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Saison 2000-2001 : le Kinder Bologne de Ginobili et de Rigaudeau, Roi de l’Europe

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Kinder Bologne vainqueur de l'Euroligue en 2001 (c) Frank Lawlor - euroleague net

Saison 2000-2001 avec le sacre du Kinder Bologne, club où ont évolué Manu Ginobili et Antoine Rigaudeau. Avec un formidable parcours, le club italien a décroché son titre européen au bout d’une finale haletante face aux Espagnols de Vitoria.

2001 est l’année durant laquelle sont organisés deux grandes coupes d’Europe suite à la scission et un quiproquo entre la FIBA et l’ULEB. Le club italien du Kinder Bologne joue ainsi dans l’ULEB Euroligue en compagnie de 23 autres équipes. D’autres grosses cylindrées européennes participent quant à elles à la FIBA Suproligue. Les 24 équipes dans cette Euroligue sont réparties en quatre groupes de six. Les quatre premiers se qualifient pour les huitièmes de finale qui se jouent au meilleur des trois matchs.

1ER TOUR : GINOBILI, RIGAUDEAU ET GRIFFITH, LE TRIO DE SCOREURS DU KINDER

Manu Ginobili - Kinder Bologne (c) espn.go.com

Manu Ginobili – Kinder Bologne (c) espn.go.com

Au premier tour de l’Euroligue, le Kinder Bologne est placé dans le Groupe B. En 5 matchs aller et 5 matchs retour, Bologne, entrainé par Ettore Messina, réalise un parcours quasi-parfait dans cette phase de groupes : 9 victoires et une défaite. Ce revers unique, elle le subit lors de la première journée face à l’AEK Athènes (78-77). Elle enchaîne ensuite neuf victoires d’affilée en phase de poules. Lors de cette saison Euroligue, Bologne recrute un arrière argentin en provenance du Reggio Calabre : Manu Ginobili. Et on comprend effectivement mieux les raisons qui ont poussé les dirigeants de Bologne à recruter l’Argentin.

Après un match transparent lors de la première journée face à l’AEK avec un seul point marqué, l’actuel arrière de San Antonio a enchainé les matchs à 11 points et plus (hormis la huitième journée avec 7 unites) dont trois à 20 points et plus :

  • 22 points à 4/9 aux tirs dont 3/6 à 3 points ; 6 rebonds et 3 passes et 3 interceptions (le 25 octobre 2000 face au Cibona Zagreb – victoire 106-88)
  • 21 points à 6/12 aux tirs dont 2/3 à 3 points ; 3 rebonds et 3 interceptions (le 8 novembre 2000 face au Spirou Basket – victoire 80-58)
  • 20 points à 5/7 aux tirs, 10/11 aux lancers-francs ; 7 rebonds et 5 interceptions (le 10 janvier 2001 face au Spirou Basket – victoire 106-87)
Antoine Rigaudeau - Kinder Bologne (c) bbc co uk

Antoine Rigaudeau – Kinder Bologne (c) bbc.co.uk

Il marque 14 points de moyenne en 10 matchs dans cette phase de groupes. A ses côtés, il évolue auprès d’un des meilleurs joueurs français et en Europe du moment : Antoine Rigaudeau qui joue sa quatrième saison au sein de cette équipe italienne. Le meneur est le troisième meilleur marqueur de Bologne comme en témoigne ses quelques bons matchs en phase de poules :

  • 26 points dont 6/9 à 3 points face à l’AEK Athènes (défaite 78-77 le 18 octobre 2000)
  • 4 matchs à 14 points (2e journée vs Cibona ; 4e journée vs Spirou ; 5e journée vs Saint-Petersbourg ; 9e journée vs Spirou
  • 22 points à 4/5 aux tirs, 11/12 aux lancers-francs

Ses stats de moyenne en 10 matchs du premier tour : 13,1 points

Rashard Griffith - Kinder BologneUn autre joueur a eu un impact considérable dans ce premier tour de l’Euroligue : l’intérieur américain Rashard Griffith. Gros rebondeur et omniprésent dans la raquette, il a signé de bonnes performances dont plusieurs double-double :

  • 20 points à 8/15 aux tirs et 13 rebonds dont 8 offensifs (défaite 78-77 face à l’AEK Athènes le 18 octobre 2000)
  • 19 points à 7/12 et 8 rebonds (2e journée vs Cibona, victoire 106-88)
  • 12 points et 10 rebonds (5e journée vs Saint Petersbourg, victoire 84-78)
  • 12 points et 15 rebonds (6e journée vs AEK Athènes, victoire 81-66)
  • 23 points et 8 rebonds (10e journée vs Saint Petersbourg, victoire 82-78)

Le pivot de 2m12 a réalisé à l’issue de ces 10 matchs de poules quasiment un double-double de moyenne : 14,1 points et 9,4 rebonds.

Grâce aux indéniables apports offensifs de Ginobili, Rigaudeau et Griffith, avec un si bon bilan, les Italiens de Bologne finissent premier et se qualifient pour les huitièmes de finale où ils ont affronté l’Estudiantes Madrid.

8E DE FINALE : BOLOGNE ÉCRABOUILLE ESTUDIANTES 

Pour son premier match de phase finale, le Kinder Bologne a vécu une somptueuse soirée le 1er février 2001 à domicile. Après avoir été accroché dans le premier quart-temps gagné 26-22, les joueurs d’Ettore Messina ont terrassé leurs adversaires dans les 10 minutes suivantes. +17 dans le second quart-temps : 39-12. +31 à la mi-temps : 65-34. Tout le collectif s’est mis en avant et plus particulièrement Marko Jaric.

Avec seulement 7,2 points et 2,6 passes de moyenne lors de la phase de groupes, le meneur serbe a rendu une sublime copie : 21 points, 5 rebonds, 9 passes et 6 interceptions. A ses côtés, Ginobili marque 16 points à 6/7 aux shoots en 19 minutes ; Griffth inscrit 16 points et prends 7 rebonds ; Rigaudeau score 14 points. En face, à Estudiantes, seuls Alphonso Reyes (23 points et 9 rebonds), Rico Hill (17 points et 7 rebonds) ont surnagé.

Une semaine plus tard, Bologne retrouve le même adversaire qui va cette fois-ci davantage les bousculer dans l’optique d’arracher un match d’appui. Après avoir compté 15 points d’avance dans le premier quart-temps qu’elle gagne 26-12, le Kinder se relâche, ce qui profite à son adversaire. Madrid prend le dessus dans le second quart-temps en gagnant de 10 points (29-19). Les Espagnols ne sont menés que de deux unités à la mi-temps : 47-45.

Mais l’équipe de Messina resserre leur défense après le repos n’encaissant que 13 points à la fin du troisième quart-temps qui leur permet de prendre 12 points d’avance : 70-58. Madrid se rapproche de Bologne et a plusieurs occasions de revenir au plus près de Bologne au score. Mais à chaque opportunité, Bologne creusait l’écart à l’image du trois-points de Rigaudeau : 81-73. L’opposition était plus serré mais c’est finalement le Kinder qui va s’imposer 85-80 et se hisse en quart de finale.

QUART DE FINALE : DEUX RENCONTRES ETRIQUEES VS OLIMPIJA LJUBLJANA

Au tour suivant, le Kinder Bologne, sans Antoine Rigaudeau, affronte l’Union Olimpija Ljubljana qui a éliminé en huitième le PAOK Salonique en trois matchs. Et la troupe d’Ettore Messina aura du fil à retordre dans ce match aller. En face, le club slovène va compter sur son formidable trio : Jiri Welsch, Beno Udrih et Sani Becirovic, un shooteur très prometteur, âgé de 19 ans en 2001.

  • GAME 1 : GINOBILI SAUVE BOLOGNE APRES PROLONGATION

Après avoir mené 16-14 dans le premier quart-temps, Bologne inflige un run de 8-0 pour mener 22-14 après la fin du premier quart-temps. Olimpija ne souhaite que Bologne s’échappe au score aisément et tient fortement tête aux Italiens en menant 33-31. Comme lors du premier quart-temps, Bologne assure ses actions en attaque en marquant 6 points d’affilée : 37-33 à la mi-temps. La bataille s’annonce rude. Et Bologne éprouve des difficultés à contester les tirs offensifs adverses avec notamment celui de Jiri Welsch qui intercepte un ballon pour aller au dunk qu’il réussit et obtient par la même occasion le «  and 1 ». Une action de quatre points signée Becirovic est notable. Les deux équipes sont à égalité parfaite au cours du troisième quart-temps : 42-42.

Mais Bologne trouve les ressources et se crée ce petit matelas au tableau d’affichage : 56-52 à la fin du troisième quart-temps. Il reste 10 minutes à jouer. Et le Kinder va creuser son avance dans le quatrième quart-temps : 64-56. On se dit que le match tourne en faveur des Italiens. Mais les Slovènes sont déchaînés et collent un 9-0 pour mener d’une unité : 65-64 à deux minutes de la fin du match. Kovacic ajoute un lancer-franc sur deux. Mais avantage Olimpija (68-66). Et sur un drive de Ginobili, Bologne arrache la prolongation. Le match s’est probablement joué sur ce lancer-franc raté.

Lors de la prolongation, les deux équipes se rendent coup pour coup en marquant à tour de rôle des paniers. Les Slovènes prennent une option lorsque Becirovic inscrit un shoot à trois points importantissime : 79-77. Une fois de plus, comme dans le quatrième quart-temps, Ginobili n’entend pas donner la première victoire dans ce quart de finale à l’adversaire. Placé dans le corner, il reçoit un ballon de Jaric. L’Argentin prend un tir à trois points. Bingo. Ca fait mouche. Olimpija à terre. Bologne est en trombe. Victoire de Bologne : 80-79 sur ce shoot d’El Manu. 1-0 Kinder dans ce match aller. Match totalement intenable, sensationnel. Un vrai parfum de coupe d’Europe. Si Ginobili a été décisif dans les derniers instants de ce match, Marko Jaric a une nouvelle fois terminé la rencontre avec une belle feuille de stats : 23 points, 5 rebonds et 7 interceptions. En face, Becirovic (26 points), Beno Udrih (15 points) et Jiri Welsch (13 points) ont plus que bousculé les joueurs de Bologne.

  • GAME 2 : RASHARD GRIFFITH, COLOSSAL DANS LA PEINTURE ; GINOBILI EN MODE ASSASSIN

Le 28 février 2001 en Slovénie, comme au match aller, la deuxième manche est ultra serrée. 22-20 pour Bologne après le premier quart-temps ; 44-43 pour Ljubljana à la mi-temps ; 64-62 pour les Slovènes à la fin du troisième quart temps. A 1mn15 de la fin du match, alors que les deux équipes sont à égalité parfaite : 75-75, on assiste à un scénario similaire à la première manche. Celui-ci tourne à l’avantage des Italiens. Et qui de mieux que Manu Ginobili pour endosser le costume de héros. Ballon en main, il prend un shoot à trois-points qui rentre dans le panier. +3 : 78-75. L’Argentin score 14 points dans ce Game 2. Le Kinder a bien été aidé par l’adversaire qui n’a pas su profiter des occasions comme en témoignent les 3 lancers-francs ratés du pivot de l’Olimpija Primoz Brezec dans les deux dernières minutes du match. Ceux-ci auraient pu permettre à son équipe de jouer une seconde prolongation ou de gagner le match.

Cette victoire, le Kinder la doit aussi à son pivot Rashard Griffith qui a fait un chantier dans la peinture. Après ses 11 points et 8 rebonds très importants à l’aller, l’intérieur a beaucoup plus apporté en attaque : 26 points à 10/13, 10 rebonds et 4 interceptions.

Bologne a obtenu ce qu’il voulait : une place en demi-finale de l’Euroligue. Ettore Messina s’est félicité de cette qualification et de la performance de Ginobili : « Nous avons bien joué pendant tout le match et spécialement dans la dernière minute. Ginobili a été superbe ce soir. Nous avons mérité cette victoire mais nous devon admettre que Olimpija a été un rival génial. Cela a été un difficile et dur match même pour les arbitres ».

La prochaine étape pour le Kinder : jouer un derby au meilleur des cinq manches en demi-finale face au Fortitudo Bologne.

Marko Jaric lors de Kinder Bologne - Olimpija - Game 2 (c) Euroleague.net

Marko Jaric lors de Kinder Bologne – Olimpija – Game 2 (c) Euroleague.net

DEMI-FINALE : LE KINDER SWEEPE LE FORTITUDO 3-0

  • GAME 1 : LE KINDER CORRIGE LE FORTITUDO

Dans ce premier match le 27 mars 2001, c’est forcément un club de Bologne qui a gagné. A l’instar de leur rencontre aller en quart, le Kinder a agi sur le terrain avec une démonstration de force de basket. Ils ont étouffé leurs adversaires  dans les deux premiers quart-temps : 27-17 (10e) dont une séquence où ils ont mené 16-5 après 5 minutes de jeu obligeant le Fortitudo à demander temps-mort. Puis à la pause, les hommes d’Ettore Messina font largement la course en tête (52-31) avec 16 points de Manu Ginobili et une adresse de toute beauté de l’équipe à 3-points : 8/11. En deuxième période, l’écart va se stabiliser entre 20 et 25 points : 77-51 pour  le Kinder à la fin du troisième quart-temps.

Le match est plié. Ettore Messina fait rentrer les seconds couteaux de son équipe qui a été monstrueuse. Avec une victoire large 103-76 et une adresse à trois-points exceptionnelle (11/18), le Kinder s’adjuge le Game 1. Les joueurs du cinq majeur de Bologne se sont tous bien partagés la gonfle. Ginobili score 22 points dont 3/5 derrière l’arc agrémenté de 6 rebonds. Rigaudeau, de retour après sa blessure et absent pendant tout le quart de finale, s’est bien remis en jambes avec 11 points dont 3 /4 à trois-points.  Marko Jaric a encore fait un match plein avec 14 points, 7 rebonds et 3 interceptions. Bien servi à l’intérieur à la demande de Messina au cours du match, Griffith ajoute 13 points et prend 7 rebonds. Le Kinder a la possibilité de faire le break deux jours plus tard.

  • GAME 2 : LE KINDER PREND UNE OPTION SUR LA FINALE

Les matchs se suivent mais ne se ressemblent pas pour les deux équipes. Après avoir pris un bon départ en menant de 14 points : 26-12 dans le premier quart-temps (dont un run 18-3 qui a été lancé par un tir longue distance de Rigaudeau), le Kinder voit son avance fondre avec une domination en attaque du Fortitudo dans le deuxième quart-temps. Le Fortitudo inflige deux runs sur deux séquences : un 10-0 leur permettant d’avoir seulement 7 points de retard (29-22) et un 15-5 qui les rapproche de 3 points du Kinder (37-34). Le match est relancé grâce à Carlton Myers, Andrea Meneghin, Gianluca Basile. Un deuxième quart-temps gagné 31-17 permet au Fortitudo de revenir à égalité parfaite à la mi-temps : 43-43.

Messina doit trouver des solutions pour éviter un nouveau sursaut du Fortitudo. Et celle-ci  se nomme Rashard Griffith. Avec 7 points dans le troisième quart, il permet à Bologne de creuser un nouvel écart 52-45. Le Fortitudo répond du tac-o-tac avec un 7-0 grâce notamment à des paniers de Myers, Meneghin et Gregor Fucka. Alessandro Frosini se révolte et enquille les paniers. Grace à lui, le Kinder prend neuf points d’avance : 68-59. Le Kinder va conserver son avance dans le dernier quart grâce aux attaques de Ginobili (trois-points : 74-63 ; drive suivi d’un floater ; tomahawk dunk). Après ce match très serré, le Kinder double la mise 2-0 avec ce succès 92-84.

Manu Ginobili, héro du Kinder Bologne face au Fortitudo en demi-finale de l'Euroligue 2001 (c) Roberto Serra - Iguana Press

Manu Ginobili, héro du Kinder Bologne face au Fortitudo en demi-finale de l’Euroligue 2001 (c) Roberto Serra – Iguana Press

Griffith a été destructeur dans la raquette adverse. Il signe un gigantesque double-double : 17 points et 17 rebonds (soit presque la moitié des rebonds du Kinder : 40). Le pivot a pu voir l’excellent match de Ginobili auteur de 22 points, 3 rebonds, 3 passes et 6 interceptions. Malgré un meilleur match sous l’impulsion de Myers (23 points), Basile et Fucka (13 points chacun), le Fortitudo est dos au mur et doit aligner trois succès d’affilée pour atteindre la finale. Il manque plus qu’une victoire pour accéder à la finale pour les hommes de Messina.

  • GAME 3 : HÉROÏQUE, UN KINDER EXPÉDITIF DANS LE QUATRIÈME QT (29-7)

Le 3 avril 2001, contrairement aux deux premiers matchs, c’est le Fortitudo qui mène la danse sans que le Kinder soit totalement décrocher au tableau d’affichage : 22-17 à la fin du premier quart-temps. Dans le quart-temps suivant, le Fortitudo maintient son avance : 36-23 mais se relâche légèrement permettant au Kinder d’espérer. 40-32 à la mi-temps. Dans le troisième quart-temps, le Fortitudo fait souffrir davantage son adversaire limité à 13 points. +18 au bout de 30 minutes de jeu : 63-45. On se dit que la série est relancée à 2-1. Mais il faut finir le match avec les 10 minutes à jouer du 4e QT. Le Kinder porte bien son nom et a réservé une énorme surprise au Fortitudo avec un impensable 25-1 signé par les hommes de Messina : 70-64. Avant cela, le Kinder, avec un Ginobili qui inscrivait 10 points consécutifs, était revenu à -4 (63-59) dans ce moment précis après avoir effacé 15 points de retard. Le Fortitudo s’accroche, après leur déroute en attaque et ce 25-1, en n’ayant plus que deux points à remonter : 72-70 grâce à Basile et Meneghin.

Mais cet énorme come-back du Kinder a désarçonné totalement le Fortitudo. Le score est sans équivoque dans le 4E QT : 29-7 pour le Kinder. Comme au Game 2, le Kinder a été porté par le duo Ginobili-Griffith. L’Argentin, essentiel, depuis cette demi-finale, a inscrit 17 points (Sur l’ensemble des trois matchs, « El Manu » inscrit 20,3 points de moyenne dans cette demi). L’Américain marque aussi 17 points et prend 8 rebonds. En face, Myers a porté les siens avec 20 points mais en vain. Cette qualification est encore plus belle pour le Kinder avec un tel scénario et cette remontée légendaire. Il sweppe 3-0 le Fortitudo.

RÉACTIONS D’APRÈS-MATCH (source : euroleague.net)

Manu Ginobili : «  Nous avons bien joué en défense avec beaucoup de pression lorsque le quatrième quart-temps a démarré. Et quand l’avance est descendue à 10 points, nous avons vu les visages des joueurs du Fortitudo. Ils paniquaient. Nous avons compris alors qu’il était temps de jouer, que nous devions gagner ».

Rashard Griffith : « Le Fortitudo pensait qu’ils avaient gagné le match. Ils étaient relâchés. Mais nous avons toujours eu confiance ».

Ettore Messina : « Durant les trois premiers quart-temps, on a eu des moments difficiles pour marquer des paniers. Mais mes joueurs ont été frais dans le dernier quart-temps ».

Giacomo Galanda (pivot du Fortitudo) : Notre grosse erreur a été notre manque de concentration en défense au début du 4e QT. Ils ont commencé à prendre feu en attaque et c’était difficile pour nous de trouver des paniers faciles. Quand vous ne trouvez pas un panier, c’est très difficile de jouer dur en défense. »

Le Kinder Bologne a joué ainsi sa deuxième finale de l’Euroligue après celle victorieuse en 1998 (succès 58-44 face à l’AEK Athènes). Ils ont été opposés au TAU Vitoria, coaché par Dusko Ivkovic, victorieux de l’AEK Athènes dans l’autre demi-finale (3-0). La finale s’est déroulee au meilleur des cinq matchs.

FINALE : UN VAINQUEUR DÉSIGNE AU GAME 5

  • GAME 1 : VITORIA MET FIN A 16 VICTOIRES DE SUITE DE BOLOGNE

Dans cette première manche sur le parquet du Kinder au Palamalaguti, Vitoria va imprimer un rythme d’enfer que n’a pas pu suivre Bologne. La faute à un deuxième QT où les Espagnols ont infligé un 21-2 grâce aux paniers longues distances de Bennett, Timinskas et Laurent Foirest et les points dans la raquette de Luis Scola. Ils sont passés d’une avance de deux points (20-18) à 17 unités (39-22). A la mi-temps, le Kinder doit remonter 16 points : 46-30 pour Vitoria.

Les Espagnols ont pu admirer la belle activité de Victor Alexander déjà auteur d’un double-double avant l’entame de la seconde période : 13 points et 13 rebonds (soit plus que le total de toute l’équipe de Bologne : 11). Mais comme en demi-finale, le Kinder de Messina va tenter un nouveau come-back. Mais Vitoria n’a pas commettre cette erreur de se relâcher. Et ils vont faire courir le Kinder après le score : 57-39 puis 59-47. Ils vont prendre à nouveau 16 points d’avance : 65-49. Vitoria a démontré sa domination en s’imposant à l’extérieur 78-65, gardant du même coup l’avantage du terrain. Victor Alexander a été impérial dans le secteur intérieur : 21 points à 9/16 et 19 rebonds. Laurent Foirest, énorme shooteur, l’a prouvé dans ce Game 1 avec ses 20 points dont 4/6 à 3 points. Elmer Bennett a marqué 15 points. 1-0 Vitoria qui a l’occasion de faire le break à domicile.

  • GAME 2 : RIGAUDEAU, SOUFFRE DOULEUR DES ESPAGNOLS

Cette fois-ci, dans le Game 2, le 19 avril 2001, le Kinder Bologne prend ses aises dans le 1er QT avec notamment deux paniers longue distances de suite signés Ginobili. L’Argentin permet à son équipe de mener : 15-8. Les Italiens font une démonstration en attaque avec notamment l’apport du banc : David Andersen, Alessandro Abbio. + 16 après 10 minutes : 32-16.

Les Italiens déroulent dans le quart-temps suivant avec les paniers primés de Griffith et de Jaric. Leurs points permettent à Bologne de posséder un avantage plus que confortable : 46-26. La différence majeure, au bout de 20 minutes de jeu (52-37) dans ce Game 2, est le pourcentage de réussite à trois-points. Les Italiens ont transformé 8 de leurs 15 tentatives tandis que les Espagnols ont rendu un triste 0/5 dans cet exercice.

Après la pause, Antoine Rigaudeau va devenir le cauchemar de Vitoria en inscrivant plusieurs tirs à trois points dans plusieurs zones du terrain. Grâce à ses 23 points dont 6/7 à 3 points, le Kinder égalise à 1-1 avec ce succès 94-73. L’équipe italienne a vu 4 autres de ses joueurs inscrire 10 points et plus : Ginobili 11, Abbio 14, Andersen 14, Jaric 13. Le Kinder a un déplacement en Espagne et doit gagner deux fois à l’extérieur pour glaner le titre. En face, Vitoria a été décevant en attaque à l’image de Laurent Foirest, excellent au Game 1, et inexistant dans le Game 2 avec 0 point. Seul Victor Alexander (17 points, 8 rebonds) a pu surnager. Le match 3 s’annonce plus que jamais capital.

  • GAME 3 : GINOBILI, TOPISSIME, DONNE L’AVANTAGE AU KINDER

La défense du Kinder a fait mal au Tau lors de ce Game 3 disputé le 1er mai 2001 au Fernando Buesa Arena. Mené 16-10, Bologne a provoqué les pertes de balles des Espagnols grâce à leurs efforts défensifs. Avec un joli drive de Ginobili, l’Argentin permet à son équipe de mener 18-16. C’est lui qui va écœurer et s’amuser dans la défense espagnole : pénétration, tir à trois points, rebonds, dunk en contre-attaque. Avec ses actions importantes, Bologne creuse un petit écart : 32-25.

Tau a connu 10 minutes compliquées sans marquer un panier avant qu’Elmer Bennett mette fin à cette malédiction. A la mi-temps, le Kinder mène 37-30 grâce notamment aux 11 des 17 points (total à la pause) de Ginobili dans le deuxième quart-temps. Bien qu’ayant 7 unités de retard, Vitoria a été perturbée par ses 14 pertes de ballons.

En deuxième mi-temps, le Kinder conforte son avance : 51-43. Elle profite des problèmes de fautes du côté des joueurs majeurs de Vitoria : Scola et Foirest (4 fautes). Rien ne va dans le 3e QT. Coach Ivkovic, prend une technique. Tout va dans le sens du club italien. Bologne mène après 30 minutes 56-47, soit le plus gros écart du match jusque-là. Ginobili réalise encore un festival dans le 4e QT avec deux tirs derrière l’arc. A ce moment, l’écart gonfle. +20 pour le Kinder : 69-49. Les Espagnols ont compris qui avaient remporté ce Game 3. Bologne mène 2-1 grâce à cette victoire 80-60 et peut conclure la série à nouveau sur le parquet de Vitoria.

Ginobili a été étincelant dans ce match : 27 points à 4/8 à trois-points et 4 rebonds. Rigaudeau avec ses 15 points, les joueurs du banc Smodis (13 unités) et Abbio (11), ont bien secondé l’arrière argentin. En face, la soirée a été difficile à vivre pour Vitoria malgré le double-double de Oberto (15 points et 13 rebonds) et les 13 points de Victor Alexander.

  • GAME 4 : VITORIA MONTRE LES CROCS

Ce deuxième match à domicile à Vitoria a été beaucoup mieux abordé par les hommes d’Ivkovic. Elmer Bennett « caviardise » ses shooteurs à trois-points : Laurent Foirest, Mindaugas Timinskas, et Saulius Stombergas. Alexander et Bennett mettent leurs shoots à deux-points. 7 points d’avance à la fin du 1er QT : 24-17. Avec un 9-0, Vitoria prend un bel avantage au score : 33-17. Mais le Kinder répond avec agressivité et inflige un 11-2 avec des points marqués à l’interieur par David Andersen, Rashard Griffith et un panier longue distance de Rigaudeau. Le Kinder peut y croire et accuse que 7 points de retard : 35-28. Vitoria refuse que le Kinder s’approche de plus près et colle un 8-3. 43-31 pour les Espagnols à la mi -temps. Timinskas signe l’action du match en dunkant sur Andersen. Vitoria n’a perdu seulement que deux ballons dans cette première période, loin des 14 pertes dans le match précédent. Le Kinder est en souffrance.

Et ça ne va pas s’arranger pour les Italiens puisqu’ils encaissent un 8-0. Mais ils se reprennent avec un 9-2. Insuffisant puisque les Espagnols vont prendre 16 points d’avance : 66-50 grâce aux points de Foirest, les 5 points de Bennett, un dunk de Scola. A la fin du 3e QT, le score est de 69-54. Le 4e QT sera marqué par la gestion du match de Tau. Le Kinder ne fera pas un nouvel comeback comme face au Fortitudo qui avaient réussi à remonter 18 points de retard. Victoire de Vitoria 96-79 grâce à son collectif qui a fait clairement la différence : Elmer Bennett (19 points, et 8 passes) ; Timinskas (18 points, 5 rebonds) ; Victor Alexander (18 points) ; et Luis Scola (13 points).

En face, le Kinder n’aura eu assez de répondants malgré 4 joueurs à 10 points et plus : Griffith 18, Rigaudeau 14, Ginobili et Abbio, 15 chacun. Après 2 matchs en Italie, 2 matchs en Espagne, 1 victoire à domicile et 1 victoire à l’extérieur pour chaque finaliste, le Game 5 entre le Kinder et Vitoria s’annonce explosif. Celui-ci déterminera le vainqueur de l’Euroligue 2001 à Bologne.

  • GAME 5 : BOLOGNE S’OFFRE SA DEUXIEME EUROLIGUE

Pour ce troisième match crucial à Bologne, le Kinder démarre tambour battant ce Game 5 avec un 10-3 sous l’impulsion d’un Griffith auteur de 5 points dont un 3 shoot à trois points, un fait rare à souligner. Temps mort demandé par Ivkovic du côté de Vitoria. Cette interruption a fait du bien et les Espagnols sont bien rentrés dans la partie. Le match est serré : 19-18 au bout de 10 minutes de jeu.

Andersen efficace à l’intérieur comme Rigaudeau à l’extérieur sont en réussite sur leurs tirs et permettent au Kinder d’accroître leur avance. +7 : 29-22. Le Kinder profite également des problèmes de fautes de son adversaire : 2 pour Bennett et Timinskas, 4 pour Stombergas et Foirest. Mais Vitoria revient dans le match à -5 (36-31) après avoir été mené 33-24. Ils restent en course grâce à Alexander et Bennett. Griffith et Ginobili marquent à eux deux six points sur des dunks et pénétrations. + 5 à la mi-temps pour le Kinder : 42-37.  Ginobili assure avec ses 11 points comme Bennett également pour Vitoria. Griffith est énorme dans la raquette : 8 points et 6 rebonds.

Au retour des vestiaires, Rigaudeau prend les choses en main malgré ses 3 fautes. Il passe en revue la défense et marque deux points de manière acrobatique et enchaine avec un shoot à trois points. Son efficacité permet à Bologne de mener de + 10 : 52-42. Après la cinquième faute de Laurent Foirest, synonyme d’exclusion, le Kinder va alourdir son avance : 57-44 grâce à un shoot de Ginobili.  Mais Bennett score six points d’affilée pour faire rester dans le match son équipe. A la fin du 3e QT, le Kinder mène de 10 points : 62-52.

Ettore Messina (c) pinterest

Ettore Messina (c) pinterest

Dans le 4e QT, Vitoria reprend espoir lorsqu’il revient à -7 : 65-58. Mais Bologne va conserver son avance en enquillant les paniers importants. Victoire 82-74. Le Kinder décroche sa deuxième Euroligue grâce à un sublime Ginobili : 16 points, 4 rebonds et 6 passes. Rigaudeau a été décisif avec ses 18 points. Griffith a été une menace dans la défense espagnole : 14 points et 10 rebonds. Marko Jaric, score 16 points. Du côté de Vitoria, Elmer Bennett a été le meilleur joueur de son équipe avec 24 points, 5 rebonds et 5 passes. Ginobili est élu MVP de la finale. Sur les 5 manches de celle-ci, ses statistiques de moyennes sont de 15,4 points ; 3,6 rebonds et 3,2 passes. Comme Ettore Messina, Antoine Rigaudeau obtient sa deuxième Euroligue après celle gagnée en 1998.

RÉACTIONS D’APRÈS-MATCH (source : euroleague.net)

Emmanuel Ginobili : « C’est le plus beau jour de ma carrière. Je suis si heureux. Ce n’est pas important que je sois le MVP. Je suis heureux pour notre victoire. Nous avons une superbe équipe. On est très bien resté regrouper tous ensemble et le titre de MVP est secondaire. Je veux remercier mes coéquipiers, mes coachs pour l’opportunité d’avoir vécu ce moment fantastique. Gagner l’Euroligue est très important pour une jeune équipe. Je suis très fier de faire partie du Kinder. Quand vous jouez pour cette équipe, vous pensez toujours à jouer pour la première place, jamais pour la seconde. Mais je ne m’attendais jamais à quelque chose comme ça au début de la saison (ndlr : le titre). On ne s’attendait pas à une victoire si large ce soir. Nous avons augmenté notre intensité et c’est ce dont nous avions besoin. Je ne crois pas être le MVP. Je ne sais pas si je le mérite. C’est une équipe sans star. N’importe quel joueur peut prendre le dernier tir ».

Antoine Rigaudeau : « Nous avons travaillé 8-9 mois pour atteindre cet objectif et nous avons fait ce que nous devions faire dans les gros matchs. C’est notre deuxième titre cette saison après la Coupe d’Italie. Nous avions montré que nous étions une forte équipe. C’est un de mes meilleurs moment ».

Ettore Messina : « Nous avons joué sous une énorme pression psychologique. Mais nous avons été capables de résister à tout et de gagner ce magnifique titre. Je suis fier de mes joueurs car ils sont très jeunes ».

2001 restera une superbe année pour le Kinder Bologne avec un triplé historique : Championnat – Coupe et Euroligue. En 22 matchs d’Euroligue, le bilan est remarquable : 19 succès pour 3 revers. La victoire finale est mérité. Au terme de ce titre, le champion d’Euroligue a conservé ses joueurs majeurs : Ginobili, Rigaudeau, Griffith et Jaric ainsi que son coach. Un an plus tard, ils se hissent à nouveau en finale de l’Euroligue mais le dénouement sera tout autre : une défaite face au Panathinaikos de Dejan Bodiroga (89-83).

LA CAMPAGNE EUROLIGUE 2001 DU KINDER DE BOLOGNE

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 EUROLIGUE 2001 : GAME 5 DE LA FINALE KINDER BOLOGNE ET VITORIA

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About Richard Sengmany (425 Articles)
Découvrant le basket dans les années 90 grâce à la diffusion des matchs NBA sur Canal+, je rédige depuis plus de dix ans des articles sur la balle orange, sur d'autres disciplines sportives et la culture.

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