Breaking News

[Focus] Carmelo Anthony et la street attitude

Portrait

Son image lisse de superstar bien installée dans la ligue a pu faire oublier ses racines au grand public. Pourtant, Carmelo Anthony est un enfant de la rue qui a connu ses coups d’éclats sur et en dehors des parquets durant son début de carrière à Denver.

« Nous avons été témoins de drogues, de meurtres, de tout ce qui se passe dans les parties les plus difficiles de la ville. Ce sont des choses qui nous apprennent la ténacité et nous poussent à nous concentrer sur nos objectifs ».

Kenny Minor résume bien l’environnement dans lequel a grandi son ami d’enfance Carmelo Anthony. Comme un grand nombre de basketteurs américains, Carmelo a grandit dans des quartiers difficiles où le sport était un excellent échappatoire d’une vie quotidienne difficile. Né à Brooklyn, il a grandit dans le quartier du West Baltimore, dans l’état du Maryland, et demeure très marqué par ses racines. Si son coéquipier de 3 saisons Allen Iverson est constamment associé à son impact culturel et à son parcours de jeune issu du ghetto, Carmelo Anthony semble aujourd’hui plus détaché de cette image. Son caractère et ses valeurs issus des quartiers pauvres où il a grandit lui ont pourtant valu diverses frasques durant son début de carrière.

« You can take the man out the ghetto, but you can’t take the ghetto out the man ».

Iverson AnthonyAtterrir à Denver à l’issue de la draft 2003 a marqué un grand changement dans l’environnement de vie de l’enfant de Brooklyn. Il rejoint un effectif relativement faible, dont il devient très vite le leader, ses meilleurs coéquipiers étant Earl Boykins, Andre Miller et Marcus Camby. L’ailier a affirmé son leadership très vite pour un si jeune joueur. A tel point qu’à l’été 2004, alors sélectionné pour la première fois avec Team USA, il fut recadré et vivement critiqué pour s’être plaint de son manque de temps de jeu. Durant ces jeux, il avait aussi refusé de revenir sur les parquets athéniens après avoir mal pris les critiques d’un de ses coéquipiers sur sa sélection de tirs. Le même été, son implication dans une bagarre dans un bar new-yorkais n’a pas amélioré son image auprès du grand public. De même que la marijuana retrouvé dans ses bagages à l’aéroport de Denver en octobre 2004. Cela faisait déjà beaucoup en si peu de temps pour un joueur de seulement 20 ans. Ces frasques étaient cependant les seuls motifs de doutes sur sa capacité à devenir une star de la grande ligue.

Le point d’orgue de son image négative liée à sa mentalité de jeune issu du ghetto est son apparition dans le clip « stop snitchin’ ». Le quartier de West Baltimore fait partie de ces endroits difficiles d’accès pour la police, où le principal moyen de renseignement était d’utiliser des membres de ces habitants comme informateurs. Il était fréquent de voir des coupables de petits délits être relâchés en échange d’informations sur leurs voisins. « Stop Snitchin », ou « ne balancez pas » était donc un état d’esprit dans l’environnement de Carmelo. Sa mère Mary Anthony racontait à HBO que lorsqu’une bêtise avait été faite et qu’elle demandait le responsable, ses trois fils et sa fille ne se dénonçaient jamais, quitte à être tous punis.

La participation de Carmelo, à tout juste 20 ans, à ce clip pouvait donc lui sembler naturelle, mais il n’avait peut être pas encore pris l’ampleur de l’impact que pouvait désormais avoir sa parole en tant que star montante de NBA. Il s’était défendu en considérant que le message de ce film ne devait pas être pris sérieusement. Si dénoncer est mal vu dans nos contrées en raison de notre histoire, c’est ne pas le faire qui peut choquer la mentalité américaine. Évidemment plus lorsqu’il s’agit d’une star NBA qui s’affiche aux côtés d’un dealer de manière si décontractée. Et que cela se passe dans la deuxième ville la plus meurtrière des Etats-Unis à l’époque.

Melo2

Ce qui pouvait sembler normal à Carmelo a logiquement choqué dans le pays. Mais comme il le dit lui même, il est « quelqu’un de bien ». Dans un quartier globalement abandonné par la municipalité, ce sont les dealers qui s’étaient érigés en organisateurs de programmes sportifs, sans contrepartie apparente. Quand la police a voulu instaurer une « Police Athletic league » afin de se débarrasser de ces derniers, Carmelo et la plupart des jeunes ont boycotté cette intrusion. D’autant que cette même police se montrait rugueuse envers la jeunesse noire de Baltimore comme ailleurs. C’est dans cette ville de Baltimore qu’est décédé le jeune afro-américain Freddie Gray le 12 avril 2015, sous les coups de la police, créant la polémique pour le mauvais traitement

Le dernier coup d’éclat de Carmelo à cette période a été un coup de poing donné en plein match en décembre 2006 au joueur des Knicks Mardy Collins. Melo est revenu sur les parquets après une suspension de 15 matchs, dans une équipe renforcée par l’arrivée d’Allen Iverson en ce même mois de décembre.

Par la suite, le new-yorkais s’est effectivement assagi et a acquis une image plus lisse, loin de ses débuts tumultueux. Il avait effectivement déclaré vouloir agir comme un businessman en 2007, notamment aidé par la naissance de son fils. Cela ne l’a pas empêché de conduire sous l’effet d’alcool en avril 2008, et d’être condamné à 24h de travaux d’intérêts généraux. Mais depuis, il semble avoir pris la mesure de ses actes et ne fait plus parler de lui dans la rubrique faits divers.

Son attachement pour Baltimore et ses racines reste cependant intact. En avril dernier, lorsque le jeune afro-américain Freddie Gray est décédé suite à une interpellation violente, et non méritée selon les témoins. Au coeur de la polémique, il s’est ainsi affiché en leader de sa communauté, appelant au calme et à l’exemplarité pour faire face à la police.

EXTRAIT DU DVD « STOP SNITCHIN »

Crédits Photos : GettyImages

Retrouvez plus de Basket Retro sur





About Antoine Abolivier (66 Articles)
Etudiant breton se destinant au journalisme, fan de basket depuis toujours et inconditionnel des Spurs depuis au moins aussi longtemps. Présent aussi sur Twitter, @AAbolivier

1 Comment on [Focus] Carmelo Anthony et la street attitude

  1. Super article Antoine, merci pour le choix du sujet 😉

    Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s