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Latrell Sprewell : pour le meilleur et le pire

Portrait

Passé par Golden State, New York ou encore Minnesota, Latrell Sprewell (qui fête ses 47 ans aujourd’hui) est un joueur qui ne laisse pas indifférent. Basketteur prolifique, il s’est aussi fait connaitre par ses frasques extra-sportives. Retour sur l’histoire d’un joueur caractériel surdoué.

Après deux saisons dans son Wisconsin natal, plus deux au Three Rivers Community College dans l’Alabama où il fut leader de sa conférence en minutes jouées, pour 17.8 points, 5.2 rebonds et 1.8 interceptions. « Spree » se présente à la draft 1992 en compagnie de son coéquipier Robert Horry.

Le gamin est alors inconnu des dirigeants NBA mais les Warriors l’ont repéré. L’équipe fait tout pour le sélectionner, notamment en affirmant à la presse qu’ils ont besoin d’un pivot ou en demandant à Sprewell de ne pas participer aux work-outs. Évidemment, la tête brûlée s’y présente quand même mais heureusement pour la franchise d’Oakland, il fut mauvais. GSW le sélectionne en 24ème position à la surprise générale. Pour se remettre dans le contexte, les Warriors ont cassé la saison passée le fameux « Run TMC » en se séparant de Mitch Richmond contre le prometteur Billy Owens. Golden State s’était ensuite fait sortir au 1er tour des playoffs 1992 par Seattle.

DES DÉBUTS TONITRUANTS

Arrière explosif profitant de la vision du jeu et du talent de ses compères sur la ligne extérieure : Chris Mullin et Tim Hardaway, Latrell Sprewell réalise une saison rookie très aboutie, compilant 15.4 pts à 46.4%, 3.5 rbds, 3.8 pds et 1.6 stls. Les Warriors lui font confiance (bien aidé par les blessures des extérieurs californiens) en le titularisant à 69 reprises sur les 77 matchs qu’il a joué et en lui offrant 35.6 minutes de jeu. Sprewell répond présent en étant élu dans la All-NBA Rookie 2nd Team aux côtés encore du même Robert Horry. Il devient le premier rookie dans l’histoire de la franchise à atteindre 1 000 points, 250 rebonds, 250 passes, 100 interceptions et 50 contres. Cependant, cet effectif inexpérimenté (le roster avait alors moins de 3 ans d’expérience en moyenne) ne parvient pas à se qualifier en Playoff, se positionnant 10ème de la conférence Ouest.

Latrell Sprewell aux Warriors (c) NBAE/Getty Images

Latrell Sprewell aux Warriors (c) NBAE/Getty Images

Golden State hérite du 3ème pick de la draft 1993 tandis qu’Orlando reçoit une seconde année consécutive le first pick. Les deux équipes montent un blockbuster trade qui envoie Chris Webber aux Warriors en échange de Anfernee « Penny » Hardaway et trois autres tours de Draft, qui deviendront Mike Miller, Keon Clark et Todd Fuller. A noter que plus tard dans cette draft, les Pistons sélectionnent un certain Allan Houston avec qui Sprewell va connaitre de belles saisons dès années plus tard.

L’arrivée du futur Rookie of the Year et la grande saison de Sprewell  vont permettre à la franchise de se qualifier pour la postseason en 1994 et ce, malgré le déchirement des ligaments croisés antérieurs de Tim Hardaway (saison blanche). Cette année, Sprewell explose et acquiert le rang de star. C’est une véritable boule d’énergie. Il est le joueur qui a joué le plus de minutes dans toute la grande ligue, leader de son équipe au scoring, All-Star et compétiteur dans l’âme, il avait tout pour réussir. Surtout, il profite de la première retraite sportive de Michael Jordan pour se hisser dans la All-NBA 1st Team devant un certain Mitch Richmond. Il fait également partie de la All-NBA Défensive 2nd Team. Tout cela dans son année sophomore. Les Warriors se font sweeper par les finalistes sortants : Les Suns du trio Barkley-Majerle-Johnson, mais ces trois matchs serrés sont porteurs d’espoir du côté de San Francisco. Sprewell réalise un double-double (22 pts, 10 pds) pour son premier match de playoffs. Au final, il postera 22.7 points et 7 passes décisives sur les 3 parties. Le dernier match de cette série était un véritable festival offensif (140-133). Aucune prolongation, un 57% de moyenne pour les deux équipes, dont 56 pts à 74% et 14 rbs de Sir Charles. Spree se permet même de chambrer Barkley plusieurs fois. Seul point noir pour lui durant cette saison : une bagarre à un entrainement avec un coéquipier qui lui rend plus de 20kg. Le petit n’a peur de rien et veut imposer son caractère à la face du monde.

RÉUSSITE INDIVIDUELLE, ÉCHEC COLLECTIF

Puis, la magie s’est éteinte les saisons suivantes. Les relations entre Chris Webber et le coach Don Nelson sont très tendues, le joueur est envoyé aux Washington Bullets contre Tom Gugliotta et trois TDD du premier tour. Golden State se sépare également du décevant Billy Owens. Latrell Sprewell était proche des deux joueurs et leurs départs l’ont marqué. En cours de saison, Nelson est remplacé par Bob Lanier qui sera lui-même remercié à l’intersaison suivante pour laisser la place à Rick Adelman (actuel coach des Minnesota  Timberwolves). C’est ensuite au tour de Tim Hardaway de se faire transférer en 1995 contre Kevin Willis. Les Warriors ne se qualifieront plus en Playoff malgré des saisons individuelles satisfaisantes pour Sprewell, All-Star en 1995 et 1997. Il sera titulaire au premier, une première depuis 1966 aux Warriors, et meilleur scoreur de l’Ouest dans le second. On dira qu’il a été le MVP de l’Ouest en 1997 (malheureusement, l’Est l’emporta au final).

Le cas Sprewell est bien géré du côté d’Oakland et, malgré son attitude avec ses coachs et coéquipiers, le joueur se voit offrir un contrat de 32 millions sur 4 ans en 1996. Contrat qu’il confirme la saison suivante, présentant une belle ligne de stats : 24.2 pts à 45%, 6.3 pds, 4.6 rbds, 1.7 stls, mais également 4 turnovers. Il score en double figure à 78 reprises des 80 matchs qu’il a disputés, 30 points 17 fois et même 40 points 6 fois. Il réalisera notamment le premier triple-double de sa carrière : 31 pts, 11 rbs et 11 pds. Au sommet de sa carrière individuellement parlant, il va malheureusement se brûler les ailes lors de la saison suivante.

Pour le répéter une énième fois, le caractère de Spree est problématique. Il fut suspendu deux fois en 1995 pour conduite préjudiciable à l’équipe (arme à feu, bastons et conduite sans permis à la clé etc).

LA CRISE

A l’intersaison 1997, Golden State connait encore un changement de coach : P.J Carlesimo est choisi pour remettre l’effectif sur la bonne voie. Tout de suite, des tensions naissent entre les deux hommes. Le coach trouve le joueur trop individualiste, le joueur n’aime pas la manière de faire du coach… Sprewell ne va jouer que 14 matchs cette saison, dans lesquels il prendra 20 shoots par match pour 39.7% et 18.8% à 3 points (alors qu’il en tente 3.4 par match), plus de 3 turnovers et la plus petite moyenne au rebond depuis son année rookie. Carlesimo est exaspéré et ce 1er décembre 1997, Sprewell va devenir « l’étrangleur de la baie de San Francisco ». Lors d’un entrainement, le coach crie sur Spree, lui demandant de mieux appuyer ses passes. Il dira « put a little mustard » lors d’une passe. Le joueur n’apprécia guère et répliqua qu’il n’était pas d’humeur à recevoir des critiques avant de conseiller à Carlesimo de se tenir à distance. Lorsque le coach s’approcha, Sprewell l’étrangla pendant 7 à 10 secondes avant que les assistants et coéquipiers ne les séparent. Latrell avait réellement essayé de tuer son coach. Il lui a au moins laissé des marques très visibles pendant le procès qui a suivi. Il revint 20 minutes plus tard pour pousser son coach et lui lancer un regard meurtrier avant une nouvelle intervention de ses coéquipiers. C’est la fin de l’histoire de Sprewell aux Warriors. Il fut suspendu jusqu’à la saison suivante, le reste de son salaire de l’année allant dans les caisses de la NBA. Il est finalement envoyé aux Knicks, après des rumeurs vers Miami ou Houston, contre John Starks, Terry Cummings et Chris Mills.

Sa première déclaration sur son acte est saillante :

« Je n’ai pas étranglé P.J si fort, il pouvait respirer. Je ne veux pas que les gens pensent que je suis un mauvais gars. Je n’ai pas dit que je ne devais pas être puni, j’ai seulement dit que c’était excessif ».

Pour clore son passage à San Francisco, voici son top 10 à Golden State :

NEW YORK : SA NOUVELLE VIE

Comme à son arrivée aux Warriors, Sprewell débarque dans une team habituée aux Playoffs. Les Knicks ont vaincu leurs rivaux : Le Miami Heat 3 manches à 2 au premier tour 1998 (revanche d’une demi-finale de conférence magnifique en 7 manches), et ce, sans Patrick Ewing ! La légende new-yorkaise s’était blessée en début de saison. Résultat : 56 matchs manqués alors que le même Ewing n’en avait raté que 20 sur les 10 dernières années ! Le pivot a désormais 36 ans et le flambeau va changer de main à New York. Allan Houston est une étoile montante pétrie de talent, au moins autant que peut en avoir Sprewell. De son côté, Spree est revanchard. Il s’est entretenu avec Stern pour présenter ses excuses sur son comportement et veut prouver qu’il a encore le niveau après une saison quasi-blanche.

Il déclara en conférence de presse :

« Je vais tout recommencer et montrer aux gens le vrai moi. PJ n’est pas un mauvais gars, et je suis ici pour vous montrer que je n’en suis pas un non plus… Je suis désolé. Nous faisons tous des erreurs. J’en ai fait une, j’ai dit que j’étais désolé et je demande une seconde chance. Je ne suis pas la personne que l’on a décrite ».

La saison 1998-1999, ou plutôt la saison 1999 puisqu’elle n’a débuté que le 5 février. Le nouveau n°8 new-yorkais a endossé un rôle de 6ème homme à son retour de blessure en mars, après avoir été titulaire les deux premiers matchs. Il joue tout de même plus de 33 minutes par soirs. Avec une saison écourtée à 50 matchs, tout va vite. Dans les deux conférences, une équipe à 50% de victoires n’est pas playoffable. Heureusement, les Knicks arrachent la 8ème place la dernière journée au nez et à la barbe des Hornets de Charlotte.

DES PLAYOFFS INCROYABLES

Pour la 3ème fois consécutive leur adversaire est le Heat et pour la 3ème fois consécutive nous allons assister à un match décisif. Les deux équipes se tiennent au coude à coude dans cette partie ultra défensive. Côté New York, à part deux joueurs à 2/2, personne n’atteint 50% aux tirs. Le duel Mourning/Ewing est à la hauteur des espérances. La rencontre est ponctuée de shoots sortis de nulle part signés Dan Majerle, Chris Child, Allan Houston… Terry Porter converti ses deux lancers francs à 1mn du gong pour placer Miami devant (77-74). Pat Ewing répond en rentrant lui aussi ses deux LF et sur l’action suivante, Tim Hardaway perd le ballon rapidement, déviée par Spree. Il reste 20 secondes au chrono et -1 au score, les Knicks demandent un temps mort tandis qu’Hardaway se prend la tête dans ses mains. Latrell est alors le deuxième marqueur de NY mais surtout Allan Houston n’est pas en réussite avec 10 points à 4/12. Sur la dernière action, la défense du Heat est parfaite, la balle sort en touche à moins de 5 secondes du buzzer final. Plus le choix pour New York, il faut shooter et vite. Un système à double écrans permet à Houston de se libérer. Il est immédiatement pris à deux mais parvient grâce à un premier pas rapide à prendre quelques centimètres d’avance. Ce sera suffisant pour déclencher le tir. Le ballon tape le devant de l’arceau, monte lentement jusqu’en haut de la planche avant de retomber délicatement dans le fond de l’arceau, en même temps que le bruit du buzzer (les arbitres ajouteront finalement 8 dixièmes au chrono). Les Knicks courent dans tous les sens, le Heat est figé sur place. L’histoire est belle et la rivalité est à son comble ! C’est la 2ème fois de l’histoire qu’une équipe classée 8ème parvient à éliminer le 1er. Trois nouvelles équipes l’ont fait depuis.

Vidéo du shoot historique d’Allan Houston :

Ensuite, les Knicks rencontreront Atlanta. La série sera moins palpitante. Le mot d’ordre est la défense qui se fera au détriment de la beauté du jeu. New York va sweeper les Hawks et Sprewell sera le meilleur marqueur de la série avec 22,5 ppg.

Pour le dernier duel à l’Est : Indiana se dresse sur leur passage. Les Pacers sont les grands favoris de cette conférence Est post-Jordan, d’autant plus qu’ils viennent d’infliger deux sweeps d’affilé. Les trois premiers matchs sont ultra serrés : 3, 2 et 1 points d’écart. Le quatuor des Knicks (Ewing-Johnson-Houston-Sprewell) évolue à un haut niveau lors du game 1 et arrachent la victoire dans la dernière minute malgré un shoot clutch de Reggie Miller. Indiana prend sa revanche au match suivant malgré un mauvais pourcentage. Le gros point noir de cette rencontre fut la blessure de Patrick Ewing au tendon d’Achille, qui le rendra indisponible jusqu’à la fin des PO. De retour dans la Grosse Pomme, les Knicks jouent un basket très inspiré mais les Pacers semblent trop forts. Malgré une lutte acharnée, Indiana est devant (trois points à l’entame de la dernière action), possession New York et une vingtaine de secondes au chrono. C’est Larry Johnson qui va prendre des initiatives : il rentre un shoot à 3pts avec la faute, et inscris le lancer franc pour donner la victoire d’un point aux Knicks. La foule est en délire, c’est une des actions les plus intenses jamais vu au Madison Square Garden.

Le fameux shoot de Larry Johnson :

Sprewell sera titularisé à partir du game 4, match sans grand intérêt du côté de NY où Latrell sera le seul à dépasser les 40% au shoot dans le starting five. La rencontre suivante est un match charnière dans cette série à égalité parfaite. Plus personne ne croit en ces Knicks orphelins d’Ewing, l’histoire aura quand même été belle. Aux Pacers, Reggie Miller veut se rattraper de ses deux derniers matchs au niveau du pourcentage horrible (3/11 et 3/10). Il plantera 30 points, mais le jeu d’Indiana est trop stéréotypé. De plus, Jalen Rose commets beaucoup de fautes. En face, Sprewell a la rage aux lèvres et inscrit 29 points, bien épaulé par Marcus Camby : 21 points, 13 rebonds et 6 contres. La différence va se faire dans le dernier quart-temps, remporté 36-25 par New York, notamment grâce à de grosses actions de Spree. Les Knicks rentrent à la maison avec l’occasion de conclure la série ! Le game 6 commence mal avec la blessure de Larry Johnson mais c’est sans compter le génie d’Allan Houston qui va planter 32 points à 12/17 (après avoir commencé à 1/5, faites le calcul). Sprewell ajoute 20 points. En face, Miller n’y est pas du tout, il réalise peut-être la pire performance de sa carrière : 3/18 au shoot. Le buzzer retentit. C’est fait, les New York Knicks deviennent la première équipe de l’histoire à atteindre les Finals en étant 8ème de conférence. Chris Childs envoi le ballon dans les gradins et le public explose, il y a des pleurs dans la salle : personne, à part les Knicks eux-mêmes, n’y croyait !

spA l’Ouest, les Spurs débarquent avec un bilan de 11-1. Ils viennent de balayer les Lakers et les Blazers. Tim Duncan évolue à un niveau phénoménal et Robinson a encore des jambes. L’équipe est soudée, la communication est l’une des meilleures en NBA. Le 5 de départ Avery Johnson – Mario Elie – Elliott – Duncan – Robinson est complémentaire et efficace. Les joueurs de la grosse pomme, eux, se présentent sans Patrick Ewing ni Larry Johnson. Pour faire face aux nouvelles « twin towers », c’est léger et San Antonio le confirmera. Duncan est trop fort. Sur la série, il culmine à 27.4 points, 14 rebonds et 2.2 contres, pour ses premières finales tout en étant sophomore ! Malgré de bonnes performances du duo Houston-Sprewell, les Knicks ne parviennent à gagner qu’un match. Quelle victoire cependant !

Côté Big Apple, cette finale n’est pas à résumer aussi rapidement. Il y a d’abord eu ce match 3 remporté grâce à un très bon duo Sprewell-Houston. C’est aussi et surtout des émotions de voir ce petit groupe en qui personne ne croyait arriver à regarder yeux dans les yeux les champions. C’est enfin ce game 5, où Sprewell rentrera dans la légende du Madison Square Garden. Ce match est de loin le plus serré et le plus tendu de la série, enchaînant les actions défensives. Les Knicks ne veulent pas voir les Spurs fêter leur titre chez eux. Duncan survole encore la série avec 31 points mais Sprewell à la rage. Il veut absolument la victoire et transpire d’émotions. Pour preuve ce dunk sur Jaren Jackson qui fait lever tout le MSG. Au bout de 3 quarts-temps, les deux équipes sont à égalité avec ce petit score : 58 partout. Spree plantera 35 points et 10 rebonds. Après 2mn dans le dernier quart, il réalise un step-back avec la faute de 7 mètres pour enfin donner l’avantage aux Knicks. Le public est en fusion. Duncan et Sprewell se répondent coup sur coup. 68-65 pour les Knicks après une passe décisive de Spree pour Camby. Puis San Antonio trouve les shooters Mario Elie et Avery Johnson pour deux 3 points cruciaux. New York recolle au score (78-77) à 35 secondes du gong. San Antonio défend mieux que jamais et récupère le rebond défensif sur un shoot raté de Spree. Il faut faire un stop défensif. Robinson hérite de la balle au poste ; Camby est sur lui, poussé par le « DE-FENSE » du public. Celle-ci est bonne et David Robinson rate le lay-up, mais il suit bien et prend le rebond offensif avant de très rapidement ressortir la balle. La dernière possession de 2 secondes n’y changera rien, les Spurs défendent trop bien. Le parcours post-season des Knicks aura tout de même été incroyable et est définitivement gravé dans l’histoire de la NBA. Sprewell finira meilleur marqueur des PO 1999.

Sprewell est monté en puissance au fil de ces playoffs, la différence entre le 1er tour contre Miami et la finale contre San Antonio est frappante :

  • 16.2 points, 4.2 rebonds, 1.8 passes et 2.8 turnovers en 31.8 minutes.
  • 26 points, 6.6 rebonds, 2.6 passes et 2.8 turnovers en 44.2 minutes.

LE CHOUCHOU DU MADISON SQUARE GARDEN

Spree sera donc logiquement titulaire la saison suivante. Il se sent à l’aise à NY bien que des rumeurs de tensions avec Jeff Van Gundy apparaissent. Les Knicks déroulent un bon basket durant toute l’année et finissent avec un bilan de 50-32 pour le 3ème spot à l’Est. Sprewell, All-Star, est devenu le chouchou du MSG et son duo avec Houston fonctionne à merveille.

Après avoir humilié les Raptors du duo Carter-McGrady, les Knicks rencontrent pour la 4ème fois consécutive le Miami Heat. Et bis repetita, on a le droit une nouvelle fois à un game 7 après des game winners et des matchs serrés. Comme l’année précédente, ce match va se jouer à un point. Tim Hardaway rentre un shoot clutch à 3 points à 1:30 de la fin du match pour donner un point d’avance à ses troupes. Sur l’action suivante, Mourning réalise une grossière erreur en défense (interception ratée) et Ewing se retrouve seul pour le dunk. Après deux possessions bien défendues, la balle de match est dans la main du Heat. Pendant le temps-mort, on repasse le game winner d’Allan Houston l’année précédente en boucle. Le Heat va-t-il se venger ? Jamal Mashburn profite de la prise à deux pour libérer Clarence Weatherspoon qui fait un dribble de décalage pour prendre son shoot au-dessus de Marcus Camby. Le shoot est trop long. Sprewell, meilleur marqueur des Knicks, prend le rebond et boucle la série. Explosion de joie. Ce sera la dernière série remportée par les Knicks jusqu’en 2013 ! Indiana prend sa revanche en finale de conférence 4 à 2. Sprewell plantera 32 points par deux fois mais se sera littéralement troué dans les matchs à l’extérieur. L’année suivante, ils furent éliminés par les Raptors au terme d’une 5ème rencontre rythmée par le duel Carter-Sprewell. Après cette série, les Knicks attendront 2012 avant de regagner un match de playoffs. Il aura fallu 41 points de Melo pour l’obtenir. L’échange d’Ewing aux Sonics n’aura effectivement pas fait du bien à New York…

En saison régulière, Sprewell reste le chouchou du Garden et multiplie les exploits. En décembre 2001, il inscrivit 49 points contre Boston. Un mois plus tard, il en mettra 48 contre Milwaukee. Il plantera une dernière fois plus de 40 points cette saison en mars et finira meilleur marqueur des Knicks. En 2002, une blessure à la main le fera rater la présaison et les 8 premiers matchs de SR. Le New York Post révèlera que cette blessure vient d‘une bagarre sur son yacht. Les Knicks lui infligent 250 000$ d’amende, soit la plus grosse contravention infligée par une team à un joueur dans la grande ligue. Spree est toujours un très bon joueur mais son niveau et son impact baissent. En fin d’année, Sprewell sera transféré aux Wolves, le temps d’établir un record NBA : 9/9 à 3 points (égalé depuis par Ben Gordon).

Un mix de ses belles années aux Warriors et aux Knicks :

UNE DERNIÈRE DANSE

A Minnesota, Kevin Garnett râle. Il en a marre de se faire éliminer au 1er tour des playoffs (7 fois d’affilé). Les Timberwolves vont exaucer ses vœux et lui offrent enfin du renfort. Sam Cassell arrive en provenance des Bucks où il a formé un superbe trio avec Glenn Robinson et Ray Allen, contre Joe Smith et Anthony Peeler. Sprewell arrive lui dans un blockbuster à 4 équipes incluant le Big Dog, Keith Van Horn et Terrell Brandon. Michael Olowokandi (ne riez pas) arrive en tant que free agent. Spree inscrit son 15 000ème point en carrière cette année-là. Minny finira la saison à 58 victoires, 1er à l’Ouest devant les Lakers. Le trio Extra-professionnelle est complémentaire et la franchise aux 1000 lacs est l’équipe à battre. KG, quant à lui fut sacré MVP.

En playoffs, l’équipe roule sur Denver avant d’affronter les Kings et leur équipe ultra sexy. Tout le monde attend le duel Garnett-Webber. Dans le game 5, Sprewell aide à la victoire des siens avec 34 points à 62%, 7 rebonds et 6 passes pour mener la série 3-2. Les deux équipes se rendent coup sur coup allant jusqu’au game 7, gagné de 3 points par Minny après que Doug Christie, Brad Miller et Chris Webber aient raté leurs shoots respectifs dans les dernières secondes. Ces playoffs sont historiques dans l’histoire de la franchise : ils atteignent la finale de conférence pour la première fois. Les Timberwolves vont cependant tomber sur un mur : les Lakers du quatuor Shaq-Bryant -Malone-Payton. Garnett shoote à 46%, Cassell se blesse dans le game 2, Sprewell est irrégulier. Les Lakers sont tout simplement trop fort et Minnesota est éliminé 4-2.

Après cette belle saison, les Wolves offre une prolongation de contrat à Sprewell, à hauteur de 21 millions de dollars sur 3 saisons. C’est au moment de son refus que Spree sortira son fameux « J’ai une famille à nourrir ». Il n’accepte pas de voir sa valeur baisser. A 34 ans, il fera une dernière saison décevante avant de prendre sa retraite.

Un mix de Spree durant les PO 2004 :

SES STATS NBA

Latrell-Sprewell

SON PALMARÈS:

  • 4 x NBA All-Star (1994, 1995, 1997, 2001)
  • All-NBA 1st Team (1994)
  • NBA All-Defensive 2nd Team (1994)
  • NBA All-Rookie 2nd Team (1993)

ANECDOTES:

Sprewell aura reçu 7 suspensions et 6 amendes par la NBA ou par différentes franchises au cours de sa carrière, pour un montant total de 370 000 $. Et ce sans compter les 6.7 millions de dollars de non salaire dus à sa suspension en 1997.

Depuis sa retraite, Spree fait toujours parler de lui comme peuvent en témoigner ses frasques et divers problèmes avec le fisc. Il est le citoyen de l’état du Wisconsin le plus endetté auprès du Trésor Public ! Malgré cela, sa côte régionale n’a pas baissée : en mars 2011, les Bucks accueillent les Knicks et leur star, Carmelo Anthony ! A chaque passage de Melo sur la ligne, le public scandait « Sprewell’s better ».

Crédits photo : Sports Illustrated/Getty Images

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About Nicolas Marsoudet (31 Articles)
Élevé aux cross d'Allen Iverson, au scoring de Kobe, à la puissance et à la domination de LeBron James, je suis un jeune rédacteur et fan absolu de la NBA de nos jours... mais aussi de la NBA d'antan. J'aimerais un jour réaliser mon rêve: devenir journaliste sportif !

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