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[Mini-portrait] Chris Morris, le swingman briseur de plexi’

Portrait

C’est avec un total de 11 saisons au compteur (auxquelles on peut ajouter quelques piges aux accents exotiques) que Chris Morris rangera ses sneakers au vestiaire. Une carrière qui nous allons le voir, n’aura pas franchement été à la hauteur d’un 4ème pick de la draft .

Choisi au premier tour en 1988 par les New Jersey Nets, Chris Morris, 50 ans aujourd’hui, transitera par Utah et Phoenix sans jamais se distinguer particulièrement. Joueur au caractère bien trempé, Morris ne cassera jamais la baraque en NBA. A défaut, on se rappelle encore de lui comme casseur de panneau, ce qui restera finalement son plus beau fait d’arme au sein de la ligue.

morrisfromsolecollectorAlors qu’il s’apprête à rejoindre la NBA, le jeune Chris Morris, du haut de ses 22 ans jouit d’une très bonne côte auprès des recruteurs de la ligue. Sa saison senior au sein de l’université de Auburn se solde par une ligne statistique plutôt réjouissante qui affiche 20,7 points et 9,8 rebonds par match.   Des stats qui le propulse au premier tour de la draft. Chris est sélectionné en quatrième position par les Nets. La franchise du New Jersey est à l’agonie. Elle traîne son spleen dans les bas-fonds de l’Atlantic Division sans aucune ambition. Deux saisons que New Jersey n’a pas mis les pieds en playoffs, et il faut remonter à l’année 1985 pour trouver la trace d’un bilan positif en saison régulière. Une éternité. Immédiatement, Chris Morris est utilisé dans la rotation du coach Willis Reed. Il prend part à 76 matchs et se retrouve 48 fois starter. Utilisé en moyenne 27,6 minutes par match, le rookie Chris Morris en profite offensivement. Il boucle son premier exercice avec une moyenne honorable de 14,1 points et attrape également 5,2 rebonds. Une première saison satisfaisante, qui lui permet d’intégrer la 2nd All-NBA Rookie Team. Les efforts de Morris sont cependant insuffisants pour emmener la franchise en playoffs. En dépit des résultats médiocres des Nets, Chris Morris reste dans ces standards individuels lors des deux saisons suivantes. Au cours de l’exercice 91/92, pour la première fois depuis un bail, la franchise ne part pas en vacances prématurément.  New Jersey, qui peut enfin s’appuyer sur un roster de qualité, quoiqu’un peu jeune, s’offre un premier tour de playoffs. Malgré l’élimination 3-1 face aux CAVS de Mark Price et Brad Daugherty, les Nets entrevoient un avenir radieux.

En 92-93, Chuck Daly débarque sur le banc. L’ objectif est clair ; faire cohabiter une bande de tête à claques que beaucoup qualifient d’ingérables. Jugez plutôt, Derrick Coleman, Kenny Anderson, Drazen Petrovic, Rick Mahorn et donc Chris Morris. L’attelage à de la gueule, mais il va falloir faire jouer tout ce petit monde ensemble. Chuck Daly relève le défi avec brio.  Pour la première fois depuis 8 ans, les Nets afficheront un bilan positif à la fin de la saison régulière (43W-39L). Avec 14,1 points et 5,9 rebonds par match, Chris Morris n’est pas étranger à la bonne saison de son équipe. New Jersey trouve à nouveau sur sa route l’expérimentée franchise de Cleveland. Les Nets doivent se1988-89 passer des services de Kenny Anderson lors de cette série. Chris Morris en profite pour se montrer plus entreprenant. Il termine la série avec 17 points de moyenne, en affichant une remarquable adresse (57 % de réussite aux shoots et 91% aux lancers-francs). Not enough !

New Jersey emmène pourtant les CAVS jusqu’au match décisif, mais l’expérience parlera en faveur des joueurs de l’Ohio. Alors que la logique voudrait que l’on classe les Nets parmi les outsiders de la conférence Est  pour les saisons à venir, la fatalité va venir mettre un frein à toutes les belles ambitions d’une franchise qui n’avait pas besoin de ça. Au cours de l’été 1993, Drazen Petrovic trouve la mort dans un accident de la route. Le décès du mozart Croate laisse la planète basket sous le choc. Pire, il laisse un grand vide dans le New Jersey, Drazen étant devenu en 2 saisons le leader offensif et le métronome du jeu des Nets. La bande à problèmes de Chuck Daly fera encore illusion une saison. Les Nets améliorent leur bilan de la saison précédente de deux petites victoires. En playoffs la franchise du New Jersey tombe sur le voisin new-yorkais. Les Knicks de Pat Riley sont en mission cette année là, avec l’objectif d’offrir une bague à Pat Ewing. Ils échoueront dans leur quête, mais ne feront pas de détails face aux Nets qu’ils sortent facilement trois victoires à une. De son côté Chris Morris aura connu une saison en dents de scie, la faute à quelques blessures qui l’empêchent de jouer toutes les rencontres. Pour la première fois depuis qu’il a rejoint la NBA il descend sous la barre des 13 points et des 5 rebonds. Bilan ; 10,9 points et 4,6 rebonds.

Fatigué par les querelles internes de sa troupe, Chuck Daly quitte le New Jersey à l’orée de l’exercice 94/95 (en prétextant une première retraite, de laquelle il sortira en 97). Une mauvaise nouvelle n’arrivant jamais seule, les Nets sélectionneront Yinka Dare lors de la draft. Yinka Dare, qui marquera l’histoire comme étant l’un des plus gros flops de l’histoire de la NBA.

C’est déjà la fin du renouveau pour les Nets qui signent une saison catastrophique. Les égos de chacun passent avant les problèmes collectifs, et tout le monde s’en donne à cœur joie. Même les fans participent au fiasco en balançant des cacahuètes sur leurs joueurs. Chris Morris affiche lui aussi sa mauvaise humeur et envenime une situation déjà compliquée . Il veut quitter les Nets et le fait savoir. Il grave par exemple le slogan « Trade Me » sur sa paire de sneakers. Bonjour l’ambiance. Morris revient sur cette période en expliquant :

 « Là bas j’avais l’impression d’être un personnage de la série télé « le prisonnier ». On dit qu’il faut parfois se contenter de ce qu’on a. Moi je voulais autre chose. J’ai dit à mon agent que j’étais prêt à aller jouer en Europe plutôt que de supporter un tel calvaire ».

Chris Morris parviendra à ces fins en signant en octobre 1995 pour les Utah Jazz. Chez les mormons, le tableau s’annonce idyllique. Les dirigeants cherchent la pièce manquante à leur puzzle. Deux saisons d’affilées ils se font sortir par les Rockets, futurs champions. En finale de conf’ en 1994 et au premier tour en 1995. Le front office pense avoir trouvé la perle rare en signant Chris Morris. Un sacré pari quand on connait la réputation qui précède le joueur. On repense notamment à cette séance d’entrainement où il refusa de lacer ses sneakers, lui valant un match de suspension. Mais Jerry Sloan ne s’inquiête pas outre mesure. Il affirme d’ailleurs au sujet de sa nouvelle recrue :

« Il sait qu’il ne peut pas se permettre d’aller voir le proprio en demandant la tête de son coach. Je vais continuer à coacher l’équipe sans m’occuper de ses désirs ou de ses caprices ».

Même le duo mythique Stockton/Malone est consulté. Les avis sont unanimes. Le meneur des Jazz déclare :

 » On était d’accord à 100%. Chris apporte un dynamisme énorme à l’équipe ».

Et  » The Mailman  » de surenchérir :

 » Il a tous les gestes dans son répertoire. Exactement ce qu’il nous manquait. »

Si les patrons le disent, alors on va voir ce qu’on va voir.  Mais passer du joyeux bordel des Nets à l’organisation minutieuse des Jazz ne se fera pas sans mal pour Chris Morris. D’abord Jerry Sloan le bascule au poste de shooting guard. Petit bémol pour Morris, à ce poste évolue déjà Jeff Hornacek. Direction le banc de touche pour la recrue. Son temps de jeu se voit ainsi amputé d’une dizaine de minutes, mais jouer le titre est à ce prix. Morris a compris qu’il doit concevoir quelques sacrifices. Il déclare quelques temps après son arrivée :

« Je m’amuse. Je suis plus relax. Je ne me conduis plus comme un abruti, mais je m’amuse toujours autant. Ici les mecs ne sont pas ennuyeux. Ils sont drôles. Tout le monde vit en paix avec son voisin. Il n’y a rien de négatif dans l’atmosphère ».

Tout est donc en ordre de bataille dans l’Utah pour partir à l’assaut du titre. Mais les Jazz resteront à quai, la faute aux Supersonics de Seattle qui les éliminent en finale de conférence. Pour Chris Morris, si la saison régulière fût de bonne facture au regard de son nouveau rôle, on ne peut pas en dire autant de ses performances au cours de ces playoffs. Son apport offensif passe de 10,1 points à seulement 6,2 unités par rencontre. Dur. L’idylle entre le swingman et les Jazz n’aura finalement pas duré longtemps. Au cours des deux saisons suivantes, Jerry Sloan l’utilise de nouveau à son poste de prédilection, small forward. Pour autant, son temps de jeu fond comme neige au soleil. 13,4 minutes passées en moyenne sur les parquets en 96/97 puis 10 minutes en 97/98. Clairement le coach des Jazz a fait une croix sur Chris Morris. Pourtant lors de son arrivée , Jerry Sloan ne tarissait pas d’éloge sur sa recrue :

« Chris est exactement ce qu’il nous manquait depuis quelques années. Un joueur très doué physiquement capable d’évoluer au poste de shooting guard ». 

morisLe temps des courbettes et des ronds de jambes semblent loin derrière. Finalement il n’y aura pas grand chose à retenir de son passage chez les Jazz. L’histoire aurait pu être belle si les Jazzmen n’était pas tombé deux fois d’affilée en finale contre les Bulls. Pas de bague donc pour Chris Morris, qui au terme de trois saisons très moyennes signe pour un dernier run chez les Suns de Phoenix. Alors qu’il est âgé de 33 ans, Morris débarque dans l’Arizona pour jouer les compléments dans un effectif en pleine reconstruction. 44 rencontres disputées (sur 50, Lock-out oblige), pour une moyenne de 4,2 points inscrits en 12 petites minutes de jeu. Pas de quoi sauter au plafond, mais l’ailier démontre qu’il peut encore dépanner. Sa pige chez les Suns signe sa fin de carrière NBA. Chris Morris n’en a pourtant pas encore tout à fait fini avec le basket. Il s’envole pour la Grèce ou il signe en faveur l’Olympiakos. Il restera 2 saisons sous contrat avec le club Grec. Une blessure au genou l’empêchera de profiter de ce passage en Europe. La fin de l’aventure s’avérera compliqué, puisque les deux partis se retrouveront devant les tribunaux pour une histoire de contrat non payé. De retour au pays Morris rejoint les Harlem Globetrotters pendant une année. Il enchaîne ensuite avec le club des California Surf de Southern en ABA en 2002, avant de transiter la même année par une équipe Philippines, les Purefoods Tender Juicy Hotdogs. Pour finir on retrouvera la trace de Chris Morris au Vénézuela ou il portera la tunique des Gaiteros del Zulia durant la saison 2003/2004.

Au terme d’une fin de carrière en forme de tour du monde, Christopher Vernard Morris peut donc prendre une retraite bien mérité. Si on retient de Chris Morris sa relative polyvalence offensive, c’est un autre fait de jeu qui le propulsera sur le devant de la scène. Comment ne pas revenir sur ce soir de Mars 1993. Les Nets accueillent les Bulls dans la Brenda Byrne Arena. Alors que nous sommes dans le dernier quart-temps de ce match, Chris Morris monte au Dunk. Boomshakalaka, le numéro 34 met toute sa puissance dans cette action. Le plexi de la planche se fissure sous l’impact. Le score est alors de 80-72 pour les Bulls et l’horloge reste bloqué à 4:21. L’ailier du New Jersey inscrit donc son nom aux côtés de celui de Shaquille O’neal qui la même année donnera aussi dans la destruction massive en faisant plier un panier sous son poids. Une action retentissante, qui fera le tour des chaînes d’info du monde entier.Sans aucun doute le coup d’éclat le plus médiatique de la carrière décevante de Chris Morris. C’est quand même triste un swingman qui a le blues..

SES STATS NBA

  • Points: 8 184 soit 11,0 par match
  • Rebonds: 3 545 soit 4,7 par match
  • Assists: 1 182 soit 1,6 par match
  • Steals : 917 soit 1,2 par match
  • Matchs: 747 matchs disputés dont 436 en tant que titulaire
  • 69 matchs de playoffs

SON PALMARÈS

  • 1988/1989  NBA All-Rookie Second Team
  • Retenu deux fois dans la All-SEC Team (1987 et 1988)
  • Elu dans la promotion 2012 des joueurs de légende de la South Eastern Conference (SEC)

MORRIS BRISE LE PLEXI’

UN MIX DE SA CARRIÈRE 

crédits photos : solecollector.com/netsmediaguide.com/fivemagazine.es

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About Waka Bayashi (87 Articles)
Enfant des eighties, c'est au début des années 90 que je découvre la NBA. En 1993 j'obtiens mon brevet des collèges grâce à l'épreuve de Géographie au cours de laquelle je localise les plus grandes villes sur la carte des Etats-Unis, en ajoutant entre parenthèses le nom des franchises de la ligue, en espérant secrètement quelques points bonus. Fan des joueurs avec un taux de trash-talking élevé (coucou Reggie Miller), j'ai intégré l'équipe de Basket Rétro afin que mes parents soient fiers de moi.

2 Comments on [Mini-portrait] Chris Morris, le swingman briseur de plexi’

  1. Une carrière qui aurait pu être belle. Oui… aurait pu :/
    Sinon, très bon article 🙂 !!!

    J'aime

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