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[Franchise History] Milwaukee Bucks 1999 : la naissance d’un Big Three

Franchise History

Habitués du ventre mou à l’est, les Bucks vont enfin sortir de leur médiocrité avec un recrutement de choix. Un coach déchu de Seattle, l’arrivée de la pièce maîtresse en la personne de Sam Cassell pour construire enfin un avenir solide à Milwaukee.

Un titre en 1971 avec Jabbar et Robertson, une décennie de playoffs pendant les eighties dans l’anonymat malgré une forte équipe et le désert dans les années 90 où l’agonie a démarré après 1991. Un vrai calvaire car même en draftant plusieurs potentiels de valeur comme Glenn Robinson, Vin Baker ou encore Ray Allen, la franchise ne décolle pas. Il faut dire que la ville n’attire pas, Milwaukee étant un petit marché et les résultats peu motivants. Les différentes blessures ont aussi été un frein dans la progression et la non participation en playoffs. Les dirigeants vont pourtant enfin se bouger un peu le popotin en limogeant Chris Ford, un coach qui avait été correct avec Boston au début des nineties, mais qui s’est totalement planté pour la suite de sa carrière un brin éphémère. 3 jours plus tard, Milwaukee saute sur l’occasion en signant George Karl, fraîchement débarqué par Seattle à force d’accumuler les sorties précoces en playoffs.

Certainement la meilleure chose qui soit arrivé aux Bucks en terme de coaching depuis Don Nelson jusqu’au milieu des années 80. Les termes du contrat ne lui ont pas déplu, 20 millions de dollars sur 4 ans car auparavant, il avait signé quelques jours plus tôt, un contrat avec TNT pour commenter les matchs NBA. Il retrouve un de ses anciens joueurs en la personne d’Ervin Johnson, l’ancien pivot des Sonics. Alors que la grève s’éternise, Milwaukee signe entre temps, la fine gâchette des Hornets, Dell Curry. Entre ce dernier et Ray Allen au même poste, on s’attend à du bombardement intensif. Quelques jours plus tard, c’est l’ex Spur, Vinny Del Negro qui vient grossir les rangs et apporter son expérience, une assurance au poste 2 ou à la mène en cas de pépins. En dehors de Curry et Del Negro, rien à signaler, les changements arriveront plus tard, mais avant cela, attardons nous sur le mois de juin 1998, où la franchise avait commis une erreur monumentale le soir de la draft.

DRAFT 1998 – L’ÉCHANGE EMBARRASSANT

Dirk Nowitzki - Robert TraylorCe 24 juin 1998 restera dans les mémoires des fans de Milwaukee comme un jour noir. Les Bucks ont le 9ème choix à disposition et les Mavericks de Dallas, le 6ème. Les potentiels les plus côtés sont hors d’atteinte avec Mike Bibby, Antawn Jamison, Vince Carter ou encore… Michael Olowokandi. Milwaukee a depuis un moment, un intérieur dans le viseur, le très costaud Robert Traylor. Seulement avec 8 franchises qui peuvent sélectionner leur « pick » avant celui des Bucks, Larry Harris, le GM du club, a peur de voir leur bibendum leur filer entre les pattes.

Un appel à Don et Donnie Nelson pour leur proposer un deal: vous prenez Traylor avec votre 6ème choix et on vous file le joueur que vous voulez en 9ème position. Cette conversation et cet échange avait bien été validé quelques jours plus tôt avant le soir de la draft. Dallas voulait absolument un prospect Allemand, du nom de Dirk Nowitzki, repéré par les américains au Nike Hoop Summit de 1998 et bien avant, par Donnie Nelson, spécialiste et scout dans l’Europe pour dénicher les perles du vieux continent. L’échange a bien lieu en l’espace de quelques minutes et Dirk atterrit au Texas. Harris n’éprouve aucun regret dans cette transaction, il estime que Dirk était un joueur typiquement européen, un grand gabarit blanc qui shoote bien, rien de spécial.

« On avait besoin d’un intérieur dans notre effectif, Robert Traylor était notre cible. Il savait marquer au poste bas, trouver de lui-même le chemin pour scorer, il avait d’excellents mains, il était très physique et prêt pour la NBA. »

Voilà comment Traylor est arrivé à Milwaukee et non seulement, ils ont raté Dirk, mais aussi Paul Pierce! Pour leur défense, en ayant déjà Glenn Robinson au poste 3, Paul Pierce n’était pas indispensable et Nowitzki était difficile à savoir si ça allait cartonner ou faire un flop comme souvent avec les européens, la méconnaissance du basket international a été une belle erreur pour le staff de Milwaukee. Traylor à cause de ses soucis de poids a été un flop monumental et malheureusement décédé le 11 mai 2011 à son domicile, suite à un arrêt cardiaque.

LE TRANSFERT QUI VA CHANGER LA DONNE

MIlwaukee-Bucks-1994-2000-Road-Away-Jersey-uniformIls n’étaient pas spécialement attendus et ils vont surprendre. Milwaukee gagne en ce début de saison, profitant d’un calendrier clément avec des équipes faibles ou à leur portée. Ray Allen s’impose, Terrell Brandon assure à la mène, Tyrone Hill est excellent et Dell Curry s’est parfaitement adapté à ses nouvelles couleurs, 47,6 % à 3 pts, sa meilleure moyenne dans cet exercice en carrière. Les Bucks terminent d’ailleurs la saison en tête pour le pourcentage aux tirs primés avec 37,3%! Milwaukee reste sur une série de 6 victoires consécutives jusqu’au 10 mars inclus, mettant leur bilan général à 12 succès pour 5 revers. Le GM Larry Harris se voir alors proposer un deal entre 3 équipes. Stephon Marbury ne veut plus rester dans le Minnesota et New Jersey veut l’acquérir.

Pour équilibrer les salaires et le nombre de joueurs, Milwaukee s’ajoute pour un transfert ambitieux. Terrell Brandon jugé trop fragile physiquement est envoyé à Minnesota, Elliot Perry expédié dans le New Jersey en échange de Sam Cassell, Chris Gatling et Paul Grant. Le même jour, c’est Tyrone Hill et le sophomore Jerald Honeycutt qui font leurs bagages à Philadelphia contre le jeune Tim Thomas et le vétéran Scott Williams. Un pari risqué car si Brandon était souvent absent sur blessure, Cassell ne joue pas avant fin mars, blessé depuis près d’un mois. Milwaukee perd du terrain et ne retrouve à aucun moment, un rythme aussi prometteur qu’au début de l’exercice 98-99. Pour donner un petit plus de profondeur au poste de meneur, c’est l’ancien d’Indiana, Haywood Workman qui signe un contrat de 10 jours, puis un second jusqu’à la fin de la saison. Malgré toutes ces embûches, grâce au coaching de Karl et au tandem Allen-Robinson, Milwaukee accroche les playoffs pour la première fois depuis 1991.

Qualifié à la 7ème place, l’obstacle paraît difficilement surmontable car c’est les favoris de l’est qui se profilent, Indiana. Point de surprise, Milwaukee est sorti rapidement par un sweep, 3-0. L’expérience des Pacers, la roublardise de Reggie Miller, un Jalen Rose saignant et le coaching de Larry Bird n’ont laissé aucune chance aux jeunots du Wisconsin. Pas de déception, car Ray Allen a démontré qu’il était une future star (22,3 pts à 53%) et qu’avec un Sam Cassell en forme (15,3 pts – 8,7 asts) avec peu de rythme, Milwaukee a laissé quelques gouttes de sueur aux Pacers, s’inclinant d’un petit point à Indianapolis au G2 et restant dans le match au Bradley Center, cédant sous les coups meurtriers de ce diable de Reggie Miller. Avec un effectif en pleine santé, jouant la carte de l’offensive, Milwaukee s’est construit un avenir autour d’un « Big Three », le triangle Allen-Robinson-Cassell pour de futurs ravages avec son apogée en 2001.

L’EFFECTIF DES BUCKS 1998/1999

Ray Allen (SG)
Sam Cassell (PG)
Dell Curry (SG)
Michael Curry (SF)
Vinny Del Negro (SG/PG)
Chris Gatling (PF/C)
Armen Gilliam (PF)
Paul Grant (C)
Ervin Johnson (C)
Glenn Robinson (SF)
Tim Thomas (SF)
Robert Traylor (C)
Scott Williams (C)
Haywood Workman (PG)

LA DRAFT DE DIRK NOWITZKI EN 1998

Crédits photos : NBA.com

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About Pred (317 Articles)
Fan de MJ, d'Hakeem, Bird et Sir Charles notamment, déteste les Sonics et le Thunder, peu d'amour pour les Lakers, mais adore par-dessus tout le basket "tough". A passé plus de 10 ans sur la toile basket à débattre et râler comme tout vieux qui se respecte.

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