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Le billet de Cathy Malfois – Maryse Sallois, le feu follet

Témoignage

Monntage Une : Laurent Rullier pour Basket Retro

Véritable légende du basket français, Cathy Malfois, notre consultante de luxe, a partagé à multiples reprises sa chambre avec Maryse Sallois, 12 fois championne de France de 1967 à 1979. Aujourd’hui, Cathy a décidé de nous évoquer la belle carrière de Maryse, le feu follet du basket féminin dans les 70. 

Maryse Sallois était un petit feu follet d’un 1,67 m, aux jambes d’acier, réputée pour courir partout en défense. Elle rentrait parfois pour un court temps de jeu avec un objectif : embêter le plus possible la joueuse adverse qui lui avait été assignée. Une vrai sangsue ! Mais capable aussi d’ajuster la mire avec son tir lointain à deux mains.

Rien ne prédestinait Maryse à faire carrière dans le basket. Née en région parisienne en 1950 et résidant à Boulogne sur Mer jusqu’à ses 12 ans – son père, muté une première fois à la SNCF dans le Nord, fut un temps président du club de volley de la ville – elle était plutôt adepte de la gymnastique. Elle atterrit à Clermont-Ferrand en 1963, dans la foulée d’une sseconde mutation paternelle.

Élève au lycée Jeanne d’Arc de Clermont, Maryse y rencontre une prof de gym nommée…Edith Tavert, la légendaire internationale et entraîneure de l’AS Montferrandaise. Sur ses recommandations, elle commence le basket puis la suit, avec d’autres joueuses, au glorieux Clermont Université Club. La grande épopée peut alors commencer. « J’ai eu la chance d’être au bon endroit au bon moment », précise-t-elle. Il en reste de très bons souvenirs. Le basket lui a permis de découvrir de nombreux pays, de partager des moments forts qui lui permettent de retrouver avec toujours autant de plaisir ces anciennes coéquipières. Elle n’a aucun regret d’avoir réalisé des sacrifices.

En Coupe d’Europe avec le Clermont université Club

Elle ne connaît finalement que deux clubs entre 1963 et 1980, une sacrée fidélité et elle voue une grande reconnaissance au président du CUC Michel Canque et à Joe Jaunay, l’entraîneur emblématique, grâce auxquels cette aventure n’aurait pas pu exister.

On ne le sait pas assez, mais Maryse détient 12 titres consécutifs de championne de France (entre 1967 et 1979). Un record impressionnant, inégalé à ce jour !

La franche rigolade avec ses coéquipières du CUC (gettyimages)

En bleu, Maryse étrenne sa première cape le 7 mai 1974 au Mans contre la Yougoslavie et termine sa carrière internationale aux championnats du Monde le 12 mai 1979 contre les États-Unis à Séoul, en Corée du Sud. Elle compte 85 sélections en Équipe de France.

Maryse participe aux Universiades de Moscou en 1973, à 3 championnats d’Europe en 1974 (7ème), 1976 (4ème), 1978 (4ème), à un championnat du Monde en 1979 (7ème) et au premier Tournoi qualificatif olympique (TQO) organisé pour l’entrée du basket féminin aux Jeux Olympiques.

Son pire souvenir reste l’année 1976, celle de tous les échecs :

⦁ le CUC perd en finale de la Coupe d’Europe (actuelle Euroligue) contre le Sparta de Prague, année où les Russes sont absentes et que tout le microcosme du basket voit les demoiselles de Clermont glaner enfin le titre continental.

⦁ L’Equipe de France termine 4ème de SON championnat d’Europe à Clermont-Ferrand et pour couronner le tout ne se qualifie pas au TQO pour les Jeux de Montréal, battue par la Pologne et les États-Unis. Il faut dire que seules 6 équipes participèrent à ces premiers Jeux.

Avec l’Équipe de France 1979 aux championnats du monde

Maryse est une personnalité discrète, sympa, toujours souriante et d’égale humeur. Et prête à aider les copines, en témoigne cette anecdote « En tournée d’été, en Sardaigne et en Sicile, un soir, après un match, au lieu de dormir, quelques filles discutaient dans l’une des chambres de l’hôtel. Un peu trop fort, apparemment : un client appelle la réception pour se plaindre du bruit. La réception appelle Jaunay (ndlr.l’entraîneur) qui monte voir ce qui se passe. Par hasard, je sortais de la chambre, et je le vois qui arrive au bout du couloir. Je rentre précipitamment pour prévenir les copines, mais tellement vite et tellement fort que ma tête heurte celle de Colette Passemard et mon arcade sourcilière explose. Colette a arrêté le saignement avec l’alcool qu’elle avait sous la main, Eau Sauvage, de Dior. Chic, non ? Et le médecin russe le lendemain matin a trouvé que j’avais été très bien soignée… Mais c’est quand même à vous dégoûter de rendre service ! »

J’ai souvent eu le plaisir de partager sa chambre lorsque j’étais une toute jeune joueuse. Je ne doute pas qu’elle se souvienne que je lui « piquais » tous ses mouchoirs, moi qui n’en avais jamais sur moi ! Et ce qui n’a aucun rapport avec les mouchoirs, elle a reçu le titre honorifique de « Miss Europe » à l’Eurobasket 1978 à Poznan. Ne vous étonnez pas : à cette époque, on décernait un trophée à la plus jolie basketteuse du tournoi ! C’est elle qui fut choisie et je lui ai même servi d’interprète à la télévision polonaise !

Parallèlement à sa carrière de joueuse, Maryse passe un DEA en psychologie, travaille au CHU avec un professeur renommé qui lui laisse tout loisir de pratiquer son sport et entame une recherche sur « la motricité des enfants strabiques », tout un programme !

Elle met un terme à sa carrière en 1980 sur une dernière finale de championnat de France avec Clermont, malheureusement perdue. La même année, Jean-Pierre Dusseaulx, journaliste depuis de nombreuses années à la rubrique basket de« l’Équipe » lui passe la bague au doigt (et réciproquement). Elle le rejoint à Paris après l’obtention d’un dernier diplôme d’orthoptie (« l’orthoptie a pour vocation le dépistage, la rééducation, la réadaptation et l’exploration fonctionnelle des troubles de la vision ». On en profite pour se cultiver…). Elle travaille pendant une période à temps partiel puis arrête toute activité professionnelle .

Ils ont deux enfants : Nicolas, 1.92m, basketteur comme sa mère et actuellement cadre technique et Anne-Charlotte, plus férue de gymnastique, qui devient journaliste comme son père. On connaît l’expression « les chiens ne font pas….. des chats».

Maryse s’implique dans le milieu associatif comme vice-présidente du club de gym du Perreux mais continue à s’intéresser au basket. Absence d’équipe féminine de haut niveau en Île de France oblige, elle assiste surtout aux matchs de l’équipe masculine parisienne mais elle est aussi une supportrice acharnée des Équipes de France qu’elle suit régulièrement sur les différents championnats d’Europe féminin ou masculin. Maryse constate que, par rapport à son époque, l’intensité physique est franchement différente mais que le jeu est devenu plus individualiste. Elle observe également qu’il est difficile de se passionner pour un club, constitué en majorité de joueurs américains qui ne restent jamais fidèles à une équipe, changent chaque saison, voire même au cours d’une même saison. L’attachement au maillot a été remplacé par d’autres valeurs plus mercantiles !

Maryse est membre du club des internationaux (elle est assidue lors des journées du patrimoine à la fédération française de basket), médaillée d’argent de la Jeunesse et des Sports et médaillée d’or de la FFBB.

Avec ses anciennes coéquipières Dominique Leray et Françoise Quiblier Bertal
à Clermont-Fd en 2016

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About Cathy Malfois (9 Articles)
Cinq fois Championne de France. Élue dans le top 5 de l'Eurobasket 1978. Élue dans le top 10 des meilleures joueuses du XXe siècle par Maxi-Basket. Ancienne internationale de l'Equipe de France avec 166 sélections.

1 Comment on Le billet de Cathy Malfois – Maryse Sallois, le feu follet

  1. Cathy, tout simplement un grand grand merci.. Jean

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