste du travail de l’ombre. Delaney Rudd qui commence à sentir doucement peser le poids des années, gère son effort, lève le pied au scoring, tout en restant le chef d’orchestre génial qu’il est depuis son arrivée dans le Rhône. Cette saison 96-97 marquera les esprits. L’ASVEL, qui remporte une seconde Coupe de France, réalise une saison sublime en Euroligue et Rudd accède enfin à la reconnaissance qu’il mérite. Avec des pointes à 35 pts (face au Barça) ou 31 pts (face au Panathinaïkos), « Mister D » est enfin reconnu au plus haut niveau. Certains s’amusent à le comparer à Juninho, l’autre star Lyonnaise, qui régale les foules sur la pelouse verte de Gerland ou des stades Brésiliens. L’ASVEL file vers le Final Four européen, le dernier en date pour une équipe française (ils finiront 4ème, battus par le Barça et Ljubljana) et termine à nouveau à la 3ème place du championnat. La finale des play-offs de Pro A conclura une saison miraculeuse mais cruelle, puisque la Green Team s’inclinera en 2 manches sèches face au Paris SG Racing. Rudd est élu une seconde fois meilleur joueur « étranger » du championnat. Tant de bonheur et tant de larmes à la fois…

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Delaney Rudd sous le maillot de l’ASVEL (c) Getty Images

Pour enfin soulever le lourd trophée du championnat de France, Beugnot doit encore ajuster son effectif. Si Rudd est le franchise player indiscutable de l’ASVEL, une « tronche » du championnat, tant il est devenu incontournable, il manque néanmoins une pointe de dureté à l’équipe pour franchir le dernier palier. « I want some nasty ! » dirait aujourd’hui Popovich. Et bien, arrivent à la maison verte Crawford Palmer a.k.a. « Le Boulanger », Andre Owens, arrière racé et fluide, porté sur la défense, et surtout le buffle Corey Crowder, passé par le Jazz (avec Rudd), les Spurs ou le FC Barcelone.

L’ASVEL survole les débats en LNB (24v-6d, + 11,3 pts), mais – petit bémol – termine sa course en Eurocup au niveau des quarts de finale (128-129 sur deux rencontres contre le Stefanel Milano de Thurl Bailey – ex-Jazz aux côtés de Rudd -, Warren Kidd et Georgios Sigalas). Les play-offs 98′ vont-ils sonner la revanche du génial D-Rudd ? C’est ce que tout le monde croit, mais l’ASVEL, fébrile (-18 pts au game 2 des quarts de finale contre Besançon !!), perd encore une fois au finish, lors de la manche décisive des demi-finales, 74-76, contre le CSP Limoges de Jerôme Allen, Markovic, Weis et Conçeiçao.

LE TITRE LNB : UNE QUÊTE IMPOSSIBLE ?

Le microcosme de la Pro A commence à bourdonner. Comment Beugnot et D-Rudd échouent-ils chaque année, malgré leur talent et un effectif clinquant ? La loose ? Le duo est agacé par les insinuations. Et ils comptent bien prouver à tout le monde le contraire.

asvelfans.chez.comA l’été 1998, le shooteur Darren Henrie débarque de Split et surtout, Greg Beugnot réussi à attirer Mous’ Sonko, champion en titre avec Pau-Orthez, afin de préparer tranquillement la passation de pouvoir sur le poste de meneur. A 37 ans, Rudd n’est plus tout jeune et la fenêtre se referme tout doucement quant à l’opportunité de gagner – enfin – un titre. Son emprise sur le jeu est moindre (10,9 pts 5,2 passes en 28 min.), mais son charisme et son expérience en font toujours le patron de cette équipe taillée pour le titre.

Une nouvelle fois, l’ASVEL domine en championnat (2ème avec 24v-6d) et réalise une belle saison en Euroligue, où elle fait son retour (2ème de la poule D, où figure le Real ou la Fortitudo Bologne ; puis éliminée en quart de finales par l’Olympiakos de Komazec, Tarlac & Oberto).

Les play-offs arrivent. L’heure de vérité pour Delaney Rudd aussi. Ce merveilleux franchise player, qui a su se poser en patron durant 6 saisons, dominer sur tous les terrains européens, faire revenir l’ASVEL en haut de l’affiche, rendre les autres bien meilleurs et ainsi honorer le numéro 4 qu’il a repris à Alain Gilles, va-t’il enfin gagner un titre avec « sa » Green Team ?!!

Le début des play-offs semble apporter la réponse à la question que tout le monde se pose : Limoges est massacré en quart de finales (92-59, puis 76-69). Sur cette série, il n’y a pas débat. En demi-finales, L’ASVEL domine Le Mans (Jennings, Reese, Stansbury, Dioumassi), qui donnera du fil a retordre : 79-70 & 65-63. Jusqu’ici tout va bien.

En finale, l’ASVEL retrouve le champion en titre, Pau-Orthez, premier de la saison régulière. L’heure de la revanche à sonné. L’heure de la gloire pour Delaney, en fin de course et dont la suite de la carrière est encore un gros point d’interrogation ?

Les Palois n’auront aucune compassion et encore moins de pitié. Le groupe emmené par Josh Grant, Laurent Foirest et Juan Aïsa mettra fin aux espoirs Villeurbannais. Pau réalise le back-to-back en deux manches sèches. Plus que le sentiment d’un gros gâchis, d’une fin de cycle, ce sont les larmes de Delaney Rudd qui marqueront cette fin de saison. Alors que les Palois soulèvent le trophée de Champion de France, Rudd est inconsolable. Ce n’est ni Beugnot, qui partage la même histoire et la même peine que lui, ni Ronnie Smith, son ex-coéquipier, sacré ce même soir avec Pau, qui réussiront à sortir Delaney Rudd de son émoi et de ses larmes. Parce que lui le sait déjà. C’était la dernière.

RETOUR CHEZ LUI, A GREENSBORO…

Las, encore ému et ne jouant plus à son meilleur niveau, Delaney Rudd décide de s’offrir une fin de carrière sur une dernière expérience. Il signe à l’Ulker Istanbul, dont il ne portera finalement pas le maillot. Le clap de fin se fera donc dans la douleur. Celle d’échouer après 3 finales LNB certes, mais surtout celle de perdre sa mère, disparue dans un accident de la route…

Ce drame ponctuera la fin de carrière de D-Rudd, qui décide de renter au Etats-Unis : « Je ne voulais pas continuer à être éloigné de mes enfants. J’ai commencé à penser à un retour à la maison, m’installant et faisant quelque chose d’autre. La Caroline du Nord a toujours été ma maison et j’ai toujours adoré être là ».

A son retour chez-lui, Rudd a fait construire le Greensboro Sports Plex, un gros complexe sportif comportant une salle de fitness, des aménagements intérieurs et extérieurs et surtout huit terrains de basket-ball. Grâce à cet équipement, Delaney organise des camps et des sessions de travaux individuels, permettant aux jeunes de venir travailler leur jeu avec lui et ainsi progresser. Pour les meilleurs se sera l’occasion de décrocher une bourse sportive pour l’université et pourquoi pas de trouver une place en Europe… et marcher dans les pas du maître ?

CARRIÈRE EN CLUB

■ 1981-85 :    Wake Forest University (NCAA)
■ 1985 :          Westchester Golden Apples (USBL)
■ 1985-86 :    Bay State Bombardiers (CBA) & Maine Windjammers (CBA)
■ 1987-89 :    PAOK Salonique (ESAKE)
■ 1989-92 :    Utah Jazz (NBA)
■ 1992-93 :    Rapid City Thrillers (CBA)
■ 1993 :          Paris SG Racing (LNB) & Portland Trailblazers (NBA)
■ 1993-99 :    ASVEL Villeurbanne (LNB)

SON PALMARÈS

■ Coupe de France :     1996, 1997
■ Vice-champion de France :  1996, 1997, 1999
■ Final Four de l’Euroligue :  1997

■ MVP « étranger » de Pro A :  1996, 1997
■ Meilleur passeur de Pro A :  1994, 1998

■ Sélectionné au FIBA Eurostars :  1996
■ Vainqueur du 3pt Contest FIBA Eurostars :  1996
■ Sélectionné au LNB All-Star Game :  1994, 1995, 1996, 1997, 1998, 1999

SES HIGHLIGHTS CONTRE PORTLAND 

DELANEY RUDD A L’ASVEL EN IMAGES

Image à la Une © sbnation.com

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