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Des tréfonds de la ligue au titre : 2006-2008, le grand écart des Celtics

Franchise History

Monntage Une : Laurent Rullier pour Basket Rétro

Il y a dix ans, le 2 novembre 2007, les Celtics de Boston s’apprêtaient à débuter l’une des plus belles saisons de leur existence, conclue par leur 17e titre. Pourtant, rien ne laissait présager une telle performance, après un exercice 2006-2007 catastrophique. Le second pire de leur histoire. Mais loin de se laisser abattre, les hommes de Doc Rivers ont su rebondir et aller chercher, en plus du trophée Larry O’brien, le record de progression d’une saison sur l’autre.  

SAISON NOIRE

11 février 2007, rien ne va plus pour les Celtics de Boston. La franchise vient d’essuyer une défaite face aux Minnesota Timberwolves. Une de plus. La 18e de rang. Celle qui vient sceller la plus longue série de défaites de l’histoire de l’équipe du Massachussetts.

Si l’hémorragie est stoppée trois jours plus tard avec une victoire remportée sur Milwaukee, la suite de la saison sera tout aussi catastrophique. Avec 24 victoires pour 58 défaites (29,3% de victoire) et une 29e place à l’issue de la saison régulière, les Celtics bouclent là le second pire exercice de leur histoire (la saison 96-97 et ses 15 victoires pour 67 défaites trustant toujours la première marche de cet affreux podium). Si tout n’était pas rose du coté de la cité verte à cette époque, rien pour autant ne laissait penser qu’un tel naufrage surviendrait.  Depuis 2003 et le changement de propriétaire, la franchise est en reconstruction. La saison 2005-2006, si elle n’est clairement pas bonne,  accouche d’un bilan logique à la vue du contexte : le jeune Paul Pierce réalise la meilleure saison de sa carrière et lui et ses hommes terminent à 7 victoires d’une qualification pour les playoffs. La saison suivante est donc porteuse d’espoirs d’un retour à un niveau digne de l’équipe, mais les étoiles semblent s’aligner dans le but exclusif de les en empêcher. Cette saison 2006-2007 sera définitivement de celles que l’on préfère oublier pour Boston, et pas uniquement du fait du sportif…

A quelques jours de l’ouverture du championnat le 1er novembre, l’équipe connaît un drame. Red Auerbach, mythique figure des Celtics, décède d’une crise cardiaque à l’âge de 89 ans. Ce départ laisse un immense vide tant au sein de la franchise que dans le cœur de tous ses membres. L’ancien entraineur, multi-titré avec Boston (9 titres, dont le premier en 1957 et les 8 autres consécutivement de 1959 à 1966) occupait depuis 2001 le poste de président, et faisait figure de grand patriarche pour la famille des Celtics.

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Red Auerbach, président de Boston décédé le 28 octobre 2006

Le choc et la tristesse, immenses, se répercutent sur le terrain. Les joueurs trainent leur spleen sur le parquet et réalisent un début de saison décevant, avec 5 petites victoires sur 18 matchs disputés. Pourtant, en fin d’année, les Celtics semblent repartir du bon pied, et parviennent à enchaîner 5 victoires consécutives du 9 au 16 Décembre.Mais à peine les hommes de Doc Rivers sortent la tète de l’eau que le destin décide de la leur replonger de force. Au soir du 20 décembre, Paul Pierce, All Star et leader offensif de sa formation se blesse. Moins d’un mois après, le 10 janvier, le jeune et prometteur arrière Tony Allen, membre du 5 de départ rejoint lui aussi l’infirmerie. L’équipe ne s’en remettra pas, et ne parviendra pas malgré le retour de son joueur vedette le 9 février à sortir de la tourmente. Entre le 20 décembre et le 24 février, elle ne s’impose que 3 fois en 42 confrontations, et réalise donc une série de 18 revers de rang.

Et comme si ces piteux résultats sportifs ne suffisaient pas, un nouveau malheur s’abat sur la franchise. Dennis Johnson, autre légende Bostonienne deux fois titrée sous la bannière au trèfle , rejoint lui aussi un monde meilleur à l’âge de 52 ans.

Cette saison noire s’achèvera un peu moins de 2 mois plus tard, le 18 avril 2007, sur une énième défaite, une 29e place en saison régulière et ce triste record de 24-58 pour 29,4% de victoires.

UN ETE BIEN EMPLOYE

Après cette saison noire, les Celtics veulent plus que jamais repartir de l’avant et renouer avec leur prestige passé. Ils se donnent les moyens de leurs ambitions dès l’été et la free agency, avec des trades aussi audacieux qu’ils s’avéreront payants.

Le 22 Mai 2007, ils se voient assigner le cinquième pick à la lottery draft. N’ayant aucune chance avec cette 5e position d’attirer Greg Oden ou mieux encore, Kevin Durant dans leurs filets, les dirigeants de la franchise n’ont que faire de ce tour de draft. Ils vont néanmoins s’en servir pour réaliser un trade. Et pas n’importe lequel puisqu’il s’agit de celui de Ray Allen, alors joueur des Sonics de Seattle, qui de leur côté souhaitent un rajeunissement de leur effectif et poussent gentiment Allen vers la sortie. Se servant du pick pour sélectionner Jeff Green, le board des Celtics envoie aussitôt ce dernier dans l’état de Washington en compagnie de Wally Szczerbiak et de Delonte West afin d’acceuillir le sniper de 32 ans. La première pierre du colossal édifice que s’apprêtent à bâtir les Celtics cette saison là est ainsi posée. C’est plus tard dans l’été que la franchise bostonnienne va réaliser son second gros coup : le vétéran et 10 fois All-Star Kevin Garnett débarque en provenance du Minnesota.  Il ne faudra pas moins que le plus gros trade  pour un seul joueur de l’histoire de la NBA   pour faire venir Garnett. Ce sont 5 joueurs qui sont inclus dans le deal et envoyés chez les Timberwolves : l’ailier fort Ryan Gomes, le pivot Theo Ratliff, l’arrière Gerald Green le pivot Al Jefferson et le meneur Sebastian Telfair ( un 5 en bonne et due forme !).

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Paul Pierce, Kevin Garnett et Ray allen, le big three des Celtics constitué à l’été 2007

Avec ces deux transferts, l’équipe semble armée pour réaliser une bien meilleure saison que la précédente. Les résultats dépasseront toutes les attentes.

UNE SAISON REGULIERE EXCEPTIONNELLE

Les Celtics entament la saison 2007-2008 avec un cinq majeur ainsi composé : le jeune Rajon Rondo est  à la mène, quand Kendrick Perkins a la charge d’imposer ses 2m08 dans la raquette en tant que pivot. Vient pour finir le big three, constitué par Ray Allen qui occupe le poste d’arrière, Paul Pierce jouant ailier et Kevin Garnett, l’ailier fort.

L’équipe démarre le championnat en trombe, avec 8 victoires consécutives. Orlando met fin le 18 novembre à cette première série, mais les Celtics repartent de plus belle, et atteignent finalement le All-Star game qui se tient le 17 février 2008 avec un bilan de 41 victoires pour 9 défaites. Le retour à la compétition qui suit l’événement auquel étaient conviés Paul Pierce et Kevin Garnett est délicat. Les hommes de Doc Rivers enchainent en effet 3 défaites. Cette courte série de revers ne parvient cependant pas à gripper la machine verte qui se reprend et accumule par la suite 10 victoires d’affilées.Le reste de la saison n’est qu’une formalité, et les Celtics achèvent la saison régulière avec le meilleure bilan de la ligue, compilant 66 victoires pour seulement 16 défaites.

En une seule saison, les Celtics sont passés de la seconde pire équipe de NBA à la meilleure. Après la saison noire que fut l’exercice 2006-2007, rien ne laissait envisager une telle ascension pour une formation qui par cette exceptionnelle saison régulière 2007-2008, décroche le record de la plus grosse progression d’une saison sur l’autre, passant de 24 victoires à 66, soit un différentiel de +42.

Ne manquait plus qu’un titre pour faire entrer cette équipe dans la légende.

LA BATAILLE DES PLAYOFFS

Les Celtics ont beau être les favoris légitimes à la vue de leur saision régulière, rien ne leur sera facile durant cette campagne de playoffs.

Le premier tour les voit être opposés aux Hawks d’Atlanta. Soit une équipe qu’ils ont battu par trois fois en saison régulière avec un écart moyen de 14 points. Autant dire que la bande de Garnett est largement donnée gagnante. Si la série commence de la meilleure des manières pour les Celtics avec deux victoires en deux matchs, la suite s’avèrera moins simple que prévue. Les joueurs d’Atlanta remportent les deux matchs dans leur salle, et retournent dans le Massachussetts en étant revenus à 2 partout. La série se poursuit, et chacun reste maître chez soi : Boston remporte le match 5 au TD Garden, les Hawks répondent à domicile au match 6. Trois partout, la manche décisive se jouera à Boston. La pression est immense pour cette ultime rencontre, la performance le sera aussi. D’une efficacité monstrueuse en défense, les Celtics limitent leurs adversaires à 26 points sur les 24 premières minutes pour finalement s’imposer 99 à 65. Le premier défi est relevé, place au second, avec une nouvelle bataille homérique qui les attend face aux Cavs d’un certains  Lebron James.

La physionomie de cette série est en tout point identique à celle de la précédente : les Celtics sont implacables à domicile, mais incapables de s’imposer à l’extérieur. Menant 2-0 après deux premiers matchs solides ( et rendus faciles, il faut le dire par le choke de Lebron James qui sur ces deux parties culmine à 8/42 au shoot), ils ne peuvent empêcher les Cavaliers d’un James retrouvé de remonter à deux manches partout. La green team reprend cependant la main après un match 5 ô combien compliqué. Menée de 14 points dans le second quart-temps, elle parvient à renverser la vapeur et s’impose finalement par 96 points à 89. Peinant à nouveau à l’extérieur, ils sont défaits lors du match 6 se tenant à Cleveland.
Un nouveau match 7 s’impose à Boston, le second en deux tours de playoffs. Une rencontre tendue, pleine de suspens, comme on les aime. Pierce et James se rendent coup pour coup, le premier inscrivant 41 points, le second 45. Ce sont finalement les hommes de Paul Pierce qui remporteront la rencontre au finish, 97-92. Direction la finale de conférence pour les Celtics.

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Paul Pierce et Lebron James, auteurs d’un mémorable duel au match 7 de la demi-finale de conférence

Ils y retrouvent les Detroit Pistons, second meilleur bilan de la ligue en saison régulière. Ils gardent leurs bonnes habitudes et restent souverains à domicile pour l’ouverture de la série.
Lors de la deuxième rencontre, ils se font néanmoins surprendre sur leur parquet, et s’inclinent pour la première fois des playoffs à domicile. Cette défaite a le mérite de les réveiller, et ils rendent aux Pistons la monnaie de leur pièce en arrachant à l’occasion du match trois une victoire sur leur sol. Ils ne peuvent en revanche rien lors de la manche suivante, et au moment de regagner le TD garden, le score est de 2 à 2. Pour une nouvelle série en 7 matchs ? Non, les Celtics se mobilisent, et s’imposent d’abord chez eux, puis enfin une seconde fois dans le Michigan. Qualification 4 à 2 pour la finale NBA.

UN 17E TITRE

Qui d’autre que les éternels rivaux des Lakers pour ce retour historique des Celtics au sommet de la ligue ? Menés par un Kobe Bryant nommé MVP de la saison régulière, les Angelinos ont rencontré bien moins de difficultés que leurs adversaires finalistes pour se hisser jusqu’à ce stade de la compétition (sweep face à Denver, 4-2 contre le Jazz et enfin victoire 4-1 sur les Spurs de San Antonio).

Les Bostoniens mettent à profit l’avantage du terrain inhérent à leur statut demeilleure équipe de la ligue en saison régulière : ouverture du bal avec 2 victoires consécutives à domicile. Il est dorénavant l’heure pour Ray Allen et ses coéquipiers de s’aventurer à l’extérieur, où ils sont moins à l’aise depuis le début de la postseason. Trois matchs consécutifs les attendent au Staples Center. La 3e manche se solde par une victoire des Lakers, mais Boston parvient à aller chercher la quatrième rencontre grâce à une performance défensive de haut vol de Paul Pierce sur Kobe Bryant. Et alors qu’à la mi-temps les Lakers mènent de 18 points, se sont bel et bien les Celtics qui s’imposeront 97-91. Première défaite des playoffs à domicile pour les Lakers.

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Paul Pierce, élu MVP de ces finales

Vexés, ils répondront dans la foulée par une victoire, ramenant le score de cette finale à 3-2 en faveur de Boston. Le retour au TD Garden galvanise les Celtics. Le match est à sens unique tant leur Big Three se montre performant. Garnett inscrit 26 points et prend 14 rebonds, Allen score lui aussi 26 points, à 7/9 à longue distance. Quant à Paul Pierce, il inscrit 17 unités et donne 10 passes décisives. Il est à l’issue de ce match élu MVP des finales.
A l’image de son équipe, l’ailier sera passé de l’une des pires saisons de sa carrière, à l’une des meilleures.

C’est ainsi qu’entre 2006 et 2008, les celtics auront réalisés un grand écart les menant des tréfonds de la NBA au titre suprême.

 

 

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