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[Focus] NBA Playoffs 2007 – La série explosive Golden State – Utah en demi-finale

NBA Playoffs

Après un 1er tour incroyablement disputé et physiquement éprouvant, le Jazz d’Utah s’offre une place en demi-finale pour la première fois depuis 7 ans. Stockton et Malone ont laissé leur place à Deron Williams et Carlos Boozer. Cette fois, ce sont les surprenants Warriors qui se profilent à l’horizon, vainqueurs des favoris pour le titre, Dallas.

Un jeu débridé, du small ball, avec un effectif composé de multiples joueurs capable d’artiller de loin, bref une confrontation à l’opposé des Rockets pour le Jazz. En 1989, Jerry Sloan réalisait sa première saison en coaching et allait rencontrer les Warriors de Don Nelson au premier tour, score sans appel, 3-0 pour les californiens. 18 ans plus tard, même affiche, les mêmes coachs pour une place en finale de conférence. Si Utah a attendu 7 ans pour rallier une demi-finale, les Warriors ont patienté 16 ans, l’époque du Run TMC en 1991. Pour la plupart des spécialistes, les Warriors devraient passer au vu de ce qu’ils ont démontré contre les Mavericks, où comment sous-estimer l’esprit collectif et combattant d’Utah.

L’histoire de cette série commence par un fait non sportif. Derek Fisher est absent pour le premier match et incertain pour la suite. Sa petite fille est en effet atteinte d’une maladie rare, une forme de cancer qui touche l’oeil, donnant une apparence d’oeil de chat. Il faut savoir que la femme de Derek (Candace) a donné naissance à des jumeaux, 10 mois avant cette date du 9 mai 2007, une fille et un garçon. La petite est donc pris en charge dans un hôpital de New York pour une opération risquée et ça tombe en pleine période des playoffs. Avec l’aval de son coach, Derek Fisher va donc partir pour Big Apple et suivre l’intervention auprès de sa famille, la suite de cette histoire? Un peu de patience.

GAME 1 – GOLDEN STATE 112 – UTAH 116

Duel explosif de meneurs, Baron Davis, le bourreau des Mavs d’un côté, le sophomore Deron Williams de l’autre. 24 pts pour Leonidas, 31 pour le jeunot, record personnel et on peut le dire, vainqueur pour cette première manche dans ce face à face intriguant. Pas une mince affaire pour D-Will qui se farcit et n’ayons pas peur des mots, le MVP de ces playoffs jusqu’ici. Pourtant, on a pu voir une démonstration du meneur barbu dans le second QT avec 17 pts où il a dominé les débats. Là où le bas blesse et ça sera le gros point noir des Warriors tout le long de la série, c’est une domination totale au rebond pour Utah (54-36 dont 20 pour Booz), le prix à payer lorsqu’on joue petit…La force de GS, c’est leur jeu rapide, les mains baladeuses pour piquer la balle et bombarder de loin et quand la réussite est là ou plus au moins (12/31), vous avez tout intérêt à lutter pour rester dans le coup. Sans Fisher pour suppléer Williams, c’est le jeune Dee Brown (rien à voir avec l’ancien celtic) qui se voit offrir quelques minutes, lui qui n’a passer que 2min30 sur la série précédente en cumulé. Malgré sa petite taille, il ne se démonte pas, même s’il faut contenir Baron « Musclor » Davis. Utah voit dans cette série une façon de jouer totalement différente que contre Houston où la défense primait, où c’était hermétique et méchamment physique. Les Warriors manquent de taille et défendent à haut risque, sur l’anticipation. Une occasion pour Mehmet Okur, catastrophique en attaque face aux Rockets, de retrouver des couleurs (21 pts – 11 rebs). Andrei Kirilenko se place en muraille (7 blks!) et Matt Harpring réalise aussi son record en carrière aux points avec 21 unités en sortie de banc. Les Warriors ont mal géré les dernières possessions et s’inclinent dans le money-time. 4 joueurs de GS ont scoré 20 pts ou plus et dans un match sans prolongation avec la défaite au bout, il faut remonter à 1991 et la série (géniale) Pacers-Celtics pour retrouver une telle performance.

GAME 2 – GOLDEN STATE 117 – UTAH 127

Derek Fisher Utah 2007 Baron DavisUn match digne du précédent, encore meilleur même! Deron Williams prend 2 fautes en 2 minutes en essayant de défendre sur Baron et c’est de nouveau Dee Brown qui va relayer. Malheureusement quelques minutes plus tard, son coéquipier Mehmet Okur et lui-même tombent lourdement sur le parquet, Brown a la malchance de prendre le poids du pivot turc sur la nuque, l’image fait froid dans le dos, le cou donne une impression d’être tordu, il sortira sur une civière avec une minerve, out pour le reste de la rencontre et les déplacements à Oakland.

Utah perd encore beaucoup de ballons (23) mais démonte la raquette adverse (60 rebonds à 32!!), Boozer est excellent (30-13, oui c’est toujours choquant à lire, encore plus à voir), Kirilenko est génial (6 blks + 20 pts + 9 rebs), Okur fait sa moisson (18 rebonds), D-Will en double-double (17-14 asts) et pendant ce temps, GS bombarde à mort (15/40 à 3pts), Baron est sublime (36 pts), J-Rich assure, Harrington revit et pourtant, alors qu’ils avaient toutes les cartes en main… Derek Fisher entre dans la salle au cours du 3ème QT, l’opération de sa petite fille a été un succès et il prend un avion de New York à Salt Lake City pour rejoindre ses coéquipiers. Son arrivée passe sur grand écran, une standing ovation et il est déjà sur le terrain! Pas eu le temps de s’échauffer, mais très frais, il va donner du fil à retordre en défendant comme un mort de faim sur Baron Davis. La fin de match est tendue, et GS a l’occasion de plier le match, ils mènent de 3 pts et sur une faute sur Mickael Pietrus, le français peut donner un avantage de 5 pts. Il rate les 2, Okur marque un tir lointain, Baron ne rentre qu’un LF sur 2, Deron Williams égalise sur un jump-shot dans les dernières secondes, prolongation. Pas de suspense dans celle-ci, Utah joue intelligemment, et c’est Fisher qui va tuer les derniers espoirs de GS sur un tir primé dans le corner. Une soirée qui avait débuté dans la peur et l’angoisse et qui se termine comme dans un rêve pour l’ancien meneur des Lakers et… Warriors (2005 et 2006).

GAME 3 – UTAH 125 – GOLDEN STATE 105

En 1977, Rick Barry avait passé la barre des 30 pts à 4 reprises, même chose pour Chris Mullin en 1989. Baron Davis continue sa route glorieuse avec de nouveau un match sensationnel, 32 pts, son adversaire direct (D-Will pour ceux qui ne suivent pas) pulvérisé, Andrei Kirilenko postérisé. A la mi-temps, 20 pts d’avance pour les locaux devant une foule « We Believe » en liesse. Une victoire large et sans appel après 2 matchs perdus de manière regrettable à Salt Lake City, 11 paniers primés inscrits en première période, record NBA égalé. Le dunk de Baron Davis en toute fin de match est la cerise sur le gâteau, le public fait exploser les décibels. Si on peut penser à une faute offensive en voyant Davis écarter du bras l’ailier russe, les arbitres laissent jouer, mettant tout de même une faute technique ridicule sur le héros du soir pour une célébration un peu trop exhaustive à leur goût.

« Je suis choqué moi-même par ce dunk. Au moment de décoller, je vois Kirilenko se positionner et vu sa capacité à contrer, j’étais parti sur un lay-up en reverse, mais j’ai tenté ma chance… avec réussite » – Baron Davis

 » Je pense que j’ai été un peu en retard pour venir en aide, je serais sur le poster. » – Andrei Kirilenko

 » C’est le plus gros dunk que j’ai vu de mes yeux! » – Jason Richardson

C’est la 4ème victoire en autant de matchs à domicile pour les Warriors au cours de ces playoffs, il faut remonter 30 ans en arrière à l’époque de Rick Barry pour y faire le même constat.

GAME 4 – UTAH 115 – GOLDEN STATE 101

Derek Fisher 2007 UtahLe début de la fin pour les Warriors. Quand la réussite est là, c’est très fort, mais lorsqu’elle vous fuit et que votre point fort n’est pas la défense, ça sent le sapin. Baron « dévisse », son équipe multiplie les mauvais choix, le ballon ne circule plus, chacun tente une prière de loin (12/39!) et pourtant, ça s’est joué à peu de choses. C’est très serré jusqu’au 4ème QT, mais la force de caractère d’Utah a tranché. 34 pts et 13 rebonds pour Boozer, gros taff de Millsap et Derek Fisher qui joue le rôle du sniper à merveille, 2 bombes pour rendre l’Oracle silencieuse, joli cadeau pour son ancien public. Sur les 6 derniers matchs, donc en comptant les Games 5-6 contre Dallas, Golden State a shooté à 30 reprises à 3pts sur chaque rencontre et même chose dans le match suivant à Utah, un record absolu dans l’histoire de la NBA en playoffs.

Vivre et mourir par le shoot, jamais cette expression n’a été aussi révélatrice. Baron Davis prend la responsabilité de cette défaite sur ses épaules. En plus de cette indigence offensive extérieure, les Warriors ont dilapidé 13 pts sur la ligne des LF et comme Utah a une fois de plus dominé les débats au rebond, c’est une défaite logique. C’est le dernier match à domicile pour GS. Ils sont menés 3-1 et la dynamique est du côté du Jazz désormais.

GAME 5 – GOLDEN STATE 87 – UTAH 100

Derek Fisher - Baron Davis 2007Un peu la même physionomie de match que le Game 4, à savoir que c’est disputé et que Golden State dilapide ses munitions n’importe comment dans le money-time, limite d’un niveau indigne pour une équipe professionnelle. Une fois n’est pas coutume, Utah a totalement dominé au rebond (59-35), Boozer et Kirilenko ont écrasé la concurrence (21-14 et 21-15 respectivement points-rebonds), Paul Millsap a gobé 12 rebonds en sortie de banc, Harpring a défendu superbement sur Jackson, seul Deron Williams a connu vraiment une sale soirée (2 pts – 1/11). Les Warriors ont encore abusé du tir lointain sans réussite (6/30 à 3pts, carnage!). Golden State a très bien tenu grâce à sa vitesse d’exécution et d’anticipation, forçant le Jazz à perdre 14 ballons, rien qu’en première mi-temps. On pouvait même penser que c’était un bon jour pour GS, suite à une faute flagrante + technique de Stephen Jackson, Utah va manquer 4 lancers de suite. Finalement, Derek Fisher a tué son ancienne équipe encore une fois, 20 pts dont 4 tirs primés. Place au constat final.

BILAN DE LA SÉRIE

– A vouloir jouer petit, Don Nelson s’est cassé les dents. Biedrins, le seul joueur de grande taille a peu vu le parquet, Al Harrington était placé comme « pivot ». En 5 matchs, les Warriors se sont pris en moyenne une différence de 19,6 rebonds d’écart avec leurs adversaires, un record NBA historique! Avec les totaux, c’est aussi impressionnant: 269-171!

– Andrei Kirilenko a vu ses stats grimper en flèche en passant du 1er au 2nd tour. Il culminait à 5,3 pts et 3,1 rebs contre Houston, son réveil face aux Warriors a été fulgurant: 16,2 pts – 8,8 rebs – 3,2 blks – 3,4 asts).

Carlos Boozer déjà monstrueux contre les Rockets n’a pas freiné son ascension au cours de cette demi-finale: 24,2 pts – 14,0 rebs à 60% de réussite!

– Les Warriors ont inscrits 60 paniers à 3pts. Sur une série de 5 matchs, c’est aussi un record NBA. Le précédent était détenu par Boston en 2002 avec 58.

– les 4ème QT ont été fatals aux Warriors. Utah a ainsi réalisé un money-time proche de la perfection. lors du G1, Menés de 4 pts à l’entame du dernier quart-temps, Utah a glissé un joli 18-10 pour s’imposer de 4 pts. Au Game 2, ils ont fait très fort car avec la prolongation incluse, c’est un 20-5 encaissé par les Warriors. Enfin sur le G4 où personne ne s’était imposé à l’Oracle, Utah a gentiment envoyé l’addition: 29-14.

– Première finale de conférence pour Utah depuis 1998 où ils avaient été en finale contre Chicago. Si on retourne en 1997 où ils ont joué leur première finale NBA, Utah s’était qualifié au 3ème tour en étant invaincu à domicile, soit 5-0. Le Jazz version 2007, c’est 6-0.

– Hommage à Baron Davis qui a terminé la série (G4-G5) maladroit, mais quand on regarde ses stats sur l’ensemble, c’est pas si mal: 25,6 pts – 48% – 7,6 asts et 4,2 stls!

– Le titre de boulet de la série est attribué à Stephen Jackson. Utilisé comme électron libre, Don Nelson lui a laissé un peu trop de liberté, justement. Attention, ça pique les yeux: 16,2 pts (jusqu’ici ça va) mais… 27,9% de réussite aux tirs, 21% à 3pts (7/32), près de 4 ballons perdus en moyenne par match, une sélection de tirs à faire rougir Kobe et Melo. Pour un joueur avec un rôle important, ça doit être pas loin si ce n’est un record de nullité absolue. La défense de Kirilenko et Harpring n’a pas aidé.

– Le Jazz a déjoué la plupart des pronostics après leur victoire contre Houston puis GS. Les Warriors n’ont pas pu conserver l’euphorie de leur série face aux Mavs. Passifs, voir démotivés, Dallas avait pris une tornade de plein fouet. Utah était plus bien plus préparé mentalement et physiquement. Leurs nombreux turnovers ont bien failli leur coûter cher, le résultat aurait très pu être inversé si GS n’avait clairement pas « merdé » ses fins de matchs.

– Une série qui aurait mérité d’être prolongé, c’est dommage car au vu du niveau affiché, le 4-1 est pénalisant pour faire de cette série une citation dans le top 60 all-time. Les 3 premiers matchs sont simplement exceptionnels.

RÉSULTATS

Jazz d’Utah – Warriors de Golden State 4-1

  • 07 mai : Golden State @ Utah 112-116
  • 09 mai : Golden State @ Utah 117-127
  • 11 mai : Utah @ Golden State 105-125
  • 13 mai : Utah @ Golden State 115-101
  • 15 mai : Golden State @ Utah 87-100

LES HIGHLIGHTS DE BARON DAVIS AU GAME 3

LE GRAND RETOUR DE DEREK FISHER ET LE PANIER QUI TUE

Crédits photo : NBAE/ESPN

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Fan de MJ, d'Hakeem, Bird et Sir Charles notamment, déteste les Sonics et le Thunder, peu d'amour pour les Lakers, mais adore par-dessus tout le basket "tough". A passé plus de 10 ans sur la toile basket à débattre et râler comme tout vieux qui se respecte.

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