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[Pro A] Les deux saisons de Tony Parker au PSG Racing (1999-2001)

Pro A

Champion d’Europe 2013 avec l’équipe de France, 4 titres NBA avec les Spurs, Tony Parker a évolué en Pro A au Paris Basket Racing il y a 16 ans en 1999. Il évoluera pendant deux saisons jusqu’en 2001 dans le championnat de France pour s’envoler ensuite aux Etats-Unis aux Spurs de San Antonio qui le drafte. Retour sur la carrière en France du meneur français.

Après une excellente saison avec le centre fédéral de l’Insep en Nationale 1 lors de la saison 1998-1999 (22,1 points ; 4 rebonds et 6,5 passes) en 30 matchs, Tony Parker signe le 31 mai 1999 son premier contrat professionnel avec le PSG Racing lors de la saison 1999-2000, devenu entre-temps le Paris Basket Racing (PBR). A 17 ans, il arrive dans le club parisien pour devenir le back-up de Laurent Sciarra et être coaché par Didier Dobbels tout en préparant en parallèle son bac. Retenu pour un stage avec l’équipe de France juniors, TP, considéré à ce moment-là comme le grand espoir du basket français, ne participe pas à la préparation du PSG.

A son retour le natif de Bruges, participe au tournoi amical d’Alfortville avec Paris le 2 septembre 1999. Face au club slovène de Laszko, Parker a droit à 10 minutes de jeu. Son équipe ayant gagné 77-68, Parker a fait bonne impression devant les yeux de son entraîneur : « il n’a joué que 10 minutes mais il a très bien tenu la baraque ». Paris remportera le tournoi en battant en finale Pau après prolongation (73-70).

PREMIERS PAS EN PRO A

Tony Parker - Paris Basket Racing (c) Kosarka.si

Tony Parker – Paris Basket Racing (c) Kosarka.si

Le 14 septembre 1999, Parker joue son premier match de Pro A face à Cholet à domicile dans la salle Pierre de Coubertin devant 2 400 spectateurs lors de la première journée de championnat. Le meneur ne jouera que 9 minutes pour 2 points, tous marqués au lancer, un tir à 3-points raté et 1 passe. Durant cette rencontre, on apprend que TP a eu du mal à gêner en défense le meneur américain Randolph Childress. Or, Paris réussit à remporter ce match 73-71. Le match suivant face à l’Asvel, il ne sortira pas du banc. Puis il réussira son entrée lors d’un match face à Montpellier avec 12 points marqués en 10 minutes et 3 passes. Face à Gravelines, il fait encore mieux en terminant meilleur marqueur avec 20 points en 25 minutes. Succès large de Paris avec 31 points d’écart (90-49). Malgré cette perf, Dobbels le conserve sur le banc pour le reste de la saison et le faire rentrer en cours de match.

Pour sa première saison dans le championnat français, Parker côtoie un des meilleurs meneurs français, Laurent Sciarra. Mais les deux joueurs n’ont pas d’affinités comme le met en lumière le quotidien l’Equipe le 25 janvier 2000. Sur Parker, Sciarra explique au journal sportif alors : « Au niveau physique, il peut faire ce qu’il veut et puis il a du basket, un toucher extraordinaire. Mais bon, on n’a pas la même vision des choses de la vie, on n’a pas la même éducation basket et on a presque 10 ans d’écart. On n‘est pas complices parce qu’on n’est pas amis au sens où on ne partage pas les mêmes choses dans la vie. On est très opposés. J’aimerais par moment lui donner des conseils mais je ne pense pas qu’il soit demandeur. Et moi, je ne veux rien forcer… ».

Parker, à son jeune âge, était déjà conscient de ses faiblesses depuis ses débuts dans un championnat français : « Mon plus gros problème, c’est la concentration. Je tombe dans la facilité si on gagne facilement. C’est quand les matches sont serrés, qu’il y a de la pression que je joue le mieux. Et puis je vais tout le temps au cercle, j’ai pris des mauvaises habitudes car je joue comme cela depuis que je suis tout petit ».

Pourtant, Dobbels ose aligner les deux joueurs qui évoluent au même poste dans le cinq de départ lors de la rencontre face au Mans. Parker est propulsé meneur titulaire et Sciarra est décalé au poste d’arrière. Les deux joueurs, issus de deux générations différentes, vont partager 22 minutes sur le parquet du Mans. Et le tandem fonctionne. Paris remporte son troisième match à l’extérieur en battant l’équipe mancelle. L’association des deux joueurs a ravi Dobbels à l’issue de la rencontre : « Ce match a permis à Laurent d’avoir moins de pression dans la montée de balle, et de pouvoir tenir les 40 minutes. Et là Tony a bien tenu la baraque, il a montré qu’il avait du talent, qu’il pouvait tenir ce genre de match. Au final, c’est un gros plus pour nous ». (source : l’Equipe raconte Tony Parker)

Tony Parker au dribble - Paris Basket Racing (c) Paris-canalhistorique.com

Tony Parker au dribble – Paris Basket Racing (c) Paris-canalhistorique.com

Paris finit la saison régulière à la sixième place avec 18 victoires et 12 défaites. Les stats personnelles de TP sont faibles : 3,9 pts, 0,9 rebonds, et 1,7 passe en 10 minutes de jeu. Parker sera absent ensuite tout le mois d’avril en 2000. La raison ? Il participe au Hoop Summit à Indianapolis aux Etats-Unis, un match qui oppose les meilleurs lycéens américains à une sélection mondiale de jeunes. TP se distingue lors de cette rencontre avec 20 points à 6/11 aux tirs et 7/7 aux lancers-francs, 7 passes et 4 rebonds. Entré à la 10ème minute de jeu, Parker a montré sa vitesse en pénétration mais son équipe s’incline d’un point : 98-97. Après la rencontre, TP était ravi d’avoir démontré ses qualités sur le terrain devant les médias américains : « J’ai pu jouer devant la télévision américaine et maintenant ils me connaissent ». Et de préciser qu’il se fixait des objectifs élevés : « J’ai aussi de vrais contacts avec Duke et North Carolina. Après ce match, je sais que je peux aller où je veux. Mais pour le moment, il y a plus de chances que je reste en France plutôt que d’aller en université. Mon objectif est la NBA. Je pense que je peux réussir si je continue à travailler ». (source : l’Equipe raconte Tony Parker).

En avril 2000, il est absent aussi en club en raison des matchs qualificatifs pour le championnat d’Europe juniors avec l’Equipe de France. La France se qualifiera et gagnera cette compétition en juillet 2000. A son retour en France, il ne joue qu’une minute lors des deux premiers matchs du quart de finale de Pro A avec Paris contre Pau-Orthez (succès des Palois en trois manches dont la victoire lors de la belle 75-64). Paris réussit à atteindre la finale de la Coupe de France, match perdu à Bercy le 30 avril 2000 face à Limoges 79-73 et lors duquel Parker restera scotché sur le banc.

LES PROGRÈS CONSIDÉRABLES DE TP AVEC PARIS EN 2000-2001

La saison suivante, le PBR change de coach avec la venue de Ron Stewart. Sciarra, parti à l’Asvel, c’est Tony Parker qui devient désormais le meneur titulaire. Son temps de jeu fait plus que doubler (33 minutes) tout comme ses statistiques : 14,7 points ; 2,7 rebonds et 5,6 passes. Stewart félicitait Parker pour sa belle deuxième saison sous les couleurs parisiennes : « Il fait une grosse saison. Je pourrais chercher des petits détails. Il a des progrès à faire dans son approche du basket, à l’entraînement, dans la gestion des moments chauds. Mais avec le groupe qu’on a, où tout le monde veut le ballon, pour sa première saison en Pro A en tant que meneur titulaire, je dis bravo ». (source : l’Equipe raconte Tony Parker).

Ron Stewart, expliquait en octobre 2011 également, ne pas s’être trompé en lançant le pari de titulariser le jeune meneur dans l’équipe parisienne : « J’en ai fait mon meneur titulaire alors que je ne l’avais vu jouer qu’une seule fois avec l’Insep, Mais je n’ai pas pris un vrai risque parce que je savais qu’il avait du talent, un gros coeur, et qu’il jouait pour gagner, pas pour s’amuser. Dans tous les grands rendez-vous, il était toujours à la hauteur voire au-dessus de tout le monde. Et ça ne changeait rien du tout qu’il ait 17 ou 18 ans ». (source : europe1.fr)

La première saison est donc différente de la seconde. Et cela se fait ressentir pour TP. Lors d’un match de championnat face à l’Asvel gagné 71-66, Parker était ainsi ravi de la performance collective du PBR et de ses progrès au poste de meneur : « On progresse en effet. On fait moins de un-contre-un chacun de notre côté. Moi, je progresse à la mène. Sur les trois, quatre derniers matchs, je fais beaucoup plus de passes décisives. Chacun joue maintenant dans son rôle et c’est plus facile pour le meneur ». Paris finit la saison régulière 2000-2001 avec 17 victoires et 13 défaites et affronte le leader de Pro A l’Asvel en quart de finale des playoffs. Les Parisiens n’existeront pas face à Villeurbanne en perdant lourdement en deux matchs : 102-75 (Game 1) et 95-69 (Game 2). Le 29 décembre 2000, Parker joue son premier All-Star Game qui s’est déroulée à la salle Jean-Bunoz à Antibes. Avec 15 minutes de jeu, il finit avec 10 points à 4/6 aux shoots, 2 rebonds et 3 passes. En 2004, Parker revient dans le club parisien mais cette fois-ci en investissant dans celui-ci et en étant actionnaire à 5% au côté de Mark Fleischer, son agent. Il revend ses parts en 2005-2006.

Tony Parker au dribble face à un adversaire - Paris Basket Racing (c) Paris-canalhistorique.com

Tony Parker au dribble face à un adversaire – Paris Basket Racing (c) Paris-canalhistorique.com

Dix après avoir quitte la Pro A, Parker revient dans ce championnat en tant que joueur le 5 octobre 2011 profitant du lock-out en NBA à cet instant-là. Il revient jouer ce jour-là sous le maillot de l’Asvel (club dans lequel il s’est engagé en tant qu’actionnaire minoritaire à hauteur de 10 % derrière Gilles Moretton, président de l’époque) face au Paris-Levallois (nouveau nom du club depuis le Paris Basket Racing). Un sacré clin d’œil. Il jouera son dernier match le 26 novembre 2011 puisque que la période de lockout est finie et que la saison NBA a pu reprendre. En octobre 2011, Cyril Julian, ancien joueur du PSG entre 1998 et 2000 se souvient de l’arrivée de TP à Paris et évoquait son rôle de protecteur auprès du meneur : « Il est arrivé tout frais de l’Insep. C’était déjà un très bon joueur et je l’ai un peu pris sous mon aile pour qu’il s’intègre bien à l’environnement du club. Je lui ai expliqué les ficelles du métier, je l’ai protégé aussi. J’avais eu une discussion avec Charles Biétry (président du club à l’époque, ndlr) et, comme c’était un peu moi l’intimidateur dans l’équipe, j’étais plus ou moins chargé de sa protection pour éviter que quelqu’un le touche. Nos adversaires comme nos coéquipiers, à l’entraînement. Ça, c’était mon business. (source : europe1.fr). L’ancien pivot et médaillé olympique à Sydney de l’équipe de France précisait aussi au sujet de TP : « Il était déjà volontaire, il arrivait toujours à l’heure, il était très à l’écoute et respectueux des anciens. On le connaissait peu mais on savait le rayonnement qu’il avait eu à l’Insep et que ce n’était pas n’importe quel joueur.

DRAFTE EN 2001 PAR LES SPURS

Son club qualifié pour les playoffs à l’issue de la saison régulière 2000-2001 et avant le début des phases finales de Pro A, Parker annonce le 17 mai qu’il s’inscrit à la draft 2001 du 27 juin. « Mon agent Mark Fleischer, m’a dit que cette année serait celle des grands, ce qui laisse plus de possibilités dans le secteur des meneurs. Lors du dernier match de saison régulière de Paris face au Mans, des scouts NBA sont venus le superviser : « des clubs m’ont vu jouer trois ou quatre fois sur la saison et d’après mon agent, il y aurait une dizaine de clubs intéressés qui auraient besoin de meneurs. Ce sera à moi de convaincre pendant mon séjour là-bas. Je vais faire des workouts, des tests avec certaines équipes. Tout va dépendre de ça. J’ai encore trois ans devant moi, je peux encore attendre. Mais les scouts sont chauds, et on ne sait jamais ce qui peut se passer l’année prochaine. Je peux être blessé, faire une mauvaise saison. Et là, je crois que j’ai ma chance ». 

Ce 27 juin 2001, à New-York, Tony Parker est drafté en 28ème position par les San Antonio Spurs. Le rêve américain se concrétise. Le club texan lui fait confiance rapidement dont Gregg Popovich qui le propulse dans le cinq majeur (77 matchs titulaire en saison régulière). Avec les Spurs, TP rayonne et obtient quatre titres NBA : 2003, 2005, 2007 et 2014.

PORTRAIT DE TONY PARKER, ESPOIR DU PSG RACING, DANS TOUT LE SPORT SUR FRANCE 3 

Tony

 

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About Richard Sengmany (425 Articles)
Découvrant le basket dans les années 90 grâce à la diffusion des matchs NBA sur Canal+, je rédige depuis plus de dix ans des articles sur la balle orange, sur d'autres disciplines sportives et la culture.

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