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[Documentaire} DUB : le blanc qui sautait au-dessus des buldings

Documentaire

Montage Une : Laurent Rullier pour Basket Rétro

«  Dub », c’est un film et un livre inédit sur Hervé Dubuisson consacré à son training camp aux New Jersey Nets en 1984. En pré-commande à partir d’ajourd’hui sur le web. Découvrez ainsi ce livre/film sur la folle expérience de Dub en NBA à travers notre rencontre avec son créateur.

Basket Rétro : Avant de parler du documentaire sur Hervé Dubuisson, pouvez-vous nous présenter Gasface ?

Logo Gasface

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Nicolas Venancio: Réalisé par deux personnes, moi et Groswift, c’est un magazine qui a sorti seulement 6 numéros, et a reçu beaucoup d’amour. Le principe était d’aller interroger des gens liés plus ou moins à la culture hip hop. On pouvait obtenir des interviews de réalisateur de cinéma, des musiciens de soul et de funk. Il y avait des interviews fleuves, des dossiers. Par la suite, on a été contacté par Arte qui nous a proposé de réaliser des documentaires. On fait un premier doc en 2010 New York Minute, un de leurs plus gros succès. Puis, je continue en soloo, comme Ice Cube après NWA.

BR : Parlons désormais de ce fameux documentaire sur Hervé Dubuisson. Comment a émergé ce projet et à quel moment y avez-vous songé ?

NV : Ça doit dater de 18 mois à peu près. Je voulais faire un projet lié au sport. C’est un concours de circonstances. J’ai lu l’Equipe Magazine qui parlait du golfeur Victor Dubuisson. J’ai vu le nom du journaliste de l’Equipe que j’ai contacté. Je lui ai demandé de me mettre en contact avec Hervé pour savoir s’il le connaissait. Il a fait donc l’intermédiaire.

Je trouvais l’histoire d’Hervé Dubuisson intéressante. Surtout le moment dans sa carrière des JO 1984 de Los Angeles jusqu’au training camp des New Jersey Nets. Le joueur français arrive à un moment où la NBA change radicalement avec l’arrivée de David Stern, puis celle de Michael Jordan. Dans un contexte plus large, l’équipe d’URSS n’y participait pas à ces JO. C’est une année où se développent les ordinateurs personnels. Le contexte socio-politique était intéressant même au niveau des avancées technologiques.

BR : J’imagine que vous vous êtes entretenu plusieurs fois avec Hervé Dubuisson pour recueillir des informations nécessaires pour produire ce docu.

NV : Il y a eu un grand entretien à Antibes pour parler de ce fameux été 1984 : sa participation aux JO de Los Angeles et celle au training camp des Nets. Il reste aux Etats-Unis à la suite du tournoi olympique de basket. Il effectue un vol Los Angeles-New York. Puis il se rend dans le New Jersey. A l’époque, c’était pionnier de tenter cette aventure aux USA.

BR : Vous avez effectué tout un travail de recherche également je suppose pour parler de ce moment à l’été 1984. Combien de temps cela vous a pris pour parfaire ce docu ?

NV : J’ai pas vraiment compté le temps et compartimenté mes recherches. En même temps que je cherchais des choses sur Hervé, j’en faisais de même avec la NBA, les New Jersey Nets, le lieu où il s’entraînait et puis sur le contexte de l’époque. C’est pas forcément dans un premier temps un travail sur Hervé mais plus la NBA. J’ai fait ça tous azimuts. J’ai aussi été amené à interroger des gens très vite et très différents.

BR : Justement, avez-vous éprouvé des difficultés à organiser ces entretiens pour alimenter ce docu ?

NV : Quelques noms étaient fondamentaux pour les entretiens. J’ai réussi à les avoir. En cherchant, j’ai trouvé des noms. Par exemple, il y avait Herb Turetzky, le préposé des Nets qui devait accueillir Hervé à l’époque et qui s’occupait du scoreboard des Nets. Il se trouve que c’est un très bon ami du General Manager des Knicks, Steve Mills, qui apparaît lui aussi dans le docu. Et le General Manager de New-York est un ancien de Princeton. C’est l’université dans laquelle s’est déroulée le camp des Nets en 1984 dans lequel était Hervé. Des interviews sont ainsi le fruit de rencontres pendant le tournage et qui prenaient du sens. Du sens pour parler de la rivalité basket New York-New Jersey. J’ai aussi réussi à interroger Brian Earl, l’ex-coach assistant de Princeton, une fac qui a un jeu singulier, la « Princeton Offense ». Il est maintenant coach à Cornell University.

En cherchant quelques articles, tu retrouves facilement le couturier de l’époque qui confectionnait le maillot des New Jersey Nets et celui d’Hervé. C’est ce maillot de Dubuisson qu’on voit alors sur la couverture de l’Equipe Magazine et de Maxi Basket je crois.

BR : Combien de témoignages avez-vous recueilli pour ce docu ?

NV : Il y a ceux de Hervé Dubuisson, Jacques Monclar, des joueurs de l’Equipe de France en 1984, Terence Stansbury, un américain qui a joué en France et qui connaissait Dubuisson de réputation. Il y aussi le nigérian Yomi Sangodeyi qui a participé aussi au camp d’essai des Nets en même temps qu’Hervé, Oscar Schmidt, le GM des Knicks, Brian Earl, le couturier dont je vous parlais, un fan de NBA très vintage, Herb Turetzky. Il y a également Pascal Boniface le géopoliticien qui évoque les relations diplomatiques et le poids des institutions sportives puis George Eddy.

« J’ai réalisé un grand entretien à Antibes avec Hervé pour parler de ce fameux épisode à l’été 1984 : sa participation aux JO de Los Angeles et celle au training camp des Nets. Il reste aux Etats-Unis à la suite du tournoi olympique de basket. Il effectue un vol Los Angeles-New York. Puis il se rend dans le New Jersey. A l’époque, c’était pionnier de tenter une aventure aux USA ».

BR : Concernant la réalisation même du docu, avez-vous souhaité le tourner sous une certaine forme, en faire quelque chose de linéaire ?

NV : L’intention de départ était sur la forme. Même avant d’établir toute l’histoire autour d’Hervé, il fallait une idée de mise en scène. Je me suis appuyé sur un film de Gus Van Sant « Prête à tout » avec Nicole Kidman. Il parle d’un fait divers raconté par différentes personnes qui en ont été les protagonistes. Et c’est ce principe que je voulais décliner dans le docu. J’ai ainsi l’impression de raconter un moment du basket français qui ne l’a pas encore été. Lorsque les téléspectateurs découvriront ce docu, je souhaite qu’ils aient l’impression de découvrir une VHS égaré de 1988 que personne n’aurait retrouvé. C’est aussi de découvrir un témoignage inédit.

BR : En voyant l’affiche sur le net, on se demande pourquoi vous avez mentionné « White Man who jumps above buildings ? ». Un titre en anglais était-il plus évident qu’en français ?

NV : Ça m’intéressait d’avoir le point de vue des Américains sur le Hervé Dubuisson de 1984. Il y avait quelque chose de l’ordre de la rencontre, du troisième type à l’époque, de voir un basketteur blanc, français avec un tel look de partir en NBA et qu’on lui donne ce surnom de Dub. Je trouvais particulièrement singulier cette légende crée autour de lui.

Affiche du docu Dub réalisé par Nicolas Venancio

Affiche du docu Dub réalisé par Nicolas Venancio

BR : Quelle est la durée du docu ?

NV : Il y a un livre de poche de 96 pages qui évoque cette année 1984 dont nous parlions en plus du docu de 50 minutes. Ça se présente comme un DVD Book. Il y a beaucoup de films dans les années 80 sur le sport : « Rocky », « Slap Shot », « les Indians ». Ces films mettent en scène des « underdogs » (outsiders) et qui se déroulent dans des villes sous cotés : Cleveland dans « les Indians », Philadelphie dans « Rocky ».

BR : Hervé n’a pas hésité à vous donner son accord pour la réalisation du docu ?

NV : Non, ça s’est fait de façon spontanée quand je l’ai rencontré. A l’époque, il sortait son livre « Une vie en suspension », écrit par Stéphanie Augié. Il rencontre les médias, la presse pour faire des interviews promos. Moi, je l’interrogeais plus sur un passage bien particulier de sa vie.

BR : Le but du docu était-il de faire vivre l’histoire du basket et de montrer que le basket français existait avant Tony Parker, Boris Diaw, Nicolas Batum et tous les autres joueurs tricolores qui évoluent en NBA ?

NV : Ce sont deux sports différents : le basket FIBA et le basket nord-américain. Ce moment du basket français est vraiment important. Que des joueurs français évoluent en NBA. Ça n’a plus rien d’ « exceptionnel ». Si on fait partie des meilleurs français, on a de très bonnes chances de jouer en NBA. Il est important au niveau du jeu, du basket français même au niveau de la culture sportive de raconter cette épisode-là de la vie de Dubuisson. Hervé en 1984, c’était quelqu’un de connu au niveau du sport français. Le sport n’était pas aussi présent dans la culture en France que maintenant.

BR : A quel moment sera diffusé ce docu ?

NV : Il est disponible exclusivement via une campagne lancée sur kisskissbanbank.com/dub dés aujourd’hui. C’est une plateforme de crowdfunding sur laquelle les gens pourront pré-commander ce film ainsi que le livre. En échange, on proposera quelques goodies, comme un t-shirt exclusif avec la marque QHUIT. On a commencé à ouvrir une page Facebook pour partager des informations. Un teaser a été diffusé  pour parler de la campagne. On va aussi organiser une série de diffusion dans des cinémas qui sera prévu pour la rentrée 2017.

BR : Après ce docu sur Hervé Dubuisson, envisagez ou préparez-vous d’autres docu sur des basketteurs de légende, ceux européens ou américains ?

NV : Je n’en ai pas un précisément en tête. En tant que spectateur, j’avais adoré le docu sur Drazen Petrovic et Vlade Divac. Il a été produit par ESPN et s’appelle Once Brother. Il est vraiment chouette. Une période du basket français m’intéresse beaucoup et j’en avais discuté avec Terence Stansbury. C’est celle où des basketteurs viennent du streetball comme Moustapha Sonko, Thierry Zig.  Ce basket de rue était important et est une parenthèse qui s’est refermée. On voit maintenant des joueurs qui sont dans les centres de formation, les universités américaines.  

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About Richard Sengmany (430 Articles)
Découvrant le basket dans les années 90 grâce à la diffusion des matchs NBA sur Canal+, je rédige depuis plus de dix ans des articles sur la balle orange, sur d'autres disciplines sportives et la culture.

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