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ITW Patrick Cham – Partie 2 : « Perpétuer la formation des joueurs en France »

Interview

Montage photo Patrick Cham (c) Laurent Rullier

Basket Rétro vous livre la seconde partie de notre entretien avec Patrick Cham, champion de France de Pro B avec Levallois en 1992. L’ancien ailier de l’équipe de France nous a parlé de son après-carrière, de la formation française et de NBA notamment. 

BR : Vous avez été coach à Levallois de 95 à 97 C’était la suite logique pour vous après votre carrière d’entraîner un club pour votre reconversion ?

PC : Logique non mais c’était un concours de circonstances. Il nous fallait un bon moment pour réfléchir à avoir un bon entraineur à Levallois. Puis j’ai fait la transition de joueur à coach avec cette idée de transmission.

BR : EtIez-vous plus un coach tourné vers l’attaque ou la défense ? Quelle a été votre philosophie du basket en tant que head coach ?

PC : Non pas plus d’attaque que de défense. On avait une vision assez large du basket. Fallait être très bon en défense, ne rien lâcher en attaques. On faisait les meilleurs choix possibles, de ne pas faire du run & gun mais d’avoir un basket plus organise, structuré.  Puis on essayait d’être agressif en défense.

BR : Envisagez-vous dans quelques années de recoacher un club de Pro A, Pro B ?

PC : Non je me suis toute de suite tourné vers la formation en rejoignant le giron fédéral sous la demande de Jean-Pierre de Vincenzi. Il m’a aiguillé et je suis devenu conseiller technique en Guadeloupe. La formation des joueurs est une activité que j’aimais beaucoup. Donc retourner coacher des joueurs pros, c’est terminé. Ca ne m’intéresse plus. La coordination, trouver des jeunes, les former pour qu’il soit opérationnel à un haut niveau, c’est plus mon quotidien. Il faut qu’on le perpétue la tradition de former des joueurs en France et qui évolueront plus tard en équipe de France.

BR : De 1998 à 2000 jusqu’au Jeux Olympiques de Sydney, vous avez été chargé des relations avec les médias, pour l’équipe de France de basket. Comment s’est présentée cette opportunité ?

PC : Jean-Pierre de Vincenzi (coach à l’époque de l’équipe de France A masculine), cherchait quelqu’un pour occuper cette fonction spécialement pour ainsi faire le tampon entre les médias et les joueurs. Organiser les interviews, s’occuper des créneaux horaires de la journée. Bernard Mahieux était l’intendant de l’équipe de France et avec lui, nous avons travaillé dans ce sens.

BR : Quels conseils donneriez-vous aux garçons et filles qui veulent effectuer une carrière pro ?

PC : Premièrement, il faut se donner les moyens. Puis ensuite, hormis le talent, être travailleur, rigoureux et patient. Le talent ne suffit pas. Il faut faire preuve d’une grande implication dans le travail.

Sur la possibilité d’entraîner encore un club pro : « Non je me suis toute de suite tourné vers la formation en rejoignant le giron fédéral sous la demande de Jean-Pierre de Vincenzi. Il m’a aiguillé et je suis devenu conseiller technique en Guadeloupe. La formation des joueurs est une activité que j’aimais beaucoup. Donc retourner coacher des joueurs pros, c’est terminé. Ca ne m’intéresse plus. La coordination, trouver des jeunes, les former pour qu’il soit opérationnel à un haut niveau, c’est plus mon quotidien. Il faut qu’on le perpétue la tradition de former des joueurs en France et qui évolueront plus tard en équipe de France.

BR : Quelle différence faites-vous dans l’évolution du basket masculin au niveau du jeu entre votre époque à aujourd’hui  sur le plan technique, tactique ?

PC : Sur le plan tactique, tout le monde est très physique. Le basket s’est développé sur cet aspect. Les défenses sont devenues très agressives. Si maintenant vous essayez de passer sur un pick n’roll, sur une sortie d’écran, vous aurez du mal à exploiter votre attaque. Dans ce sens, le jeu a évolué. Il y a aussi une rotation beaucoup plus importante des joueurs.

BR : On assiste à un championnat de France de Pro A irrégulier avec des champions différents en plus de 10 ans. Quel est votre regard à ce sujet ? Inquiétant ou non ?

PC : Par le passé, il y avait c’est vrai une équipe symbole en Pro A avec le CSP Limoges. Maintenant, les équipes changent d’effectif rapidement. Donc les champions changent. Il n’y a pas vraiment d’inquiétude. On peut juste remarquer que les joueurs français n’ont peut-être plus leur place en Pro A. C’est cette inquiétude qu’on peut avoir pour les joueurs tricolores.

BR : Il y a plusieurs Coupe d’Europe de basket qui se déroulent actuellement à un point que ca devient illisible. Les clubs français ont choisi notamment de jouer la Basketball Champions League. L’Euroligue est désormais organisée comme un championnat NBA. Que faire pour que nos clubs français brillent plus régulièrement dans la plus belle des compétitions européennes ? On attend de revoir le « Orthez de 1984 en Coupe Korac », un « Limoges de 1993 » en Euroligue, ou encore un Asvel de 1997 du Final Four d’Euroligue.

PC : Je saurais pas trop quoi répondre. Le fossé est énorme avec les top clubs européens. Il y a un manque de moyens, d’argent. C’est ensuite un problème de politique globale entre la Fiba et l’Euroligue. C’est vrai que les clubs français, pour progresser, pourraient jouer l’Euroligue nouvelle formule, façon NBA.

BR : La France va t-elle continuer à gagner des médailles sur le plan européen voire mondial dans les cinq années à venir suite à la retraite internationale de Tony Parker, Flo Pietrus, et Mickael Gelabale ? Comment voyez-vous cette future équipe de France ?

PC : Oui il y a beaucoup de talents après Tony Parker, ce joueur exceptionnel. La France peut redonner une belle image comme elle l’a connu avec les joueurs qui vont prendre le relais et ceux qui vont arriver. Il y aura un temps d’adaptation. Mais on peut leur faire confiance pour l’avenir. Aux joueurs de répondre présent.

BR : Vous parlez de formation précédemment. Des bleus sont devenus par la suite des top players en Europe, poursuivent leur progression en NBA. On pense notamment à Nando De Colo, Thomas Heurtel, Nicolas Batum, Evan Fournier, Joffrey Lauvergne, ou encore Rudy Gobert. Comment expliquez-vous que le basket français réussisse d’années en années à faire émerger de jeunes talents grâce à la formation ?

PC : C’est la quantité de jeunes qu’on a au départ. Plus vous avez de talents au départ, plus vous allez ressortir avec de supers joueurs. C’est la formation française qui taille le territoire. On a des pôles espoirs un peu partout dans les régions. Les clubs de Pro A ont des centres de formations très performantes. Cela génère des joueurs de talent. C’est tout ce travail fait par la Fédération, les clubs qui sont à mettre à leur crédit. La formation en France est bien organisée.

BR : Passons à la NBA. Quels sont vos premiers souvenirs de ce basket américain ?

PC : C’est quand la chaîne Canal+ est arrivé sur le marché français qui diffusaient les matchs. On avait aussi quelques photos des équipes qu’on regardait. Ca s’arrêtait là. Je me souvenais donc du premier match de basket sur Canal+, celui des Celtics de Larry Bird. (ndlr : Boston-New York au Madison Square Garden en 1985).

BR : Quels sont les joueurs/équipes (actuels ou passés) que vous aimez en NBA ? 

PC : Ma génération est celle de Julius Erving, Magic Johnson, Kareem Abdul-Jabbar, Larry Bird, et Michael Jordan. Aujourd’hui, les bons joueurs NBA sont Kevin Durant, Stephen Curry, Lebron James. Y a plus qu’à les regarder.

BR : Avez-vous le souvenir d’un match NBA marquant : All Star Game, playoffs, performance d’un joueur ?

PC : Tout récemment les Finals NBA entre Golden State et Cleveland. C’était un revirement de situation. Puis par le passé, les finales des années 80 des Los Angeles Lakers.C’était Magic, les contre-attaques, le jeu spectaculaire.

BR : Quel serait le 5 majeur idéal de toute l’histoire de la NBA pour vous ?

PC : Faut pas chercher plus loin, ce ne sont pas 5 joueurs mais une équipe : la Dream Team américaine de 1992.

Sur la réussite de la formation en France :  » On a une quantité de jeunes au départ. Plus vous avez de talents au départ, plus vous allez ressortir avec de supers joueurs. C’est la formation française qui taille le territoire. On a des pôles espoirs un peu partout dans les régions. Les clubs de Pro A ont des centres de formations très performantes. Cela génère des joueurs de talent. C’est tout ce travail fait par la Fédération, les clubs qui sont à mettre à leurs crédits. La formation en France est bien organisée ».

BR : Vous avez porté énormément de maillots durant votre carrière ? Qu’en avez-vous fait ?

PC : J’en ai donné. J’ai gardé ceux du Stade Français, d’autres de l’équipe de France, soit la plupart des maillots que j’ai portés. Avec le recul, j’aurai bien avoir un maillot en souvenir du Racing Paris, de Levallois. Par contre je n’achète pas tout ce qui est produits dérivés.

BR : On va conclure cette interview avec votre mot de la fin ?

PC : Je suis donc toujours impliqué dans le basket. J’aime bien regarder et discuter basket. Spectateur de la Pro A, je suis conseiller technique basket en Guadeloupe. Je m’occupe ainsi des jeunes. Puis c’était un plaisir partagé cet interview.

Merci infiniment à Patrick Cham pour sa disponibilité pour Basket Retro

Parcours professionnel :

  • 1976-1986 : Stade Français
  • 1986-1988 : Racing Paris
  • 1988-1991 : Cholet Basket
  • 1991-1995 : SCB Levallois

113 sélections en  équipe de France entre 1981 et 1989

Palmarès :

  • Champion de France Pro B avec Levallois en 1992
  • MVP Français de Pro B

Après carrière :

  • 1995-1997 : Coach de Levallois
  • 1998-2000 : chargé des relations presse pour l’Equipe de France senior masculine
  • A ce jour, conseiller technique en Guadeloupe
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About Richard Sengmany (438 Articles)
Découvrant le basket dans les années 90 grâce à la diffusion des matchs NBA sur Canal+, je rédige depuis plus de dix ans des articles sur la balle orange, sur d'autres disciplines sportives et la culture.

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