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4 matchs consécutifs à plus de 50 points, la série historique de Kobe Bryant

Les plus belles perfs

(Photo by Gregory Shamus/NBAE via Getty Images

Wilt Chamberlain, Elgin Baylor, Michael Jordan…tous comptent parmi les plus formidables attaquants que la planète basket ait comptés. Kobe Bryant est définitivement l’un d’entre eux. Déjà auteur en 2003 d’une série de 9 matchs consécutifs à 40 points ou plus, la superstar des Lakers récidive quatre ans plus tard, en plantant au moins 50 points dans 4 rencontres successives.

15 mars 2007. La situation à « L.A L.A Land » a-t-elle déjà été aussi critique? Les Lakers viennent de s’écrouler pour la septième fois de rang, signant au passage la plus longue série de défaites dans la carrière de l’entraîneur Phil Jackson. Les deux derniers revers? -36 et -27 à l’arrivée. Jamais dans l’histoire du club on avait connu pareille déconvenue sur deux matchs. Los Angeles est par ailleurs dans le viseur de la NBA. Phil Jackson vient d’écoper d’une amende de 50 000 dollars pour avoir déclaré que la ligue s’était lancée dans une chasse aux sorcières vis à vis de Kobe Bryant. Petit rappel des faits.

Le 29 janvier 2007, la NBA suspend la star pour un coup donné à l’encontre de Manu Ginobili la veille, lors de la défaite des Lakers face aux Spurs, après prolongation. Une suspension un peu sévère, aucune faute n’ayant été signalée sur cette action par l’arbitre.

Le 7 mars 2007, scénario similaire. Lors d’une défaite à Minnesota en double-prolongation, Kobe tente de créer le contact sur un shoot pour provoquer une faute, mais là encore, son défenseur d’un soir, en l’occurrence Marco Jaric, en fait les frais. Cette fois, l’arbitre siffle faute offensive. La NBA suspend à nouveau Kobe pour un match.

Le 9 mars 2007, la ligue décide d’attribuer de manière rétroactive une faute flagrante à Bryant pour un coup de coude donné à Kyle Korver lors de la défaite des siens face à Philadelphie. Aucune faute n’a pourtant été sifflée sur cette action.

L’arrière des Lakers est-il victime d’une chasse aux sorcières comme le croit ouvertement le Hall of Famer James Worthy ou ces dernières semaines n’ont fait que révéler le réel comportement du joueur? A cette question, plusieurs journalistes trouvent vite une réponse et n’hésitent pas à qualifier Kobe Bryant de « dirty player » (sale joueur) dans de récents papiers.

Le contexte est donc posé en ce dimanche 16 mars 2007. Los Angeles reçoit Portland au Staples Center. Avant le match, certains fans, un brin mélancoliques, semblent regretter l’ancien n°8 (Bryant a opté pour le n°24 à l’entame de la saison). « Ce Kobe là« , disent-ils, « il jouait peut-être moins pour les autres, mais il mettait 40pts un soir sur deux. Il nous manque en ce moment« .

Le temps d’une semaine, Kobe Bryant va pourtant leur montrer qu’ils n’ont jamais été aussi loin de la vérité. En scorant 65, 50, 60 et 50 points, Kobe devient le deuxième joueur dans l’histoire à réaliser quatre matchs successifs à 50 points ou plus. Ce qu’il accomplit est si rare qu’il n’est plus seulement comparé à Michael Jordan mais à Elgin Baylor et Wilt Chamberlain, de véritables légendes des années 60, époque où les performances réalisées par certains joueurs étaient hors normes.

Retour sur cette folle semaine qui a agité la NBA et vit Kobe inscrire définitivement son nom au panthéon du basket.

Photo by Noah Graham/NBAE via Getty Images

Photo by Noah Graham/NBAE via Getty Images

Match n°1: 65pts vs Portland (16 mars 2007).

Score final: victoire 116 à 111.

Stats: 65pts à 23/39 aux tirs (8/12 à 3 points), 7rbds et 3 asts.

En deux mots: Kobe Bryant se montre adroit dès le début de la rencontre. Lorsqu’il marque du milieu du terrain avec la faute (panier non accordé), on se dit qu’il est forcément dans un bon soir. Ce sont pourtant les Blazers qui mènent alors qu’il reste 2 minutes à jouer dans cette rencontre. Kobe enfile alors sa panoplie de clutch-player et plante 3 paniers à trois points successifs pour arracher la prolongation. Dans la dernière minute, il inscrit son huitième panier primé de la soirée, à reculons dans le corner…un shoot dont lui seul semble avoir le secret. Si cette rencontre est la deuxième plus grosse performance offensive de sa carrière, elle n’en demeure pas moins l’une des plus clutchs: Kobe a ainsi inscrit 24 des 30pts des Lakers en quatrième quart-temps et 9 des 18 en prolongation!

« Kobe a réalisé des actions dignes d’un MVP ce soir. Il a rentré tous ses shoots en fin de match. Nous avons essayé différentes choses pour le contenir. C’était un super match ». Brandon Roy, Portland Trail Blazers

Photo by Noah Graham/NBAE via Getty Images

Photo by Noah Graham/NBAE via Getty Images

Match n°2: 50pts vs Minnesota (18 mars 2007).

Score final: victoire 109 à 102.

Stats: 50pts à 17/35 aux tirs, 6rbds et 3stls.

En deux mots: A la demande de son entraineur, Kobe se montre agressif d’entrée de jeu. Ses 14 points dans les 8 premières minutes permettent aux Lakers de bâtir une avance confortable, avantage qu’ils vont conserver sous l’impulsion de leur star, auteur de 16pts en troisième quart-temps. Minnesota aura beau dominer le money-time, réduisant le déficit de 19 à 3 points, c’est bien L.A qui aura le dernier mot. Et c’est sur un dunk à 10 secondes du terme que Kobe atteint pour la première fois de sa carrière la barre des 50 points dans deux rencontres successives. Il est le premier Laker depuis Elgin Baylor en 1962 à réaliser cet exploit.

« Nous avons fait en sorte de rechercher Kobe dès le début de la rencontre. Jusqu’à présent, Kobe jouait pour l’équipe et attendait la 2ème mi-temps pour rentrer dans le match offensivement. Mais à ce moment de la saison, nous n’avons plus le temps de développer ça ». Phil Jackson, coach des Los Angeles Lakers

Photo by Joe Murphy/NBAE via Getty Images

Photo by Joe Murphy/NBAE via Getty Images

Match n°3: 60pts à Memphis (22 mars 2007).

Score final: victoire 121 à 119.

Stats: 60pts à 20/37 aux tirs et 17/18 aux lancers-francs.

En deux mots: Il ne faut pas être un connaisseur assidu du basket pour s’apercevoir que le niveau affiché par Kobe Bryant est au-dessus du lot. Dunk renversé. Shoot à 9 mètres. Fadeway malgré deux défenseurs ou encore hook shot après une série de dribbles endiablée. Se fendant de 24 points à la pause, Kobe semble évoluer sur autre planète. Comme le confessera le coach des Grizzlies après la rencontre, avec une certaine élégance: « J’espère que nos jeunes ont bien regardé car il a montré toute l’étendue de son arsenal. » La seconde période sera une vraie démonstration de la part de Bryant, qui atteint les 60 points pour la quatrième fois de sa carrière et la deuxième en trois matchs. Avec 175 points inscrits en trois rencontres, Kobe s’empare de la première place du classement des scoreurs au détriment de Carmelo Anthony.

C’est une bénédiction d’être sur le terrain avec lui. Lamar Odom, Los Angeles Lakers

Photo by Gregory Shamus/NBAE via Getty Images

Photo by Gregory Shamus/NBAE via Getty Images

Match n°4: 50pts à New Orleans (23 mars 2007).

Score final: victoire 111 à 105.

Stats: 50pts à 16/29 aux tirs et 16/16 aux lancers-francs.

En deux mots: Le monde de la NBA a les yeux rivés sur un seul homme en ce vendredi 23 mars 2007. Et si Kobe est avant tout en quête d’une nouvelle victoire, son désir d’écrire encore un peu plus l’histoire est bien présent. Avec un total de 27pts à la mi-temps et de 44 après trois quart-temps, la superstar des Lakers laisse peu d’incertitude quant à l’exploit à venir. Et c’est sur un ultime jumper à 5:13 du terme qu’il atteint la barre symbolique. Bryant devient seulement le deuxième joueur de l’histoire à réussir quatre matchs consécutifs à au moins 50pts. Il rejoint l’inégalable Wilt Chamberlain (7, 6 et deux séries de 5 matchs) et devance désormais Jordan (3) et Baylor (3).

 

« Kobe est si bon. C’est un tel compétiteur et il vit pour ces moments. Avec cette atmosphère de playoffs, nous savions qu’il allait arriver préparé et jouer de cette manière », Byron Scott, coach de New Orleans

25 mars 2007. Kobe va-t-il poursuivre sa série historique à domicile face aux Warriors? Quand il inscrit 17pts dans les 9 premières minutes, le public du Staples Center retient son souffle. Mais Golden State durcit sa défense et les nombreuses prises à deux empêchent Bryant de trouver des positions de tirs. Avec « seulement » 43 points, Kobe ne parvient pas à rééditer l’exploit mais peut se consoler avec une belle victoire, la 5ème de suite. Surtout, l’arrière des Lakers a su faire évoluer les discussions autour de sa personne: fini les articles sur le « dirty player », les débats passionnés qui enflamment la toile portent désormais sur sa place dans l’histoire. Est-il un meilleur scoreur que Michael Jordan? Finira-t-il avec plus de points en carrière que Kareem Abdul-Jabbar? Réussira-t-il un jour à approcher les 100 points de Wilt Chamberlain? Elu logiquement joueur de la semaine à deux reprises avec des moyennes de 46,7pts et de 51pts (6 matchs joués entre le 12 et le 25 mars), Kobe Bryant aura une nouvelle fois déchaîné les passions.

« Vous vous souvenez de sa suspension il y a deux semaines? Je pense que ça l’a motivé ».

Phil Jackson résume parfaitement l’état d’esprit de son joueur. Compétiteur dans l’âme, Kobe Bryant utilise toute critique comme source de motivation. Et la réputation récente de dirty player que lui ont forgé certains journalistes a sans aucun doute conduit Bryant à se surpasser.

« Ce qui me frustrait le plus c’était les discussions autour du « dirty player », ce qui pour moi, est assez insultant. Que les gens parlent maintenant d’autre chose…c’est une bien meilleure sensation ».

Si depuis deux ans, les journalistes jugent le bilan des Lakers trop juste pour que Kobe soit un prétendant sérieux au titre de MVP, les éloges commencent malgré tout à pleuvoir, notamment celui d’un Lebron James admiratif:

« J’essaie de chercher dans le dictionnaire un mot pour décrire ce qu’il est en train d’accomplir. Je suis sans voix. Il est incroyable. Il est pour moi le meilleur joueur de notre ligue ». 

Logiquement élu joueur du mois de mars 2007 avec une moyenne de 40.4pts par match, Kobe semble victime, à tord ou à raison, de sa mauvaise image auprès des médias, comme l’évoque le journaliste d’ESPN Ric Bucher:

« Soyons honnête, Kobe Bryant n’est pas jugé de la même façon que les autres joueurs. Si la personnalité n’influençait pas le jugement des journalistes, si les efforts et la compréhension du jeu pouvaient apparaître sur un box-score, il n’y aurait aucune confusion sur qui est le meilleur joueur de la ligue. Il a prouvé sur les dix derniers jours qu’il pouvait forcer le plus anti-Kobe à admettre qu’il n’y a personne d’autre capable de faire ce qu’il fait. Ses 43pts contre Golden State serait la meilleure marque en carrière pour bien des joueurs mais il a mis la barre tellement haute qu’on a l’impression qu’il a raté son match. Et avec l’étrange lassitude en défense de Lamar Odom, la négligence de Smush Parker à la mène et l’ambivalence générale de Kwame Brown, cela me sidère que les Lakers soient 6 matchs au-dessus des 50% de victoires dans cette conférence Ouest ». 

Epilogue. Au terme d’une semaine et demie historique qui le vit afficher une moyenne irréelle de 53.6pts sur cinq rencontres – toutes des victoires – Kobe Bryant aura littéralement dynamisé son équipe à un moment où les Lakers se trouvaient dans une impasse. Terminant la saison avec un deuxième titre de meilleur marqueur en poche (31.6pts de moyenne – 10 matchs à 50 points), Kobe se sera invité tardivement dans les discussions pour le titre de MVP, finissant 3ème au classement général. Le mot de la fin revient pour le principal intéressé:

« C’est un immense honneur pour moi d’être dans la même catégorie que ces légendes. La chose la plus cool dans tout ça est que la jeune génération a la chance d’en apprendre un peu plus sur Elgin Baylor, d’en apprendre un peu plus sur Wilt Chamberlain, sur certaines choses qu’ils ont accomplies; ainsi leur héritage perdure ». 

SA SERIE HISTORIQUE EN IMAGES

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About Jonathan Sevaux (12 Articles)
Découvrant le basket au milieu des années 90, ma jeunesse a été rythmée par les matchs diffusés sur Canal+ et commentés par G.Eddy. Véritable passionné, j'ai rejoint l'équipe de BasketRetro pour y apporter mes connaissances et mon plaisir d'écrire sur ce sport.

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