Breaking News

NBA Finals 2001 – Allen Iverson, le défi de l’impossible

NBA Playoffs

C’est le remake de David contre Goliath. Allen Iverson et les 76ers face aux invincibles Lakers de Shaq et Kobe. Contrairement à la bible, le scénario a été modifié pour ne laisser aucune chance au petit poucet. Retour sur une finale déséquilibrée.

Enfin! Après 18 ans d’attente et le titre en 1983, Philadelphia retrouve le plus haut niveau en se qualifiant pour la finale NBA. Que ce fut difficile après une saison remarquable, Larry Brown est élu coach de l’année, Dikembe Mutombo défenseur de l’année, Aaron Mc Kie meilleur 6ème homme et Allen Iverson, MVP de la saison! Les playoffs se révèlent intense ou chaque détail compte. Une belle bataille contre Reggie Miller et les Pacers au premier tour, un duel homérique face à Vince Carter et Toronto en demi-finale et pour finir, une finale de conférence dingue avec le big three des Bucks, Ray Allen, Glenn Robinson, Sam Cassell. Chaque série hormis contre Indiana a été jusqu’au bout, un match 7. Usés, blessés, Philadelphia s’apprête à affronter l’ultime rempart à la victoire finale.

Comme en 1983, il s’agit des Lakers, mais les 76ers sont dans la peau de l’outsider. Los Angeles a littéralement marché sur ses adversaires, Portland, Sacramento et même les Spurs de Duncan et Robinson, même punition, même addition, sweep! Invaincus, confiance inébranlable, les champions en titre sont d’or et déjà annoncés gagnants avant que la finale ne commence. Allen Iverson peut-il raisonnablement inquiéter cette armada? Lorsque Ivy tente 30 shoots ou plus, son équipe gagne 8 matchs sur 10. Sur ses plus gros cartons en playoffs cette année, il n’a perdu qu’une fois en scorant plus de 40 points, c’était à Milwaukee au Game 6. Los Angeles est en route pour le doublé.

GAME 1 – LOS ANGELES 101 – PHILADELPHIA 107

iverson7Les Lakers peuvent marquer l’histoire en remportant le titre en restant invaincus. Les pronostics vont d’ailleurs dans ce sens car après tout, le massacre à l’ouest (11-0) sans oublier qu’ils avaient gagné leurs 8 derniers matchs de saison régulière, faites le calcul, ils sont sur une série de 19 victoires consécutives. Autre facteur déterminant, la forme de leurs opposants. Philadelphia compte de nombreux blessés. Dans la majorité des cas, les joueurs seraient forfaits, mais le courage et la détermination de cette équipe font qu’ils sont prêt à « mourir » sur le terrain. Allen Iverson souffre d’une contusion à la hanche ainsi qu’au coccyx. Aaron McKie et Eric Snow jouent avec une cheville fracturée, Dikembe Mutombo a un doigt en moins, George Lynch va manquer les 3 premiers matchs de la finale, out depuis le Game 4 à Toronto, le pied cassé. Matt Geiger a une tendinite, bref, c’est pas le panacée. C’est le moment de mettre ses problèmes de côté et jouer en serrant les dents.

Le Staples Center scande « sweep sweep » alors que le match n’a pas encore commencé. Ce Game 1 rentre dans le panthéon comme un des matchs les plus fous qu’on ai jamais vu. Des 76ers fatigués et téméraires, des Lakers en manque de compétition après un repos de 10 jours, la partie est serrée. Kobe n’est pas dans le coup et accuse un bien laid 7/22 aux tirs. Les Lakers s’appuient sur Rick Fox et surtout, l’inévitable Shaquille O’Neal, 44 points et 20 rebonds! Seul ombre au tableau, son 10/22 aux lancers-francs. Pour une première participation en finale, Allen Iverson n’a pas manqué le rendez-vous. 30 points inscrits en première mi-temps permettant aux siens de mener 56-50 et le festival continue. C’est alors que Phil Jackson fait appel à Tyronn Lue, un inconnu, mais qui a la taille et la rapidité pour gêner « The Answer ». Aucune équipe ne lâche et la rencontre part en prolongation. Les Lakers vont alors assister au courroux d’Iverson qui va marquer 7 points d’affilée, dont le célèbre cross sur Lue, 48 pts au total! Eric Snow se charge d’anéantir les derniers espoirs de L.A sur un tir improbable. L’exploit est fait, Philadelphia l’emporte! C’est la seconde fois dans l’histoire des NBA Finals que 2 joueurs opposés marquent 40 points pour leur équipe respective. Il faut revenir en 1993 au Game 2 lorsque Michael Jordan et Charles Barkley avaient inscrit 42 points chacun. Envie de (re)voir ce match fantastique? Basket Rétro vous l’offre sur un plateau ici.

« On peut toujours marquer l’histoire mais on a raté une grosse opportunité. Nous respectons cette équipe et après ce match, je pense qu’ils méritent le respect de tout le monde » – R.Fox

« On a choqué le monde entier, mais pour nous, ce n’est en rien surprenant » – T.Hill

« Je ne pense pas que Kobe a été dans un grand jour, ça sera différent vendredi » – E.Snow

GAME 2 – LOS ANGELES 98 – PHILADELPHIA 89

NBA Finals 2001 - Iverson-KobeL’empire contre-attaque. Eric Snow l’avait pressenti, Kobe Bryant allait se réveiller et ça n’a pas traîné (31 pts – 8 rebs – 6 asts). Derek Fisher a lui aussi fait un boulot remarquable en attaque comme en défense. Shaq est encore monstrueux en jouant les murailles en défense, 8 contres. Il égalise ainsi le record individuel en finale du nombre de contres en un match après Bill Walton, Hakeem Olajuwon et Patrick Ewing. Tim Duncan le fera en 2003. Pour revoir cette performance gigantesque, notre rédactrice Laurie avait écrit il y a peu de temps un article concentré dessus, à voir ici. Iverson n’a pas le même succès qu’au match précédent, mais il sort quelques actions de grande classe. Entre Iverson et Kobe, quelques séances de trashtalking sympathiques. Todd McCulloch est la surprise du chef, concluant même 2 contre-attaques! Shaq se retrouve handicapé par les fautes avec moins de 7 minutes à jouer, une occasion trop belle à saisir pour les 76ers qui enchaînent un 13-3 et reviennent à 3 points des Lakers à 2 minutes du coup de sifflet final. Shaq revient, donne un caviar à Fisher qui bombarde à 3pts, suivi d’un panier d’Horry. Un dernier shoot pour O’Neal et les Lakers remportent la victoire.

« C’était une victoire obligatoire, maintenant faut en gagner un ou deux là-bas, on joue très bien à l’extérieur » – S.O’Neal

« Fish a très bien défendu sur moi, mais je ne me souviens plus de la dernière fois où j’ai seulement été sur la ligne des lancers-francs qu’à 2 reprises, mais je ne me plains pas. » – A.Iverson

GAME 3 – PHILADELPHIA 91 – LOS ANGELES 96

NBA Finals 2001 - Lakers 76ersKobe est de retour à Philadelphia. Il est né là-bas, il y a joué au lycée. Il avait même avoué vouloir jouer pour les 76ers en espérant être drafté par ces derniers en 1996. Hué à la présentation des joueurs, sifflé dès qu’il a le ballon, Kobe n’a pas perdu sa concentration en faisant un récital dans le 2ème QT. 16 pts, 7 paniers consécutifs avec plusieurs dans des positions assez dingue. Aaron Mc Kie défend bien, mais Kobe est inarrêtable. Le retour des vestiaires est à l’opposé de la première mi-temps pour Bryant, 3/16 aux tirs, il termine avec 32 points. Shaq a fait aussi son job (30 pts – 15 rebs – 4 blks), mais sa 6ème faute éliminatoire dans les 2 dernières minutes aurait pu coûter cher aux Lakers. C’est alors que Robert Horry entre en scène, omniprésent, un dunk monstrueux sur Mutombo, 3 paniers primés en autant de tentatives, le shoot qui tue à 47 secondes du terme, seul dans le corner. Il mettra les 4 derniers LF de la rencontre pour donner la victoire aux siens, 96-91.

« Voilà pourquoi on peut compter sur nos coéquipiers. Robert a été formidable et a mis le shoot assassin en fin de match » – K.Bryant

Shaq a été particulièrement frustré et énervé vis à vis de son adversaire, Dikembe Mutombo et l’arbitrage.

« Est-ce bien raisonnable que le meilleur défenseur de l’année puisse flopper comme ça? C’est honteux et les arbitres tombent dans le panneau. Qu’il vienne défendre sur moi comme un homme au lieu de pleurnicher auprès des arbitres » – S.O’Neal

Allen Iverson n’a pas démérité malgré encore une grosse maladresse (12/30), 35 points et 12 rebonds. Quand au pivot des 76ers, il a fait ce qu’il a pu, 23 points et 12 rebonds. C’était le dernier match serré de cette finale. La suite s’avère douloureuse et à sens unique.

GAME 4 – PHILADELPHIA 86 – LOS ANGELES 100

2On va dire que jusqu’ici, les Lakers ont montré qu’ils avaient des ressources en s’imposant sans forcer. Mais il y a un moment où la force destructrice qu’on a vu pendant le parcours en playoffs doit refaire surface. Les 76ers vont payer très cher, Shaq est en mode superman (34 pts – 14 rebs) et ne fait qu’une bouchée de Mutombo. Kobe termine à une passe d’un triple double. Fisher et Horry assurent les arrières.

Pendant que Phila s’enlise, maladresse, fatigue, 11 lancers-francs ratés et shoots lointains aux oubliettes (1/6 tenté derrière la ligne seulement), les Lakers déroulent, 10 paniers primés, une énorme différence qui va causer la lourde défaite des Sixers. La frustration est grande chez Iverson, encore défendu remarquablement par Tyronn Lue et malgré le courage de ses coéquipiers, où seul Dikembe semble pouvoir apporter quelque chose en attaque, on voit bien qu’il n’y a plus de jus dans le moteur. Preuve que Phila semble totalement rincé, même le vétéran Ron Harper qui n’a pratiquement pas posé le pied sur le parquet de la saison, marque 8 points avec facilité.

Après la démonstration des pourpres et or en première mi-temps, les Destiny’s Child tentent maladroitement de calmer la foule. En interprétant 2 de leurs plus gros tubes, « Bootylicious » et « Survivor », les 3 jeunes femmes portent les maillots des 2 équipes. Kelly Rowland avec Phila, Beyoncé avec un ensemble neutre et Michelle Williams avec les Lakers. Hués de bout en bout, Beyoncé et ses copines n’ont jamais connu pareille humiliation en public avec le direct à la télévision devant le monde entier. Autre anecdote, avec ce nouveau succès, les Lakers égalisent le record NBA du plus grand nombre de victoires consécutives à l’extérieur en playoffs avec 7.

GAME 5 – PHILADELPHIA 96 – LOS ANGELES 108

1A t-on déjà vu une équipe aussi dominatrice entre le dernier mois de saison régulière jusqu’au sacre final? 23 victoires pour une défaite, le fameux G1 perdu contre Phila après une prolongation, un véritable rouleau compresseur qui a écrasé, pulvérisé sans le moindre état d’âme tous ses adversaires. Bien que les 76ers veulent au moins remporter un match à la maison, la tâche s’annonce tout simplement irréalisable. Pourtant, Philadelphia a réalisé un match offensif de qualité, Iverson (37 pts), Mutombo (13 pts), la surprise Tyrone Hill (18 pts – 13 rebs) après une finale catastrophique, restant à portée des Lakers. Malheureusement pour eux, les champions en titre mettent les bouchées doubles, Kobe et Shaq dominent les débats (55 pts et 25 rebonds cumulés), Rick Fox retrouve son adresse (20 pts) et Derek Fisher, l’assassin. Le meneur des Lakers a vécu une finale assez compliquée entre défendre sur Iverson et une adresse en berne, il termine sur une note plus que positive, 6 paniers à 3 points! Sans la détermination des 76ers, cette finale se terminait sur un blow-out. Dans le dernier QT, Phila est mené de 19 points puis revient à -7 dans la dernière minute. Trop peu, trop tard, Fisher envoie une dernière bombe en faisant taire le public.

Iverson sort avant le coup de sifflet final, une standing ovation avec des MVP! MVP! qui fusent de toute part. Les Lakers deviennent donc l’équipe avec le meilleur pourcentage de victoires en playoffs (15-1), dépassant les 76ers de 1983 (12-1). On précise qu’à cette époque, les meilleurs bilans de saison régulière étaient exemptés du premier tour et étaient qualifiés directement pour les demi-finales. Avec 8 victoires d’affilée à l’extérieur, c’est encore un record dans l’escarcelle de Los Angeles. Encore un autre record? Phil Jackson remporte son 8ème titre de champion, à 1 titre du légendaire Red Auerbach, mais c’est surtout en cumulé de 1996 à 2001, sa 20ème série de playoffs consécutive remportée! Un doublé pour les Lakers, une nouvelle bague pour Shaq et Kobe, 13ème titre dans l’histoire de la franchise.

STATS

  • Shaquille O’Neal: 33 pts – 57,5 % aux tirs – 15,8 rebs – 4,8 asts et 3,4 blks en 45 minutes
  • Kobe Bryant: 24,6 pts – 41,5 % aux tirs – 7,8 rebs – 5,8 asts – 1,4 stls et 1,4 blks en 47 minutes
  • Allen Iverson: 35,6 pts – 40,7 % aux tirs – 5,8 rebs – 3,8 asts et 1,8 stls en 47 minutes
  • Dikembe Mutombo: 16,8 pts – 60 % aux tirs – 12,2 rebs – 2,2 blks en 42 minutes

RÉSULTATS

Los Angeles Lakers – Philadelphia 76ers 4-1

  • 6 juin : Philadelphia @ Los Angeles 107-101
  • 8 juin : Philadelphia @ Los Angeles 89-98
  • 10 juin : Los Angeles @ Philadelphia 96-91
  • 13 juin : Los Angeles @ Philadelphia 100-86
  • 15 juin : Los Angeles @ Philadelphia 108-96

LES HIGHLIGHTS DU GAME 1 AVEC LES 48 PTS D’IVERSON

LE TOP 10 NBA FINALS 2001

LE TOP 10 DE SHAQUILLE O’NEAL MVP NBA FINALS 2001

Crédits photo : NBAE/Getty Images

Advertisements
About Pred (285 Articles)
Fan de MJ, d'Hakeem, Bird et Sir Charles notamment, déteste les Sonics et le Thunder, peu d'amour pour les Lakers, mais adore par-dessus tout le basket "tough". A passé plus de 10 ans sur la toile basket à débattre et râler comme tout vieux qui se respecte.

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s