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La désillusion d’une Dream Team à Los Angeles

Victorieux de 3 titres consécutifs de 1999 à 2002, les Lakers, incontestable meilleure équipe de la ligue, perdent leur bien en demi-finale seulement lors des Playoffs 2003 face aux Spurs, futurs champions.

Vexés de n’avoir pu réaliser un quadruplé historique, les dirigeants décident durant l’été de frapper fort afin de récupérer leur trophée, et d’entrer encore plus dans l’histoire (avec 4 titres gagnés en 5 ans): ils recrutent ni plus, ni moins que Gary Payton et Karl Malone, 2 futurs Hall of Famer en fin d’une carrière toujours vierge de bague. Conscients que leur dernière chance d’entrer au panthéon des champions se joue lors de cette saison, les deux stars, encore fort vaillantes (20,6 points/ 7,8 reb pour the Mailman/ 20,4 points/8,3 pad pour the Glove), décident de quitter leur franchise de toujours (Seattle et Utah) et de former une association absolument démentielle avec Shaquille O’Neal et Kobe Bryant, tous deux au sommet de leur art. Bryon Russell, double finaliste NBA avec Malone au Jazz, Horace Grant, quadruple champion, Derek Fisher, Rick Fox et quelques jeunes (Medvedenko, Rush, Pargo, Sampson) complètent un roster inexpérimenté et impressionnant. Phil Jackson, vainqueur de 9 bagues en tant que coach et ancien entraîneur des Bulls de Jordan, sera aux commandes du bolide. Le surnom ne tarde pas à tomber: les formidables. 4 fantastiques qui devront, à n’importe quel prix, ramener la bague en Californie…

UN TITRE SINON RIEN !

Lak1Sur le papier, personne ne peut rivaliser avec les Lakers, et leur raquette Shaq-Malone, qui est sans doute la plus monstrueuse jamais vue sur un parquet (sauf All-Star Game). Dans les faits, LA ne survole pas la saison comme attendu: malgré de belles victoires (contre San Antonio 120-117, puis 103-87, contre Boston 105-82 ou contre Minnesota 90-73) et un quatuor qui fait des dégâts, la Franchise californienne est assez irrégulière, tandis que dans le même temps, les Timberwolves, les Spurs et les Kings s’affirment comme des challengers crédibles. Les Lakers finissent 2e de la Conférence Ouest, avec un bilan de 56v/26d, derrière Minnesota, du MVP Kevin Garnett. Les blessures de Kobe et Malone (respectivement 17 et 40 matchs manqués), ainsi que la retraite prise par le toujours utile Horace Grant en cours de saison, ont aussi modifié la donne. Qu’importe, Phil Jackson espère retrouver son groupe au sommet de son art en playoffs.

Ce qui se produit ! Les joueurs se remobilisent, l’équipe monte en régime: Houston, malgré Yao Ming et Steve Francis, est étrillé, 4-1 au premier tour. En demi-finale, l’opposition tant attendue entre Lakers et Spurs promet d’être explosive. LA concède les 2 premiers matchs au Texas, mais le rouleau compresseur jaune se révèle enfin être au niveau que l’on attendait, et recolle au score après deux belles et nettes victoires au Staples Center. Le game 5, hyper serré, donne lieu à une victoire californienne (74-73), d’un tout petit point, grâce au mythique buzzer beater de Derek Fisher à 0,4 seconde du terme. Le 6ème match scellera l’élimination du tenant du titre, sonné par ce scénario complètement défavorable, et la revanche prise par les angelinos, après une victoire (88-76). En finale de Conférence, les Lakers retrouvent Minnesota, pour ce qui est devenu le gros choc de l’Ouest. Eblouissants, les Wolves comptent sur Kevin Garnett, mais aussi sur Sam Cassell et Latrell Sprewell pour faire flancher les californiens. En vain: le quatuor magique semble devenu inarrêtable et s’impose 4-2, au terme d’un joli duel. Attendus au tournant, suivis de près, critiqués tout au long de la saison, les Los Angeles Lakers y sont pourtant bel et bien: en finale NBA.

Lak2Face a eux, la surprise de la saison: les Detroit Pistons, équipe basée sur un système défensif impressionnant et un collectif infaillible jusqu’ici, sans véritable star. Nettement favoris, les Lakers ont en plus l’expérience qui semble manquer aux joueurs du Michigan. Mais encore une fois, le titre se jouera sur la défense, et à ce jeu-la, Detroit ne faiblira jamais, proposant une résistance incroyable aux assauts californiens. Les vedettes de LA vont vite se casser les dents sur ce rideau de fer et perdre peu à peu confiance. Rarement sollicités, Payton et Malone restent pourtant une grosse quarantaine de minute sur le parquet, et ne font pas le poids face à l’opposition de Chauncey Billups et de Rasheed Wallace. Kobe Bryant, maladroit, ne parvient pas à trouver son rythme. Seul Shaq est en mesure de bousculer la défense des Pistons, mais il est bien ralenti par Ben Wallace.

A l’arrivée, cela aboutit à une rouste lors du Game 1 (75-87), qui aurait pu ressembler à un accident. Sauf que cette thèse est enterrée après un Game 2 remporté héroïquement (prolongation arrachée au buzzer superbement pas Kobe, puis victoire dans la douleur) mais de manière inquiétante par les Lakers. Dès lors, la possibilité d’une défaite se profile sérieusement. Et devient même réalité après trois revers douloureux et incontestables, lors des trois déplacements consécutifs à Detroit. La blessure de Karl Malone, décidément bien malheureux en finale, n’aura pas vraiment aidée, sans non plus être un tournant. Les californiens sont juste tombés sur un bloc défensif d’un niveau que l’on avait rarement vu jusque la, une équipe solidaire et soudée, guidée par le vieux sorcier Larry Brown, qui a parfaitement réussi son coup de faire déjouer les stars de LA… Lesquels ne sont jamais vraiment rentrés dans leur finale. Battus, humiliés, blessés, les Lakers mettront des années a s’en remettre…

LA DÉSILLUSION…

Cet échec retentissant laissera des traces à Los Angeles, qui subira une des plus énormes désintégrations de l’histoire de la ligue: en conflit avec Kobe Bryant et la direction de la Franchise, Shaquille O’Neal la quittera pour Miami, Phil Jackson présentera sa démission et prendra même sa retraite (dont il sortira, pour la suite que l’on connaît), Karl Malone mettra sa carrière entre parenthèse, avant d’y mettre un terme peu après, à 40 ans… Gary Payton, désireux de rester, sera tradé avec Rick Fox à Boston contre Chucky Atkins, Derek Fisher partira pour Golden State… Pendant des années, les Lakers miseront sur de jeunes espoirs (Kwame Brown, Smush Parker, Chris Mihm) incapables de progresser et d’entourer convenablement Kobe Bryant, bien seul dans le désert. En 2005, ils manqueront les Playoffs, une première depuis 1994, avant de devenir une équipe banale de l’ouest, jouant entre la 5ème et la 8ème place. Il faudra attendre début 2008 et l’arrivée de Pau Gasol pour revoir les Lakers au sommet ! Et effacer ainsi les souvenirs de cette douloureuse saison 2003-2004, qui restera un des plus gros et inattendu échec de l’histoire la ligue…

BILAN

2003-04 56-26 68.3 % Finaliste NBA

LE MEILLEUR DES FINALES NBA 2004

Crédits photo : Sports Illustrated

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About Patrick Parizot (694 Articles)
Fondateur et rédacteur en chef de Basket Retro. Grand passionné de la balle orange et surtout adepte du basket en tout genre. Apprécie particulièrement le basket vintage et notamment celui des années 70.

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