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[Portrait] Eric « Sleepy » Floyd : Itinéraire d’une carrière peu commune

Portrait

Eric Augustus Floyd naît le 6 mars 1960 en Caroline du Nord, dans la modeste ville de Gastonia. Ce dernier, qui fête ses 57 ans aujord’hui, avait tout pour réussir dans la grande ligue. Parfait archétype du combo-guard de nos jours, il était capable d’effectuer des performances de choix, tout comme de se démultiplier pour ses coéquipiers. Seulement, son destin fut tout autre. Incapable de dépasser les standings d’un honnête meneur de jeu, Floyd eut cependant son instant de gloire en NBA. 

Eric Floyd débuta sous les couleurs d’Hunter Huss High School, lycée peu réputé de l’état de Caroline du Nord. Contre toute attente, celui qui fut surnommé affectueusement « Sleepy » en raison de ses paupières mi-closes, réussit le pari de s’imposer dans le secteur. Il se fit par conséquent connaitre aux yeux de tous en Caroline. Après avoir réussi avec brio ses années High School, toutes couronnées de succès il faut l’avouer, Floyd opta pour la prestigieuse université de Georgetown. Ce fut le début d’une carrière tout à fait surprenante.

DES DÉBUTS HORS DU COMMUN A LA FAC

Chez les Hoyas de Georgetown, Floyd tarde à se faire une place dans un effectif déjà bien fourni. Heureusement, au milieu de sa saison Freshman (première année NCAA), il explose aux côtés de joueurs comme John Duren ou Craig Shelton, notamment grâce à ses qualités athlétiques hors normes. Le combo-guard excelle dans tous les domaines du jeu. Scorant en double chiffre à 26 reprises, Floyd se fait un nom dans le monde du basket universitaire. Sleepy commence à interpeller les recruteurs NBA. Il finit son année Freshman avec 480 points au compteur tout en noircissant les statistiques dans les autres domaines du jeu. C’est l’avènement d’une nouvelle star qui est enclenchée.

Son excellente année sophomore (deuxième année NCAA) confirme les folles attentes placées en lui. Il devient alors littéralement le leader de la fac et contribue largement au succès de son université. C’est le début de l’ère des « Heart Attack Hoyas ». Désormais réputé pour son jeu offensif volcanique et foudroyant, Georgetown possède en ses rangs un joyau offensif. Leader à la marque avec 18,7 pts par matchs, Sleepy Floyd score au moins 20 pts ou plus durant 13 parties, 19 pts ou plus le restant de la saison 1979/1980. La Floydmania est lancée. Le meneur est sur les toits du monde et sera finalement élu dans l’All-American-First Team.

Ses deux dernières saisons en tant que junior et senior furent aussi dans la lignée de ce qu’il a pu effectuer depuis ses débuts avec les Hoyas. A l’heure actuelle Eric Floyd est le scoreur le plus prolifique de l’histoire du basketball de Georgetown devant des joueurs du calibre de Patrick Ewing, Allen Iverson, Jeff Green, Roy Hibbert ou encore Otto Porter plus récemment. Aujourd’hui, il est toujours considéré comme l’un des meilleurs joueurs universitaires de son époque. De 1978 à 1982, ce dernier apporta le grain de folie nécessaire pour relancer cette université du District Columbia en grande perte de vitesse à l’époque.

UNE ARRIVÉE EN NBA PLACÉE SOUS LE JOUG D’IMMENSES ATTENTES

Sleepy To Golden StateSélectionné par les New Jersey Nets au 13ème rang de la NBA Draft 1982, Sleepy ne confirmera malheureusement jamais son gros potentiel. Du moins, pas dans les Meadowlands puisqu’il est transféré au milieu de sa rookie season aux Golden State Warriors (=GSW). Il fait le chemin jusqu’en Californie avec l’anecdotique Mickey Johnson, Michael Ray Richardson, devenu persona non grata dans la baie, fait lui, le chemin inverse.

Orphelins de Bernard King, sur le départ, la franchise de San Francisco est à la peine depuis le début de l’exercice 1982/1983. Alvin Attles et ses hommes ne sont pourtant pas déchus d’ambition, bien au contraire. Après une saison prometteuse de 45 victoires pour 37 défaites, le club espère réussir sans son leader auteur de 23,2 pts lors du dernier exercice. Se relancer une bonne fois pour toutes, grâce au trade de Richardson entre-autres, est l’objectif principal de la Franchise d’Oakland.

Dans une équipe très offensive, Eric Floyd a déjà l’occasion de montrer de belles choses sur les parquets. Il s’impose d’ailleurs rapidement comme meneur titulaire. Ce dernier marquera 11.5 pts et distribuera 2.2 pds sur les 33 derniers matchs de saison régulière suivant son transfert.

Par la suite, il affichera 16.5 pts et 3.5 pds par matchs lors de sa première saison complète sous les ordres d’Alvin Attles. Cependant, les nouveaux visages de la franchise se nomment Joe Barry Carroll et Purvis Short. Les deux se virent attribuer de nouvelles responsabilités au sein du collectif Californien. Des responsabilités qu’ils ne tardèrent pas à rentabiliser de la meilleure des manières, avec respectivement 23.0 pts pour le premier et 21.6 pts pour le second, sur l’ensemble de la saison régulière.

Un troisième larron du nom de World B.Free était aussi attendu, néanmoins il fut trop souvent blessé. Ne faisant son apparition que très rarement sur les parquets, il marqua tout de même 22.3 pts de moyenne cette année là. En ce moment précis, Sleepy avait une lourde tâche qui lui incombait, celle de mener cette troupe de jeunes loups en playoffs… en étant lui-même un simple sophomore !

L’AFFIRMATION TANT ESPÉRÉE D’UN TALENT BRUT PUIS L’APOGÉE D’UNE CARRIÈRE

Floyd parvient alors à devenir le chef d’orchestre de cet impressionnant armada. Souvent utilisé comme deuxième arrière, l’ancien des Georgetown Hoyas est une nouvelle fois amené à scorer encore et encore. Lors de sa troisième saison dans le microcosme NBA, Sleepy explose et laisse enfin éclater son talent aux yeux de tous. Près de 19.5 pts et 5.0 pds à 45% aux tirs de moyenne. Seulement, il n’est pas la véritable révélation des Warriors en cette saison. Après la blessure de Joe Barry Carroll, talentueux poste 5 scoreur, c’est encore une fois Purvis Short qui s’affirme comme l’unique superstar de l’équipe avec 28 pts et 3.8 pds de moyenne. Malheureusement, aucun d’entre eux ne seront sélectionnés au All-Star Game d’Indianapolis en 1985. Floyd quant à lui ne répond toujours pas aux attentes placées sur ses frêles épaules, en dépit de ses bonnes campagnes chez les guerriers.

Les saisons suivent, Sleepy et les siens font leur bout de chemin sans jamais pour autant réussir à atteindre les sommets. Néanmoins, en 1987, Floyd réalisa sa meilleure saison en NBA. Avec 18.8 pts, 10.0 pds et 1.6 stl de moyenne, il fut, comme son coéquipier Joe Barry Carroll, sélectionné au All-Star Game de 87. Celui-ci se déroula dans le mythique Kingdome de Seattle. Floyd eut l’immense mérite de pouvoir jouer aux côtés de joueurs comme Magic Johnson, Tom Chambers, Hakeem Olajuwon, Larry Bird, Michael Jordan, Julius Erving ou encore Dominique Wilkins ce jour.

Sleepy To GSW bring back Bazemore

Les deux hommes forts de la délégation californienne n’auront pas démérité durant la rencontre : 14 pts et 5 rbs pour le premier (Floyd) et 4 pts, 6 rbs plus une grosse activité sur un Moses Malone, tout de même monumental en cette partie (27 pts et 18 rbs), pour le second (Carroll).

Cette année, sous la houlette de George Karl, GSW affichait alors un bilan de 42 victoires pour 40 défaites. Les Californiens ont donc réussi à inverser la tendance et à recréer une culture de la gagne à Oakland. C’est sans nul doute le moment choisi par Eric Floyd pour transparaitre dans une nouvelle dimension. Seulement, sa carrière prit une tournure des plus surprenantes.

UN TRANSFERT TOTALEMENT INATTENDU ET LE DÉBUT DE LA FIN

Après 18 matchs de haute volée avec Golden State, Floyd était sur un nuage (21.2 pts, 9.9 pds et 1.5 stl de moyenne). Il est, à la stupeur générale, transféré avec son ami de toujours, Joe Barry Carroll, aux Houston Rockets, en échange du géant Ralph Sampson (2.21m) et du prometteur Steve Harris. Après réflexion, ce trade, bien qu’il soit surprenant, avait pour but de relancer les Rockets et les Warriors, tout deux en perte de vitesse à l’aube de la saison 1987/1988.

Sans Floyd et Barry Carroll, et surtout, avec un apport mitigé de la part de Ralph Sampson très attendu, Golden State sombre. Les Warriors délivrent une saison des plus catastrophiques et complètement indignes de leur standing : 20 victoires et 62 défaites au final. Seul rayon de soleil de la baie en début de saison, et ce, à 27 ans seulement, Sleepy Floyd est paradoxalement à l’apogée de sa carrière. Mais il est contraint d’abandonner son équipe de cœur et de prendre un énième nouveau départ, dans le Texas cette fois.

L’homme est à l’image même d’un joueur évoluant, avec une facilitée déconcertante, aux postes 1 et 2. Il pouvait jouer en shooting guard grâce à une exceptionnelle palette offensive et surtout, des qualités athlétiques au dessus de la moyenne. Au fur et à mesure du temps, il fut aussi apte à se muer en un véritable meneur de jeu. Ce qui fit de lui un combo-guard par excellence avant l’heure.

Aux Rockets, Eric Floyd fait le boulot avec 13.1 pts, 6.2 pds et 3.5 rbs par matchs. Seulement, il est relégué au rôle de simple lieutenant de Hakeem « The Dream » Olajuwon tout comme Joe Barry Carroll. Avec un bilan de 46 victoires et 36 défaites, Houston rejoint les Playoffs au grand soulagement de Sleepy qui désespérait de ne pas retrouver les phases finales. Finalement les Rockets, emmenés par leur héroïque leader nigérian, cèdent dès le premier tour face à leurs ennemis de toujours : les Dallas Mavericks (1-3). L’année suivante, Floyd progresse légèrement dans ses statistiques (14.2 pts, 8.6 pds et 3.7 rbs), aux côtés, il faut le retenir, des énigmatiques Otis Thorpe, Mike Woodson et de l’illustre Olajuwon. Cette année-ci, Floyd retrouve un semblant de leadership, toujours dans l’ombre du Dream cependant.

Les saisons s‘écoulent, Houston est toujours éliminé au premier tour (par les Los Angeles Lakers en 1990, puis en 1991), et ne parvient plus ensuite à se qualifier tout simplement.

Eric "Sleepy" Floyd Action Portrait

Sleepy Floyd tombe à son tour dans l’anonymat. Son contrat ne sera pas reconduit par les instances Houstoniennes. Sous peine de se retrouver au chômage, il décide de signer en faveur des San Antonio Spurs, pour un salaire dérisoire, l’été 1992/1993. Après un seul et unique exercice chez les Spurs en temps que simple rôle-player, Floyd fait ses valises. Il rendit toutefois de bons services en tant que back-up de Vinny Del Negro, ancien mentor de Joakim Noah aux Chicago Bulls.

Pour boucler la boucle, Sleepy Floyd est de retour dans son premier club NBA. Il finira comme remplaçant du légendaire Kenny Anderson aux Nets. Réduit à un simple joueur de bout de banc dans le Newark, Eric « Sleepy » Floyd se retirera finalement en 1995, ne pouvant plus supporter le rythme de longues et éprouvantes saisons dans la ligue nord-américaine.

Parfait archétype du combo-guard actuel, Floyd avait tout pour réussir dans la grande ligue. Entre déceptions et succès, sa carrière sportive fut remplie. Incapable de confirmer sur la durée, Sleepy eut néanmoins son instant de gloire dans le microcosme NBA. On retiendra surtout de lui ses belles saisons du côté des Warriors et éventuellement ses trois premières années aux Rockets. A noter qu’il détient toujours le record du plus grand nombre de points inscrits en un quart-temps (29) et une mi-temps (39) en Playoffs durant le même match. C’était en 1987, il marqua la bagatelle de 51 pts, le tout agrémenté de 10 pds, 4 stl et 3 rbs en 44 minutes jouées. Sans oublier ses 12 paniers consécutifs lors du quatrième quart-temps ! Aujourd’hui baptisé le « sleepy game », cette rencontre restera à jamais écrite dans les livres d’histoire, contrairement à sa carrière sportive qui sombre chaque jours un peu plus dans l’oubli.

SON PALMARÈS

  • Elu dans l’All-American First Team en 1982
  • NBA All-Star en 1987

SES STATS

A l’université
  • Points : 2034 soit 17.7 par match
  • Passes décisives : 363 soit 2.8 par match
  • Rebonds : 350 soit 3.8 par match
  • Steals : 253 soit 1.9 par match
  • Matchs : 130 rencontres disputées
En NBA

sleepy-floyd

  • Points : 12 260 soit 12.8 par match
  • Passes décisives : 5175 soit 5.4 par match
  • Rebonds : 2 494 soit 2.6 par match
  • Steals : 1120 soit 1.2 par match
  • Fautes provoquées : 1972 soit 2.1 par match
  • Adresse à 2-points : 46.7% de réussite
  • Adresse à 3-points : 32.4% de réussite
  • Matchs : 957 rencontres disputées, 36 en playoffs

LE « SLEEPY GAME » 

 Crédits photo : Sports Illustrated/Getty Images

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About Nicolas Marsoudet (31 Articles)
Élevé aux cross d'Allen Iverson, au scoring de Kobe, à la puissance et à la domination de LeBron James, je suis un jeune rédacteur et fan absolu de la NBA de nos jours... mais aussi de la NBA d'antan. J'aimerais un jour réaliser mon rêve: devenir journaliste sportif !

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