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Artis Gilmore, le plus grand des plus grands

Portrait

Convoitise, espoir et déception : voilà comment on pourrait résumer la plupart des carrières des joueurs de 2,20m et plus en NBA depuis 40 ans. Focus sur l’un d’entre eux, Artis Gilmore, ancien joueur des Bulls et des Spurs, qui fête aujourd’hui ses 68 ans.

La plupart des joueurs atteignant de telles tailles ont été victimes de pépins physiques à répétition. Yao Ming, du haut de ses 2,29m, a été contraint de prendre sa retraite à 31 ans, en ayant disputé moins de 500 matchs dans la Grande ligue. Ralph Sampson, du haut de ses 2,24 mètres, a réalisé 3 saisons pleines de très haut niveau avant d’être rattrapé par une fragilité liée à sa taille. Manute Bol et Gheorghe Muresan, les deux plus grands joueurs ayant foulé les parquets NBA, symbolisent cette constante avec, chacun à sa manière, des fins de carrières étriquées.

Parmi les géants au pays des géants, Artis Gilmore fait figure d’exception à plus d’un titre. Du haut de ses 2.20m et de ses 120 kg, il n’a loupé que 56 matchs en 17 saisons professionnelles. Pour des statistiques qui parlent d’elles même, Gilmore s’étant approché des 25,000 points, avec plus de 11,500 rebonds et 3000 contres en 1329 matchs de ABA et NBA. En sortant des chiffres, Artis Gilmore est un personnage qui a avant tout marqué par son physique impressionnant, sans doute le joueur de plus de 2,20 le plus solide que la ligue ait connu. Il demeurait aussi un pivot au toucher particulièrement efficace, puisqu’il possède la meilleure réussite aux tirs en carrière avec 59,9 % sur ses seules années NBA ! (Shaquille O’Neal le devance si l’on prend en compte ses années ABA) .

Il fut ainsi sans surprise un pivot dominant durant ses 4 années de fac, d’abord parmi les Runnin’ Bulldogs de Gardner-Webb, petite université de Caroline du Nord, puis dans la fac plus prestigieuse des Dolphins de Jacksonville. C’est durant ses deux années floridiennes qu’il s’est fait remarquer en signant un double double-double de moyenne, record universitaire établi à l’époque, et après avoir porté les siens à une finale de la March Madness. Il ne fut cependant que le 117ème choix de la draft NBA 1971, sélectionné par les Bulls.

IArtis Gilmore 1971-1972 Kentucky Colonelsl décida alors de rejoindre les Colonels du Kentucky, qui l’avaient sélectionné en huitième position de la draft de ABA. Gilmore eut ainsi un volume de jeu lui permettant de s’épanouir, devenant MVP dès sa saison rookie, devant des joueurs tels que Rick Barry et Julius Erving. En seulement 5 ans, Gilmore est devenu le meilleur contreur de la courte histoire de cette ligue, et son second rebondeur. Sur le plan collectif, il mena sa franchise à une finale en 1973, puis à son premier titre en 1975. Durant ses 5 saisons ABA, le pivot a été nommé dans la meilleure équipe de la saison à chaque fois, et chaque année All-Star. En 1975, il est aussi le MVP des playoffs. Son troisième et cinquième match des finales ABA face aux Pacers a marqué les esprits, avec ses 41 points et 28 rebonds, puis 28 points et 31 rebonds pour confirmer la victoire.

SON ARRIVÉE A CHICAGO

Lorsque la ABA fut dissoute, le hasard confia le premier choix de la draft de dispersion à Chicago. Artis Gilmore fut ainsi choisit pour la deuxième fois par la franchise des Bulls, équipe de second rang en NBA à l’époque. Gilmore, à seulement 27 ans, apparaissait comme le deuxième meilleur pivot de son époque, derrière Abdul-Jabbar, champion en 1971. Sur le plan personnel, durant la saison 1977-1978, il atteint ses meilleures statistiques en carrière avec 23 points, 13 rebonds et 2.2 contres, devenant All-Star pour la première fois en NBA. Il obtient aussi son unique sélection dans la deuxième équipe défensive de l’année de NBA, à ex aequo avec Abdul-Jabbar.

gilmoreSes premières saisons en tant que professionnel se sont avérées tout à fait remarquables pour un joueur de sa taille, ne montrant aucun signe de fragilité : il n’a ainsi loupé aucun match de saison régulière avant l’âge de 30 ans, durant sa quatrième saison avec Chicago. Soit l’impressionnant total de 714 matchs consécutifs joués entre les deux ligues (A noter que la ABA se jouait en 84 matchs par saison).

Gilmore s’est ainsi très vite imposé en NBA mais ne parviendra pas à atteindre un niveau vraiment dominateur. Bon défenseur, attaquant très efficace, il n’aura pas non plus été suffisamment entouré pour dépasser le stade des finales de conférence. L’émergence de Moses Malone, qui passe un pallier impressionnant en 1978-1979, a éclipsé Gilmore, qui est resté un All-Star régulier, une valeur sûre. Il ne fera cependant qu’une fois les playoffs avec Chicago, en 1981.

DES BULLS AUX SPURS

Après un nouvel échec la saison suivante, il a rejoint une franchise de bon niveau qui cherchait à passer au niveau supérieur, les San Antonio Spurs, profitant déjà du leadership du « Iceman » George Gervin. L’ailier Mike Mitchell arrive la même année, San Antonio remporte une nouvelle fois sa division. L’équipe échoue en finales de conférence face aux Lakers de Magic Johnson, et du pivot Kareem Abdul Jabbar. Après un premier match raté (7 points), Gilmore réussit un double double-double avec 27 points et 20 rebonds pour permettre aux siens d’égaliser. Sur les 6 matchs de la série, Abdul-Jabbar se montre cependant trop fort pour Gilmore, et maintient une moyenne de 26 points par rencontre.

En 1985, le départ de Gervin affaiblit une équipe qui avait finalement plafonné depuis l’arrivée du pivot. Gilmore est vieillissant, il est resté dans l’effectif jusque 1987. Il est revenu aux Bulls au début de cette nouvelle saison, mais est échangé assez rapidement pour rejoindre, pour la première fois de sa carrière, une équipe prétendante au titre NBA, à savoir Boston. Il embrasse aussi un rôle de remplaçant qui convenait mieux au déclin que le joueur de 38 ans connaissait alors. Après des finales de conférence perdues face à Detroit, Artis Gilmore a finalement tiré sa révérence.

Fort d’une carrière plus riche en statistiques qu’en distinctions personnelles ou collectives, il demeure le joueur de 2.20m tant recherché encore aujourd’hui. Il a cependant été mal entouré durant ses meilleures années en NBA, ne laissant pas une image indélébile à cette ligue compte tenu de ses qualités et de son potentiel. Il n’a d’ailleurs été intégré au Hall of Fame qu’en 2011, 23 ans après sa retraite.

SES STATS EN CARRIÈRE

Artis Gilmore

 

SON PALMARÈS

  • Champion ABA et MVP des Playoffs 1975.
  • MVP de ABA et Rookie Of The Year 1972
  • 5 fois All-ABA First Team (1972-1976)
  • 4 fois ABA All-Defensive First Team (1973-1976)
  • ABA All-Time Team
  • 5 fois ABA All-Star (1972-1976). MVP du All-Star Game 1974
  • 6 fois NBA All-Star (1978, 1979, 1981, 1982, 1983, 1986)
  • NBA All-Defensive Second Team (1978)
  • NCAA Basketball All-Americans Team (1971)

ARTIS GILMORE EN VIDÉO

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About Antoine Abolivier (76 Articles)
Tombé dans le basket en découvrant Tony Parker et Boris Diaw. Passionné par tout ce qui touche à son histoire que ce soit le jeu, la culture ou les institutions. Présent sur twitter, @AAbolivier

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