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[Portrait] Steve Kerr, le serial killer par excellence

Portrait

Entraîneur des Golden State Warriors, Steve Kerr a aussi effectué une belle carrière sur les parquets NBA avec 5 titres NBA à son actif. Basket Rétro vous retrace son parcours de basketteur et de dirigeant à l’occasion de ses 52 ans. Chers lecteurs, nous sommes aujourd’hui au « Kerr » de l’action.

Stephens « Steve » Douglas Kerr voit le jour le 27 septembre 1965 à Beyrouth au Liban. Après avoir grandi dans ce pays africain et aussi en Egypte, il passe sa jeunesse du côté de la Californie à Pacific Palisades. Il passera ensuite 5 années aux Etats-Unis du côté de l’université de l’Arizona à partir de 1983 en jouant pour l’équipe des Wildcats à l’âge de 18 ans. A l’été 1986, il fait partie de ces jeunes joueurs retenus dans la liste de Team USA pour participer au championnat du monde en Espagne. A ce moment-là, la sélection américaine, qui remporte la médaille d’or, est composée uniquement de jeunes joueurs amateurs. Celle-ci, est la dernière qui sera constituée de la sorte avant que les stars de la NBA portent le maillot de la sélection nationale. Lors de ce championnat, malheureusement, Kerr se blesse au genou, ce qui va le contraindre à rater entièrement la saison 1986-1987 avec l’université d’Arizona. Avec son tir long distance, Kerr est d’un naturel leadership au sein de sa fac. Il les mènera au Final Four en 1988 dans lequel joue aussi un certain Sean Elliott. Il affiche à l’issue de sa dernière année de fac un pourcentage exceptionnel au tir à 3 points : 114 tirs réussis sur 199 soit 57,3%). Son maillot floqué du numéro 25 est retiré et Steve Kerr poursuit sa vie de basketteur en rejoignant la Grande Ligue et la NBA.

LA NBA ET LA CONSÉCRATION AVEC LES BULLS

Steve Kerr - arizona wildcats (c)solecollectorAprès la fac d’Arizona qu’il quitte en 1988 et avec laquelle il obtient un diplôme en histoire, sociologie et anglais, Kerr reste dans cet Etat américain et va continuer à profiter du soleil non pas pour faire bronzette tous les jours mais pour donc effectuer ses premiers pas dans la NBA. Il est drafté par Phoenix où il y restera un an seulement après son arrivée. Il débarque ensuite dans l’Ohio aux Cavaliers de Cleveland où il restera 3 saisons. En 1993, il joue pour Orlando une année et rejoindra les Bulls de Chicago au moment où Jordan prendra sa retraite avant que celui-ci ne revienne. Sa majesté, sortie de se retraite, permettra à Chicago de briller notamment avec le titre remporté en 96, le premier pour Steve Kerr. En 1997, rebelote, les Bulls signent le doublé avec un Kerr décisif. Il reçoit le ballon suite à une passe de Michael Jordan et se charge du tir victorieux (un panier à 2 points) dans les dernières secondes du match 6. Kerr en 25 minutes de jeu ce soir-là finit la rencontre avec 9 points. Chicago décroche son 5e titre grâce à sa victoire 88-86 contre Utah. Le shoot et la scène de joie de Steve Kerr et des Bulls.

Kerr se montre décisif à nouveau en finale en 98. Lors du Game 2 face au Jazz, le numéro 25 des Bulls rate son tir à 3 points mais récupère son propre rebond et enchaîne avec une « no look pass » en direction de Jordan qui prend un tir à 3 points. Celui-ci victorieux permet aux hommes de Phil Jackson d’égaliser à une victoire partout. La suite, on la connait, Chicago remportera la finale 4 manches à 2 face aux Sonics de Seattle. Bien qu’étant coéquipier, Jordan et Kerr en sont déjà venus aux mains, information qu’on apprend dans plusieurs vidéos.

Steve Kerr s’est montré ravi d’avoir évolué aux côtés de deux grands joueurs à Chicago : Pippen et Jordan comme il l’indiquait au Chicago Tribune.

« Scottie était un joueur incroyablement talentueux qui, avec Michael, m’a apporté 3 bagues. Je me devais de venir et de les remercier pour cela. J’ai eu ma part évidemment dans ces succès, mais ce sont eux qui ont rendu tout cela possible. »

« C’est tellement difficile de décrire Jordan. On m’interroge tout le temps à propos de ses exploits, de la façon qu’il a eue de dominer l’ensemble de la ligue, de sa capacité à intimider ses adversaires, à soulever notre équipe ou la détermination qu’il affichait à l’entraînement et la manière qu’il avait d’en faire une compétition féroce. Je n’ai jamais vu quelqu’un comme lui. Et je ne pense pas en revoir un jour. »

Sur NBA TV, Kerr partage sur le plateau le moment où il croise le regard de Jordan. C’était en 1989, où il joue à Phoenix. Alors qu’il est sur le banc, Kerr voit Jordan s’approcher avec le ballon. Il fixe Kerr et lui dit de bien le regarder. Dans les secondes qui suivent, Jordan ira dunker sur Dan Majerle avant de revenir vers son banc tout sourire.

Le 8 novembre 1997, Kerr bat son record de points avec la franchise de l’Illinois en scorant 21 unités. Tout au long de sa carrière, avec Chicago, il affiche ses meilleures moyennes de points bien qu’il ne soit pas réputé pour être un gros scoreur:

…ET LES SPURS

(c) AP

(c) AP

Après ce « three peat » (terme si cher à Pat Riley) obtenu avec cette belle équipe de Chicago, Kerr continue son voyage aux Etats-Unis et atterrit au Texas en jouant pour les Spurs de San Antonio aux côtés de Tim Duncan et David Robinson. En 1999, il rejoue une nouvelle finale NBA puisque les Spurs atteignent pour la première fois ce stade de la compétition. En battant les New York Knicks, le club texan remporte ainsi son premier titre NBA, soit le quatrième pour Kerr. Il est à ce jour celui qui a gagné deux titres NBA avec 2 clubs différents comme Frank Saul (avec Rochester en 1950-51  et Minneapolis en 1951-52).

En 2003, il est celui qu’on surnomme le « facteur x » (terme très employé dans le jargon actuel du basket) Inattendu, il plante 4 gros shoots à 3 points dans le money time lors du Game 6 contre les Dallas Mavericks en finale de la Conférence Ouest. Kerr, remplaçant habituel des Spurs et back up de Tony Parker, devient décisif à un moment clé et pulvérise le rival texan. Pourtant ce soir là, les supporters des Mavs pensaient que leur équipe maîtrisait bien la rencontre et était bien parti pour jouer un 7e match décisif avec leur 13 points d’avance à la fin du 3e quart temps (69-56). Et même les Mavs de Dirk Nowitzki menaient 63 à 48 à 2 mn 55 de la fin du 3e quart. Mais sur les 12 dernières minutes Tim Duncan, Manu Ginobili, Stephen Jackson, Malik Rose et Steve Kerr font partie du 5 de départ du quatrième quart temps et tous vont produire un super basket ultra collectif (qui font toujours l’identité de San Antonio) avec une pluie de paniers extérieurs et intérieurs. Dallas se perd sur le terrain et les Spurs étrillent son concurrent texan dans ce quatrième quart-temps en infligeant un sévère 34-9 dont 12 points de Steve Kerr tous inscrits à 3 points. Et à 100 % de réussite en 12 minutes seulement sur le parquet, soit un panier à trois points à la minute. C’est ce qu’on appelle rentabiliser son temps de jeu avec efficacité. Evidemment le banc des Spurs a exulté avec ce come back de leur équipe avec David Robinson, Tony Parker et autres briscards Kevin Willis, et Steve Smith. Au final, victoire des hommes de Popovich 90-78.

Champion de la conférence Ouest, San Antonio joue une deuxième finale NBA en 2003 et battent 4-2 les Nets de New Jersey emmenés notamment par Jason Kidd et Vince Carter. San Antonio devient le nouveau club à gagner 2 fois le championnat NBA, et Steve Kerr décroche sa cinquième bague de champion.

spurCe qui caractérise Steve Kerr comme beaucoup de joueurs, c’est qu’il peut prendre feu à tout moment en étant un joueur de banc. Il peut sortir son équipe d’une situation difficile et planter des paniers extérieurs à des moments cruciaux comme ce fut le cas dans les finales NBA qu’il a jouées. Un joker de luxe comme on dirait dans le jargon du sport.

Après 15 saisons NBA, il quitte les terrains avec 5 titres de champion au total. Si on s’amuse à faire les calculs, il aura gagné 1 titre tous les 3 ans. Qui signerait pour ça ? Beaucoup non ? Il remporte aussi le concours de tirs à 3 points en 1997 lors du All Star Weekend à Cleveland. Son pourcentage au tir à 3 points est exceptionnel avec 726 tirs rentrés sur 1599 tentés, soit 45,4 %. Lors de la saison 1994-95 il réussit à marquer 89 tirs à 3 points sur 170 tentés, soit 52,4 %. Celui qui veut battre ou égaler son record, préparez-vous alors.

Amusant, Kerr et Robert Horry ont à eux deux alternativement soulevé 12 des 14 trophées de champion NBA entre 1994 et 2007.

  • Kerr : 1996, 1997, et 1998 avec Chicago ; 1999 et 2003 avec les Spurs.
  • Horry : 1994 et 1995 avec Houston ; 2000, 2001, 2002 avec les Lakers 2005 et 2007 avec les Spurs.

Kerr et Horry ont remporté 3 titres avec Phil Jackson comme coach (avec Chicago pour le meneur et Los Angeles pour l’ailier). Et autre point commun, tous deux remportent des titres avec une franchise texane (les Spurs et les Rockets).

DE CONSULTANT A DIRIGEANT DE PHOENIX

En 2003, Kerr prend sa retraite et reste toujours dans le basket en devenant consultant pour la chaîne TNT (Turner Network Television). Autant dire que c’est de la dynamite. Pendant sa prise de fonction, l’ex joueur de Chicago tient une rubrique sponsorisée par Coors Light (une marque de bière américaine) intitulé « Steve Refreshing Thoughts », une séquence dans laquelle il évoque plusieurs grands moments historiques de la NBA (comme Basket Rétro en fait). Sa rubrique perdure mais est sponsorisée cette fois-ci par Sprint (« opérateur de téléphonie mobile américaine ») et change d’appellation : « Steve Wonders ». Il intervient ponctuellement sur Yahoo également.

(c) Ross D. Franklin - AP

(c) Ross D. Franklin – AP

Ceux qui ont joué à NBA Live ou NBA 2K ont sans doute reconnu sa voix dans les commentaires de ces jeux de simulations aux côtés de Marv Albert, célèbre commentateur des matchs NBA. En 2007, il met fin à ses fonctions de consultant et Phoenix l’accueille à nouveau pour prendre la direction des opérations basket et Kerr devient donc General Manager. Il quitte ce poste en 2010. C’est lui notamment qui a fait venir le grand pivot Shaquille O’Neal dans l’Arizona le 6 février 2008 en échange de Shawn Marion, parti à Miami. Puis il bâtit une équipe des Suns autour du duo Steve Nash – Amare Stoudemire. En 2010, Phoenix atteint les finales de conférence. Il fait resigner Nash pour 2 ans à 22 millions de dollars. A l’époque Kerr se satisfait que le meneur canadien poursuive sa carrière à Phoenix :

« Steve est encore un des meilleurs meneurs de la Ligue et sa dévotion à son sport et son métier vont le maintenir au sommet pendant encore quelques années ».

Il mène aussi des actions dans le basket à travers le monde entier : Il fait partie du conseil d’administration pour Peace Players International (PPI) l’organisation basée à Washington, qui utilise le basket-ball comme un moyen pour combler des fossés culturels dans les zones de conflit politique, racial et religieux. PPI installe des camps de basket-ball et des cliniques pour des jeunes et opère en Afrique du Sud, l’Irlande du Nord, Israël et la Cisjordanie (la Rive ouest). Ainsi Steve Kerr disait :

« Malgré l’incroyable diversité et que nous soyons bénis dans ce pays, les écoles sont toujours en grande mesure isolées à cause de la disparité économique. Le sport est un des rares domaines où on donne vraiment aux enfants l’occasion d’interagir avec d’autres qui ont des races et religions différentes ».

SES STATS NCAA

  • 1983 – 1984 : 7,1 points ; 1,2 rebonds ; 1,3 passes
  • 1984 – 1985 : 10 points ; 2,4 rebonds ; 4 passes
  • 1985 – 1986 : 14,4 points ; 3,2 rebonds ; 4,2 passes
  • 1986 – 1987 : blessé
  • 1987 – 1988 : 12,6 points ; 2 rebonds ; 3,9 passes

SES STATS NBA

Steve Kerr

 

SON PALMARÈS

  • 5 fois champion NBA de 1996 à 1999 et en 2003
  • Vainqueur du NBA Three Point Shootout en 1997
  • Vainqueur du NBA Shooting Stars en 2006
  • Son maillot n°25 est retiré par l’université de l’Arizona

UN MIX RETRAÇANT LA CARRIÈRE DE STEVE KERR

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About Richard Sengmany (427 Articles)
Découvrant le basket dans les années 90 grâce à la diffusion des matchs NBA sur Canal+, je rédige depuis plus de dix ans des articles sur la balle orange, sur d'autres disciplines sportives et la culture.

1 Comment on [Portrait] Steve Kerr, le serial killer par excellence

  1. Oh oui ! Je signerais bien pour un titre tous les 3 ans. Surtout que vu mon niveau, je me contenterais même d’une place sur le banc lol

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