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[France Action] David Rivers, le dribbleur supersonique d’Antibes

France

Quand Rivers l’Antibois s’empare du ballon, on ne sait jamais ce qui va se passer! Olympique Antibes vs Pau-Orthez match 4 finale LNB 1995.

Vous êtes un joueur professionnel de basket. Il y a pire comme boulot. Ça n’empêche pas que certaines journées peuvent être pénibles. L’entraîneur ne vous aime pas et n’arrête pas de vous gueuler dessus. Le public ne vous aime pas et n’arrête pas de vous huer. Même le cercle ne vous aime pas et repousse tous vos tirs… Oui, la vie de joueur professionnel n’est pas de tout repos.

Maintenant, vous vous retrouvez à jouer contre l’Olympique d’Antibes au milieu des années 90. Le meneur titulaire n’a rien d’impressionnant. Il n’est pas grand, ni costaud. Il a l’air rapide mais vous en avez vu d’autres. Sur une contre-attaque, il arrive sur vous à toute vitesse mais vous anticipez son dribble. L’ interception semble facile mais votre main, au lieu du ballon, n’attrape que le vide. Le temps que vous compreniez ce qui s’est passé, il a déjà marqué. Ce joueur s’appelle David Rivers. Ce qu’il vient de vous faire, ce n’est pas parce qu’il ne vous aime pas, c’est juste parce qu’il est trop bon.

Ok les gars, j'ai vérifié sur la carte, le titre de champion c'est par là bas.

Ok les gars, j’ai vérifié sur la carte, le titre de champion c’est par là bas.

Je ne reviendrais pas en détails sur la carrière de Rivers avant Antibes. Sandy l’a très bien fait ici. Brillant joueur NCAA à Notre Dame (qui l’a honoré fin janvier de cette année), drafté fin de premier tour 1988. Passage chez les brillants Lakers et les sordides Clippers, dans la même ville de Los Angeles. L’avenir NBA étant bouché et la CBA n’étant pas vraiment un avenir, il décide à 28 ans de traverser l’océan direction le sud de la France.

Même si Antibes n’est pas Los Angeles, il y a quand même la mer, les palmiers et une bonne équipe de basket. L’Olympique est en plein chantier. Yann Bonato, Hugues Occansey, Georgy Adams, Jim Deines, Zoran Stretenovic et Lee Johnson sont partis. Une sacrée saignée et un sacrée boulot de reconstruction pour l’architecte Jacques Monclar à l’orée de cette saison 93-94! Autour du seul titulaire restant Stéphane Ostrowski, il enrôle Ron Davis, Fréderic Domon, Jean-Philippe Méthélie, Billy Joe Williams, Georges Montgomery et notre David Rivers, tout en faisant confiance aux jeunes formés au club Ade-Mensah et Foirest. Un énorme renouvellement mais avec des joueurs avec une grosse expérience du championnat de France. Et çà tourne! Antibes est très offensif mais c’est une habitude du style de jeu de Monclar. L’Olympique finit 2ème de la saison régulière comme l’an passé mais avec un meilleur bilan (20v/6d en 93/94 contre 19v/7d en 92/93). Joli pour un effectif totalement remanié! Les playoffs sont meilleurs également. Les Azuréens se hissent en finale (défaite 3-2 contre Pau en demi-finale 92/93) où ils retrouvent les invincibles limougeauds qui n’ont perdu qu’un seul match de saison régulière! Le CSP s’impose logiquement deux manches à zéro (92-73 et 87-81).

Notre David Rivers? Aucun problème d’acclimatation. Il a scoré (16.9 points), passé (6.6 passes) et intercepté (1.9 interception) avec brio et montré a tous la vitesse de son dribble. Il n’est pourtant pas considéré comme le meilleur étranger du championnat. Des pointures comme Micheal Young (CSP Limoges, MVP étranger 93/94), Mike Jones (Cholet) ou Skeeter Henry (Dijon) sont mieux considérés que lui ainsi que  Delaney Rudd, le  villeurbannais qui est souvent cité comme la référence au poste de meneur. Rivers re-signe à Antibes pour une saison supplémentaire. Il était fort, mais ce n’était pas assez, là il va marcher sur l’eau.

« Catch me if you can! » résumerait bien l’exercice 94/95 de David Rivers. Cinquième scoreur (22.4 points), troisième passeur (5.5 assists), premier  voleur de ballon (3.3 interceptions), quatrième joueur à l’évaluation et premier aux fautes provoqués. Un titre de meilleur joueur au All-Star Game et celui de MVP de la saison! Une rafle qui restera dans les annales du championnat de France. Antibes est premier du championnat (21v-5d) avec la meilleure attaque bien sûr (88.1 points). Deux tours rapidement expédiés contre Levallois et Cholet et la finale contre Pau. Dans une finale grandiose (et riche en actions d’éclats) et bien plus accrochée que prévue pour les antibois, beaucoup n’auront retenu que le shoot victorieux de Michael Ray Richardson mais c’est David Rivers qui aura continuellement traumatisé la défense paloise (26.8 points, 6 rebonds, 3.5 passes à 59.3% aux shoots dont 41.2% à 3 points et un petit 30 sur 32 aux lfs en quatre manches).

L’action retenue résume bien le joueur qu’est David Rivers: tellement rapide que l’on croit qu’il glisse sur le parquet, tellement insaisissable  que l’on ne peut anticiper ses mouvements et tellement élastique qu’il arrive à faufiler le ballon entre les bras des défenseurs. Fred Fauthoux et les frères Gadou se souviendront longtemps de ce coast to coast!

LE COAST TO COAST DE DAVID RIVERS:

Retrouvez les plus belles actions du championat de France des années 90 sur Twitter ou sur Instagram

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About Guillaume Lechat (24 Articles)
Créateur de PureFrenchBasketball. Ecriture, montage, un peu de graphisme aussi. Expert en expérimentation de cuisine asiatique. Aussi mauvais joueur que Laurent Sciarra et Gianmarco Pozzecco réunis 🐱🤘.

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