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[Portrait] Chris Mullin, le génie dans la bouteille !

Portrait

Une course, une passe, un tir et puis juste le filet : « Nothing but net ». Entre 1985 et 1997 Chris Mullin, qui fête ses 53 ans aujourd’hui, n’a de cesse de répéter avec les Warriors ces enchaînements. Imposteur ? Génie ? Alcoolique en souffrance ? Mais qui est vraiment Mullin ?

Icône de l’Amérique, sorti des bas-fond de Brooklyn, Chris représente ce que les Etats-Unis chérissent le plus : un homme qui recolle les morceaux de sa vie pour triompher ensuite. Pourtant, toute l’attention ce soir-là est sur Dennis Rodman. En effet, nous sommes le 13 août 2011 et le ver (NDRL : surnom de Rodman) fait son entrée au Hall of Fame. Mais comme Mullin en son temps, laissons le verre de côté puisque lui aussi : le rat (NDRL : son surnom à la fac) s’apprête à ouvrir la grande porte du  HOF après avoir fermé celle du bar. Attention, boire ne rend pas forcément génial sinon nos charmants troquets seraient de vraies réserves à légendes, et pas du style légendes du championnat de lever de coude. Alors venez déguster un portrait à consommer sans modération. Voici Chris Mullin : le génie dans la bouteille !

COURT CHRIS ! COURT !

Magicien du shoot, Chris Mullin et Golden State font route commune dès 1985. A l’époque les franchises considèrent que le succès ne peut arriver qu’avec des intérieurs. C’est ainsi que  4 pivots occupent le top 6 de la draft cette année là ( Pat Ewing Benoit Benjamin Jon Koncak et Joe Kleine).  Pourtant, si l’on excepte le grand Pat et Karl Malone choisi au rang 13, le génie vient de l’aile avec notre GI au choix 7. Et, il a failli ne jamais sortir de la bouteille… Isolé, (il ne connait pas grand chose alors à part le gymnase de St John et Brooklyn) Chris sombre dans l’alcool et c’est Don Nelson qui lui impose une cure (48 jours) qui va lui changer la vie après deux saisons dans la Grande League.  Passé ce sevrage, notre homme va brûler les étapes. En compagnie du jeune Tim Hardaway et de Mitch Richmond, Mullin forme sous les ordres de Nelson le trio le plus prolifique de la NBA. Ils sont surnommés le « Run-TMC » (Tim, Mitch et Chris) en écho à l’un des groupes pionniers du rap US Run DMC.

RUN TMC

Le Run TMC @ Hoopstakeout

En deux saisons seulement (de 1989 à 1991), ce trio marque l’histoire de la Ligue. Lors de leur première année de jeu, ils se payent le luxe de tourner à 60 points de moyenne mais pendant la seconde (1990-1991), leur marque commune se porte à 72,5 points ! Pour comparer, Stephen Curry, Klay Thompson et Draymond Green pointent cette saison à 67 unités à eux trois. Juste effroyable ! Mullin est alors à son apogée et tout lui réussit avec Golden State, sauf les playoffs… Entre 1988-89 et 1992-93, il cumule des stats de 25,7 points et 4 passes, tout en shootant à 86% aux lancers et à 52% dans le champs. « Même en faisant cela contre des filles, cela resterait impressionnant » déclare le journaliste Paul Eide à l’époque. Cependant, durant toute sa carrière dans la Baie, Chris ne remporte que 3 séries de playoffs dont 2 face au Jazz (1987 et 1989) et une face aux Spurs (1991), le reste n’est que défaites ou non-qualification pour la post-season (9 fois en 12 saisons). D’ailleurs, l’histoire entre les Warriors et notre homme a failli tourné vinaigre à maintes reprises. Vous avez dit histoire ?

L’APPRENTISSAGE

Né en 1963 à New York, Chris est un fidèle parmi les fidèles. Adolescent, il arpente les playgrounds de Brooklyn. A sa sortie du lycée (Manhattan’s Power Memorial High School), il choisit l’Université de St John où il devient un Bulldog ! Le soir, il rentre à pied chez ses parents plutôt que de dormir sur le campus. La nuit, la légende raconte qu’il demande à ce qu’on lui ouvre le gymnase pour se shooter à 3 points. C’est ainsi qu’on le surnomme le rat.

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Chris Mullin à St John’s @ wsj.com

Lou Carnesecca, son entraineur de St John est son coach de toujours. Son mentor. On peut comparer leurs liens à ceux de Rocky Balbao et de Mickey. C’est en effet Lou qui découvre et fait grandir Mullin. C’est encore Lou qui aide Chris a marquer 2440 points entre 1981 et 1985. D’ailleurs, les Bulldogs participent à chaque fois pendant cette période au tournoi final NCAA. En outre, Chris est nommé joueur de l’année 1985. Il est encore le seul joueur de l’Histoire de ce jeu à  être nommé BIG EAST Player of the Year trois fois (1983-85). En 1985, St John se qualifie même pour la seconde fois de sa longue histoire pour le Final 4 après avoir étrillé Southern University, Arkansas, Kentucky et le NC.State de Spud Webb.  En demi, Georgetown mené par Ewing, David Wingate (15 ans en NBA avec des passages à Phila, San Antonio ou les Knicks) et Reggie Williams (LA Clippers et Denver) écrase St John tétanisé par l’évenement. Bill Wennington (Champion avec les Bulls) et Mark Jackson ses coéquipiers de l’époque n’y feront rien… L’antre des Wildcats de Kentucky, à Lexington, voit Georgetown fesser St John 77 à 59. La suite vous la connaissez partiellement.

L’APOGÉE

Mullin est choisi par Golden State à la draft. Entre temps, il remporte les JO de 1984 à LA avec un certain Michael Jordan ! Et, celui qui porte le 17 en hommage à son héro John Havlicek des Celtics continue de progresser et est nommé dans l’équipe type de la NBA en 1991-92. Cette année là, Magic annonce sa séroposivité, puis est élu MVP du All Star Game dans un match rempli d’émotion. Larry Bird se retire. Charles Barkley est échangé à Phoenix. Le Orlando Magic repasse de l’Ouest à l’Est. Boston remporte 50 victoires en saison régulière ce qui ne lui arrivera plus avant 2008. Chuck Daly quitte Detroit. Dennis Rodman gobe 18,7 rebonds par rencontre (NDRL : plus haut total par match depuis 1972). Jordan score 35 points dont 6 trois points contre Portland en Finales NBA. Quant à Mullin, le plus New-yorkais des habitants de San Francisco, lui, il poursuit sa route. En solo. Ainsi, il rejoint Wilt Chamberlain dans le club des joueurs de la franchise de Golden State ayant marqué 25 points ou plus durant quatre saisons d’affilée et finit l’année dans le top 10 de l’histoire du club dans 16 catégories différentes. Devenu un athlète accompli depuis sa cure, Chris mène la ligue au total de temps passé sur les parquets pour la seconde année consécutive en 92.

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La Dream Team de 92 @ New York Times

A Barcelone, avec la Dream Team il remporte une seconde médaille d’or Olympique. Mais en 1992-93, Mullin connait des pépins physiques et doit réduire sa saison à 46 matches. Son équipe ne gagne alors plus du tout et entame son déclin.  Cela n’empêche pas le fidèle Mullin de continuer à jouer pour GS, ce qui lui vaudra une énorme côte de popularité et le respect des fans et des médias. Toutefois, il est finalement échangé contre Erick Dampier en 1997 à Indiana, mené par Larry Bird. Mullin devient alors un Pacer et retrouve ce quoi il a déjà gouté : l’élixir de la victoire ! Et cela coule de source ! Même si tout n’est pas parfait, en 1998, Indiana chute en Finale de Conférence au Match 7 face aux Bulls  après avoir battu Cleveland et les Knicks. Même chose en 1999, mais là ce sont les Knicks de Allan Houston et de Latrell Sprewell qui ont la peau de Chris, Rik Smits, Reggie Miller et Mark Jackson redevenu son co-équipier. Le temps passe et Chris prend de la bouteille. En 2000, il vit son rêve de toucher le Graal. Grâce à des victoires sur Milwaukee, Phila, puis sur les Knicks, Indiana atteint les Finales. Chris a alors goût de bouchon. Il est en effet en semi-retraite mais peu importe. Tant qu’il y a l’ivresse… Mais avec une défaite 4-2 contre les Lakers du Shaq, Indiana va avoir la gueule de bois. Quant à Mullin, à 36 ans, il dit stop.

LE RETOUR A LA SOURCE

Chris va s’occuper alors des siens. Marié, il est papa de 4 enfants Sean, Kiera, Liam et Christopher. Profitant du temps comme jamais, notre homme bulle deux années entières. Et puis, à l’orée de la saison 2002-03, les Warriors incapables de se sortir de la médiocrité refont appel à leur meilleur ambassadeur. Hésitant dans un premier temps, il accepte finalement et devient un court temps entraîneur assistant puis assistant Manager Général de la franchise. Sa mission se poursuit pendant cette période sans fanfares, ni trompettes. Jusqu’ à ce soir de 2011 où il entre au Hall Of Fame : le HOF, la mecque du basket, l’éternité. Ému, il commence son discours par une apologie à sa ville. « Je me rends compte que je suis loin de Flatbush Avenue (célèbre artère de New York). Mais, ce soir, Brooklyn est au Hall Of Fame ! « . Puis Chris salue sa plus grande fan : une bonne-soeur ! Notre héro est-il ivre ? Non, la plus grande fan de Chris est la nonne Soeur Mercedès. Il poursuit : « Vous savez, je suis fier de mon parcours à St John. J’ai choisi le meilleur coach dans la meilleure ville et j’ai joué dans la plus célèbre salle au monde. Au Garden ! » La vie s’écoule. Le 19 mars 2012, GS, son ancien club, retire son mythique numéro #17.

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Chris Mullin, coach de St John’s @ nj.com

Le 31 mars 2015, il rejoint son ancienne fac de St. John’s en temps qu’entraîneur. C’est sa première expérience de coaching. Les grands joueurs ne font pas forcément les plus grands entraineurs mais Mullin est optimiste. Et, malgré l’inexpérience de son coach les Bulldogs remontent la pente avec des joueurs issus de Big Apple. Absent de la March Madness depuis 2000, il reste du pain sur la planche à St John mais le rat y croit. Au NYMag, à qui il donne un interview, il déclare : « Nous allons perdre des ballons, nous allons rater des shoots, mais je veux que les joueurs prennent du plaisir en courant. » Mullin veut que St John’s joue comme les équipes NBA avec de la course et/ou des picks-and-rolls. Il veut sa fac à son image. Une course, une passe, un tir et puis juste le filet « Nothing but Net ».

SES STATS NBA

ChrisMullinStats

SON PALMARÈS :

  • Joueur universitaire de l’année 1985.
  • Champion Olympique 1984 et 1992.
  • Finaliste NBA 2000 (avec Indiana).
  • All-NBA First Team en 1992 en compagnie de Michael Jordan, Clyde Drexler, Karl Malone et David Robinson…
  • All-NBA Second Team en 1989 et 1991.
  • 5 sélections au All Star Game (1989-1990-1991-1992 et 1993).
  • Joueur le plus adroit aux lancers francs lors de la saison 1993 avec 93,9 % de réussite.
  • Joueur ayant joué le plus de minutes lors de la saison NBA 1990-1991 (3315 minutes), et lors de la saison NBA 1991-1992 (3346 minutes).
  • Un des deux Warriors de l’histoire à scorer 25 points ou plus durant 5 saisons consécutives (l’autre est Wilt Chamberlain)
  • Termine sa carrière avec une réussite moyenne aux shoots de 50,9 %.
  • Élu au Hall Of Fame en 2011.

SES HIGHLIGHTS EN CARRIÈRE :

Montage Une : Streetball

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About sunkiddbr (5 Articles)
Amoureux de Gozilla depuis mon plus jeune âge, je suis devenu fan des Suns ! De Sir Charles à Dan Majerle en passant par Nash, via Stoudemire pour aller jusqu'à Devin Booker : PHX a le monopole de mon coeur. Je veux du soleil !

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