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ITW Laurent Foirest – Partie 1 : « Jacques Monclar m’a permis de progresser »

Crédits photos : FFBB / NewsOuest - Christophe Marchand

Basket Rétro poursuit ses interviews en contactant d’anciennes gloires du basket français. Le 5 octobre dernier, c’était au tour de Laurent Foirest de nous accorder de son temps pour répondre à nos questions pendant 30 minutes. Première partie de cet entretien.

Basket Rétro : Comment avez-vous découvert le basket ? 

Laurent Foirest : Mon père jouait au basket et je le voyais jouer en Nationale 2. J’avais essayé gamin puis j’ai continué. En club, j’ai pris une licence dès que c’était possible vers peut-être 5-6 ans. Ensuite, j’ai jamais quitté les terrains de basket. J’ai commencé à jouer à Marseille à l’Uspeg.

BR : Vous avez commencé votre carrière à Antibes en 1989. C’est le point de départ de votre parcours professionnel dans le basket. Comment avez-vous été recruté par ce club ?

LF : C’était grâce aux sélections de jeunes, régionales et départementales. Des centres de formation ont dû donc me voir, m’entendre lors des journées de détection, ce qui se fait encore actuellement.

BR : Vous avez évolué dans 3 clubs français (Antibes, Pau-Orthez et Asvel). Quels souvenirs gardez-vous de vos différents passages dans ces équipes de Pro A ?

LF : Je garde de bons souvenirs forcément dans chacun des ces clubs par lesquels je suis passé. Ca reste marquant. Antibes est mon club de cœur dans lequel j’ai découvert le haut niveau, rencontré de belles personnes, de grands joueurs. Pareil à Pau où j’ai rencontré des amis. Idem à Villeurbanne avec les titres obtenus et les personnes rencontrées là-bas.

BR : De 1999 à 2003, vous portez le maillot de Vitoria. Qu’est vous a convaincu de jouer en Espagne et pourquoi avoir choisi ce club ?

LF : Les Français étaient ouverts pour partir à l’étranger. C’était un peu plus facile. L’Espagne était le pays « baskettement » parlant au dessus. Vitoria faisait partie à l’époque des 4-5 meilleurs clubs espagnols. Je ne regrette pas mon choix car j’ai côtoyé le gratin européen. J’ai découvert la finale de l’Euroligue, été champion d’Espagne.  Vitoria est encore aujourd’hui un top club européen.

BR : Quelle différence de culture basket avez-vous noté entre la France et l’Espagne ? (ambiance dans les salles, les entraînements, les supporters) ?

LF : En Espagne, le niveau est au-dessus. C’est un championnat à l’époque synonyme d’eldorado. Le niveau était plus élevé avec des grands joueurs dans les clubs. Lors des entraînements à Vitoria, je suis tombé sur un coach très dur, Dusko Ivanovic. C’est quelqu’un qui connaissait le basket parfaitement. Avec l’intensité des entraînements, ca ne pouvait que nous faire progresser. Quant aux supporters, l’engouement était plus important qu’en France.

BR : Bon shooteur gaucher, pour ceux qui vous connaissent pas, quel type de joueur étiez-vous sur le terrain à part le tir ?

LF : On m’a mis une étiquette de shooteur en Espagne car j’ai progressé dans ce domaine-là et on a pu donc voir que je pouvais marquer des paniers extérieurs. Cette étiquette est restée. J’avais aussi des qualités athlétiques, de pénétration et de jump. J’avais des aptitudes défensives qui m’ont permis de gagner des minutes en Pro A, notamment à Antibes avec Jacques Monclar. J’ai pris de l’assurance en attaque, étais un joueur assez complet. Avec les années, c’était bien de s’appuyer sur d’autres qualités que celles physiques. Donc j’ai fait un focus sur le shoot.

BR : 150 sélections en équipe de France avec les A. Pouvez-vous nous dire quelle a été la sensation de porter ce maillot bleu pendant 11 ans en équipe première (1995-2006) ?

LF : C’est énorme quand on arrive à porter ce maillot pendant des années. La première sélection était en 1992 avec les jeunes lors de la tournée aux USA. Puis porter pendant pratiquement 14 ans avec les jeunes et les A, c’est énorme.

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Laurent Foirest – Equipe de France (c) Franck Dubray

BR : Avec les Bleus, forcément on se rappelle de la médaille d’argent au JO de Sydney  obtenue en 2000. Avec le recul, qu’a-t-il manqué à la France pour décrocher l’or face aux Etats-Unis ?

LF : C’est sur qu’on nous parle beaucoup de cette finale en 2000. On n’est pas passé loin à – 4 à 2 minutes de la fin du match. Les Américains avaient un peu paniqué. On manquait un peu d’intensité. C’est de ce coté là qu’on a péché. Ce n’était pas la vraie Dream Team comme celle de 1992.

BR : Vous avez gagné plusieurs trophées en France, et en Espagne. Quels sont vos meilleurs souvenirs de votre carrière? Pourriez-vous classer ces différents titres ?

LF : C’est difficile. Pas de classement à faire. Chaque titre a une saveur particulière. Une très bonne saveur d’ailleurs (rires). A Antibes, c’était mon tout premier titre. Il y a eu la confirmation après. Dans chaque club dans lesquels je suis passé, j’ai gagné un trophée, ce qui ne doit pas arriver souvent pour un joueur.

BR : Avez-vous le souvenir d’un pire déplacement pour jouer un match ?

LF : Avec Antibes en avion, je ne sais plus pour quel déplacement, il y avait des oiseaux qui étaient rentré dans le réacteur. Avec Vitoria, on avait rejoint Kaunas en petit avion privé, on s’était arrêté deux fois pour faire le plein pendant la nuit.

BR : J’ai lu que Jacques Monclar a été un coach qui a beaucoup compté pour vous à Antibes. Pourquoi ?

LF : Jacques Monclar m’a permis de découvrir le haut niveau. On avait une relation particulière, on s’entendait bien en dehors du terrain. Il savait que quand un joueur se donnait à fond pendant les entraînements, les matchs, il leur montrait sa confiance. Il m’a permis de progresser. Antibes avait de grands joueurs à l’époque. C’était un top club français par le passé. Jacques m’a permis de mettre les pieds dans le monde pro. J’étais tout jeune lors de ma première année en équipe espoir. Il m’a poussé derrière et m’a suivi.

BR : Hormis Jacques Monclar, d’autres coachs vous ont marqué ?

LF : Ivanovic à Vitoria m’a permis de passer un cap. On s’entrainait plus qu’énormément. Il  connait le basket et m’a fait comprendre le basket. C’est un très fort coach. Pendant les entraînements, c’était marche ou crève. Ivanovic n’avait pas d’état d’âme. J’ai aussi apprécié travailler avec Vincent Collet. Il connaissait également bien le basket. C’est un bon tacticien.

BR : Y-a t-il des joueurs, des adversaires qui vous ont le plus marqué dans votre carrière également ?

LF : J’ai toujours eu de bons joueurs étrangers dans les équipes où j’ai évolué comme Robert Smith et David Rivers à Antibes. Smith était un des meilleurs meneurs en France. Ça fait quelque chose d’être à ses côtés. Il a été le back-up de Magic Johnson aux Lakers. Forcément ça marque. A Antibes j’ai rencontré des joueurs français comme Georgi Adams, Hughes Occansey, Yann Bonato qui sont des types qui m’ont marqué. Même chose à Pau avec Freddy Fauthoux. A Vitoria, je m’entendais super bien avec Elmer Bennett et les Argentins que sont Luis Scola, Fabricio Oberto. C’était des super mecs en dehors du terrain. Ensuite, il y a toujours des joueurs qui pensent plus à leur égo qu’au collectif, ont des caractères spéciaux. Il y a des coachs que j’ai rencontré, un ou deux, qui sont pas du niveau, incompétents.

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Laurent Foirest et Elmer Bennett, coéquipiers à Vitoria (c) site baskonistas.com

« Jacques Monclar m’a permis de mettre les pieds dans le monde pro. J’étais tout jeune lors de ma première année en équipe espoir à Antibes. Il m’a poussé derrière et m’a suivi. Ivanovic à Vitoria m’a permis de passer un cap. On s’entrainait plus qu’énormément. Il  connait le basket et m’a fait comprendre le basket. C’est un très fort coach. Pendant les entraînements, c’était marche ou crève. Ivanovic n’avait pas d’état d’âme.

BR : Quelles sont les qualités/défauts que disaient vos coéquipiers, coachs pendant votre carrière ?

LF : Il faut leur poser cette question (rires). Que ce soit les joueurs ou les coachs, tous savaient que je me donnais à fond sur le terrain.Quand un coach vous dit que vous êtes un joueur rassurant sur le terrain, ou qu’un coéquipier vous dise qu’il vous rend meilleur, c’est plus que flatteur.

BR : Vous avez cité des joueurs précédemment. Y en a-t-il qui vous ont donné envie de faire une carrière pro ?

LF : Non, on peut pas dire ça. Quand j’étais jeune, je ne me disais pas que je ferais partie un jour d’une sélection, d’un centre de formation. Une fois dans un centre, je n’envisageais pas d’être pro, ni d’être en équipe de France. Quand j’étais à Antibes, je ne pensais pas rejoindre après Pau-Orthez, un des autres meilleurs clubs français. L’étranger pareil et ainsi de suite. J’ai fait les choses au fur et à mesure. Je profitais du moment présent. Je me souciais pas de l’après.

Ensuite, vous dire qu’un joueur m’a donné envie de devenir meilleur, non. J’ai appris un peu de tous mes coéquipiers : Rivers, Occansey. J’étais ouvert et ils me donnaient des conseils qui m’ont permis de progresser.

Retrouvez vendredi la seconde partie de notre entretien. Laurent Foirest évoquera son métier de coach, de la NBA, de Pro A entre autres. Stay Tuned. En attendant, découvrez un reportage sur Laurent Foirest lorsqu’il était le jeune joueur d’Antibes dans les années 90. 

Montage Une : Laurent Rullier pour Basket Rétro – Crédits photos FFBB / NewsOuest – Christophe Marchand

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About Richard Sengmany (427 Articles)
Découvrant le basket dans les années 90 grâce à la diffusion des matchs NBA sur Canal+, je rédige depuis plus de dix ans des articles sur la balle orange, sur d'autres disciplines sportives et la culture.

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