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[Playoffs LNB] Du précipice à l’exploit : le triplé historique du CSP Limoges en 2000

Playoffs LNB

Marcus Brown (c) L'Equipe

Dans le panthéon du basket français, l’équipe du CSP Limoges de 1999-2000 occupe une place bien particulière. Les limougeauds se sont en effet offerts un triplé historique, alors que le spectre d’une faillite pesait sur toutes les têtes toute la saison.

UN DÉBUT DE SAISON COMPLIQUE

Privés de titre depuis la Coupe de la fédération 1995, le Cercle Saint-Pierre de Limoges a bien mal entamé la saison 1999-2000. Loin de leur niveau de 1993, année de la gloire continentale du CSP, et à peine séparés de Marc M’Bahia, dernier joueur du club à avoir connu ce titre, Limoges traversait des moments difficiles. Autant sur le plan sportif que sur le plan économique et juridique.

La saison commence difficilement pour les hommes entraînés par Dusko Ivanovic. Le talent est là, mais le collectif peine à se mettre en place. Le symbole de ce manque est l’arrière américain Carl Thomas, un bon joueur finalement remplacé après 12 matchs par Marcus Brown. Celui-ci a impacté immédiatement l’équipe. Mais Limoges n’a réellement progressé qu’à partir de problèmes extérieurs qui ont eu pour effet positif de souder l’effectif.

LES DIFFICULTÉS FINANCIÈRES

bonato limogesLe CSP connaît depuis plusieurs mois une certaine difficulté à boucler son budget. En octobre 1999, le siège de l’équipe avait été perquisitionné pour des raisons financières. Début janvier, le dirigeant Pierre Pastaud et l’agent de plusieurs joueurs liés à Limoges, Didier Rose, sont placés en garde à vue. « L’affaire Limoges » semble alors inextricable, et chaque match joué est potentiellement le dernier avant la cessation de paiement semble inévitable. Les fans lancent une campagne de soutien et apportent 500,000 francs au club. Une belle somme, preuve de l’attachement des fans au CSP, mais largement insuffisante puisqu’on parle aussi d’un mystérieux investisseur potentiel qui serait prêt à injecter pas moins de 20 millions de francs. Ce qui, bien sûr, n’arriva pas.

Les joueurs se sentirent alors concernés. C’est notamment le cas de Yann Bonato, joueur à la réputation d’individualiste, mais qui en tant que leader pousse ses coéquipiers à rogner sur leurs salaires. Tous n’adhèrent pas à l’idée, mais seuls les deux américains Brown et Williams le font ouvertement savoir. Marcus Brown a même disparu des parquets et des entraînements l’espace de quelques jours. Bonato et 5 de ses coéquipiers ont finalement réalisé cet effort. N’ayant plus rien à perdre, puisque chaque match était annoncé comme étant le dernier, le CSP se met à jouer avec une nouvelle mentalité. Un collectif solide et solidaire apparaît, de manière d’autant plus inattendu qu’à un tel moment des individualités auraient pu essayer de se mettre en avant en vue de trouver un nouveau club.

LE SURSAUT SPORTIF

Après une première demi-saison décevante, la même équipe devient un rouleau compresseur. Elle met fin à 4 années d’invincibilité à domicile de Pau, sur un tir au buzzer de Marcus Brown. L’équipe termine la saison à la seconde place de Pro A avec 21 victoires pour 9 défaites. Limoges rencontre Villeurbanne, meilleure équipe de la saison, pour une finale remportée grâce à deux victoires à l’extérieur, pour une défaite à Beaublanc.

triplé1Limoges devient également injouable en Europe. Le CSP remporte ainsi la Coupe Korac en battant Malaga en finale, pour son cinquième titre européen. Le match aller est remporté aisément sur le score de 80 à 58, notamment du fait de la performance exceptionnelle de Marcus Brown (31 points). La défaite de 9 points au retour ne prive pas les cerclistes du titre européen. Limoges renoue également avec le succès en Coupe de France, en battant le PSG Racing de Tony Parker en finale.

Limoges a écrit cette saison là l’une des plus belles pages du basket français. Envers et contre tous, malgré un risque de faillite présent en guise d’épée de Damoclès toute la saison, l’état d’esprit des joueurs a finalement fait rêver les supporters. Sans essayer de réécrire l’histoire, il semble tout de même évident que l’équipe n’aurait pas eu une telle réussite sportive sans ces difficultés financières. Quoi qu’il en soit, ces excellents résultats n’ont pas permis de sauver les finances du club. Après avoir passé une saison à survivre au gré des exploits de Bonato, Brown et leurs coéquipiers, Limoges est reléguée administrativement et perd sa place en Euroligue. Le club a été structurellement touché, puisque malgré une remontée immédiate pour la saison 2001-2002, de nouveaux problèmes financiers ont miné l’équipe en 2003-2004. Entre ceux-ci et les blessures, la nouvelle équipe de Limoges, à nouveau portée par Yann Bonato qui faisait son retour, n’a pas eu la force de caractère de leurs prédécesseurs et est finalement reléguée. Le dépôt de bilan du club l’a fait tombé en Nationale 1, 4 ans après avoir connu les sommets. A partir de là, le club a pu entamer une reconstruction sur des bases plus saines, laissant pour de bon les problèmes financiers derrière lui.

STATISTIQUES DU CSP LIMOGES EN SAISON RÉGULIÈRE

StatsLimoges2000

LA FINALE DE LA COUPE KORAC EN IMAGES

Source statistiques : Basket Archives

Crédits Photos : Beaublanc.com / Top50CSPLimoges

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About Antoine Abolivier (76 Articles)
Tombé dans le basket en découvrant Tony Parker et Boris Diaw. Passionné par tout ce qui touche à son histoire que ce soit le jeu, la culture ou les institutions. Présent sur twitter, @AAbolivier

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