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[Portrait] Shawn Respert – au delà de la maladie

Portrait

Un joueur majeur des Spartans au milieu des années 90, drafté en huitième position et échangé dans la foulée. Shawn Respert n’a jamais percé en NBA, on disait ainsi qu’il n’avait pas le niveau, qu’il avait été surestimé, mais c’est quelque chose de bien plus grave qui l’a empêché d’avoir une carrière professionnelle décente.

Seriez-vous capable de mentionner de grands noms de l’université de Michigan State et qui sont devenus des stars en NBA? Magic Johnson! De très loin le meilleur joueur de l’histoire des Spartans, champion en 1979 et un fait incroyable: Il a réalisé plus de triples-doubles à lui seul en deux saisons que tous les joueurs de l’université, toutes périodes confondus en cumulé! On a aussi eu Scott Skiles qui était un gros scoreur (plus de 27 points par match) et plus récemment le bulldog des Warriors, Draymond Green. Vous rappelez-vous de Shawn Respert? Un shooteur pur qui formait un duo à l’arrière avec Eric Snow tonitruant. Il avait terminé ainsi meilleur scoreur et recordman aux nombres de shoots à trois points convertis de l’histoire des Spartans, on lui promettait un avenir brillant.

Au cours de la draft 1995, Portland fait son choix sur Respert, mais l’échange immédiatement à Milwaukee contre Gary Trent. Sa saison rookie est une catastrophe, temps de jeu en chute libre, adresse en berne, confiance à zéro, Respert vit un calvaire. La suite est du même acabit, transféré à Toronto pour sa deuxième année professionnelle, sa carrière reste au point mort et ce n’est pas une pige à Dallas et Phoenix qui vont lui remonter le moral. Respert s’envole alors pour le vieux continent en Italie à Milan puis en Grèce pour terminer son périple en Pologne, sans briller.

DIX ANS APRÈS, ON SAIT LA VÉRITÉ

Shawn Respert - NCAA

Considéré comme l’un des plus gros flops de l’histoire de la draft, Shawn Respert se confie enfin en 2005, dix ans après son entrée en NBA. Pas d’alcool, pas de drogues, pas de blessures, c’était un cancer. Il a ainsi voulu garder pour lui cet immense fardeau, quitte à subir les critiques des médias.

« Je ne voulais pas que les gens soient désolés pour moi ou qu’ils pensent que ce soit une excuse pour que ça n’ait pas marché en NBA. »

Au cours de sa saison rookie, Respert a souffert de nombreux maux de ventre, avec une sensation de crampes d’estomac. Puis un jour, il remarque une bosse qui se forme pas loin du nombril après avoir changé de régime pour palier à la douleur quotidienne. En mai 1996, il va réalisé une série de tests à Milwaukee et le verdict est sans appel. Le médecin ne lui cache pas que cette grosseur est bien un cancer à l’abdomen. Shawn tombe des nues, il n’a que 23 ans, une carrière en NBA qui démarre à peine. Alors pour être sûr que le premier médecin ne se soit pas trompé de diagnostic, il va voir un second qui va hélas, confirmer des cellules cancéreuses dans l’estomac. Il est temps alors pour lui de commencer la dure voie de la radiothérapie pendant trois mois consécutifs, tous les jours. Les résultats sont neutres, pas d’amélioration notable, excepté une perte de dix kilos.

« Lorsque le médecin m’a annoncé qu’il allait falloir augmenter le nombre de séances pour avoir quelque chose de positif, j’ai pris conscience de la gravité de la situation. Je restais optimiste, mais il fallait aussi conjurer avec ma carrière et en toute évidence, j’ai choisi la santé avant de me préoccuper de mon niveau en NBA. J’ai gardé ça dans un premier temps pour moi. Ma famille, mes parents et ma petite amie n’étaient pas au courant. »

Pendant l’été 1996, Respert va même aller jusqu’à aller prendre son traitement et enchaîner quelques heures après, un match de summer league. Ray Allen venant d’être drafté, Shawn sent le vent tourner et joue le back-up du nouveau prodige des Bucks. Sur tout l’été, l’ex spartan ne se nourrit que de crackers et de soupes. La saison NBA démarre, et le nouveau coach, Chris Ford, le garde cloué au bout du banc.

« Je me suis alors dit que ma période avec Michigan State a été plus qu’un rêve. Il fallait que je me concentre sur ma guérison et ma famille. Ca m’a dévasté moralement sur ma vie de joueur, mais d’un autre côté, ça m’a aidé en tant qu’homme pour vivre heureux. »

« Ca m’a fait terriblement mal de voir mon nom sali dans les médias comme quoi j’ai été un « bust » (un gros flop). Je voulais juste leur dire: vous avez vu ce que j’ai enduré, ce que j’ai traversé à ce moment-là? Mais ils s’en foutent, il n’y a pas d’excuse valable dans le sport US, pas même un cancer. »

Eric Snow, son ancien coéquipier aux Spartans a été l’un des premiers à être mis au courant.

« Nous en avons parlé comme si je faisais parti de la famille et c’est ce que je ressens, Shawn est plus qu’un ami. Nous nous sommes mariés avec nos copines respectives que nous connaissions depuis la fac. Je suis fier de lui qu’il ait annoncé cela publiquement, cette histoire l’a tellement marqué mentalement. Je suis tellement content pour lui, il est resté dans le milieu du sport, il aide les jeunes dans leur développement que ce soit en tant que basketteur ou comment être un homme meilleur. Je voulais aussi ajouter que Shawn est un excellent joueur de golf. »

Aujourd’hui, son cancer est en rémission, il n’y aura peut-être jamais de guérison totale. Cependant, Shawn est heureux, vit pleinement, profite de sa famille et du présent. Le passé semble loin derrière lui. Après une expérience de coaching dans une petite fac du Texas, Respert a ensuite été directeur des opérations à l’université de Rice à Houston et par la suite, la même fonction pour la D-League. Récemment, il était assistant coach aux Grizzlies de Memphis de 2013 à 2016.

« La vie est compliqué pour beaucoup d’entre nous et je n’ai jamais pris le temps de remercier qui que ce soit. Quand j’ai surmonté ce que j’ai traversé ainsi que le décès de mon grand-père, j’ai fait un pas en arrière pour réaliser qu’il y a beaucoup de personnes auxquelles je dis merci. Je m’estime chanceux d’être encore là aujourd’hui pour pouvoir le dire. »

SES STATS NCAA

  • 21,3 points par match – 4 saisons avec Michigan State – 48,4% aux tirs – 45,5% à 3 points – 85,7% aux LF – 3,5 rebs – 2,5 asts

SES STATS NBA

  • 4,9 points par match – 4 saisons NBA de 1995 à 1999 – A joué à Milwaukee, Toronto, Dallas et Phoenix

SON PALMARÈS EN NCAA

  • Son numéro 24 retiré chez les Spartans
  • Élu »college player of the year » par Sporting News en 1995
  • Élu joueur de l’année pour la Big Ten en 1995
  • Élu joueur de l’année par la NABC (les coachs en NCAA) en 1995
  • Élu dans le meilleur cinq NCAA en 1995

LES HIGHLIGHTS DE SHAWN RESPERT CONTRE LES WOLVERINES DE MICHIGAN EN 1995

Crédits photos : ESPN/NBA.com

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About Pred (317 Articles)
Fan de MJ, d'Hakeem, Bird et Sir Charles notamment, déteste les Sonics et le Thunder, peu d'amour pour les Lakers, mais adore par-dessus tout le basket "tough". A passé plus de 10 ans sur la toile basket à débattre et râler comme tout vieux qui se respecte.

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