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[Portrait] « Mookie » Blaylock, parole à la défense

Portrait

« Mookie » Blaylock, 50 ans aujourd’hui, fait partie de ses joueurs dont le blase parle forcément aux fans de NBA des années 1990. Pourtant il n’est pas considéré comme une légende où un joueur emblématique. Non, son truc à Blaylock c’est plutôt la défense, et plus particulièrement l’interception. Passé par les Nets avant de terminer sa carrière du côté de Golden State, c’est chez les Hawks d’Atlanta qu’il se fera un nom. 

Daron Oshay Blaylock voit le jour au Texas dans la petite ville de Garland. Il grandit dans une famille de basketteur, sa maman Elmeta étant elle même joueuse pour la Fairview High School. C’est dans le jardin en compagnie de ses quatre frangines que « Mookie » effectue ses premiers matchs de basketball avant de rejoindre le campus du Midland.

ROCK AROUND THE MOOKIE

Après 2 saisons passées sous le jersey du Midland College, c’est du côté de l’université d’Oklahoma que Blaylock décide de poursuivre son cursus NCAA. Du haut de ses 1m85, Mookie Blaylock est déjà considéré comme un gros défenseur. Il faut dire qu’il fût formaté dés son plus jeune âge dans ce domaine par sa mère qui lui demandait toujours si il avait bien défendu lorsqu’il rentrait le soir après une journée passée sur les terrains. L’interception devient sa spécialité, et il est le premier joueur à enchaîner quatre saisons d’affilée à plus de 100 « steals » cumulées. Un vrai pickpocket. Les fans commencent à connaître le nom de « Mookie » Blaylock. Un nom (plutôt un surnom d’ailleurs, qu’il hérite de sa grand-mère) qui sonne plutôt bien.

C’est ce que pense aussi le groupe de rock grunge Pearl Jam à ses débuts. C’est ainsi que la formation projette de s’appeler initialement les « Mookie Blaylock ». Contacté par le groupe, l’intéressé refuse l’idée mais il accompagne les musiciens lors d’une conférence de presse pour annoncer leur première tournée et ainsi leur filer un petit coup de main. En retour le premier album studio de Pearl Jam s’appellera sobrement « Ten »; comme le numéro du joueur.  Tout roule pour Daron Oshay Blaylock, qui emmène son équipe en finale NCAA en 1988 en plus d’être le joueur favori de l’un des groupes phares de la scène rock des nineties. Malgré une belle résistance face aux Kansas Jayhawks de Danny Manning, les Sooners s’inclinent de 4 points. En 1989 après une dernière saison NCAA où il tourne à 20 points, 6,7 passes décisives et 3,7 interceptions par match, il est temps pour « Mookie » Blaylock de rejoindre la grande ligue.

CHIPEUR, ARRÊTES DE CHIPER !

7-n-ets-jerseyCe sont les Nets du New Jersey qui récupère le voleur de ballon à la 12ème place de la draft de 1989. « Mookie » Blaylock débarque dans une équipe dont on n’attend pas grand chose. En manque de talent et en manque d’expérience les Nets sont parmi les équipes les plus déplorables de la ligue. Sans pression, Blaylock s’installe tranquillement dans la rotation en jouant en moyenne 25 minutes par match. Il boucle sa saison rookie avec une dizaine de points et quasiment cinq assists par rencontre. La saison suivante le talentueux et prometteur Derrick Coleman débarque chez les Nets. Le bilan collectif s’améliore en même temps que Blaylock monte en régime. Il prend part à 72 matchs, joue en moyenne 35 minutes et il score presque 15 unités par rencontre. Ajoutons à cela ses 2,3 interceptions et ses 6,1 passes décisives par match et vous obtenez un bilan comptable plus qu’encourageant.

A l’aube de l’exercice 91/92, on sent les Nets revanchard. Leur roster bâti autour de Coleman est armé pour jouer les troubles fêtes . Avec dans ses rangs des Chris Morris, Drazen Petrovic ou encore Sam Bowie, la franchise du New Jersey a du matos en magasin et peut prétendre à une place en playoffs. Le pari sera tenu avec un bilan de 40 victoires pour 42 défaites. Un bilan auquel Mookie Blaylock n’est pas étranger. Il reste dans les standards de sa saison précédente tout en augmentant sa moyenne de passes décisives et d’interceptions. Une moyenne de 2,4 ballons volés par match qui lui permet d’intégrer le Top 5 des voleurs de ballon de la ligue. New-Jersey est encore trop tendre et se fait expulser dès le premier tour par les CAVS de Cleveland. Le front-office des Nets au terme de cet exercice plutôt prometteur décide pourtant de se séparer de Blaylock. Direction les Hawks d’Atlanta en échange de Rumeal Robinson. Un choix bizarre alors que « Mookie » termine la saison en fanfare en étant élu joueur de la semaine début Avril. Il convainc même ses coéquipiers et en particulier Derrick Coleman qui ne tarit pas d’éloge sur les facultés défensives de son désormais ex-coéquipier :

 » Je m’éclatais rien qu’à le regarder défendre. Sa manière de fléchir les jambes quand l’adversaire arrive, le regard qu’il lance.. C’est le genre de mec qui vous suit jusqu’à la mort. « 

PRENDRE SON ENVOL CHEZ LES HAWKS 

Du côté d’Atlanta les choses sont claires ; « Mookie » est attendu pour prendre le poste de titulaire. L’attelage des Hawks à de la gueule, avec le scoreur Do’ Wilkins, le solide Kevin Willis ou encore le polyvalent Stacey Augmon, Atlanta peut voyager. Blaylock ne décevra pas pour sa première saison en Georgie. Dans l’ombre de Dominique Wilkins, ses statistiques au scoring régressent forcément un peu, mais il progresse (encore) au niveau des assists et des interceptions. Les Hawks seront des playoffs au terme de la saison, mais ils tombent dès le premier tour contre les Bulls de Chicago.

La saison suivante Atlanta continue sa progression. Afin de franchir un palier, le front-office fait appel au coach Lenny Wilkens. La mayonnaise prend rapidement et Atlanta remporte la Central Division. Le départ de l’emblématique Do’ Wilkins en milieu de saison pour faire venir Danny Manning n’entame en rien la dynamique des Hawks qui boucle l’exercice 93/94 avec un bilan de 57 victoires pour 25 défaites. Blaylock prend ses responsabilités des deux côtés du parquet. Presque 14 points et 10 passes décisives par match. Sans oublier ses vols de ballon qui restent toujours sa marque de fabrique. Sa moyenne de 2,6 par match dans ce domaine lui permet d’être sur le podium dans cette ligne statistique en fin de saison. Mieux encore, il est retenu par les coachs pour le All-Star Game de 1994 à Minneapolis où il jouera 16 minutes sous la houlette de son coach Lenny Wilkens. Un coach qui tombe rapidement sous le charme de « Mookie » Blaylock :

 » Mookie comprend instantanément tout ce que je lui demande. Il me fait penser à un couteau suisse. Il est présent de chaque côté du terrain, monte la balle comme un bolide, met sa pierre dans n’importe quel phase de jeu et il défend comme je n’ai jamais vu un joueur le faire. »

72280387L’hommage est fort et appuyé. On attend beaucoup des Hawks en playoffs. Ils ont emmagasiné de l’expérience la saison précédente, et ils bénéficient cette fois de l’avantage du terrain. Ça ne sera cependant pas suffisant pour écarter les Pacers. Atlanta malgré son statut de numéro un et donc de favori se fait surprendre 4 victoires à 2 par les joueurs d’Indiana. Déception pour les Hawks. Blaylock lui se console avec son élection dans la First NBA All-Defensive Team. Atlanta ne se remettra jamais vraiment de ce camouflet. Le front-office s’efforce de faire venir des joueurs confirmés pour faire enfin décoller l’équipe, mais les greffes ne prendront jamais. Un manque criant de charisme et de leadership les empêchent d’envisager mieux que des demi-finale de conférence. Les arrivés tour à tour de Steve Smith, Christian Laettner ou encore de Dikembe Mutombo, n’offriront aucune plus-value concrète à l’effectif de Lenny Wilkens. Un effectif qui ne parvient pas à se débarrasser de ce costume d’outsider quand arrive les joutes du printemps .

D’un point de vue personnel « Mookie » Blaylock semble suivre de façon linéaire la voie tracée par son équipe. Ses stats’ restent relativement correctes et complètes, mais elle ne lui permettent pas d’intégrer le club des stars indiscutables de la ligue. Il inscrit pourtant son nom sur les tablettes en devenant le meilleur intercepteur de la ligue au terme des saisons 97/98 et 98/99 avec des moyennes respectives de 2,6 et 2,7 ballons volés par match. Il réalise encore de grosses performances, comme ses 23 caviars distribués en Mars 93 contre Utah ou encore ses 10 interceptions le 14 Avril 98 contre les Sixers, mais tout ça reste sans suite. En 1997 il enregistre sa plus grosse moyenne offensive en inscrivant 17,4 points par match. La saison 98/99 sera la dernière de « Mookie » sous le jersey des Hawks, une saison tronquée par le lock-out.

En playoffs Atlanta tombe une nouvelle fois en demi-finale de conférence contre les Knicks. Alors âgé de 31 ans, Blaylock passe à côté de la série avec seulement une douzaine de points par matchs et à peine trois passes décisives distribuées. Fin de l’aventure. Une aventure au cours de laquelle Blaylock s’affirmera comme un défenseur solide et confirmé avec à la clef deux titres de meilleurs intercepteurs et six nominations d’affilées dans les premières ou secondes All-Defensive Team. Un statut assumé par le meneur. Et qui mieux que lui peut nous parler de sa défense ?

« Le but du jeu est de montrer que vous êtes toujours là, quel que soit les grigris que l’adversaire essaye de vous imposer. Ensuite il faut le forcer à aller dans une direction, puis dans une autre, que toujours vous dictez. Je garde un œil sur le ballon, et je sais qu’à un moment le mec va se relâcher, fatigué. C’est là que je me lance. »  

UNE FIN DE CARRIÈRE ET UN DRAME

10669885Échangé à Golden State contre Duane Ferrel, Bimbo Coles et un premier tour de draft, « Mookie » Blaylock ne restera que trois saisons chez les Warriors. Trois saisons que l’on peut qualifier d’anecdotiques, hormis peut-être la première, dans une équipe en plein chantier. Une équipe qui enchaîne les saisons moisies et qui connait des changements de coachs incessants. C’est à 34 ans que « Mookie » Blaylock tire sa révérence, certainement usé par les résultats catastrophiques de Golden State. Blaylock endossera à 177 reprises le jersey des Warriors, pour une moyenne de 9,6 points, 6 passes décisives et 1,9 interceptions par match. Des statistiques tout à fait honorable compte tenu de son âge et des performances collectives ridicules de son équipe. Après 13 saisons à faire les poches de ses adversaires, « Mookie » décide de mettre un terme à sa carrière. Une carrière discrète et efficace en somme. On se souvient de Blaylock comme d’un défenseur vif et habile, toujours à l’affût d’une ballon qui traîne à chiper. Il a fait de l’interception son arme fatale. Son total cumulé lui permet de pointer à la onzième place du classement historique dans cette catégorie. Mieux, avec une moyenne en carrière de 2,33 steals par match il figure dans le Top 5 des meilleurs intercepteurs de l’histoire. Une belle récompense pour Daron Oshay. Mais le destin va malheureusement rattraper « Mookie ».

Alors que « Mookie » Blaylock s’est éloigné des parquets depuis plus d’une dizaine d’année, c’est dans la colonne faits divers que nous aurons de bien tristes nouvelles de l’ancien meneur des Hawks. En effet, en Mai 2013, Blaylock va ôter involontairement la vie d’une jeune maman dans un accident de la route. Il plaide coupable au procès et écope de 15 ans prison, dont 7 ans ferme. Selon l’enquête, Blaylock conduisait alors que son permis lui avait été retiré. Un traitement médical contre l’épilepsie serait à l’origine de son manque de discernement au moment des faits si l’on en croit la défense. L’alcool aurait également pu joué un rôle dans ce drame même si Daron Oshay été sobre au moment de l’accident. Un accord lui permettant de sortir au bout de 3 ans a été trouvé, Blaylock devant suivre un traitement contre l’alcool et effectué des travaux d’intérêts généraux

Ce n’est pas à nous de juger l’homme aujourd’hui, la justice a parlé, chacun aura son avis sur la question. Nous préférons nous remémorer avec vous les grandes heures du joueur, comme dans cette vidéo où un soir de 1997 contre les Bulls de Chicago, « Mookie » Blaylock fera étalage de toutes ses qualités.

SES STATS NBA

SON PALMARÈS

  • All-Star en 1994
  • Retenu deux fois dans la first All-NBA defensive team (94 et 95)
  • Retenu quatre fois dans la second All-NBA defensive team (96/97/98/99)

LA DÉFENSE DE MOOKIE BLAYLOCK EN IMAGES

Crédits photos : NBA.com/gettyimages.com

Les citations de cet article proviennent du hors-série Mondial Basket de Janvier 1995.

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About Waka Bayashi (87 Articles)
Enfant des eighties, c'est au début des années 90 que je découvre la NBA. En 1993 j'obtiens mon brevet des collèges grâce à l'épreuve de Géographie au cours de laquelle je localise les plus grandes villes sur la carte des Etats-Unis, en ajoutant entre parenthèses le nom des franchises de la ligue, en espérant secrètement quelques points bonus. Fan des joueurs avec un taux de trash-talking élevé (coucou Reggie Miller), j'ai intégré l'équipe de Basket Rétro afin que mes parents soient fiers de moi.

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