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All Star Game NBA, l’histoire d’un suffrage devenu obsolète [1975 – 2017}

All Star Game

Ancré dans la plus pure tradition américaine, les All-Star Game (ASG) constituent chaque saison des événements incontournables dans chacune des ligues majeures américaines. Si le premier match des étoiles NBA fut disputé en 1951 au Boston Garden, ce n’est qu’en 1975 que le public fut sollicité pour la première fois pour sélectionner les titulaires des deux conférences. Retour de Basket Rétro sur les 42 ans d’un vote au succès de plus en plus mitigé.

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Bill Russel remet à Walt Frazier le trophée de MVP du ASG 75

Phoenix. 14 janvier 1975. Walt Frazier (New York Knicks) conduit ses coéquipiers d’un soir à la victoire face à la Conférence Ouest lors d’un All-Star Game qui marquera une véritable évolution dans le rapport de la NBA avec ses fans. Pour la toute première fois, les titulaires de la rencontre sont en effet sélectionnés par le public. Jusqu’alors, ces derniers étaient désignés par les journalistes, tandis que les coaches, tout comme aujourd’hui, complétaient les formations en désignant les remplaçants.

Pour l’anecdote, la NBA s’était déjà montrée réformatrice un an plus tôt en supprimant certaines restrictions lors de la sélection des All-Star : jusqu’en 1973, chaque franchise devait obligatoirement avoir entre un et trois joueurs sélectionnés pour la représenter (la ligue comptait à l’époque 17 clubs).

42 ans plus tard, la popularité de la NBA s’est étendue bien au-delà des frontières américaines. Du site internet de la ligue aux réseaux sociaux, en passant par les téléphones portables, les supports disponibles pour procéder aux votes ont été décuplés. Malgré des fans qui se comptent aujourd’hui en dizaine de millions, les votes ont connu ces dernières années une baisse significative. Un signe avant-coureur de nouveaux changements dans les années à venir ?

DES PREMIERS VOTES DISCRETS

Avant la grande époque de Magic et Bird, et malgré des phénomènes comme Julius Erving ou Kareem Abdul Jabbar, la NBA des années 70 subissaient davantage de préjugés de la part du public que d’engouement. L’intérêt des téléspectateurs pour le basket pro était si faible que jusqu’en 1982, les finales n’avaient pas la priorité du direct sur les grandes chaines américaines. Autant vous dire que ce désintérêt se ressentait également lors des votes pour le All-Star Game.

juliusEn 1975, alors que les fans sont appelés à élire pour la toute première fois les titulaires du ASG, Bob McAdoo devient le joueur le plus « populaire » en récoltant 98 325 voix. Une popularité à prendre avec des pincettes au regard des conditions de vote. En effet, de 1975 à 2012, lorsqu’un fan élit son cinq majeur, il doit respecter une certaine parité entre les postes, et est donc amené à choisir deux arrières, deux ailiers, et un pivot à partir d’une liste de présélectionnés. En fonction de la concurrence sur chaque poste, les votes sont donc plus ou moins révélateurs de la notoriété des joueurs.

Après l’âge d’or des pivots dans les années 90, et la quasi extinction de l’espèce depuis les retraites de Shaquille O’Neal ou Yao Ming, la Ligue a décidé de fusionner en 2013 la liste des ailiers et celles des pivots pour créer la catégorie « Frontcourt » dans laquelle trois joueurs sont extraits pour devenir starters. Sans ce changement, Carmelo Anthony et Blake Griffin auraient ainsi laissé leur place l’an passé à Roy Hibbert et Dwight Howard dans leur cinq respectif.

De 1975 à 1982, les votes ont progressivement évolué. Ainsi, des presque 100 000 votes de Bob McAdoo en 75, Julius Erving a plus que quadruplé ce chiffre en récoltant 432 230 votes lors du All Star Game 1982.

LA NBA DE PLUS EN PLUS POPULAIRE

En 1982, Larry O’Brien et son bras droit, un certain David Stern, placent la NBA au centre du paysage audiovisuel américain en s’octroyant la diffusion en live des finales opposant les Lakers aux Sixers. Une avancée majeure pour le basket professionnel.

Alors que le ASG 82 totalise 6,7 millions de voix, l’impact de la médiatisation de la grande ligue au printemps suivant est quasi immédiat. Le nombre de votes pour le ASG 83 enregistre une augmentation de près de 60 % pour atteindre un total de 10,8 millions de votes. L’explosion de la carrière de Magic et l’arrivée d’un extraterrestre venu de Caroline du Nord affirmeront davantage la popularité de la balle orange, et marqueront un intérêt grandissant pour l’événement de mi-saison, seule opportunité pour les fans de voir évoluer sous un même maillot leurs joueurs favoris avant 1992. La retraite de Michael Jordan en 93 n’aura aucune conséquence sur les votes l’année suivante, bien au contraire. Entre 93 et 94, ceux-ci augmentent de 2 millions (de 18,3 à 20,3 millions de votes).

En 1997, la NBA fête en grande pompe ses 50 ans à Cleveland où elle conviera les cinquante meilleurs joueurs de son histoire. Un événement exceptionnel qui ne laissera pas le public indifférent. Avec près de 35 millions de votes (6 de plus que l’année précédente), la NBA explose son record et Michael Jordan pour sa neuvième et dernière apparition en tête des votes, devient le premier joueur de l’histoire à dépasser les deux millions de bulletins. Il comptabilise 2 451 136 votes.

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50 ans de NBA, 50 légendes l’ayant permis d’exister

Réponse en anticipation du lock-out de 99 ? Désintérêt pour l’événement ? Absence du Slam Dunk Contest ? Les fans montrent des signes évidents de lassitude au moment de voter pour les titulaires du ASG 98. La « Mecque » du basket qui accueille l’événement cette année-là verra le nombre de votes diminuer de moitié comparé à 97 (16,3 millions seulement).

(W)INTERNET IS COMING

En 2000, les américains ne peuvent échapper aux highlights de Vince Carter. Avec l’explosion d’internet, la NBA s’offrent un nouvel outil pour convaincre ses fans d’élire les titulaires du ASG. Et avec des joueurs comme Air Canada pour assurer le show, l’engouement pour les célébrations de mi-saison repart de plus belle dès l’édition d’Oakland qui verra près de 29 millions de votes décider des titulaires de l’Ouest et de l’Est.

Les différents ASG de cette décennie, dominée par les Lakers et les Spurs, susciteront chaque saison l’intérêt de fans toujours plus nombreux à transmettre leurs votes à la NBA.

Le « Ballot » du ASG atteindra son apogée en 2009. Dwight Howard devient cette saison-là le premier joueur à remporter 3 millions de votes pour se voir offrir la place de titulaire. Un chiffre à mettre en perspective au vue de la très faible concurrence au poste d’intérieur dans la conférence Est (Kendrick Perkins, Rasheed Wallace, Samuel Dalembert etc.).

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Dwight Howard dépasse les 3 millions de votes en 2009 (Record All-time)

Au total, plus de 60 millions de votes sont enregistrés, et 24 joueurs dépassent alors le million de voix. Des chiffres spectaculaires, voire même absurdes. Luke Ridnour évoluant dans un des marchés les moins médiatisé du pays (Milwaukee), et postant des statistiques des plus moyennes (10,7 points et 5,7 passes de moyennes avant le All Star Week End), dépasse le million de voix, soit plus que Ray Allen ou Joe Johnson.

UN SYSTÈME A BOUT DE SOUFFLE

Six ans plus tard, ce n’est plus 24 mais seulement 5 joueurs qui ont dépassé le million de voix. Le total des votes a lui été divisé par trois malgré des supports toujours plus nombreux pour voter (Twitter, Facebook etc.). Le constat est inexorable et embarrassant pour la NBA comme le soulignait Mark Cuban à ESPN au sujet des voix récoltés par Stephen Curry, en tête des suffrages cette année :

« Dans le contexte actuel, 1,5 million ne représente rien du tout (…). Ce chiffre est tout petit au regard du nombre de méthodes pour voter. C’est gênant pour la ligue. Regardez le nombre de gens qui vont aux matchs, ceux qui suivent la NBA aux Etats-Unis et à travers le monde… Au final, le joueur ayant le plus de voix n’a que 1,5 million de voix. Cela montre bien que le système de votes ne marche plus. »

B8dhHMkCYAEqxUH.jpg_largeReste désormais à définir la problématique. Les fans ne votent-ils plus en raison de leur désintérêt pour le All-Star Game, ou estiment-ils leurs votes tout simplement inutile ? Faudrait-il donc revoir le système de vote, voire même le supprimer et laisser les coaches et les journalistes procéder aux sélections, ou la NBA doit-elle revoir plus globalement son match des étoiles, si ce n’est son week-end tout entier ?

La balle est aujourd’hui dans le camp d’Adam Silver, un patron qui a su jusque-là se montrer réactif et à l’écoute de ses interlocuteurs. La réforme du Rising Star Challenge est d’ailleurs la preuve la plus récente de sa volonté de tester de nouvelles formules. En opposant lors de cet « hors d’œuvre » une sélection américaine à une sélection étrangère, les Andrew Wiggins, Dante Exum et consort constituent de véritables « rats de laboratoire » aux yeux du successeur de David Stern qui pourrait, si l’expérience convainc le public, reproduire ce format lors du match dominical.

Source : www.nba-allstar.com/ballot/

Crédits photos : NBA.com/SLAM

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About Simon ANNIC (20 Articles)
NBA Addict depuis les premiers dribbles de Kobe avec les Lakers, je suis autant passionné par la NBA actuelle que par l'histoire de la grande ligue, de Red Auerbach à Phil Jackson, d'Elgin Baylor à Chris Paul.

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