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[Portait] « Penny » Hardaway, à pile ou face…

Portrait

Juin 1993, draft NBA, la planète basket retient son souffle tout comme les 10 000 fans qui assistent à la retransmission de l’événement depuis l’Orlando Arena. Leur club du Magic, pour la deuxième année consécutive a le droit au premier choix de la draft. Une chance inespérée pour une franchise qui affiche alors à peine 4 années d’existence au compteur. A la suite d’un échange inespéré, Penny Hardaway (46 ans aujourd’hui) rejoint la Floride. Portrait.

Tout le monde veut voir Chris Webber le meilleur universitaire rejoindre le SHAQ’ en Floride pour former un duo d’intérieur sans commune mesure. Webber sera bien choisi par Orlando, mais pour une petite heure seulement, le temps de finaliser un échange avec Golden state afin de récupérer le 3ème choix de la draft ; un certain Anfernee Deon « PENNY » Hardaway.

C’est donc sous une pluie de sifflets que l’aventure NBA démarre pour le jeune « Penny ». Il n’en a que faire, lui qui aurait pu perdre la vie 2 ans auparavant après s’être retrouvé face au sol un flingue pointé dans le cou pour un vulgaire braquage. Une balle perdue terminera sa course au niveau de sa cheville. Pas suffisant pour l’empêcher de jouer au basket.

Aujourd’hui avec Basket Rétro, flashback sur 14 saisons NBA en compagnie de « PENNY » Hardaway, un des «All Around Player» les plus emblématiques des années 90.

PRETTY PENNY

Arda1Né en Juillet 1971 à Memphis, Anfernee Hardaway est issu du quartier de Binghampton. Pas forcément la grande classe, mais de quoi se forger un solide caractère. Le gamin grandit dans un environnement familial compliqué,  avec des parents volages et pas souvent présents pour l’épanouissement de leur rejeton. C’est donc sa grand-mère Louise qui prendra soin de lui et qui l’éduquera. C’est d’ailleurs également à sa grand-mère qu’il doit son surnom. Le jeune Anfernee est tellement craquant que Louise le surnomme «Pretty». Déformé par l’accent local, le sobriquet devient rapidement  « Penny ». A Treadwell High School, son lycée, «Penny» affolera déjà les compteurs avec plus de 36 points, 6 assists, 2,8 blocks, 10 rebonds et presque 5 interceptions  de moyenne pour son année Senior, « Penny » démontre qu’il est un véritable couteau suisse.  Anfernee n’est d’ailleurs pas loin d’emmener Treadwell au titre de champion du Tennessee. Sa ligne de stats mirobolante ne lui permettra pas de participer au Mc Donald’s All American Game, la faute à un carnet de notes peu recommandable. Il sera alors déclaré «academically ineligible» et loupera le all-star game des lycéens. MSU la fac locale décide de  lui proposer une bourse malgré ses problèmes de notation. C’est au cours de la saison 1991/1992 qu’il foule enfin les parquets NCAA après avoir redressé la barre au niveau scolaire.

Sous les ordres de Larry Finch «Penny» et les Tigers échouent à un match du Final Four. Première saison bouclée avec  17.4 points, 7 rebonds et 5.5 passes par match. Des stats qui ne laissent personne indifférents, et surtout pas les membres du comité exécutif de la DREAM TEAM. Afin de préparer l’équipe qui s’envolera pour les JO de Barcelone représenter le pays, les cerveaux du basket US décident de monter une équipe avec les meilleurs joueurs universitaires pour donner le change aux aînés. Penny est de la partie, avec notamment Grant Hill, Allan Houston ou encore Chris Webber. 15 points en 12 minutes pour Anfernee et une victoire pour les jeunes loups dans une rencontre qui fût finalement arrêtée au bout de 20 minutes.

La saison suivante ces performances l’emmène jusqu’à la First Team All American. Il faut dire qu’avec 22,8 points, 8,5 rebonds, 2,4 interceptions et 6,4 passes, « Penny » fait mieux que confirmer. Nolan Richardson, le médiatique coach de la fac d’Arkansas résumera ainsi Anfernee :

« Prenez Magic Johnson et Michael Jordan, mélangez le tout, et vous obtenez Anfernee Hardaway.. »

La NBA lui tend les bras, « Penny » décidera de zapper sa dernière année de fac pour s’inscrire à la Draft. Quelques jours avant l’événement, « Penny » est sur le tournage de Blue Chips, un film sur le basket, où il côtoie, tiens donc, un certain Shaquille O’Neal. Les deux jeunes joueurs s’entendent plutôt pas mal, et se verrait bien sous le même jersey pour la saison qui arrive. Shaq’ donnera quelques coups de téléphones au front-office du Magic. « Penny » de son côté travaille en sous marin avec son agent Carl Poston pour convaincre les dirigeants floridiens que le meneur de Memphis est l’homme de la situation, et qu’engager Chris Webber, un intérieur, serait inutile quand on a déjà Shaquille O’Neal qui trône dans la raquette. Alors qu’avec « Penny » pour alimenter le Shaq’ de bons ballons, Orlando aurait à disposition un duo qui ne serait pas sans rappeler celui composé de Magic et Abdul-Jabbar à la grande époque «Showtime» de L.A.  Pat Williams, le GM du Magic commence à douter. Il convoquera  « Penny » pour un match d’essai et se laissera finalement convaincre en entendant Bob Huggins le coach des Bearcats de Cincinnati déclarer :

« L’équipe qui laissera passer Hardaway lors de la draft me fera penser à celle qui avait laissé passer Jordan en 1984. ».

Deux petites heures seulement avant la Draft, l’échange avec les Warriors de Golden State se finalise. La nuée de sifflets qui accueillera l’échange ainsi que les premières apparitions d’Anfernee sous le maillot d’Orlando ne refroidira pas Pat Williams qui glisse à l’époque :

« Nous avons trouvé le joueur qui va porter la franchise pendant les quinze années qui viennent ».

UN MAGICIEN EN FLORIDE

Shaq _ Hardaway,A95MEDR1950Anfernee trace rapidement son chemin dans la grande ligue. Il démarre les 82 rencontres de sa rookie-season, affiche des stats étincelantes contre les Warriors de Chris Webber (23 points/8 rbds et 5 assists), il est élu MVP du premier rookie game de l’histoire et se voit fort logiquement promu dans la First All-Rookie Team. Son association avec le Shaq’ emmène pour la première fois de sa jeune histoire la franchise de Floride en play-offs. Oublié les sifflets de l’Orlando Arena, la saison régulière est bouclée avec une ligne de stats complète qui affiche 16,9 pts, 6,6 passes, 2,3 interceptions et 5,4 rebonds de moyenne.

Une élimination au premier tour contre Indiana ne viendra pas ternir l’image d’Anfernee auprès des fans et des médias. Même la célèbre marque à la virgule voit en « Penny » le basketteur de demain et accessoirement la nouvelle poule aux œufs d’or. Des modèles dédiés de sneakers voient le jour, le tout articulé autour d’une campagne de pub’ mettant en scène une marionnette de Anfernee. Bingo. Les pompes s’arrachent comme des petits pains et la reproduction sous forme de jouets de « Lil’ Penny» s’affiche partout dans les travées de l’Orlando Arena, parfois même en charmante compagnie, le mannequin TYRA BANKS n’étant pas la dernière pour montrer toute son affection pour la petite mascotte articulée. Après les comparaisons avec Magic, en raison notamment d’un toucher de balle voluptueux, et d’une taille assez proche de celle de Earvin (2,06 pour « Magic », 2,01 pour « Penny », des dimensions plutôt rares pour des joueurs qui mènent le jeu) voilà que toute cette médiatisation et les contrats avec Nike laisse entrevoir en « Penny » le nouveau Jordan. Bien entendu, sur le parquet aussi les points communs avec Jordan sont nombreux.  Explosivité, détente et un potentiel athlétique au dessus de la moyenne feront même dire à MJ au sujet de « Penny »  :

«C’est l’arrière le plus complet que j’ai jamais vu évolué de mes propres yeux depuis Scottie Pippen».

Anfernee affiche des stats balèzes pour sa seconde saison chez les pro’ :  20.9 pts, 4.4 rbds, 7.2 pds et 1.7 interceptions en moyenne.  « Penny » s’invite au premier All-Star Game de sa carrière cette même année, et il est directement catapulté dans le 5. L’avenir s’annonce radieux pour Orlando. Son duo affiche déjà assez de maîtrise et de sérénité pour s’offrir le scalp des Bulls lors d’une demi-finale de conférence Est qui voit même Michael Jordan adouber le meneur du Magic :

« Je suis tombé sur plus fort que moi. Anfernee nous a fait très mal.».

Tu m’étonnes Mike !! C’est Anfernee en personne qui viendra dérober le ballon de la gagne dans les mains royales de sa majesté lors du game 6 de la série. Faut-il y voir alors une passation de pouvoir ? Pas vraiment, du moins pas encore pensent les observateurs à l’époque. Après tout, Michael Jordan sort à peine de sa première retraite. En finale le Magic se fait balayer par l’expérience et la maturité des Rockets de Houston emmenées par Olajuwon et Drexler. On pense que le tour du duo Shaq/Penny ne va pas tarder à arriver. La saison suivante Hardaway se voit offrir de nouvelles possibilités, la blessure du Shaq’ en début d’exercice oblige la franchise d’Orlando à se reposer sur son meneur. Hardaway en profitera pour signer sa saison la plus aboutie offensivement avec 21,7 points et 7,1 passes de moyenne. Assez 1995 Eastern Conference Semi-Finals Game 4: Orlando Magic vs. Chicago Bullspour retrouver le All-Star Game et la All NBA First-Team. Cette saison là, pour espérer retrouver la finale NBA, Orlando doit se débarrasser des Bulls de Chicago, qui affichent au compteur le record du nombre de victoires dans l’histoire de la ligue (72-10). La finale de conférence entre les deux franchises a bien eu lieu, mais les Bulls sont tout simplement injouables ! Jordan et les siens font mieux que se venger de leur élimination de la saison précédente, ils explosent le Magic quatre victoires à zéro. Malgré ces 25,5  points de moyenne sur la série, Anfernee ne peut rien faire pour éviter le naufrage.

Mais « Penny » ne doute pas, il continue de clamer haut et fort qu’il veut devenir le meilleur, et ce, dés que Jordan sera parti. En attendant de peut-être accomplir cette brillante destinée, Hardaway sera cet été là dans la liste des joueurs qui composeront  la Dream-Team 3 qui participe aux JO d’Atlanta. Encore une fois, « Penny » démontrera toutes ces facultés en prenant part à toutes les rencontres du tournoi. Il inscrira 9 points et distribuera 4,4 passes de moyenne. Alors que les USA remporte le titre olympique, c’est à cette même période que se joue un autre match. L’avenir du duo Shaq/Penny et donc par extension l’avenir du Magic d’Orlando se joue en coulisse. Shaquille O’Neal souhaite jouir de son statut de free-agent et menace de quitter la Floride. Histoire de gros sous ou histoire d’égo ; les explications sont évasives, mais l’annonce tombera durant ces jeux-olympiques, O’Neal plie bagage et file rejoindre les Lakers pour un contrat de 121 millions de dollars sur 7 ans. Monstrueux !! Le duo qui devait amener le Magic sur le toit du monde est donc séparé avant même d’avoir pu faire la loi. Alors que tout le microsome NBA les voyait déjà mettre la ligue à feu et à sang pour plusieurs saisons, il ne restera en souvenir du duo que de sympathiques étincelles.  Mais il est encore trop tôt pour enterrer « Penny » à qui le front office donne les clefs du camion. N’oublions pas que le prodige n’a que 25 ans à l’orée de cet exercice 1996/1997. Le départ du Shaq’ peut aussi être vu comme une opportunité pour Hardaway de démontrer à la face de la planète basket que son talent ne dépendait pas seulement de la présence de Shaquille O’Neal dans la raquette.

UN SEUL ETRE VOUS MANQUE…

A cause d’une blessure qui le privera de 23 matchs il est difficile de cerner le vrai potentiel de « Penny » en tant qu’option offensive prioritaire. La saison régulière du Magic est compliquée, le coach Brian Hill est débarqué au cours de l’exercice, et finalement Orlando arrache le ticket n°7 pour les play-offs. Hardaway sera encore une fois présent au All-Star Game malgré sa blessure, et terminera sa saison avec plus de 20 points et 5 passes. C’est le voisin Miami qui se dresse sur la route du Magic lors du premier tour des play-offs. Alors que le Heat de Pat Riley mène 2-0 sans trembler, Hardaway va rappeler à tout le monde de quoi il est capable. Il score arda4successivement 42 et 41 points pour ramener le Magic à 2-2. Malheureusement ce réveil est trop tardif et Miami s’impose 91-83 lors du match décisif. « Penny » terminera meilleur marqueur de la série avec une moyenne de 31 points par match. Et si les blessures l’épargnait lors de la saison prochaine, serait-il en mesure de devenir le franchise-player du Magic ? Parviendrait-il à conserver ce niveau de jeu affiché face au Heat ? Autant de questions dont on ne connaîtra jamais les réponses. L’arrivée sur le banc de Chuck Daly n’empêchera pas le genou de « Penny » de partir en sucette. Direction la case blessure sans toucher de ticket pour les play-offs.

En participant uniquement à 19 petites rencontres, Anfernee ne peut pas empêcher la saison pourrie de sa franchise . Malgré son absence, les fans lui témoignent un réel soutien en le choisissant dans le 5 du All-star Game. Sa saison se termine dans la foulée du all-Star Break. Ce n’est que le début des ennuis avec ce fameux genou gauche. Cette blessure le poursuivra jusqu’à la fin de sa carrière. En attendant, à la sortie du Lock-Out de 1998, Penny retrouve le 5 de départ du Magic. Orlando affiche un bilan positif à la fin de la saison régulière et décroche la 3ème place à l’Est. C’est l’équipe des Sixers de Allen Iverson qui débarque en Floride pour en découdre. « The Answer »calmera l’Orlando Arena en emmenant son équipe vers la victoire. Les Sixers créent une petite surprise en empochant la série 3-1. L’histoire retiendra que c’est face à Philadephie que Anfernee Hardaway enfilera pour la dernière fois le jersey étoilé du Magic. Du moins pour l’instant..

L’ILLUSOIRE « BACKCOURT 2000 »

arda5C’est du côté de l’Arizona et des Suns de Phoenix que « Penny » va tenter de remettre un peu de couleur dans une carrière qui prend une tournure un peu compliquée. Le front Office des Suns mise cependant sur lui en mettant sur la table 86 millions de Dollars. En Arizona l’effervescence est palpable quand à la future association de Jason Kidd et dAnfernee Hardaway. Les spéculations vont bon train au sujet de l’efficacité future de leur duo que l’on nomme déjà « Backcourt 2000 ». Ce fameux « Backourt 2000 » mettra un peu de temps avant de se trouver. La faute tout d’abord aux blessures, les deux arrières gonflants tours à tour les rangs de l’infirmerie. Ils n’auront finalement que 45 matchs à se mettre sous la dent ensemble. « Penny » totalisera pour  sa part 60 matchs. De quoi facturer 16,9 pts, 5,8 rebonds, 5,3 assists et 1,6 steals. N’est pas All-around player qui veut.

Malgré un bilan en saison régulière très flatteur (53-29), les Suns ne décrochent que la cinquième place de la conférence Ouest. Pire, ils tombent au premier tour sur San-Antonio, le champion en titre. On ne donne pas chère de la peau de Phoenix, d’autant que Jason Kidd sera absent de cette série sur blessure. C’était oublié un peu vite qu’Anfernee Hardaway avait les capacités pour prendre les choses en main. Alignant un triple double dans le Game3 (17 points 12 rbds et 13 assists), Anfernee bouclera la série avec 19 points, 6,5 rebonds, 5,8 passes, 1,8 interceptions et 1 contre de moyenne.

Efficace et suffisant pour écarter la franchise du Texas. Au tour suivant, malgré le retour de Jason Kidd, les Suns ne feront pas le poids contre des Lakers futur champion. En dépit de l’élimination, l’optimisme est de mise dans l’Arizona. Hardaway vient de prouver qu’il n’était pas encore à la retraite, et la saison prochaine, le « Backcourt 2000 » pourra enfin montrer de quoi il est capable, on va voir ce qu’on va voir !! Force est de constater que ce fût vite vu. Le cartillage de son genou gauche ne veut pas entendre parler de ce « Backcourt 2000 ». Retour à la case blessure. Saison foutue, 4 matchs disputés, coup de buzzer sur l’exercice 2000/2001, il n’y aura pas de prolongations.. Lors de la saison suivante, son genou le laissera prendre part à 80 rencontres, mais Jason Kidd n’est plus là pour distribuer les caviars. C’est Stephon Marbury qui est à la mène désormais. S’en est bel et bien fini de l’hypothétique « Backcourt 2000 ». L’arrivée de l’irrégulier Joe Johnson en provenance des Celtics pousse même «Penny» sur le banc. Chantier en cours dans l’Arizona, port du casque obligatoire.

Pas de play-offs pour les Suns, et les stats d’Hardaway sont pour la première fois (hors blessure) bien en dessous de ces standards. Lors de l’exercice suivant, c’est à la main que « Penny » se blesse, il rate 24 rencontres de saison régulière mais vient encadrer ses jeunes coéquipiers et  apporter toute son expérience pour le premier tour des play-offs. Starters sur l’ensemble de la série face aux Spurs, Anfernee boucle ce premier tour en affichant 12,7 points, 6 rebonds, 4,3 assists et, 2,2 steals. Toujours complet, mais jamais gagnant. La fin de carrière de Hardaway est plus ou moins anecdotique, il se retrouve à New-York en 2004, avant que ses genoux ne se rappellent à son bon souvenir. Résultat, 41 matchs joués en deux saisons, le futur-ex Jordan n’est plus bon qu’à jouer les monnaies d’échange dans les trades les plus foireux du pays. En février 2006 il atterit en terrain connu, puisqu’il déboule à Orlando en échange de Steve Francis. Le front-office ne lui laisse même pas le temps de lacer ses sneakers, deux jours plus tard «Penny» est coupé par le Magic. Welcome Home Penny !!

Sans club en 2006/2007, le Heat lui propose un dernier run de 16 matchs la saison suivante. Ironie de l’histoire, c’est aux côtés de  son »vieil ami », Shaquille O’Neal que sa carrière va prendre fin. La boucle est bouclée. Alors qu’il affiche 36 piges au compteur, « Penny » laisse son jersey au vestiaire et conclut ainsi une carrière terriblement  frustrante.

PENNY : PILE OU FACE

Revenir sur la carrière d’Anfernee Hardaway, c’est un peu comme démarrer sa journée à DisneyLand par un tour de Space Mountain : on attaque fort, mais le reste en devient terriblement banal. L’histoire de « Penny » en NBA c’est un peu la même chose. Quand d’autres courent après les finales NBA toute leurs carrières, lui les touchera du 1995 NBA Finals - Game 4: Orlando Magic vs. Houston Rocketsdoigt dès sa seconde saison. Tout semble aller trop vite dans la jeune carrière d’Anfernee. Lorsque à 22 ans, on se voit constamment comparé aux légendes de la ligue, il est facile de perdre pied. Les ombres de Jordan et Magic ont trop souvent planées sur les frêles épaules de « Penny » pour qu’il puisse finalement s’assumer convenablement. Difficile aussi de ne pas évoquer son duo avec le Shaq’. Ces deux là étaient sur le papier véritablement fait pour s’entendre. Mais malheureusement, ne dit-on pas que l’égocentrisme est le symptôme majeur de l’adolescence, et dans ce cas de figure précis, nos deux ado’ ont fait une véritable crise. Le seul perdant dans l’affaire restera pour toujours « Penny » qui n’aura par la suite pas l’occasion de retrouver les sommets contrairement au Shaq‘. D’ailleurs lorsqu’il évoque son début de carrière dans un entretien au cours de l’année 1999,  on sent dans ces propos une réelle pointe d’amertume :

« J’étais si jeune à l’époque… J’étais d’abord là pour jouer. Quand nous sommes allés en Finales NBA en 1995, nous ne savions pas exactement pourquoi nous étions là. Aujourd’hui, je sais ce que ça coûte d’atteindre ce stade. Si j’avais encore cette opportunité, je ferais les choses différemment. Nous étions jeunes, nous étions vraiment talentueux mais nous ne savions pas jouer juste, en équipe, d’une certaine façon.»

Un dernier facteur viendra définitivement ranger la carrière de Penny au rayon des espoirs déchus. Il s’agit bien entendu des blessures qui s’inviteront un peu trop souvent pour que l’étoile Hardaway brille durablement sur la ligue. Mais peut-on parler véritablement d’échec en évoquant le cas d’Anfernee Hardaway ? On parle quand même ici d’un joueur 4 fois All-Star et 3 fois All-NBA Team, et accessoirement champion Olympique. La vérité doit certainement se situer à mi-chemin entre fiasco et réussite, on vous laisse vous faire votre opinion. Quoiqu’il en soit, les années 90 pourront en témoigner, rien qu’au cours de de son passage chez le MAGIC, Anfernee Deon Hardaway sera parvenu à marquer la ligue de son empreinte et tout ça en à peine 6 saisons. Un tour de force qui devrait terminer de convaincre les plus sceptiques, que oui, définitivement, « Penny » Hardaway était un sacré joueur de basket.

SES STATS NBA

PennyStats

SON PALMARÈS

  • All-Rookie First Team en 1994
  • All NBA First Team en 1995 et 96
  • All-Star en  1995, 96, 97 et 98
  • All NBA third team en 1997
  • Champion Olympique en 1996

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Crédits photo : NBAE/SI

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About Waka Bayashi (87 Articles)
Enfant des eighties, c'est au début des années 90 que je découvre la NBA. En 1993 j'obtiens mon brevet des collèges grâce à l'épreuve de Géographie au cours de laquelle je localise les plus grandes villes sur la carte des Etats-Unis, en ajoutant entre parenthèses le nom des franchises de la ligue, en espérant secrètement quelques points bonus. Fan des joueurs avec un taux de trash-talking élevé (coucou Reggie Miller), j'ai intégré l'équipe de Basket Rétro afin que mes parents soient fiers de moi.

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