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[Portrait] Décollage imminent aux Houston Rockets pour Rudy Tomjanovich 

Histoire d'un coach

Rudy T célèbre son deuxième titre de champion avec Houston (c) Houstonchronicle.com

Les joueurs qui ont évolué en NBA ont entamé pour certains une carrière d’entraineur par la suite. C’est le cas de Rudy Tomjanovich dont Basket Rétro retrace sa carrière aujourd’hui à l’occasion de ses 67 ans. Ce technicien est connu pour être resté fidèle pendant plus de 30 ans aux Rockets de Houston. C’est avec ce club qu’ il gardera un souvenir impérissable avec notamment deux titres NBA en poche. Présentation.

Avec Michigan, Rudy Tomjanovich a réalisé de grands matchs avec sa fac de Michigan (c) espn.go.com

Avec Michigan, Rudy Tomjanovich a réalisé de grands matchs avec sa fac de Michigan (c) espn.go.com

Issu d’une famille croate, Rudolph « Rudy » Tomjanovich voit le jour le 24 novembre 1948. Agé de 65 ans aujourd’hui, il s’est adonné à sa passion pour le basket. C’est en 1967, âgé de 22 ans alors, qu’il rejoint l’université de Michigan, l’Etat dans laquelle il est né et plus précisément dans la ville de Hamtramck. Il montre toutes ses qualités de basketteur lors de son passage aux Wolverines (surnom donné aux joueurs universitaires de Michigan). Ses performances ne passent pas inaperçues. Il détient le record de points inscrits et de rebonds captés en un match dans la Crisler Arena, l’enceinte où évolue l’équipe de Michigan pour ses rencontres à domicile :

       .     48 points contre Indiana le 7 janvier 1969
       .     27 rebonds contre Kentucky le 2 décembre 1967

Détenant le record du nombre de rebonds pris de toute l’histoire de Michigan (1039) et en un match (29 contre la fac de Loyola ajoutés à ses 29 points : source Espn.go.com), il est toujours à présent le sixième marqueur de cette fac avec 1808 points inscrits, lui qui affichait une moyenne de 25,1 points en trois saisons chez les Wolverines (source : oldnews.addl.org). En février 2003, Tomjanovich vit un grand moment d’émotion avec le retrait de son maillot 45 dans le Michigan.

« C’est un grand jour pour moi, un moment fort dans ma carrière bénie de basket-ball. Je veux juste dire qu’ils (sa fac) n’ont pas à faire ceci pour moi. Le Michigan a réalisé mon rêve en 1967, celui de me laisser jouer dans cette université. J’ai reçu une grande éducation de basket-ball ici. », raconte t-il (michigandaily.com)

DU MICHIGAN AU TEXAS

Rudy T aura porté qu'un seul maillot NBA pendant sa carrière de joueur : celui des Houston Rockets (c) hoppdiary.com

Rudy T aura porté qu’un seul maillot NBA pendant sa carrière de joueur : celui des Houston Rockets (c) hoppdiary.com

Après ses trois années universitaires effectuées dans le Michigan, l’aventure en NBA démarre en 1970 en étant choisi au premier tour de la draft en 2e position par les Rockets de San Diego (la franchise se délocalisera en 1971 dans le Texas à Houston). En 11 ans de carrière dans la grande ligue, l’ex-ailier fort /ailier shooteur de 2m03 et de 100 kg est un des rares joueurs à n’avoir porté qu’un seul maillot du championnat NBA. A deux reprises, en 1970 et 1974, il est drafté par les Stars d’Utah qui évolue en ABA mais il ne donne pas suite. C’est donc une grande histoire qui va s’écrire pour lui dans le Texas et aux Rockets. Grâce à ses performances en club, il est sélectionné à 5 reprises pour le All Star Game (1974, 1975, 1976, 1977 et 1979). Il est actuellement le troisième meilleur scoreur de toute l’histoire des Rockets derrière deux autres légendes du club et Hall of Famers (1) : Hakeem Olajuwon et Calvin Murphy. Baptisé Rudy T, son surnom est floqué sur son maillot avec le numéro 45 car son nom de famille est très long. Son jersey sera aussi retiré par les Rockets.

Pendant sa carrière, il croise la route d’un certain Kermit Washington sur les parquets avec qui il n’a certainement pas passé ses vacances. En décembre 1977, Rudy T reçoit violemment un coup au visage de la part de ce joueur des Lakers. Le bilan est désastreux : nez cassé, mâchoire fracturée, traumatisme crânien (voir vidéo ci-dessous). L’information sur la durée de son indisponibilité tombe : plus de 5 mois d’arrêt. Un véritable coup dur pour Houston.

HEAD COACH OR NOT. THAT’S THE QUESTION

Sa carrière de joueur prend fin en 1981 mais son histoire si particulière avec les Rockets de Houston ne s’arrête pas là. Après le maillot, il endosse en 1983 cette fois le costume d’assistant de la franchise texane au coté du coach Bill Fitch (1983-1988) et de coach Don Chaney (1988-1992). En février 1992, les Rockets avaient un bilan équilibré en saison régulière : 26 victoires pour autant de défaites. Une décision s’imposait alors à ce moemnt précis : licencier coach Chaney. Selon le Houston Chronicle, site d’information local, l’ancien propriétaire des Houston Rockets Charlie Thomas voulait remplacer Chaney par un entraineur intérimaire. Tomjanovich, sollicité à ce moment là, n’était pas intéressé.

Mais une discussion va lui faire changer d’avis. Toujours d’après ce journal local, incapable d’accepter ce poste lui-même, l’assistant Carroll Dawson appelle son ami Rudy T, lui disant que s’il ne prend pas la succession de Chaney, ils seraient tous probablement sans emploi bientôt. L’histoire des Rockets va donc s’écrire autrement. Lors d’une réunion, Dawson dialogue avec Rudy et on apprend ceci dans un article du Houston Chronicle :

          Dawson :

« Rudy, tu te trouves devant le besoin de prendre ce poste ».

Rudy T

« Je n’entraîne pas ».

Dawson rétorque :

« J’ai dit, si tu ne le fais pas, quiconque arrivera et ne nous gardera pas. Nous avons 30 matchs encore  à  jouer. Tu gouteras au coaching ».

Dawson poursuit son histoire :

« Rudy ne voulait pas en entendre parler de ce poste. Nous sommes allés dehors et je lui ai dit ‘ Rudy, tu dois le faire’. Je t’enseignerais tout ce que je sais. Rudy me répond ‘C.D tu ne me connais pas assez pour me convaincre de prendre ce poste de coach’. Nous avons parlé environ 15 minutes et je l’ai finalement convaincu. Nous sommes retournés à l’intérieur et il a pris sa décision d’entraîner les Rockets ».

Ce quart d’heure supplémentaire aura donc suffit à  Dawson, très insistant, pour faire changer d’avis Rudy T. Véritable dur à cuire ce Dawson ne trouvez-vous pas chers lecteurs ? Que serait alors Houston si les joueurs n’avaient pas été coaché sous les ordres de Tomjanovich.

Dawson et Tomjanovich prennent donc en main l’équipe de Houston ensemble au printemps et ce jusqu’à l’été 92 et leurs discussions ne tourneront qu’autour du basket matin midi et soir. Sur les 30 matchs restants de la saison régulière, Houston en gagne 16 et en perd donc 14. La saison 91-92 achevée, Rudy T est intronisé officiellement head coach lors de la saison suivante (92-93) et mènera Houston vers les sommets avec ces deux titres NBA d’affilée acquis en 94 et 95. Succès dont on parlera un peu plus tard dans l’article.

DE BONS RÉSULTATS TRADUITS PAR DEUX TITRES NBA

Pour sa première saison sous le costume d’entraineur, Rudy T décroche le titre de la Division Midwest en 1993. Classé sixième de la saison régulière, son équipe crée la surprise lors des playoffs NBA en 1995 et lors des finales en parvenant à éliminer 4 équipes qui détenaient les meilleurs résultats en saison régulière :

  • Utah, 3ème de la conférence Ouest au premier tour (3-2 = au meilleur des 5 manches à cette époque)
  • Phoenix 2ème de la conférence Ouest en demi-finale (4-3)
  • San Antonio, 1er de la conférence Ouest, en finale (4-2)
  • Orlando, 1er de la conférence Est en finale NBA (4-0)

Ces victoires lui permettent de décrocher son deuxième titre de champion NBA après 1994. Il restera gravé à jamais dans la mémoire des fans des Rockets lors de l’acquisition du titre en 95, len déclarant déclare sur le parquet de Houston au Summit: «  Don’t ever underestimate the heart of a champion » (« Ne jamais sous-estimer le cœur d’un champion »).

Son bilan à la tête des Rockets est plus que positif et il reçoit plusieurs distinctions individuelles :

  • Près de 56 % de victoires : 503 matchs gagnés pour 397 perdus
  • Près de 57 % de victoires en playoffs : 51 victoires pour 39 défaites
  • Elu Coach de l’année en 1993 par l’hebdomadaire sportif américain The Sporting News
  • Nommé coach de la sélection de la Conférence Ouest au All Star Game en 1997
  • Nomme coach du mois à plusieurs reprises

Revenons en à Carroll Dawson, celui-ci a apprécié le travail de Tomjanovich :

« Il est devenu un des meilleurs entraîneurs de la ligue. Laissez-moi vous dire quelque chose sur Rudy. Les gens m’ont posé la question, Rudy sera-t-il un bon scout ? J’ai répondu vous voulez rire ? Si vous lui dites de balayer entièrement le sol du magasin, vous obtiendrez du bon travail effectué par Rudy. Et c’est ce qu’il a fait dans le scouting (ndlr : repérer les futurs et talentueux basketteurs, superviser les équipes adverses) et dans le coaching.(Houston Chronicle)

Tomjanovich s’est montré fier également du travail fourni en tant que coach lors des deux trophées NBA soulevés à cette période :

33. C'est le nombre d'années passés par Tomjanovich à Houston : joueur, assistant coach, head coach.

33. C’est le nombre d’années passés par Tomjanovich à Houston : joueur, assistant coach, head coach.

« C’est certainement impressionnant de voir le temps passer si vite. Plus les années passent, plus j’apprécie encore les championnats NBA remportés. Quand je vois les grands joueurs qui luttent pour le titre NBA au sein du club dans lequel nous sommes, et pas seulement en regardant ces gars qui veulent le gagner, mais aussi voir tout ceux qui ne jouent pas et qui font partie de l’équipe, vous comprenez alors l’accomplissement que c’était pour nous de gagner le titre, non pas une seule fois, mais deux fois. C’était de bons moments passés ensemble », apprend t-on dans le Houston Chronicle en janvier dernier.

Phil Jackson est d’ailleurs revenu sur les deux titres remportés avec Houston par Rudy T en lui lançant une pic dans la presse américaine en 2011. Un journaliste lui posait cette question : « les Rockets avaient-ils gagné leurs deux titres grâce à l’absence de Michael Jordan Le nouveau président des New York Knicks répondait en 2011 : « Tout à fait. Sans aucun doute. Clairement, si les Bulls étaient au complet, nous aurions gagné. C’est communément admis maintenant. Quand Michael jouait, nous gagnions le titre ». Comme on dit, avec des si, on referait le monde. A lire cette phrase de Jackson, on aurait bien aimé voir une confrontation entre Houston et Chicago en finale NBA en 94 ou 95 et ainsi le duel de coaching entre Jackson et Tomjanovich.

Après le second titre NBA, Rudy T a du mal à se hisser à nouveau en finale NBA :

  • Saison 95-96 : défaite en demi-finale de conférence
  • Saison 96-97 : défaite en finale de conférence
  • Saison 97-98 : défaite au premier tour
  • Saison 98-99 : défaite au premier tour
  • De 99 à 2003, il n’arrive pas à emmener Houston en post-season et ce en 4 saisons. Etonnant que Houston n’ait pas changé d’entraîneur à cette période et à continuer à accorder sa confiance à Tomjanovich.

L’histoire de Rudy T avec les Rockets se termine donc définitivement à l’issue de la saison 2002-2003 pour cause de problèmes de santé : détection d’un cancer de la vessie. Rendez-vous compte que Tomjanovich aura vécu une carrière de 33 ans au sein des Rockets en tant que joueur, assistant coach et head coach.

A LA TÊTE DE TEAM USA ET DES LAKERS

Entre ses différentes années à Houston, il devient aussi en 1998, le coach de Team USA qu’il dirigera aux championnats du monde en Grèce. Bien qu’il ne compte pas dans son effectif des joueurs NBA, il parviendra à remporter la médaille de bronze avec des joueurs de CBA. Une sacré performance à souligner. Deux ans plus tard, son aventure avec Team USA se poursuit et il dirige cette fois-ci une sélection américaine composé des meilleurs éléments de la NBA (Kevin Garnett, Vince Carter, Gary Payton, Jason Kidd ou encore Alonzo Mourning) lors des Jeux Olympiques de Sydney en 2000. L’équipe gagne ses 8 victoires en autant de matchs et décroche l’or olympique malgré des difficultés à dominer notamment l’Equipe de France à la fois en match de poule et en finale. Son CV est ainsi bien garni comme un panier. En février 2006, Rudy T est nommé directeur du scouting de Team USA.

En 2004, « le rocket Rudy T » décolle et atterrit à Los Angeles.  Il reprend du service dans le coaching et succède à Phil Jackson aux Lakers en signant un contrat de 5 ans pour 30 millions de dollars. Jim Buss, alors propriétaire des Lakers, s’est félicité de l’arrivée de sa nouvelle recrue :

« Nous sommes extasiés d’avoir Rudy comme notre nouvel entraîneur. C’est un gagnant et il a prouvé en menant ses différentes équipes vers les victoires notamment deux championnats de NBA à son palmarès. Je suis confiant pour qu’il porte les Lakers vers le succès. Il est apprécié et bien respecté par tout le monde ».

Le passage de Rudy T aux Lakers aura été de courte durée.

Le passage de Rudy T aux Lakers aura été de courte durée.

« Je suis ravi de rejoindre une franchise si légendaire comme les Lakers de Los Angeles. Jerry Buss est réputé comme étant un des propriétaires les plus grands de tout le sport professionnel et j’attends avec impatience de travailler avec lui, Mitch Kupchak et le reste de l’organisation de Lakers. De plus, Sophie mon épouse et moi sommes impatients de profiter du style de vie de la Californie et de faire partie de la communauté de Los Angeles »a réagi Rudy T lorsqu’il a été nommé officiellement à la tête des Lakers.

Entre les paroles et les actes, il y a un écart. Après 41 matchs, les problèmes de santé rattrapent Tomjanovich et son passage en Californie s’interrompt brusquement. Mais Rudy T reste à Los Angeles en qualité de consultant et touchera une indemnité de 10 millions payé par le club. (nba.com) On ne sait pas ainsi si avec un certain Kobe Bryant il aurait gagné un troisième titre de champion voire plus.

Pendant toute sa carrière de coaching, le style de Rudy T est passé au crible : il est connu pour manager à l’instinct et l’intensité qu’il mettait sur le banc. Il s’auto dévalorise et s’inflige une énorme pression sur lui-même et à ses assistants pour préparer chaque match.  Conséquence : plusieurs fois il sera hospitalisé pour épuisement. Malgré l’éloge fait à son égard, Rudy T refusait qu’on lui colle l’étiquette de « génie » sur son travail de coaching (ce qui est plutôt flatteur) à l’instar de ses collègues de renom : Phil Jackson ou Chuck Daly. Sa façon de ne pas trop intervenir, sa décontraction avec ses joueurs en fait sa réputation à tel point qu’on le considérait comme un entraineur-joueur voire un joueur expérimenté enthousiaste à l’idée de jouer pour ses équipes dont il était le coach. Il a eu le privilège de coacher et d’avoir compté dans ses rangs de grands joueurs de niveau All-Star : Hakeem Olajuwon, Charles Barkley, Clyde Drexler ou encore Scottie Pippen.

Aujourd’hui, son nom est associé à un trophée le Rudy Tomjanovich Award », récompensant un entraineur pour le temps accordé et consacré à coopérer et à échanger avec les médias et les fans sur le basket et aussi pour ses compétences sur les terrains.

SES STATS EN CARRIÈRE

     .   Points : 13,383 (17.4 de moyenne) à 50,1 % de réussite aux tirs
     .   Rebonds : 6,198 (8,1 de moyenne)
     .   Passes  : 1,573 (2.0 de moyenne)

(1) Hall of Fame : pratique nord-américaine qui consiste à honorer des individus ayant réalisé des choses majeures notamment dans le sport.

Photo Une : Houstonchronicle.com

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About Richard Sengmany (430 Articles)
Découvrant le basket dans les années 90 grâce à la diffusion des matchs NBA sur Canal+, je rédige depuis plus de dix ans des articles sur la balle orange, sur d'autres disciplines sportives et la culture.

1 Comment on [Portrait] Décollage imminent aux Houston Rockets pour Rudy Tomjanovich 

  1. Magnifique carrière ! 😉

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