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[Portrait] Ralph Sampson, le géant aux genoux d’argile des Rockets

Portrait

Un an avant l’acquisition d’Hakeem Olajuwon, les Houston Rockets avaient déjà obtenu le premier choix de draft. En 1983, la franchise texane avait alors sélectionné un pivot de 2,24m, Ralph Sampson. Retour sur la carrière d’un géant finalement, d’abord prometteuse, puis minée par les blessures.

C’est dans sa Virginie natale que Ralph Sampson a effectué ses années universitaires. Dans la fac relativement modeste des Virginia Cavaliers, Sampson affichait un potentiel qui laissait rêveur : malgré ses 2.24m, le pivot possédait une mobilité et une rapidité rare à son poste. Il avait aussi progressivement développé un shoot à mi-distance de plus en plus efficace, lui permettant d’évoluer au poste 4. Sur le plan personnel, il a effectué 4 excellentes années en NCAA, terminant à chaque fois à plus de 15 points et 11 rebonds par rencontre. Il a joué un total encourageant de 30 à 32 minutes par match chaque saison, se blessant très peu malgré un poids très faible pour sa taille (il ne pesait que 103 kilos à son arrivée en NBA).

RalphSampson a mené sa fac au premier Final Four de son histoire, au terme de la March Madness 1981. D’un point de vue statistique, son année senior (4ème année de fac) fut la meilleure avec un total de 19 points et 11,7 rebonds par match, le tout avec 60 % de réussite aux tirs. De 1981 à 1983, Samspon a dominé la NCAA, glanant la plupart des récompenses individuelles remises au meilleur joueur universitaire. Il fut ainsi le rival d’un certain Michael Jordan, qui n’a obtenu les diverses distinctions de meilleur joueur universitaire qu’après le départ de Sampson pour la NBA en 1983. Les deux rivaux de la NCAA ont successivement remporté le trophée de Rookie of the Year, mais pour Sampson la suite ne fut bien sûr pas aussi glorieuse.

Sampson s’est donc très vite imposé comme favori de la draft NBA 1983. Avec seulement 14 victoires durant la dernière saison, Houston a obtenu le premier choix de la draft et sélectionné le pivot. Sampson, qui devint immédiatement le leader par son talent et par son impact dans le jeu d’une franchise de Houston en reconstruction. Il n’eut aucun mal à s’imposer en tant que titulaire, formant une paire avec un autre pivot de formation, Caldwell Jones. Cette association poussa Sampson à développer son jeu d’ailier fort malgré sa disproportion pour le poste.

Le nouveau leader de Houston a été aidé par les arrivées de Lewis Lloyd et Robert Reid, les deux autres meilleurs scoreurs de l’équipe. Les Rockets sont passés de 14 à 29 victoires en 1983-1984, restant cependant derniers de la conférence ouest. Du haut de ses 2,24, le joueur de 23 ans a scoré 21 points par match, prenant 11,1 rebonds et ajoutant 2,4 contres à une ligne statistique bien remplie. Il ravissait les fans par son jeu explosif, étant doté d’une détente sèche d’un mètre, assez exceptionnelle pour un joueur de sa taille. Ses deux principaux défauts étaient ses mains fuyantes, le pivot concédant 3,5 pertes de balles par rencontre, et des problèmes de fautes récurrents. Habituels chez les jeunes intérieurs, ses problèmes de fautes  témoignaient de sa difficulté à contenir les joueurs les plus puissants de NBA. Sampson fut ainsi récompensé par le titre de Rookie of The Year, mais aussi par une sélection au All-Star Game en 1984. Il a également réalisé un triple double qui a marqué les esprits en début de saison, le 9 décembre 1983, avec pas moins de 28 points, 18 rebonds et surtout un record de franchise toujours d’actualité de 13 contres !

Olajuwon SampsonToujours bons derniers de leur conférence, les Rockets ont obtenu un nouveau premier choix de draft en 1984. C’est une véritable force de la nature qui a rejoint Sampson et les siens : Akeem « The Dream » Olajuwon, qui faisait déjà lever les fans de Houston avec les Cougars, l’université locale. Une certaine complémentarité s’est dégagée d’emblée avec Sampson. Olajuwon comblait largement le déficit de puissance de son coéquipier. Celui-ci tirait avantage de sa grande taille face aux ailiers forts adverses, réussissant à défendre face à des joueurs plus petits grâce à sa mobilité et son explosivité. La formation d’un tel duo n’était pas gagnée sur le papier, mais a permis à l’équipe de progresser très largement. Houston a retrouvé les playoffs cette saison là en atteignant le total de 48 victoires. Sampson a continué sa progression, restant le meilleur scoreur de la franchise devant Olajuwon avec 22 points en près de 37,6 minutes. Sur le plan statistique, Sampson n’a été dépassé par son coéquipier que la saison suivante.

L’équipe toute entière de Houston était aussi de plus en plus solide. Le retour de blessure de John Lucas, solide meneur expérimenté, et la constance des seconds couteaux qu’étaient Lewis Lloyd, Robert Reid et Rodney McCray notamment ont permis aux Rockets de prendre leur envol et d’atteindre 51 victoires et la seconde place de la conférence ouest derrière les Lakers en 1985-1986. Après avoir balayé les Kings au premier tour des playoffs, Houston eut le droit à un vrai test face aux Nuggets d’Alex English. Après deux matchs remportés à domicile, la franchise du Colorado a profité de l’air des montagnes pour revenir à 2-2. De retour devant son public, Sampson a mené les siens à la victoire la plus large de son équipe durant cette saison de playoffs, sur le score de 131-103. Il fut impérial et réalisa un triple-double, avec 33 points, 17 rebonds et 10 passes, ajoutant 5 contres. L’équipe a conclu la série dans le match 6, et lancé une dynamique pour le tour suivant.

Cette fois, les Rockets étaient opposés aux Lakers. Le duo de jeunes intérieurs de Houston a pris le dessus sur Kareem Abdul-Jabbar, qui avait alors 38 ans. Le meilleur scoreur de l’histoire de la NBA a été mis en difficulté malgré ses 27 points de moyenne sur la série, n’arrivant pas à défendre sur ses adversaires directs et étant dominé sur la bataille du rebond. Abdul-Jabbar a aussi tourné à moins de 50 % de réussite aux tirs, alors qu’il affichait une moyenne de 60 % de réussite depuis le début des playoffs. Magic Johnson était pour sa part excellent comme à son habitude, réalisant 18, 19 et 20 passes décisives sur ses trois premiers matchs. Mais c’est le secteur intérieur des Rockets qui a dominé la série. Après une défaite à Los Angeles au match 1, Houston a expédié la série en 5 manches pour retrouver les Celtics en finale. La série a été magnifiquement conclue par un tir au buzzer de Sampson, qui avec une seconde à jouer réalise un alley-hoop pour achever les Lakers.

LE BUZZER BEATER DE SAMPSON VS LES LAKERS EN 1986

Face à la défense de fer de Boston et l’une des meilleures frontline de l’histoire (Parish, McHale et Bird), Sampson a appris difficilement ce que signifiait qu’être en finales NBA. Son premier match fut catastrophique : il marqua 2 points à 1/13 aux tirs, et n’obtint aucun lancer franc face à une défense parfaitement concentrée et tirant avantage de son physique. Il se reprit sur les matchs suivants. Le Game 3 a été son meilleur match sur le plan personnel. Pour le retour à la maison et le dernier espoir des Rockets, l’ailier fort de Houston signa 24 points et 22 rebonds. Il ramena son équipe à une manche des Celtics. Ceux-ci ont cependant filé vers leur troisième titre de la décennie en remportant la série par 4 victoires à 2.

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Cette saison de playoffs eut des airs d’apogée pour la carrière de Sampson. Après cette troisième année en NBA, il a connu des problèmes physiques récurrents, notamment aux genoux. Ses blessures l’ont privé de la moitié de la saison 1986-1987. L’état de Sampson n’allait pas en s’arrangeant, Houston décida alors de le transférer à Golden State en 1987 en échange de Sleepy Floyd. Il a joué près de 30 matchs avec Golden State pour sa première saison, apportant encore 15 points par rencontre. Ses problèmes de santé ont cependant largement entravé son niveau, à tel point que Sampson devint un joueur de banc en 1988-1989, à seulement 28 ans. Il est sorti par la petite porte, prenant sa retraite à l’issue de la saison 1991-1992 et en ayant joué seulement 61 matchs en 3 ans avec Sacramento et Washington, ses deux dernières franchises.

Sampson garde une bonne image à l’issue de cette carrière tronquée par ses problèmes physiques. Il avait un jeu atypique pour un joueur de sa taille. Doté d’une grande mobilité, il possédait aussi une détente sèche d’un mètre et une capacité de dribble excellente qui lui ont permis de ravir les fans par des actions spectaculaires. Il a finalement été honoré par la NBA en étant élu au Hall-Of-Fame en 2011.

SES STATS NBA

 stats sampson

SON PALMARES

  • Meilleur joueur de NCAA en 1981, 1982 et 1983
  • NBA Rookie Of The Year en 1984
  • NBA All-Rookie First Team en 1984
  • MVP du All-Star Game en 1985
  • 4 sélections en tant que All-Star (1984, 1985, 1986 et 1987)
  • All-NBA Second Team en 1985
  • Elu au NBA Hall of Fame en 2011

SES HIGHLIGHTS EN VIDEO

Crédits Photos : NBA.com

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About Antoine Abolivier (70 Articles)
Tombé dans le basket en découvrant Tony Parker et Boris Diaw. Passionné par tout ce qui touche à son histoire que ce soit le jeu, la culture ou les institutions. Présent sur twitter, @AAbolivier

1 Comment on [Portrait] Ralph Sampson, le géant aux genoux d’argile des Rockets

  1. Excellente synthèse sur ralph sampson

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